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    Johannesbourg - Le changement climatique est une question compliquée, mais qui n?est pas obligée de l?être. Un petit guide pour mieux s'y retrouver.

    Quelle différence y a-t-il entre le temps qu?il fait et le climat ?

    Le climat se rapporte à une moyenne climatique. Les notions de temps et de climat se rapportent toutes deux aux conditions atmosphériques, mais les cadres temporels sont différents.

    Le temps désigne les conditions atmosphériques observées sur une courte période dans une région donnée (s?il fera chaud et beau lundi prochain à Tombouctou, au Mali, ou s?il pleuvra à Dhaka, au Bangladesh).

    Le climat renvoie au contraire aux conditions atmosphériques observées sur des périodes bien plus longues -des dizaines ou des centaines d?années : le temps à Tombouctou et à Dhaka peut être le même un jour donné, mais le climat des deux villes est très différent. Tombouctou se situe dans le désert du Sahara et le climat y est chaud et sec, tandis que Dhaka se trouve dans la zone des moussons, et le climat y est chaud et humide.

    Selon le Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat (GIEC), la confusion entre le temps qu?il fait et le climat est courante : on demande souvent aux scientifiques comment ils parviennent à prédire ce que sera le climat dans 50 ans, alors qu?ils n?arrivent pas à prédire le temps qu?il fera dans quelques semaines.

    Il est difficile de prédire le temps qu?il fera au-delà de quelques jours, le développement des événements atmosphériques (précipitations, etc.) pouvant être chaotique.

    Le GIEC donne l?explication suivante : il est impossible de prédire l?âge auquel un homme mourra, mais l?espérance de vie moyenne des hommes dans les pays industrialisés peut être située à 75 ans.

    Quelle différence y a-t-il entre le changement climatique et le réchauffement climatique ?

    On utilise souvent ces deux termes indifféremment, en pensant qu?ils renvoient au même phénomène. Or, il y a une différence : le réchauffement climatique renvoie à une augmentation moyenne de la température près de la surface de la terre ; le changement climatique, lui, se rapporte à l?évolution des événements climatiques, tels que la température, les précipitations, etc., mesurés sur des décennies, voire plus.

    Le changement climatique est le terme de prédilection à employer lorsque l'on fait allusion à l?influence de facteurs autres que l'augmentation des températures.

    Selon l?Agence américaine de protection de l?environnement, le changement climatique peut découler :

    ? de facteurs naturels, tels que les changements d?intensité solaire ou les changements lents de l?orbite terrestre autour du soleil ;
    ? de processus naturels observés au sein du système climatique (ex : changements de la circulation océanique) ;
    ? d?activités humaines qui modifient la composition de l?atmosphère (ex : combustion des carburants fossiles) et la surface de la terre (ex : déforestation, reforestation, urbanisation, désertification, etc.)

    Qu?est-ce que l?effet de serre ?

    Le terme effet de serre fait référence aux serres traditionnelles, dont les parois de verre réduisent la circulation de l?air et augmentent la température de l?air piégé à l?intérieur.

    Le climat terrestre est principalement déterminé par le soleil. Environ 30 pour cent de la lumière solaire est renvoyée dans l?espace, une partie est absorbée par l?atmosphère, et le reste par la surface de la terre.

    La surface de la terre reflète également une partie de la lumière du soleil, sous la forme de rayonnement infrarouge, une énergie lente.

    L?échappement final de ce rayonnement infrarouge est retardé par les « gaz à effet de serre » tels que la vapeur d?eau, le dioxyde de carbone, l?ozone et le méthane, qui renvoient les rayons infrarouges, réchauffant ainsi la basse troposphère et la surface de la terre.

    Bien que les gaz à effet de serre ne représentent qu?un pour cent environ de l?atmosphère, ils agissent comme une couverture autour de la terre, ou comme le toit de verre d?une serre, piégeant la chaleur et maintenant la température de la planète quelque 30 degrés Celsius au-dessus de ce qu?elle aurait été autrement.

