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INFO CLIMAT
Changement climatique
Les thèmes abordés ici sont l'environnement, l'écologie et le développement durable. Les articles sont classés chronologiquement.

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    31/08/18 - Climat : quand le passé nous alerte sur l'avenir

    Un collectif de chercheurs a étudié les changements provoqués par le réchauffement du climat depuis la dernière ère glaciaire il y a 14.000 ans. Le réchauffement à venir pourrait être du même ordre mais sur une échelle réduite d'un siècle.

    Connaître le passé pour mieux anticiper l'avenir. Cette maxime que répètent les professeurs d'histoire serait non seulement vraie en matière d'enseignement politique ou économique, mais aussi écologique. C'est en tout cas ce que pense un collectif international de 42 chercheurs mené par Stephen Jackson, directeur du Centre de suivi de changement climatique du sud ouest des États-Unis basé à Tuscon (Arizona). Ils publient dans Science le résultat d'une étude détaillée de 594 travaux portant sur l'évolution du climat et ses conséquences depuis la dernière glaciation il y a 14.000 ans. Pendant cette période, le climat de la Terre s'est réchauffé de 4 à 7°C. Or c'est très exactement le réchauffement que nous pouvons attendre d'ici 100 ans d'après les prédictions des climatologues si rien n'est fait pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

    Or pendant ces 14.000 ans, la Terre a beaucoup changé. De nombreuses espèces animales, comme les mammouths, les rhinocéros laineux, les tigres à dents de sabres, le grand cerf des tourbières et tant d'autres, ont disparu. La glace formait même des ponts entre les continents. La moitié nord de l'Atlantique était recouverte d'icebergs.

    «Nous avons comparé les changements précis observés sur 594 sites», raconte Rachid Cheddadi, directeur de recherche CNRS, à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier, membre de l'équipe paléoclimats et coauteur de l'article. Sur chacun d'entre eux nous avons noté si les changements étaient faibles, modérés ou importants.» En tout, 67% des sites ont connu un changement important et 26% un changement modéré. Ces changements ont été particulièrement prononcés dans les moyennes et hautes latitudes d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Amérique du Sud. Ces régions étaient alors très froides et particulièrement gelées il y a 14.000 ans.

    Des conséquences irréversibles

    «Nous parlons d'un changement qui a eu lieu sur 10.000 à 20.000 ans. Celui que nous vivons sera concentré sur un siècle ou deux», rappelle Stephen Jackson. «L'écosystème se transforme donc très rapidement et on commence déjà à voir les changements. Les forêts de pins dévastées par les incendies à l'est des États-Unis se transforment en une sorte de maquis.» Selon les auteurs, ces changements menacent non seulement la biodiversité mondiale, mais pourraient faire dérailler l'équilibre des services essentiels que la nature fournit à l'humanité, comme l'eau potable et le stockage du carbone. Un basculement dont les conséquences seraient potentiellement irréversibles.

    «Il ne s'agit pas de simulations ou de travaux statistiques,» explique Rachid Cheddadi. «C'est la première fois qu'une telle méthodologie est utilisée. Elle nous permet de confirmer les simulations faites par les climatologues pour estimer l'ampleur des changements que nous pouvons attendre.» Les accords de Paris sur le climat, conclu en décembre 2015, visent à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à maintenir la hausse de la température moyenne de la planète au-dessous de 2°C. «Même si cet objectif est tenu, des espèces animales et végétales seront amenées à disparaître,» ajoute Rachid Cheddadi. «Mais si ce n'est pas le cas, les conséquences seraient vraiment catastrophiques.»

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Rédaction: Vincent Bordenave


    g30/08/18 - Six nouveaux EPR, une vraie-fausse surprise ?

    Un rapport préconise de construire six réacteurs de nouvelle génération. Une évidence pour EDF, une incongruité et une provocation pour les écologistes.

    Évidemment, le télescopage des événements intrigue. Deux jours après la démission de Nicolas Hulot, notamment justifiée par la politique en faveur du nucléaire, « cette folie inutile économiquement, techniquement », un rapport dévoilé en partie par Les Échos préconise de lancer, après 2025, la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR 2. Un rapport rédigé pour sa partie militaire par un ex-membre du conseil d'administration d'EDF, Yannick d'Escatha, déjà auteur d'une étude préconisant de construire deux EPR à Hinkley Point, en Angleterre...

    Il ne semble pourtant pas que ce rapport ait précipité la démission du ministre de la Transition écologique, son entourage affirmant qu'il l'a « à peine parcouru ». En revanche, ses préconisations très précises peuvent surprendre. Les deux auteurs devaient proposer des voies pour que les compétences en matière de nucléaire civil et militaire soient préservées. Au sein du gouvernement, on confie qu'ils sont allés un peu loin en suggérant la construction de ces six EPR.

    Pour les opposants au nucléaire, c'est même une provocation. Chez Greenpeace, on note que deux chantiers d'EPR en cours, en Finlande (Olkiluoto) et en France (Flamanville), cumulent les déboires et les retards, aggravant la facture (elle a été multipliée par trois à Flamanville). « Ce rapport nous ramène à un sujet : on ne sait pas quoi faire d'EDF et du nucléaire, donc on fait n'importe quoi, explique Cyrille Cormier, en charge des questions d'énergie à Greenpeace. Il n'y aura jamais ces six EPR, parce qu'EDF n'a ni les compétences ni l'argent. »

    « Zéro surprise »

    Avenue de Wagram, au siège de l'électricien, on ne voit évidemment pas les choses de la même manière. « Il y a zéro surprise dans ce rapport », confie un conseiller. La technologie de l'EPR 2 serait même, dit-on au sein de l'entreprise publique, la solution idoine pour respecter la future Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui doit établir le calendrier et les moyens pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique. Si cette PPE préconise de fermer des réacteurs dans les prochaines années, les énergies renouvelables, argumente-t-on chez EDF, ne seront probablement pas en capacité de remplacer l'atome. Il faudra donc édifier de nouvelles centrales pour relayer le soleil et le vent, d'autant plus que certaines arrivent en fin de vie dans les prochaines années. « Tous les organismes sérieux, comme l'Agence internationale de l'énergie, sont d'accord sur ce point », dit-on dans l'entourage de Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF. Même Ségolène Royal, ministre de l'Écologie sous la présidence de François Hollande, avait affirmé qu'il faudrait « programmer la construction d'une nouvelle génération de réacteurs ».

    Le rapport conforte d'ailleurs EDF, puisque l'entreprise est devenue constructeur de centrales avec sa nouvelle filiale, Framatome, issue du dépeçage d'Areva. L'électricien ne réfute pas les difficultés que rencontrent les EPR en cours de construction. Elle met ces déboires, comme les problèmes de soudure, sur le compte, justement, de la perte des compétences. Hormis les EPR, aucune centrale n'a été édifiée en France depuis une vingtaine d'années. « Nous avons rencontré des problèmes sur les soudures parce que nous n'avons plus de bons soudeurs ! » explique un dirigeant. La construction de six nouveaux EPR permettrait donc, selon EDF, de maintenir les compétences de ses agents et sous-traitants. Bref, pour garder de bons ouvriers, il faut construire. Imparable.

    Pas d'huile sur le feu

    Dès le rapport divulgué, le gouvernement a cherché à apaiser le début de polémique. Après la démission de Nicolas Hulot, qui a ulcéré les associations écologistes, pas question de remettre de l'huile sur le feu. « Est-ce qu'il faut construire de nouveaux EPR ? Ce sera au président de la République et au Premier ministre de décider. Je rappelle qu'il y en a un qui est en cours de construction. La sagesse recommande déjà d'attendre que l'EPR de Flamanville soit achevé avant de prendre des décisions », a tempéré le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Avant de préciser, pour bien se faire comprendre : « Ce n'est pas un rapport qui décide de la politique du gouvernement. »

    Source: www.lepoint.fr - Rédaction: Michel Revol


    Mercredi 29/08/18 - Démission de Nicolas Hulot: le gouvernement déterminé à poursuivre le travail

    Le ministre d'État Nicolas Hulot a annoncé ce matin sa décision de quitter l'équipe gouvernementale.

    Le Gouvernement, qui a le meilleur bilan écologique depuis de nombreuses années, a affirmé sa totale détermination pour continuer le travail.

    Le Premier ministre a "remercié" Nicolas Hulot pour le travail mené avec le Gouvernement pour "mettre en oeuvre les engagements du Président de la République". Édouard Philippe fera des propositions dans les prochains jours à Emmanuel Macron s'agissant de la future composition gouvernementale.

    L'action de Nicolas Hulot au sein du Gouvernement a permis de nombreuses avancées :
    - Le Plan Climat, pour rendre irréversible et accélérer la mise en oeuvre de l'Accord de Paris.
    - L'interdiction de l'exploration des hydrocarbures.
    - Le Grand plan d'investissement dont 20 milliards d'euros sont destinés à la transition écologique.
    - La fermeture des centrales à charbon et de Fessenheim dans les 4 ans.
    - L'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes : 1 000 ha préservés de l'artificialisation des sols et rendus à leur vocation agricole.
    - A la-suite des Etats généraux de l'alimentation : la part des aliments bio ou locaux passe à 50% dans les cantines, lutte contre le gaspillage alimentaire est renforcée, le délit de maltraitance animale est étendu.
    - Le Plan ambition bio permettra d'atteindre 15% de surface agricole en agriculture biologique en 2022 (contre 6% aujourd'hui).
    - La sortie du glyphosate en 3 ans et l'interdiction des néonicotinoïdes (pesticides "tueurs d'abeilles").
    - La feuille de route pour l'économie circulaire, pour réduire de moitié les déchets mis en décharge et tendre vers 100% de plastique recyclé d'ici 2025.
    - La mobilisation pour lutter contre la pollution de l'air.
    - Le Plan biodiversité, avec 600 millions d'euros sur 4 ans et 90 mesures (parmi lesquelles : l'interdiction de 12 produits plastiques à usage unique ; l'objectif de "zéro artificialisation nette des sols" ; 150 millions d'euros pour rémunérer les agriculteurs pour la mise en place d'actions de protection de la biodiversité).
    - Le Plan solaire : mobilisation de tous les acteurs pour développer le photovoltaïque et le solaire thermique en France.

    Le Gouvernement est déterminé à poursuivre l'action engagée. Il continuera d'agir avec "la conscience de l'urgence" mais aussi en garantissant "la crédibilité des engagements", a déclaré le Premier ministre.

    Source: www.gouvernement.fr


    Mardi 28/08/18 - Réchauffement climatique, le global warning

    D’après l’ONU, les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris jusqu’à présent par les Etats signataires de l’accord de Paris conduiraient à un monde à + 3°C. Une mise en garde qui acte l’urgence de la situation et devrait inciter les pays à agir radicalement.

    Jamais, au cours des quinze mois de vaine tentative de mutation écologique de l’appareil d’Etat français par Nicolas Hulot, autant de rapports alarmistes n’ont décrété avec une telle virulence l’état d’urgence climatique et environnementale de la planète. Une accumulation de signaux d’alarme appelant à un sursaut radical qui, sans aucun doute, a pesé lourd dans la décision de l’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire, frustré de s’«accommoder des petits pas alors que la situation mérite qu’on change d’échelle».

    Dernière en date, une étude publiée le 6 août par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences met en garde sur «une réaction en chaîne incontrôlable», un «basculement irréversible». Et prédit «des endroits inhabitables sur la Terre». Elle prévient : «Les décisions des dix à vingt prochaines années vont déterminer la trajectoire du monde pour les 10 000 années suivantes…» Intitulée «Trajectoires du système Terre dans l’anthropocène», elle a inspiré Hulot mardi lorsqu’il a évoqué à deux reprises la Terre «étuve».

    Collapsologie délirante, quarante-six ans après le rapport Meadows sur les Limites à la croissance rédigé par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology pour le Club de Rome ? Non, simples projections de climatologues dont les modèles montrent que le climat change plus, et plus vite que prévu. Moins d’une semaine plus tôt, 500 scientifiques de 65 pays s’inquiétaient ainsi de la hausse rapide du niveau des océans - 7,7 centimètres entre 1993 et 2017 -, de l’acidification des eaux qui détruit à certains endroits jusqu’à 95 % des coraux au large de l’Australie et de la multiplication des cyclones tropicaux.

    Auteur du discours prononcé par Jacques Chirac au Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 dans lequel il prophétisait «notre maison brûle et nous regardons ailleurs», Hulot découvre de l’intérieur les gouvernements pyromanes et leur incapacité à changer d’ambitions, de système de pensée comme de production, alors que la planète danse au-dessus d’un précipice. Emmanuel Macron a d’ailleurs avoué son impuissance en décembre, lors du One Planet Summit : «On ne va pas assez vite et c’est ça le drame. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.»

    «Echéance»

    On ne pourra pas dire que ce n’est pas la faute de l’humain-prédateur. Une enquête parue en juillet chiffre à seulement 0,001 % la probabilité que l’homme ne soit pas responsable, au moins en partie, du changement climatique. Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) l’évaluait jusqu’alors à 5 %.

    En juin, il a d’ailleurs transmis aux Etats ses conclusions d’un rapport spécial qui doit être dévoilé en octobre, mais dont une version préliminaire a fuité. Alors que l’accord de Paris sur le climat de 2015 vise à contenir le réchauffement mondial sous les 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle d’ici à 2100, ce seuil pourrait être dépassé dès 2040. La raison : au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, la température augmente d’environ 0,17°C par décennie. Et l’inversion de la courbe du CO2 ne se profile toujours pas. Elle a atteint un record en 2017. Sa croissance a même été multipliée par quatre depuis le début des années 60. Pire : «Les engagements de réduction pris jusqu’à présent par les Etats signataires conduiraient à un monde à + 3°C, déplorait en mai la responsable climat de l’ONU, Patricia Espinosa. Le laps de temps qui nous est imparti pour s’attaquer au changement climatique arrive bientôt à échéance.»

    Hulot le sait bien, lui qui a pourtant dû se battre pour interdire le glyphosate dans trois ans au lieu de cinq ou avaler la fin des subventions pour les vélos électriques… Comme il sait bien qu’un dépassement de 1,5°C aurait des conséquences irréversibles sur la survie des espèces et des écosystèmes, sur l’accès à l’eau ou aux terres arables, comme sur les migrations climatiques déjà évaluées à 250 millions de personnes d’ici à 2050. Ajoutée à la démographie galopante (la planète a gonflé de 2 milliards d’habitants depuis 1992), la pression sur les ressources naturelles est en effet sans précédent.

    Dépassement

    Un rapide coup de loupe sur les six derniers mois. En mars, le CNRS s’inquiète du «déclin massif» des insectes en France et de la disparition des oiseaux à «une vitesse vertigineuse» en raison de l’intensification des pratiques agricoles. Neuf mois plus tôt, une enquête rappelait que la disparition d’espèces a été multipliée par 100 depuis 1900. Avril : le Pakistan enregistre un record mondial de température mensuelle de 50,2°C. Mai : la concentration moyenne de CO2 atteint 410 parties par million, 46 % de plus qu’en 1880. Juin : le Centre commun de recherche de l’UE assure que la désertification frappe 7 % du continent, que trois quarts des terres de la planète seraient dégradées et que 90 % pourraient le devenir d’ici à 2050. Juillet : la Suède, la Californie et même l’Arctique subissent des incendies records ; la canicule embrase l’Europe ; la Colombie a perdu un cinquième de ses glaciers en sept ans. Août : le jour du dépassement, qui marque le moment de l’année où la Terre a consommé plus de ressources naturelles que la planète ne lui permet, tombe le 1er du mois ; le Kerala en Inde connaît une mousson sans précédent, au moins 445 morts, 1 million de déplacés… En novembre, plus de 15 000 scientifiques prévenaient, vingt-cinq ans après un appel de 1 700 chercheurs : «Non seulement l’humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre ces défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d’entre eux se sont considérablement aggravés.» Et d’ajouter : «Nous avons déclenché un phénomène d’extinction de masse, le sixième en 540 millions d’années environ, au terme duquel de nombreuses formes de vie pourraient disparaître totalement, ou en tout cas se trouver au bord de l’extinction d’ici à la fin du siècle.»