    Toutefois, les activités humaines « épaississent » la couverture, car à la présence naturelle de ces gaz s?ajoutent les émissions de dioxyde de carbone issues de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel ; la production accrue de méthane et d?oxyde nitreux issue des activités agricoles et des changements dans l?exploitation des terres ; et plusieurs gaz industriels persistants, qui ne se forment pas naturellement.

    Le changement climatique n?est pas nouveau. Pourquoi l?attribue-t-on à l?homme ?

    Le climat terrestre est passé par de nombreux changements. L?évolution du bilan radiatif terrestre a été le principal moteur des changements climatiques survenus par le passé, mais les causes en ont été variées.

    Les scientifiques ont attribué les changements survenus avant l?ère industrielle (avant 1780) aux causes suivantes :

    - Changements de l?orbite terrestre

    Les glaciations surviennent en cycles réguliers depuis près de trois millions d?années et selon le GIEC, il existe des preuves solides quant à l?existence d?un lien entre ces glaciations et les variations régulières de l?orbite terrestre autour du soleil, appelées cycles Milankovitch, du nom de Milutin Milankovitch, le mathématicien serbe (1879-1958) qui en a trouvé l?explication.

    Au cours de ces cycles orbitaux, différentes quantités de rayonnement solaire sont reçues à chaque latitude et chaque saison.

    Le débat reste ouvert sur la manière dont cela déclenche et achève les glaciations, mais bon nombre d?études portent à croire que la quantité de soleil reçue en été par les continents du nord est déterminante : si elle tombe en deçà d?une quantité critique, la neige de l?hiver précédent ne fond pas en été, de plus en plus de neige s?accumule, et une feuille de glace commence à se former.

    D?après les simulations climatiques, le GIEC pense que la prochaine glaciation pourrait commencer dans 30 000 ans. Chaque glaciation, ou cycle glaciaire, a été suivie d?un cycle interglaciaire, plus chaud.

    - Changements d?intensité solaire

    En 2001, grâce à un nouveau modèle climatique informatisé, la NASA (l'administration américaine de l?aéronautique et de l?espace) a confirmé la théorie de longue date selon laquelle une faible activité solaire aurait été responsable du « petit âge glaciaire », un phénomène survenu entre les années 1400 et les années 1700.

    Pendant le petit âge glaciaire, des années 1410 aux années 1720, la glace bloquait l?accès au Groenland ; les canaux de Hollande gelaient régulièrement, les glaciers des Alpes, dans le sud de l'Europe, avançaient, et la glace de mer avait augmenté de telle sorte qu?il n?y avait plus d?eau libre dans quelque direction que ce soit, aux alentours de l?Islande, en 1695.

    Le modèle de la NASA a recréé l?impact d?un soleil moins intense, engendrant des changements climatiques majeurs à l?échelle régionale et, par la suite, un rafraîchissement des températures continentales pendant l?hiver.

    Selon la NASA, entre le milieu des années 1600 et le début des années 1700, les températures à la surface de la terre dans l?hémisphère nord ont atteint le plus faible niveau (ou en auraient été proches) observé au cours des 1 000 dernières années, et les températures hivernales moyennes en Europe ont chuté de un à 1,5 degré Celsius.

    Ce rafraîchissement apparaît clairement dans les estimations de températures obtenues en examinant les cercles de croissance des arbres et les carottes glaciaires, et dans les registres de températures compilés par l?University of Massachusetts-Amherst et l?Université de Virginie.

    - Émission d?aérosols au cours d?éruptions volcaniques

    Les aérosols sont de petites particules contenues dans l?atmosphère, dont la taille, la composition chimique et la concentration varient considérablement.

    Les émissions volcaniques produisent des aérosols sous forme d?une poussière qui bloque le passage des rayons solaires et peut provoquer un rafraîchissement des températures à court terme.

    En 1815, l?éruption du Tambora, en Indonésie, avait provoqué une baisse des températures mondiales de pas moins de trois degrés Celsius, selon l?Enquête géologique américaine (USGS).

    « Même un an après l?éruption, les températures dans une majeure partie de l?hémisphère nord étaient encore bien plus fraîches pendant les mois de l?été. Dans certaines régions d?Europe et d?Amérique du Nord, l?année 1816 était connue sous le nom "d?année sans été" ».