    James Ephraim Lovelock, théoricien de l’Hypothèse Gaïa selon laquelle l’ensemble des êtres vivants sur Terre formerait ainsi un vaste superorganisme, écrivait en 2006 : «Notre avenir est semblable à celui des passagers d’un petit bateau qui naviguerait tranquillement vers les chutes du Niagara, sans savoir que les moteurs sont sur le point de tomber en panne.» A 99 ans, ce Britannique a depuis longtemps prédit qu’avant la fin du siècle 80 % de la population de la planète aura disparu. L’enquête du 6 août abonde dans son sens.

    Hulot a, lui, décidé, de quitter le radeau gouvernemental. Pour tenter de regagner les rives des mobilisations citoyennes globales, seules capables de faire bouger les choses, bousculer la myopie politique des démocraties occidentales ? «On est à un point de rupture psychique et physique du monde», disait-il à Libération en septembre 2015. Ajoutant, prémonitoire : «Si les politiques n’ouvrent pas le chemin à Paris, les peuples se fraieront une voie.»

    Source: www.liberation.fr/planete - Rédaction: Christian Losson


    28/08/18 - La Chine connaît son été le plus chaud depuis 1961 en termes de température moyenne nationale

    La température moyenne nationale cet été en Chine a atteint 22 degrés Celsius, soit la plus élevée depuis 1961, 55 stations ayant enregistré des températures quotidiennes records, a indiqué lundi un responsable météorologique.

    En comparaison avec les années normales, la température moyenne nationale observée de juin au 26 août était supérieure d'un degré, et les températures estivales ont duré plus longtemps, ont couvert plus de régions et ont été accompagnées de davantage de phénomènes météorologiques extrêmes, a expliqué Zhang Zuqiang, directeur du département des secours d'urgence et des services publics de l'Administration météorologique de Chine, lors d'une conférence de presse.

    En août, par exemple, la température moyenne nationale a atteint 22,2 degrés, soit 1,2 degré de plus que durant les années normales. Quelque 93 stations météorologiques ont rapporté des températures extrêmement élevées au Jilin, au Liaoning, en Mongolie intérieure, au Sichuan, au Hubei et au Shandong.

    M. Zhang a déclaré que les températures élevées persistantes le long des cours moyen et inférieur du fleuve Yangtsé nuisaient à la croissance des cultures.

    En septembre, la plupart des régions du pays devraient connaître une température moyenne similaire ou supérieure à celle des années normales, avec des précipitations normales ou légèrement plus fortes, ce qui est favorable à la croissance des cultures d'automne.

    Source: Agence de presse Xinhua


    Lundi 27/08/18 - Climat: la planète en surchauffe

    Fonte des glaces, sécheresse… Depuis quelques années, le réchauffement climatique s'accélère, entraînant de lourdes conséquences et inquiétant nombre de climatologues.

    La planète suffoque. L'été 2018 est le deuxième plus chaud depuis 1900, après celui de 2003. En outre, les trois derniers étés qui ont suivi 2015, comptaient parmi les plus chauds.

    Et nous n'avons pas fini de souffrir de la chaleur. Une nouvelle étude, réalisée par Florian Sévellec et Sybren Drijfhout, professeurs associés à l'Université de Southampton, prédisent que les années à venir devraient être plus chaudes que prévu.

    Basé sur une méthode statistique et des modèles climatiques existants, leur nouveau système de prévisions baptisé ProCast, prédit «une période plus chaude que la normale» qui va «temporairement renforcer» la tendance du réchauffement climatique à long terme.

    Vers une planète «étuve» ?

    Un autre rapport, publié début août par une revue scientifique américaine, prévient que si la Terre connaît une hausse de 2 °C dans les prochaines décennies, elle pourrait arriver à un point de rupture.

    En effet, si le réchauffement climatique continue à s'aggraver, la Terre pourrait devenir une «étuve», selon les conclusions de scientifiques de diverses universités.

    Selon eux, «dans quelques décennies», la Terre sera confrontée à «une température de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu'à la période préindustrielle et un niveau de la mer 10 à 60 mètres plus haut qu'aujourd'hui».

    «Des endroits sur Terre deviendront inhabitables si la “Terre étuve” devient une réalité», précisent-ils.

    Pour ces chercheurs, le point de rupture pourrait être atteint lorsque la température de la Terre sera supérieure de 2 degrés à celle de l'ère préindustrielle. Elle l'est déjà d'un degré et continue d'augmenter à un rythme de 0,17 degré par décennie.

    Des conséquences désastreuses

    Les températures de plus en plus élevées que la Terre subie entraînent des conséquences de plus en plus désastreuses.

    Pour la première fois cette année, la plus ancienne zone de banquise, qu'on pensait aussi la plus solide, s'est brisée à deux reprises.

    Mais la banquise n'est pas la seule à souffrir de la chaleur. Les glaciers en montagne aussi subissent les conséquences du réchauffement climatique. D'après le glaciologue Ludovic Ravanel, le «ciment de glace» qui assure depuis toujours la cohésion des blocs se dégrade progressivement, jusqu'à provoquer des éboulements.

    Du côté des océans aussi ça chauffe. Les risques d'épisodes de températures anormalement élevées de la surface de la mer sont de plus en plus importants. Une situation propice aux ouragans. Par ailleurs, la vie sous-marine est particulièrement bouleversée par ces changements climatiques.

    Enfin, à la surface du sol, les conséquences sont tout aussi dramatiques. Forêts décimées par les incendies, sécheresse, mauvaises récoltes, proliférations d'espèces invasives et disparitions d'autres espèces…

    Concernant l'homme, l'ONU prédit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, tandis que la Banque mondiale estime que plus de 100 millions de personnes pourraient basculer dans l'extrême pauvreté.

    Source: www.ladepeche.fr - Rédaction: Alicia Gach


    Dimanche 26/08/18 - Le changement climatique fait fondre les Alpes

    Ceux qui ont choisi de passer leurs vacances dans les Alpes et de crapahuter des les montagnes s’en sont sans doute aperçus cet été. Les panoramas sont aussi éblouissants, le Mont-Blanc aussi majestueux, mais il y a quelque chose de bizarre, d’inhabituel. Les montagnards qui aiment grimper sur les sommets enneigés ne retrouvent plus leurs paysages familiers. Le changement climatique est plus que jamais directement observable en haute montagne.

    Le signe le plus visible de l’avancée du réchauffement climatique est le recul continu des glaciers. « Dans les Alpes, les surfaces glaciaires ont diminué de moitié entre 1900 et 2012 avec une forte accélération des processus de fonte depuis les années 1980 », explique au Guardian Jacques Mourey, alpiniste et scientifique qui étudie l'impact du changement climatique sur les montagnes au-dessus de Chamonix. La Mer de Glace, l’un des grands hotspots touristiques de la Savoie, est aujourd’hui méconnaissable. « La Mer de Glace fond aujourd'hui à un rythme d'environ 40 mètres par an et a perdu 80 mètres de profondeur au cours des vingt dernières années », explique le glaciologue Luc Moreau.

    L’autre impact visible, et particulièrement dangereux, du changement climatique est le descellement des roches qui entraîne la chute des pierres. Les chamoniards ont recensé plus de 550 chutes de pierres sur le seul massif du Mont Blanc entre 2007 et 2015. La raison se trouve dans le pergélisol, cette matière glacée qui se trouve dans les fissures des rochers et les cimente entre eux. Au fur et à mesure que le permafrost fond, des pans entiers de la montagne se retrouvent déstabilisés et sont susceptibles de s’effondrer.

    C’est ce qui s’est passé de façon spectaculaire, avec l’effondrement en 2005 du pilier Bonatti, une colonne massive de roche, lieu emblématique de la région et terrain d’escalade mythique pour de nombreux passionnés de la montagne. Pour les alpinistes, c’est un peu comme si la Tour Eiffel s’était effondrée.

    Ces signes témoignent d’un réchauffement climatique qui se produit ici, en haute montagne, à vitesse accélérée par rapport à d’autres lieux sur la planète. Un changement climatique qui transforme les lieux et rend obsolète les cartes des chemins d’escalade jusqu’alors utilisées pendant des décennies par les montagnards. Les chemins d’accès aux refuges sont modifiés car les anciens deviennent singulièrement dangereux. La multiplication des chutes de pierres ont ainsi conduit les autorités à prendre des mesures de fermetures de certains sentiers, d’ouverture de nouvelles voies plus sûres, de construction de ponts de style himalayen et d’échelles fixes pour assurer les passages difficiles et dangereux.

    Le réchauffement climatique en haute montagne fait des victimes. Cinq morts en août dans le massif du Mont Blanc. Parmi eux des guides renommés et des amateurs éclairés de la montagne, pas des touristes inconscients qui se seraient aventurés sur des voies incertaines. En août 2017, c’est trois millions de mètres cubes de pierres qui ont dévalé sur le village Suisse de Bondo, dévastant tout sur leur passage. Pour les alpinistes, la montagne devient plus dangereuse en été qu’en hiver. Certaines voies sont de vrais coupe-gorges disent-ils, avec des chutes de pans entiers de roches. Catherine Destivelle, qui fut le plus grand nom de l’escalade française au féminin confie au Monde : « J’ai peur. Ça s’écroule partout. A Tête Rousse, ça tombe tous les trois jours. Et pas des petits rochers, des tables entières ! C’est horrible. »

    Ludovic Ravanel, membre de la Compagnie des guides de Chamonix et chercheur au CNRS observe depuis plusieurs années les courbes de températures de la région. Des courbes qui s’affolent affirme-t-il : « On assiste à des pétages de scores. Plus 2,1 °C à Chamonix en soixante-dix ans, peut-être 6 ou 7 autres degrés d’ici à la fin du siècle. Sachant que les milieux montagneux se réchauffent deux à trois fois plus vite que le reste de la planète, que va-t-il rester des Alpes ? »

    Les amoureux de la montagne sont dépités. D’autant que rien ne semble fait pour arrêter ou au moins tenter d’enrayer le phénomène. La Vallée de l’Arve près de Chamonix est aussi polluée que le périphérique parisien, avec ses 550 000 camions qui la traversent pour emprunter le Tunnel du Mont-Blanc. Au rythme où vont les choses, certaines zones hautement touristiques, qui sont des sources de revenus considérables pour la région, vont se retrouver condamnées. C’est notamment le cas de l’Aiguille du Midi dont on ne cesse de recenser les effondrements de rochers mais qui accueille néanmoins 500 000 visiteurs par an, acheminés par un téléphérique culminant à 3800 m d’altitude. Pour les autorités, pas de risque - immédiat. Mais la situation se dégrade très vite.

    Source: _www.up-magazine.info - Rédaction: Alexandre Aget


    Jeudi 23/08/18 - Arctique: la couche de glace la plus solide s’est encore brisée

    Les scientifiques s’alarment d’un phénomène « effrayant » qui s’est produit pour la deuxième fois cette année mais est inédit en été.

    C’est un autre effet de la canicule qui s’est abattue sur une bonne partie du monde cet été. La mer de glace la plus épaisse de l’Arctique s’est rompue pour la deuxième fois en six mois alors que cela n’était jamais arrivé auparavant en période estivale, a rapporté ce mardi le Guardian.

    Selon des scientifiques interrogés par le quotidien britannique, ce double événement inédit pourrait conduire à anticiper davantage les effets du réchauffement climatique. Cette zone glacière était considérée comme étant la dernière à pouvoir résister avant de fondre à son tour. Sa plus grande solidité est notamment due à des courants météo qui ramènent depuis la Sibérie de la glace qui s’empile et atteint jusqu’à quatre mètres d’épaisseur.

    Qualifiant le phénomène d’« effrayant », le scientifique français Thomas Lavergne relaie sur Twitter une animation où la mer (en bleu) prend de plus en plus d’espace au détriment de la glace (en rouge orangé). Des centaines de kilomètres de côtes du Groenland pourraient ainsi être progressivement bordées d’eau.

    « Je ne peux pas dire combien de temps cette ouverture va demeurer mais, même si elle se referme dans quelques jours, le mal sera fait : l’épaisse couche de glace plus âgée aura été éloignée de la côte, jusqu’à une zone où elle fondra plus facilement », explique-t-il au Guardian.

    En février dernier, alors qu’une brèche dans la glace s’était produite pour la première fois, les températures avaient été pendant dix jours supérieures au seuil où l’eau se met à geler. Et les fortes chaleurs du début du mois d’août (jusqu’à 17 degrés ont été ponctuellement enregistrés) ont fissuré de nouveau cette épaisse couche de glace.

    Source illustrée: www.leparisien.fr/environnement - Rédaction: Nicolas Berrod


    23/08/18 - Europe du Nord: «Il n'y a plus d'herbe»... Comment la sécheresse précipite les animaux à l'abattoir

    Si les pays méditerranéens ont depuis longtemps adapté leurs pratiques agricoles au manque d'eau, la sécheresse a fait des ravages cet été parmi les pays du nord de l'Europe, producteurs de lait.

    Production en berne

    En Suède, où des feux de forêts ont détruit des milliers d'hectares desséchés, la Fédération des agriculteurs (LRF) parle de la «pire crise depuis plus de 50 ans». Un manque de nourriture pour le bétail «sera perceptible dès cet hiver», prévoit Harald Svensson, chef-économiste de l'Agence gouvernementale suédoise de l'Agriculture.

    «La plupart des agriculteurs ont distribué aux animaux durant l'été les réserves de fourrage qu'ils avaient constituées pour l'hiver», explique-t-il, évoquant une chute historique de «29%» de la production suédoise de céréales par rapport à 2017. Idem en Allemagne, où une ferme sur 25 est menacée de fermeture. En Basse-Saxe, grande région agricole du pays, l'inquiétude est grande pour les exploitations fourragères dont la production est inférieure d'au moins 40% à celle d'une année normale. Aux Pays-Bas, le déficit de fourrage est estimé entre 40% et 60% par l'organisation agricole LTO, et celui de céréales à 20%.

    Spéculation «désagréable» sur la paille

    Loin de l'image idyllique des vertes prairies anglaises, la Grande-Bretagne n'a pas connu de sécheresse comme cette année depuis 80 ans, selon l'organisme public Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB). La collecte de lait est en forte baisse du fait du manque d'herbe.

    En France, «l'est du pays souffre depuis début juillet, et le reste du pays depuis août avec la vague de chaleur et de canicule prolongée», souligne Patrick Bénézit, responsable de l'organisation agricole FNSEA. Pour lui, la situation est comparable à celle de la canicule historique de 2003. «Dans beaucoup d'endroits, même dans le Massif Central, le "château d'eau" de la France, il n'y a pas de deuxième coupe d'herbe, c'est très préoccupant», indique-t-il. Le responsable dénonce «une spéculation assez désagréable» sur les prix de la paille: «Les éleveurs ont besoin d'acheter de la paille pour la mélanger au foin afin de nourrir leurs bêtes, et les négociants en profitent.» Réclamant jusqu'à 100 euros la tonne, contre 60 à 80 euros l'an dernier, selon lui. Le coût du fourrage ayant bondi, beaucoup de bêtes ont été envoyées à l'abattoir plus tôt que d'habitude.

    En Grande-Bretagne, l'abattage de bovins a été 18% plus élevé que l'an dernier en juillet, avec une bonne partie de vaches laitières, selon l'AHDB. En Allemagne, où le gouvernement vient de débloquer 340 millions d'euros d'aide, les abattages ont augmenté de 10% dans les deux premières semaines de juillet, selon l'Agence allemande pour l'agriculture et la nutrition. En Suède, le gouvernement a aussi débloqué une aide de 1,2 milliard de couronnes (117 millions d'euros) pour acheter du fourrage et éviter les abattages d'urgence.

    En France, le sujet est tabou, tant les éleveurs redoutent une chute brutale des cours, en raison notamment du monopole de fait dont dispose le groupe Bigard dans l'abattage. «On a peur qu'il profite de l'aubaine (de la) sécheresse pour acheter encore moins cher nos animaux, alors que nous avons déjà beaucoup de mal à survivre», confie un éleveur à l'AFP sous le sceau de l'anonymat.

    Risque d'abandons massifs

    Du côté de l'élevage laitier, «l'hiver risque d'être catastrophique» embraye un autre. «Pour compléter les rations des animaux, il va falloir acheter des céréales qui, elles, ont vu leur prix monter cet été, le lait va être de plus en plus cher à produire, les coûts de revient vont augmenter.»