    - Émission de dioxyde de carbone (CO2) au cours d?éruptions volcaniques

    Les volcans émettent également du CO2, et l?analyse des échantillons géologiques laisse penser que les périodes chaudes, sans glace, coïncident avec des taux élevés de CO2 dans l?atmosphère.

    « Sur des périodes de plusieurs millions d?années, les taux de CO2 changent en raison de l?activité tectonique », note le GIEC.

    Toutefois, selon le programme de l?USGS sur les risques d?éruption volcanique, si les volcans libèrent plus de 130 millions de tonnes de CO2 dans l?atmosphère chaque année, les activités humaines émettent plus de 130 fois cette quantité.

    - L?ère industrielle

    Globalement, depuis le début de l?ère industrielle, vers 1750, les activités humaines engendrent un réchauffement du climat, selon le GIEC. La température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 0,74 degré Celsius depuis la fin des années 1800.

    Dans les années 1900, sur une moyenne globale, le réchauffement du climat s?est déroulé en deux phases : des années 1910 aux années 1940 (0,35°C), et de façon plus marquée des années 1970 à nos jours (0,55°C).

    Cette croissance du taux de réchauffement a eu lieu au cours des 25 dernières années, et 11 des 12 années les plus chaudes jamais enregistrées ont eu lieu au cours des 12 dernières années. Cette hausse considérable des températures a été attribuée à l?augmentation du taux de CO2 dans l?atmosphère.

    La concentration de CO2 dans l?atmosphère au cours des 650 000 dernières années a été déterminée précisément à partir de carottes glaciaires prélevées en Antarctique. Au cours de cette période, la concentration de CO2 a varié entre un minimum de 180 ppm (parties par million) pendant les périodes glaciaires, froides, et un maximum de 300 ppm pendant les périodes interglaciaires, chaudes.

    Au cours du dernier siècle, le taux de CO2 a rapidement augmenté pour passer bien au-delà de cette fourchette, à 379 ppm.

    On sait, selon le GIEC, que l?augmentation de la concentration de CO2 dans l?atmosphère est imputable aux activités humaines, car le caractère du CO2 contenu dans l?atmosphère, en particulier le ratio des atomes de carbone « lourds » par rapport aux atomes « légers », a connu une évolution qui peut être attribuée à l?ajout du carbone des carburants fossiles.

    Selon les estimations des scientifiques, la combustion des carburants fossiles, et dans une moindre mesure la fabrication de ciment, est en effet responsable de plus de 75 pour cent des émissions de CO2 humaines.

    La découverte du lien entre les émissions de CO2 et l?évolution du climat

    L?historien scientifique Spencer Weart explique dans son article, intitulé The Carbon Dioxide Greenhouse Effect [L?effet de serre du dioxyde de carbone] que John Tyndall, éminent philosophe victorien de la nature, compte parmi les quelques premiers scientifiques à avoir déclaré que des couches de glace recouvraient autrefois la majeure partie du territoire européen.

    Mais, selon Spencer Weart, c?est au chercheur suédois Svante Arrhenius que l?on doit la première description de l?effet de serre, à la fin des années 1800. Svante Arrhenius a en effet réalisé des calculs indiquant qu?une diminution de la concentration de carbone dans l?atmosphère pouvait permettre de réduire la température de trois à quatre degrés Celsius en Europe (soit une température de glaciation).

    Mais c?est son collègue Arvid Högbom qui a eu l?incroyable idée de calculer la quantité de CO2 émise par l?activité humaine (les industries, etc.). Le chercheur a alors découvert que celle-ci était responsable d?environ la même concentration de CO2 que la quantité émise au cours des processus géochimiques naturels. A l?époque, personne n?a vraiment prêté attention à cette découverte.

    Vers 1938, Guy Stewart Callendar, un ingénieur anglais, a déclaré qu?en doublant le taux de CO2, on pourrait provoquer une augmentation des températures de deux degrés Celsius au cours des siècles à venir.

    Une fois encore, ces conclusions sont restées lettre morte.