    Un constat confirmé par Erwin Schöpges, président de l'European Milk Board à Bruxelles qui regroupe 100.000 petits producteurs laitiers européens: «Sans cette sécheresse, les coûts de production sont déjà loin d'être couverts. On parle, pour toute l'Europe, de coûts autour de 40 à 45 cents» alors que le prix de vente du lait en Europe «tourne autour de 30 à 33 centimes», détaille-t-il. «Alors comment voulez-vous, avec la sécheresse qui va encore augmenter les frais, que la situation s'améliore?» Pour desserrer l'étau, la Commission européenne a promis des aides exceptionnelles, notamment le versement anticipé de certaines aides et des dérogations pour permettre d'utiliser l'herbe des jachères comme fourrage. Jean-Guillaume Hannequin avertit néanmoins: «Il va y avoir des abandons massifs dans l'élevage.»

    Source: www.20minutes.fr/planete avec l'AFP


    Mercredi 22/08/18 - Pourquoi la Méditerranée est exceptionnellement chaude cet été

    Particulièrement élevée cette année, la température des eaux méditerranéennes n'est pas sans conséquence sur la faune et la flore locales.

    C'est une anomalie qui pourrait bientôt ne plus en être une. Vous l'avez peut-être remarqué vous-même: cet été, la Méditerranée est particulièrement chaude.

    A l'entrée de la rade de Villefranche-sur-Mer, où la température maritime est mesurée depuis 1957, "on a presque dépassé le record de 2003, avec plus de 28°C enregistrés cette année", indique Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche à l'observatoire océanologique de Villefranche (CNRS-IDDRI).

    Si l'été 2018 n'est pas record, il confirme un réchauffement progressif de la Méditerranée sur le long terme. "On se dirige vers une augmentation de la température maritime. On n'avait jamais relevé 27,5°C avant le début des années 2000, poursuit le scientifique. Puis on a eu les étés caniculaires de 2003, 2006, 2011 et 2015. La température de la mer s'en est ressentie."

    Pas de réchauffement en profondeur

    Encore l'année dernière, l'observatoire alertait: "Entre 2007 et 2015, l’augmentation de température a été plus rapide en Méditerranée que partout ailleurs dans l’océan global et celle de son acidité l’une des plus élevées jamais mesurées dans l’océan."

    Mais Jean-Pierre Gattuso préfère couper court aux témoignages les plus alarmistes: "On lit parfois que la température moyenne de la Méditerranée serait supérieure de 4 degrés à la normale saisonnière, mais c'est faux. Entre 2007 et 2015, c'est un réchauffement de 0,7 degré que l'on a observé. C'est considérable, mais loin de ce qui a pu être publié ici ou là."

    L'océanographe poursuit: "D'autres témoignages font état d'une température de 27°C à 20 mètres de profondeur. C'est encore totalement faux, on y relève 17°C environ. Et d'ailleurs, à cette profondeur, on ne constate pas vraiment de réchauffement."

    La faute à l'absence du vent

    Ainsi on ne peut parler d'un réchauffement qu'en surface. Pour Mercator Océan, le centre français d'analyses et de prévisions océaniques, l'ensoleillement de la région méditerranéenne est important sans être exceptionnel.

    Le réchauffement de cet été s'explique essentiellement par une absence de vent. D'habitude, détaille l'organisme sur son site, c'est le vent qui "mélange les eaux chaudes de surface avec celles plus profondes et plus froides".

    Jean-Pierre Gattuso confirme: "Il suffit d'un coup de mistral, comme à la mi-juillet 2016, pour faire baisser la température de quatre degrés dans la rade."

    La Méditerranée se tropicalise

    Si cette température fait le bonheur des baigneurs, elle est déjà en train de bouleverser la biodiversité.

    "On n'observe pas de mortalité massive de gorgones et de coraux comme en 2003 ou en 1999, veut d'abord rassurer l'océanographe. Mais près de Sète par exemple, dans l'étang de Thau, l'élévation de la température maritime a provoqué, cet été, la disparition de la quasi-totalité des moules."

    Sur nos côtes, "les espèces endémiques qui ne pourront pas s'adapter sont amenées à disparaître". La Méditerranée étant une mer fermée, il n'existe en effet pas de zone où les populations menacées peuvent se déplacer pour se rafraîchir.

    D'autres espèces font leur apparition ou se font plus visibles. Il a beaucoup été question des raies pastenagues ces derniers temps, mais des barracudas ont aussi été observés récemment. "La Méditerranée se tropicalise", résume Jean-Pierre Gattuso.

    Menace sur les herbiers de posidonie

    "Près de 700 espèces de la mer Rouge auraient rejoint la Méditerranée en passant par le canal de Suez. Ce n'est pas forcément une catastrophe, tempère le scientifique. Mais certaines d'entre elles sont invasives, prédatrices, comme le poisson-lapin ou le poisson-lion, et menacent l'existence d'espèces jusqu'ici endémiques."

    Du côté de la flore, la posidonie de Méditerranée serait "en grand danger" selon l'expert, qui cite des collègues espagnols: "C'est dans ces herbiers que viennent se reproduire les poissons. Ils protègent également les côtes des effets destructeurs de la houle, et produisent de l'oxygène."

    La disparition de cette plante endémique pourrait donc être nuisible sous l'eau autant qu'en surface. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

    Source: www.nicematin.com/environnement - Rédaction: Louis Belin


    22/08/18 - Aeolus, le satellite qui va révolutionner les prévisions météo

    Après un report dû... au vent, le nouveau satellite européen Aeolus devrait bien être lancé ce mercredi soir depuis la base de Kourou, en Guyane. Il mesurera pour la première fois le vent dans toute l'atmosphère terrestre pour améliorer les prévisions météo.

    C'est une petite révolution dans le domaine complexe des prévisions météo. Le satellite de l'Agence spatiale europeénne (ESA) Aeolus, construit par Airbus Defence and Space, devrait être lancé ce mercredi soir depuis la base de Kourou, en Guyane, par le lanceur Vega.

    Le lancement, initialement prévu mardi soir, a été reporté en raison des mauvaises conditions météorologiques, notamment... un vent trop turbulent. L'appareil mesurera les mouvements de l'atmosphère terrestre, dont le vent, jusqu'à 30 km d'altitude, pouvant ainsi affiner les prévisions météorologiques sur toute la planète (Aeolus couvrira l'ensemble du globe en sept jours).

    Une mission exploratoire de trois ans

    Le satellite Aeolus, qui doit son nom au dieu du vent, survolera la Terre à une orbite de croisière de 320 km d'altitude, et sa mission d'exploration durera trois ans, pour un coût estimé à 481 millions d'euros. Des rayons laser pénétreront dans l'atmosphère pour établir une cartographie précise des vents (force et direction).

    Chaque semaine, Aeolus réalisera une centaine de fois le tour de notre planète. Les données récoltées pourront être utilisées par les agences météo pour améliorer leurs modèles de prévision du temps, ainsi que par les climatologues.

    Une avancée inédite pour la mesure du vent

    Actuellement, les techniques de mesures du vent dans l'atmosphère sont sommaires et peu développées. Des satellites peuvent mesurer les vents dans les nuages mais en aucun cas de manière aussi étendue. Des avions peuvent également envoyer des capteurs au sein des cyclones. Enfin, au-delà des anémomètres de Météo France, des bateaux et des ballons-sondes sont aujourd'hui les instruments les plus utilisés.

    Le vent est en effet un facteur déterminant pour les prévisions météo. Sur la Terre, il équilibre les températures entre les tropiques et les pôles. C'est le fondement de la météorologie, car il détermine le déplacement des masses d'air et des nuages.

    Des prévisions affinées et plus étendues

    La prévision des phénomènes météorologiques extrêmes en sera améliorée : ainsi, les épisodes pluvieux méditerranéens (souvent associés à un vent fort) pourront être mieux anticipés, ainsi que les tempêtes et les cyclones. L'analyse des vents dans des régions éloignées de nos contrées permettra de mieux prévoir le temps chez nous.

    Avec dix fois plus de données qu'aujourd'hui, la prévision du vent ne sera plus le point faible des météorologues. Lors des deux tempêtes des 26 et 27 décembre 1999, les valeurs exactes de vent n'avaient pu être connues que quelques heures avant l'événement, compte tenu de la complexité du phénomène. Les prévisions météo à 15 jours pourraient devenir aussi fiables que celles pour une semaine actuellement.

    Source illustrée: www.leprogres.fr - Rédaction: Anthony Kaczmarek


    Mardi 21/08/18 - L'Australie renonce à inscrire dans la loi ses objectifs climatiques

    L'Australie s'était engagée à réduire ses émissions de 26% par rapport à leur niveau de 2005 d'ici 2030 pour lutter contre le réchauffement climatique mais vient de renoncer à l’inscrire dans la loi.

    L'Australie a renoncé lundi à inscrire dans la loi ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre en raison d'une fronde d'élus de la majorité contre le Premier ministre de centre-droit Malcolm Turnbull.

    En raison de sa dépendance massive au charbon et de sa population relativement restreinte -25 millions d'habitants- l'Australie est un des pays qui génère le plus de gaz à effet de serre par habitant.

    L’enterrement d’un engagement passé

    Malcom Turnbull a dû reconnaître qu'il lui fallait, faute du nombre de voix suffisant, renoncer à inscrire l'objectif des 26% dans la loi, enterrant ainsi un engagement passé.

    Malcom Turnbull était arrivé à la tête du gouvernement en septembre 2015 en renversant son prédécesseur Tony Abbott, qui appartient au même parti.

    C'est sous le gouvernement du très conservateur Abbott que l'Australie s'était engagée à réduire ses émissions de 26% par rapport à leur niveau de 2005 d'ici 2030 pour lutter contre le réchauffement climatique, un objectif qui avait été jugé insuffisant par ses détracteurs. Cet objectif avait été officialisé en décembre 2015 dans le cadre de l' Accord de Paris.

    Malcom Turnbull, considéré comme moins timoré que son prédécesseur sur la question climatique, entendait inscrire l'objectif dans la loi, dans le cadre de son plan énergie appelé National Energy Guaranty (NEG).

    La grogne contre la hausse des prix de l’électricité
    Mais Tony Abbott, qui présentait en 2015 l'objectif des 26% comme «un bon objectif, solide, responsable du point de vue économique, responsable du point de vue environnemental», n'est plus de cet avis.

    Au moment où les consommateurs australiens grognent contre la hausse des prix de l'électricité, due notamment à la fermeture de centrales au charbon, ce poids lourd de la chambre des représentants s'est élevé contre le fait d'inscrire dans la loi l'objectif de l'Accord de Paris.

    «Tant que nous serons dedans (ndlr: dans l'accord de Paris), nous mènerons notre politique énergétique avec l'objectif de réduire nos émissions, mais pas avec celui de proposer une électricité abordable et fiable», a-t-il dit lundi.

    Plusieurs des élus de droite ont menacé avec lui de voter contre le plan énergie de Malcom Turnbull, le condamnant dans sa forme actuelle.

    Ceci ne signifie pas que l'Australie renonce aux engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris.

    Ces tensions au sein de la majorité gouvernementale interviennent sur fond de dégringolade du centre-droit dans les sondages, alors que des élections nationales sont prévues en mai 2019.

    Source: _www.20minutes.fr/planete avec l'AFP


    20/08/18 - Le Phare des Baleines de l’île de Ré, mémoire des transitions énergétiques

    Chaque été, la population de l’île de Ré, d’un peu plus de 17 000 âmes en hiver, se voit multipliée par dix. Les vacanciers se pressent le long des plages du littoral et sur les quelque 110 km de pistes cyclables. Parmi les activités incontournables des vacances : la visite du Phare des Baleines. Situé à la pointe nord-ouest de l’île, l’édifice a été nommé en référence aux baleines qui venaient jadis s’échouer sur la plage en contrebas.

    Du haut de ses 57 mètres, cette construction offre un panorama unique aux téméraires qui gravissent les 257 marches menant au sommet. Son histoire est aussi celle des multiples innovations qui ont permis de projeter toujours plus loin la lumière.

    Le Phare des Baleines constitue ainsi un excellent marqueur des transitions énergétiques du passé, analysées dans une récente étude de la chaire Économie du climat.

    De l’huile de baleine à l’électrification

    L’histoire démarre sous Louis XIV. La construction de la tour des Baleines, située entre l’actuel phare et le littoral, fût commandée par Colbert, alors secrétaire d’État de la marine, et achevée en 1682 sous la supervision de Vauban.

    La tour brûlait à l’origine de l’huile de poisson et de baleine dont le rendement en termes d’éclairage était faible et dont l’efficacité était réduite, la combustion de l’huile tendant à calciner les vitres de la lanterne. L’huile de baleine était alors le combustible privilégié, si bien que les besoins de l’éclairage dans le monde accélérèrent dangereusement la chasse de ce mammifère marin aujourd’hui protégé.

    Dès 1736, le charbon fut substitué à l’huile de baleine comme combustible. Il était brûlé dans un réchaud surmonté d’un dôme permettant de réfléchir la lumière. Ce changement permit d’améliorer le rendement d’éclairage mais nécessitait d’acheminer des quantités importantes de houille. Les archives du phare du Cordouan, situé à l’embouchure de la Gironde, révèlent que les gardiens devaient quotidiennement monter entre 100 à 150 kg de charbon pour alimenter le feu. C’est pourquoi le charbon fut par la suite remplacé par le pétrole lampant, avant de basculer à l’électricité au début du XXe siècle.

    Le passage de l’huile de baleine au charbon permit d’améliorer la puissance d’éclairage. À masse équivalente, le pouvoir calorifique du charbon, c’est-à-dire la quantité d’énergie produite lors de sa combustion, est en effet bien supérieur à celui de l’huile de baleine. De la même manière, la substitution du pétrole au charbon augmenta par la suite le rendement de l’éclairage.

    La mobilisation de sources primaires au contenu énergétique de plus en plus denses est l’une des caractéristiques majeures des transitions énergétiques analysées par Vaclav Smil. À partir d’une approche historique, l’auteur montre que cette densification a conduit au niveau mondial à un accroissement sans précédent de la consommation d’énergie et des émissions de CO2 d’origine fossile.

    Le levier des gains d’efficacité

    À l’amélioration des sources d’énergie utilisées par le phare se sont ajoutées les innovations dans les techniques de transformation de l’énergie et de diffusion de la lumière, d’abord grâce à l’invention de la lentille à échelons par l’ingénieur français Augustin Fresnel (1822), puis grâce aux ampoules électriques dont la paternité revient à Joseph Swann (1878) et Thomas Edison (1879).

    L’ancienne tour des Baleines, d’une portée jugée insuffisante, fut remplacée en 1854 par l’actuel phare dont la hauteur est deux fois supérieure. Il fut l’un des premiers à bénéficier du dispositif de lentille de Fresnel, toujours en service actuellement, lui permettant d’atteindre une portée d’environ 50 km.

    En 1904, une centrale de production d’électricité à vapeur remplaça les systèmes antérieurs de combustion. Le raccordement du Phare des Baleines au réseau électrique n’intervint que dans les années 1950. Avec l’électricité, la portée du phare fut à nouveau démultipliée grâce à l’efficacité des ampoules pour transformer l’énergie en lumière.

    Les progrès techniques réalisés dans la conversion de l’énergie en lumière furent encore plus déterminants pour accroître la portée du phare que l’accroissement de la quantité et de la qualité de l’énergie primaire utilisée. On retrouve ici les conclusions des travaux de Fouquet et Pearson montrant le rôle majeur des gains d’efficacité dans la baisse des coûts de l’éclairage au cours des deux siècles passés.

    Leçon plus générale pour les transitions énergétiques : autant que le mix des sources énergétiques sur lequel se focalisent souvent les débats, la chaîne de transformation de ces sources en usages finaux constitue un maillon déterminant des systèmes énergétiques et de leurs transformations.

    De la lumière aux satellites

    L’étymologie du mot phare renvoie au grec Pharos, du nom de l’île où s’élevait le célèbre phare d’Alexandrie, disparu il y a plus de 700 ans. Si les phares de l’ère moderne n’ont pas disparu, ils sont pour la plupart classés au titre des monuments historiques, leur fonctionnement, leurs usages et leur utilité ayant fortement évolué depuis leur construction.

    L’arrivée de l’électricité a, dans un premier temps, ouvert la voie à l’automatisation des phares. Celui des Baleines a vu son dernier gardien partir au début des années 2000, lorsque son fonctionnement a été entièrement automatisé.

    Les progrès de la navigation assistée par satellite, qui équipe désormais la majorité des bateaux, ont par la suite réduit drastiquement l’utilité des phares, au point que certains sont désormais à vendre. Le Phare des Baleines va certainement continuer pour longtemps à balayer l’océan de ses rayons lumineux, même si son usage initial, le guidage de la navigation, est désormais quelque peu désuet.