    Au cours des quelques décennies qui ont suivi, plusieurs groupes de scientifiques ont suivi divers axes de recherche. Selon Spencer Weart, ce n?est que dans les années 1970, lorsque la hausse des températures mondiales est devenue évidente, que l?on a commencé à entendre les avertissements des scientifiques à propos des émissions de gaz à effet de serre.

    Les gouvernements se sont réunis en 1988 pour créer le Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat, composé de milliers de scientifiques, afin de recueillir des preuves irréfutables et d?être conseillés sur la meilleure marche à suivre.

    « En 2001, ce Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat était parvenu à un consensus, si prudemment formulé que presque aucun expert n?y a objecté », a commenté M. Weart.

    Les conséquences du changement climatique ? deuxième partie

    Le monde peut s?attendre à voir sa température augmenter d?environ 0,2°C tous les 10 ans, pendant les 20 prochaines années, selon plusieurs scénarios imaginés par le Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat (GIEC).

    Même si la concentration de tous les gaz à effet de serre et des aérosols était maintenue au même niveau qu?en 2000, il faudrait s?attendre à un réchauffement d?environ 0,1°C tous les 10 ans.

    La hausse des températures a déjà commencé à affecter des vies humaines et continuera de le faire. Voici un bref aperçu de ses conséquences.

    Les événements climatiques extrêmes

    L?évolution du climat donne lieu à des événements climatiques extrêmes, tels que des vagues de chaleur, des périodes de sécheresse, des crues et des ouragans.

    Selon le GIEC, le nombre des vagues de chaleur a augmenté depuis 1950, tout comme le nombre des nuits de chaleur aux quatre coins de la planète.

    La fréquence des ouragans, ainsi que l?intensité et la durée des tempêtes tropicales, ont augmenté ; l?activité cyclonique tropicale se développe également depuis 1970, environ.

    À l?échelle mondiale, un plus grand nombre et une plus forte proportion d?ouragans ont atteint les catégories quatre (caractérisées par des vents soufflant entre 210 et 249 kilomètres/heure) et cinq (caractérisées par des vents soufflant à plus de 249 kilomètres/heure) depuis 1970, en particulier dans les océans Pacifique Nord et Sud-ouest, et dans l?océan Indien.

    En mars 2004, le premier cyclone tropical jamais observé en Atlantique Sud s?est abattu au large du littoral brésilien.

    Certaines régions de la terre deviennent plus humides : diverses études ont montré qu?entre 1900 et 2005, les précipitations avaient considérablement augmenté dans l?est de l?Amérique du Sud et du Nord, en Europe septentrionale et en Asie centrale et septentrionale.

    D?autres régions deviennent plus sèches : les précipitations ont diminué dans le Sahel, dans la région méditerranéenne, en Afrique australe et dans certaines régions d?Asie australe. Selon le GIEC, la région touchée par les sécheresses s?est élargie depuis les années 1970.

    Le Programme des Nations Unies pour l?environnement (PNUE) cite souvent l?exemple du Lac Tchad, situé entre le Tchad, le Cameroun, le Nigeria et le Niger (autrefois le sixième plus grand lac du monde, qui a considérablement rétréci) pour illustrer la diminution des précipitations au Sahel.

    Les images satellite montrent qu?au cours des 35 dernières années, le lac a rétréci pour atteindre un dixième de sa taille initiale, en raison des sécheresses persistantes et d?une irrigation agricole plus intensive.

    Selon les études citées par le GIEC, et par d?autres agences des Nations Unies, ainsi que dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à mesure que la fréquence et l?intensité des sécheresses augmenteront, l?Afrique se trouvera confrontée à un stress hydrique croissant et à une diminution progressive des ressources en eau, ce qui risquera de provoquer davantage de conflits liés à l?exploitation de ces ressources.

    Les 50 bassins fluviaux que compte l?Afrique sont en effet presque tous transfrontaliers.

    Dans de nombreux pays d?Afrique, la production agricole, qui dépend essentiellement des précipitations, source d?irrigation, diminuera. Les récoltes risquent de diminuer de 50 pour cent d?ici à 2020 dans certains pays, et les revenus nets générés par celles-ci, de pas moins de 90 pour cent d?ici à 2100.