    En redescendant les 257 marches du phare, le visiteur ne manquera pas de s’interroger sur l’actuelle transition énergétique. Le basculement du guidage des navires depuis les phares vers les satellites a-t-il réduit les besoins en énergie fossile et par voie de conséquence les émissions de CO2 ?

    C’est probablement l’inverse : l’énergie primaire utilisée par les technologies de l’information n’est pas directement visible comme l’étaient l’huile de baleine ou le charbon hissé au sommet des anciens phares. Mais elle est élevée car l’imagerie satellite implique toute une infrastructure consommatrice d’énergie grise. Surtout, le guidage par satellite permet de multiplier les usages finaux et contribue à la croissance très rapide de la navigation maritime : l’une des sources d’émission CO2 qui augmente le plus rapidement dans le monde !

    Source: theconversation.com - Rédaction: Christian de Perthuis, Professeur d’économie, fondateur de la chaire Économie du climat, Université Paris Dauphine & Boris Solier, Maître de conférences en économie, chercheur associé à la Chaire Économie du Climat (Paris-Dauphine), Université de Montpellier


    Vendredi 17/08/18 - Climat: la mer aussi se réchauffe

    Les températures de l’eau sont au-dessus de la normale sur la quasi-totalité des côtes françaises. Un phénomène qui fait le bonheur des baigneurs mais inquiète les spécialistes de l’environnement.

    Divin été sur les plages ! « Si on n’était pas sur la Côte d’Azur, c’était tout comme », lance Laurence, de retour du Morbihan. D’habitude, cette Parisienne a un peu de mal avec les eaux bretonnes mais, cette année, elle et sa famille s’en sont donné à cœur joie : « On n’a jamais eu besoin de mettre la combinaison aux enfants, c’était ni trop froid, ni trop chaud. Un régal ! »

    Une grande baignoire, c’est la sensation qu’ont eue de nombreux vacanciers un peu partout sur nos côtes. Et c’est vrai que la température de l’eau a été exceptionnellement chaude : presque 3,5 °C de plus qu’à l’habitude du côté de Marseille (Bouches-du-Rhône) depuis le début de la saison. En Manche, comme sur la plupart des côtes bretonnes, la température a piqué un sprint de presque de 2 °C par rapport à la normale. C’est simple : sur les 167 lieux de baignade que nous avons passés au crible, seules 7 plages échappent au phénomène.

    Si cette météo marine est une aubaine pour les nageurs, ce nouvel épisode de « canicule marine » en Méditerranée comme dans l’Atlantique n’est pourtant pas très bon signe. Les océans sont de plus en plus fréquemment en surchauffe, un vrai boom depuis 1982, alerte une étude tout juste publiée par des chercheurs de l’université de Berne, dans la revue Nature.

    « Lorsque la température augmente, l’eau change de densité et les échanges entre les eaux de surface et de profondeur se font moins facilement, cela perturbe la vie marine et crée une surmortalité de certaines espèces », explique Thierry Pérez, directeur de recherche CNRS à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale.

    « C’est ainsi que les éponges qui font office de mini-stations d’épuration ont quasi totalement disparu des eaux des îles grecques du Dodécanèse », poursuit le chercheur, pas près d’oublier les deux grandes canicules marines de 1999 et 2003 qui ont sévi entre Marseille et Nice : « Dans le fond, cela ressemblait à un grand incendie. Tout était gris, mort. »

    Algues toxiques et méduses mortelles

    Les climatologues de l’université de Berne ont calculé que les zones touchées par ses sinistres climatiques pourraient être multipliées par neuf d’ici la fin du siècle, voire par 21 selon que la température du globe grimpe de +2 °C (l’objectif minimal de l’accord de Paris sur le climat) ou de + 3, 5 °C. C’est déjà tout l’écosystème marin qui se retrouve sous pression : dans le Pacifique ouest, au large de l’Australie, la Grande Barrière de corail se meurt.

    Sur nos côtes, entre la prolifération d’algues toxiques ou l’arrivée d’étranges envahisseurs, les anomalies se multiplient : régulièrement désormais du côté de Ploemeur (Morbihan), les vacanciers ont droit en plein été à la visite de méduses très dangereuses, des physalies. Leur piqûre potentiellement mortelle a conduit à des fermetures temporaires de plages.

    A Nice, les pêcheurs ne s’étonnent plus de trouver dans leur filet des espèces comme le barracuda, ce redoutable poisson carnivore qui raffole des eaux tropicales, ou la daurade coryphène, un poisson à la chair délicieuse, plus connu sous le nom de mahi-mahi… à Tahiti.

    L'homme, responsable de ces anomalies thermiques

    « Entre 1982 et 2016, le nombre de jours où les mers et océans ont été plus chauds qu’à la normale a doublé », s’alarme le climatologue Thomas Frölicher, de l’Institut de physique de Berne qui a participé aux travaux que vient de publier la revue Nature. Une étude qui risque de faire des vagues : elle est la première à démontrer — mathématiquement — que c’est avant tout l’homme qui est responsable de la multiplication de ces anomalies thermiques.

    C’est bien lui, et non les variations solaires ou celles du volcanisme ou encore des phénomènes climatiques exceptionnels comme El Niño, qui est en train de perturber l’équilibre énergétique de notre planète, avec des conséquences potentiellement catastrophiques. Car le climat dépend en grande partie des océans.

    Comme régulateur thermique, on n’a pas trouvé mieux que ces gigantesques masses d’eau qui recouvrent 70,3 % de la surface terrestres et absorbe 25 % du CO2 émis chaque année par l’homme dans l’atmosphère ainsi que 90 % du surplus de chaleur dû à l’effet de serre !

    Après avoir emmagasiné, au niveau de l’Equateur, une partie du rayonnement solaire, les océans restituent cette chaleur par le biais de courants remontant vers les pôles. La multiplication de ces canicules marines est-elle le signe que ce rôle de « grand climatiseur » naturel s’essouffle ? Qu’il n’arrive plus à suivre le rythme de l’activité humaine ? Notre planète risque-t-elle un jour l’asphyxie ? Sur le fond, c’est la question qui est clairement posée.

    Source illustrée: www.leparisien.fr - Rédaction: Aline Gérard


    14/08/18 - Réchauffement climatique: les prochaines années globalement de plus en plus chaudes

    Réchauffement climatique : les prochaines années globalement de plus en plus chaudes

    Dans une étude publiée mardi 14 août, des chercheurs du CNRS annoncent des étés encore plus chauds, ces prochaines années.

    Avec la vague de chaleur qui a submergé le globe cet été, 2018 sera classée comme une année particulièrement chaude. Or, selon une étude publiée dans Nature Communications le 14 août, les températures à la surface de la terre pourraient être encore plus chaudes d’ici à 2022.

    « Pour obtenir ces prévisions, nous avons utilisé une méthodologie originale, explique Florian Sévellec, directeur de l’étude et chercheur CNRS au laboratoire d’océanographie physique et spatiale et à l’université de Southampton. Nous avons étudié des bases de données et des simulations de modèles climatiques, notamment utilisé dans le cadre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) », organisme qui rassemble les informations météorologiques mondiales.

    Des prévisions impossibles au-delà de cinq ans

    À l’aide d’un algorithme, les chercheurs ont décrypté l’évolution du climat entre 1900 et 2100, en notant les périodes ressemblant à ce nous vivons actuellement. Il existe en effet des échelles de temps dans le climat qui provoque des cycles naturels qui se répètent. Ces comparaisons ont permis aux scientifiques de faire des projections pour les cinq prochaines années. Et le résultat est sans appel. D’après leurs prévisions, la température sera anormalement élevée, au-delà des conséquences du seul réchauffement climatique.

    Les chercheurs n’ont en effet pas travaillé sur le réchauffement climatique, lié à l’activité humaine, dont la courbe augmente doucement, de façon exponentielle et régulière. Ils ont étudié les variations des températures liées à des phénomènes naturels particuliers. Citons le plus connu, El Niño qui, certaines années, provoque le réchauffement des eaux de surface du Pacifique sud.

    « Ces modifications de court terme sont pour nous intéressantes à observer car elles sont à l’échelle humaine et ont donc un impact direct sur le climat. Les effets d’El Niño par exemple dépassent la région pacifique et ce phénomène a des conséquences à l’échelle planétaire », ajoute Florian Sévellec.