    Des terres agraires seront également perdues. Les nombreux petits exploitants agricoles d?Afrique seront les plus durement frappés, ce qui nuira à la sécurité alimentaire des populations sur le continent.

    Selon les évaluations nationales, le changement climatique aboutira à une réduction des cultures de subsistance, notamment du sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie ; du maïs au Ghana ; du millet au Soudan ; et des arachides en Gambie.

    Pour la plupart, les personnes qui risqueront de souffrir de la faim en raison du changement climatique d?ici aux années 2080 pourraient bien se trouver en Afrique, selon une étude citée dans la CCNUCC.

    Les populations exposées à un risque de stress hydrique accru en Afrique seront entre 75 millions et 250 millions d?ici aux années 2020, et entre 350 millions et 600 millions d?ici aux années 2050, selon les projections du GIEC.

    La CCNUCC a en revanche prévu qu?en raison d?une augmentation des précipitations sur la majeure partie de l?Asie, en particulier pendant la mousson d?été, davantage de régions pourraient être sujettes aux crues en Asie de l?Est, du Sud et du Sud-Est.

    En Asie centrale et en Asie du Sud, les récoltes devraient diminuer de pas moins de 30 pour cent, ce qui créera un risque d?insécurité alimentaire extrêmement élevé dans plusieurs pays.

    La hausse du niveau de la mer

    Les deux causes principales de la montée du niveau de la mer sont la dilatation thermique des océans (l?eau se dilate à mesure qu?elle se réchauffe) et la fonte, désormais plus rapide, des glaces continentales, selon le GIEC.

    D?après les observations menées depuis 1961, la température moyenne des océans dans le monde a augmenté jusqu?à une profondeur de pas moins de 3 000 mètres, et les océans absorbent plus de 80 pour cent de la chaleur ajoutée au système climatique, a indiqué le GIEC ; dès lors, les eaux marines se dilatent à mesure qu?elles se réchauffent, élevant d?autant le niveau de la mer.

    Les glaciers et la couverture de neige des montagnes ont rétréci, en moyenne, dans les deux hémisphères, ce qui a également contribué à une élévation du niveau de la mer.

    De nouvelles données indiquent que la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l?Antarctique a « très probablement » contribué à la hausse du niveau de la mer, entre 1993 et 2003.

    Entre 1961 et 2003, le niveau global des eaux marines s?est élevé à raison de 1,8 millimètres par an, en moyenne (1,3 à 2,3 millimètres). Cette élévation s?est accélérée entre 1993 et 2003 pour passer à environ 3,1 millimètres par an, en moyenne (2,4 à 3,8 millimètres).

    Le GIEC prévoit une hausse accélérée du niveau de la mer de 0,6 mètre ou plus, d?ici à 2100.

    Si les littoraux ne sont pas protégés, les inondations causées par l?élévation du niveau de la mer pourraient être 10 fois plus fréquentes, voire plus, d?ici aux années 2080, et toucher ainsi plus de 100 millions de personnes par an.

    Les habitants des deltas seraient particulièrement vulnérables. La montée du niveau de la mer élargira les zones de salinisation des nappes phréatiques et des estuaires, et il y aura ainsi moins d?eau douce pour les hommes et les écosystèmes des régions côtières.

    En Europe, plus de 158 000 personnes risquent de souffrir de l?érosion des littoraux ou d?être exposées aux risques de crues, d?ici à 2020, et la moitié des zones humides des littoraux européens devraient disparaître.

    En Thaïlande, la perte des terres due à une élévation du niveau de la mer de 50 centimètres risque de réduire le Produit intérieur brut (PIB) de 0,36 pour cent (soit environ 300 millions de dollars), et une augmentation du niveau de la mer d'un mètre entraînerait une perte de 0,69 pour cent (environ 600 millions de dollars) par an.

    Selon les estimations, les frais annuels de protection du littoral de Singapour devraient atteindre 0,3 million à 5,7 millions de dollars d?ici à l?an 2050, et entre 0,9 million et 16,8 millions de dollars d?ici à l?an 2100.

    Dans les villes d?Alexandrie, de Rosette et de Port Saïd, sur le littoral du delta du Nil, en Egypte, si le niveau de la mer s?élevait de 50 centimètres, plus de deux millions d?habitants seraient contraints de quitter leur domicile, 214 000 emplois seraient perdus, et les pertes de terres s?élèveraient à plus de 35 milliards de dollars, selon le GIEC.

    En Afrique, l?élévation du niveau de la mer pourrait provoquer des inondations plus graves, particulièrement le long des littoraux de l?Afrique orientale, ce qui augmenterait la vulnérabilité socio-économique et physique, déjà importante, des villes côtières, et se répercuterait sur la santé des populations.

    Les coûts d?adaptation à ce phénomène pourraient s?élever à au moins cinq à 10 pour cent du Produit intérieur brut.

    La neige et la glace

    Les études réalisées depuis de nombreuses années indiquent une diminution de la neige et de la glace, surtout depuis 1980, ainsi qu?une accélération de cette diminution au cours de la dernière décennie.

    Selon le GIEC, la plupart des calottes glaciaires et des glaciers des montagnes rétrécissent (depuis 1850, environ), la couverture de neige fond plus tôt au printemps, les glaces de mer de l?Arctique rétrécissent à toutes les saisons (particulièrement en été) et il est fait état d?une réduction du permafrost, du gélisol saisonnier, et des glaces fluviales et lacustres.

    Bien que bon nombre de glaciers de l?hémisphère nord se soient presque stabilisés pendant quelques années, vers 1970, cette période a été suivie d?un rétrécissement accru. Les calottes glaciaires du Groenland et de l?Antarctique rapetissent de plus en plus.

    À court terme, la fonte des glaciers de l?Himalaya augmentera le risque d?inondation et d?érosion des sols, et s?accompagnera de glissements de terrain au Népal, au Bangladesh, au Pakistan et dans le nord de l?Inde, pendant la saison des pluies.

    Parce que la fonte des neiges coïncide avec la saison des moussons estivales, toute intensification de la mousson et/ou toute augmentation de la fonte pourra contribuer à provoquer des inondations catastrophiques dans les bassins-versants de l?Himalaya.

    À plus long terme, le réchauffement climatique pourrait faire reculer la limite des neiges persistantes, et disparaître de nombreux glaciers, causant ainsi de sérieux préjudices aux populations qui dépendent des principaux fleuves d?Asie, dont bon nombre sont alimentés par l?eau de fusion de l?Himalaya.

    En Asie, un milliard de personnes pourraient ainsi se trouver confrontées à des pénuries d?eau, à la détérioration des terres ou même à des sécheresses dans les années 2050.

    L?évolution du climat et la santé

    Les facteurs de risques et les maladies liés au climat comptent déjà parmi les principaux facteurs qui contribuent à la charge de morbidité mondiale, notamment la sous-nutrition (qui serait à l?origine de 3,7 millions de décès chaque année), la diarrhée (1,9 million) et le paludisme (0,9 million), selon l?Organisation mondiale de la santé (OMS).

    La hausse des températures et la fréquence des événements extrêmes pourraient aggraver les maladies liées au climat, et l?évolution à venir du climat continuera probablement de nuire à la santé des populations humaines d?Asie, selon le GIEC.

    Les maladies diarrhéiques principalement associées au changement climatique devraient entraîner de plus en plus de décès chez les populations d?Asie du Sud et du Sud-Est, à mesure que les eaux plus chaudes du littoral multiplient les maladies hydriques (telles que le choléra) et/ou aggravent leur toxicité dans ces régions.

    Dans le nord de l?Asie, les habitats naturels des maladies hydriques et à vecteur risquent de s?étendre, exposant ainsi davantage de populations aux maladies. Enfin, certaines études montrent que l?incidence du paludisme risque de se propager en Afrique australe et dans les hautes terres d?Afrique orientale.

    Mais cette nouvelle n?est pas entièrement mauvaise : d?ici à l?an 2050 et jusqu?en 2080, selon les projections du GIEC, une bonne partie du Sahel occidental, de l?Afrique centrale et de l?Afrique australe pourrait en effet ne plus être propice à la transmission du paludisme.

    Source : IRIN

    [Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]



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