    « Avec les outils actuels, les prévisions climatiques sont impossibles au-delà de cinq ans. Ces recherches nous l’ont confirmé », témoigne encore le chercheur. Quant aux résultats, ils sont difficiles à quantifier. L’augmentation des températures se calcule en centième de Kelvin, ce qui ne signifie pas grand-chose pour le grand public. Plus concrètement, l’étude prévoit en 2019, « d’avoir trois fois le réchauffement climatique en une année ».

    Un phénomène planétaire aux conséquences régionales
    « Globalement, nous prévoyons que les années à venir seront plus chaudes, insiste le chercheur. Mais nous ne savons pas sur quel continent ni à quel moment. Cela peut se traduire par une vague de chaleur l’été ou, de façon plus répartie, par une petite augmentation des températures toute l’année. Nous pouvons assister à un réchauffement en Chine ou à un refroidissement en Afrique. Notre méthode ne permet pas aujourd’hui de prévoir précisément le réchauffement climatique ».

    Ce qui est avéré, ce sont les liens entre l’augmentation des températures et les aléas climatiques régionaux. Sécheresse aux États-Unis, fortes précipitations en Afrique, tempêtes tropicales liées au réchauffement des océans etc. autant de phénomènes extrêmes avec lesquels il faudra s’habituer à vivre.

    Source: _www.la-croix.com - Rédaction: Frédérique Schneider


    Mardi 07/08/18 - Réchauffement climatique : la Terre proche d'« un point de rupture »

    La Terre ne pourrait bientôt plus abriter qu'un milliard d'habitants, selon les prédictions alarmistes de plusieurs chercheurs internationaux.

    La transition vers une économie verte est plus que jamais urgente pour notre santé, mais aussi pour la Terre. Ce lundi, des chercheurs internationaux ont lancé un cri d'alarme : si nous ne faisons rien, la pollution due aux énergies fossiles risque de pousser la planète Bleue dans un état durable et dangereux « d'étuve ». En effet, si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts pourraient être décimées et les émissions de gaz à effet de serre battre des records. La Terre est en passe de franchir un point de rupture, selon les scientifiques.

    Ce basculement pourrait intervenir « dans quelques décennies seulement », ont-ils prévenu dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Passer ce seuil signifie, selon eux, « une température de 4 à 5 °C plus élevée qu'à la période préindustrielle et un niveau de la mer de 10 à 60 mètres plus haut qu'aujourd'hui. »

    « Terre étuve » ?

    « Une Terre étuve est probablement incontrôlable et dangereuse pour beaucoup », selon les conclusions de scientifiques de l'université de Copenhague, de l'Université nationale australienne et de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne. Les rivières déborderaient, les ouragans feraient des ravages sur les côtes et les récifs de corail disparaîtraient ; le tout avant la fin de ce siècle, voire plus tôt.

    Les températures moyennes mondiales dépasseraient celles de toute période interglaciaire (ces cycles séparant deux glaciations depuis 1,2 million d'années). La fonte des calottes polaires provoquerait à elle seule une hausse très importante du niveau des océans, engloutissant des régions côtières où habitent des centaines de millions de personnes. « Des endroits sur Terre deviendront inhabitables si la Terre étuve devient une réalité », met en garde Johan Rockström, directeur du Stockholm Resilience Centre.

    « Un réchauffement de 2 degrés pourrait activer d'importants éléments de rupture »

    Tous ces événements en cascade « pourraient pousser le système Terre dans son ensemble dans un nouveau mode de fonctionnement », note Hans Joachim Schellnhuber, coauteur et directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research et relève Le Figaro. Le chercheur avait précédemment estimé qu'une Terre à + 4 ou + 5 °C ne pourrait pas abriter plus d'un milliard de personnes.

    Les chercheurs suggèrent que le point de rupture pourrait être atteint lorsque la température de la Terre sera supérieure de 2 degrés à celle de l'ère préindustrielle. Elle l'est déjà d'un degré et continue d'augmenter à un rythme de 0,17 degré par décennie. « Un réchauffement de 2 degrés pourrait activer d'importants éléments de rupture, augmentant ainsi encore davantage la température ce qui pourrait activer d'autres éléments de rupture par un effet domino qui pourrait entraîner la Terre vers des températures encore plus élevées », prévient le rapport.

    Les experts s'inquiètent également de phénomènes comme les feux de forêt qui se multiplieraient à mesure que la planète se réchauffe et s'assèche. Cette étude a exploité de précédents travaux scientifiques sur les points de rupture de la Terre. Les scientifiques ont également examiné des périodes lointaines, comme l'ère du Pliocène il y a cinq millions d'années quand le niveau de CO2 dans l'atmosphère était de 400 parties par million (ppm), comme aujourd'hui.

    Changer immédiatement de monde de vie

    Durant la période du Crétacé (l'ère des dinosaures) il y a quelque 100 millions d'années, le CO2 a même atteint 1 000 ppm en grande partie à cause de l'activité volcanique. Déterminer qu'une hausse de 2 degrés est un point de non-retour « est nouveau », selon Martin Siegert, codirecteur du Grantham Research Institute on Climate Change de Londres, qui n'était pas impliqué dans l'étude.

    Il est nécessaire de changer immédiatement de mode de vie pour protéger la Terre, ont averti les chercheurs, expliquant que les énergies fossiles devaient être remplacées par des sources à faibles, voire sans, émissions de CO2. Ils ont notamment préconisé une meilleure gestion des sols, de meilleures pratiques agricoles, la protection des terres et des côtes ou encore le développement de techniques de capture du CO2, planter des arbres et arrêter la déforestation.

    Mais, même en cas d'arrêt des émissions de gaz à effet de serre, la tendance actuelle de réchauffement pourrait déclencher d'autres processus du système terrestre appelés rétroactions, faisant davantage monter les températures. Parmi ces processus : fonte du pergélisol, déforestation, absence de couverture neigeuse dans l'hémisphère nord, de banquise et de calottes polaires.

    Source: www.lepoint.fr


    Vendredi 03/08/18 - Le sable, autant indispensable que surexploité

    Si vous pensiez que le sable était une ressource inépuisable, détrompez-vous. Une pénurie est même annoncée, au rythme où l'humain maximise son utilisation au détriment de l'environnement.

    Après l’air et l’eau, le sable est la ressource naturelle la plus exploitée sur la planète.

    Bâtiments, routes, bouteilles de verre, écrans d’ordinateur, puces électroniques, cosmétiques, détergents… Le sable se trouve dans plus de 200 objets et activités industrielles au quotidien. Même le délavé de votre jean est obtenu grâce au sable.

    C’est cependant le secteur de la construction qui en engloutit la majorité. « Le béton est le matériau synthétique le plus utilisé au monde », confirme le directeur général de l’Association béton Québec, Luc Bédard.

    Les 6 milliards de mètres cubes de béton produits annuellement par cette industrie mondiale sont composés d’eau, mais surtout de sable et de granulats.

    Il en faut, par exemple, 200 tonnes pour construire une maison. Chaque kilomètre d’autoroute nécessite pour sa part 30 000 tonnes de sable et de granulats.

    Qu’est-ce que le sable?

    Le sable se définit en granulométrie par toute particule comprise entre 0,063 mm et 2 mm. Le granulat, pour sa part, est un fragment de roche dont la taille est inférieure à 125 mm.

    Notre consommation de sable est aussi astronomique que semblent l’être nos réserves. On estime qu’il y a plus de 120 millions de milliards de tonnes de sable sur la planète.

    La majeure partie de ce sable n’est cependant pas exploitable. « Le désert du Sahara, par exemple, a une quantité de sable immense. Mais c’est un sable trop fin, qui ne convient pas au béton », explique Luc Bédard.

    Il faut donc faire une distinction entre le sable du désert, plus arrondi, et le sable marin, dont les propriétés angulaires font qu’il s’agrège bien. C’est celui-là qui est prisé par l’industrie.

    Environ 75 millions de tonnes de sable marin sont donc extraites chaque année à même les rivages.

    La demande surpasse la nature

    Un enjeu majeur pour notre utilisation du sable est que la nature en génère très peu et à un rythme très lent.

    « À l'échelle humaine, le sable n'est pas renouvelable, car il faut des milliers d'années à des centaines de milliers d'années pour le former », explique Éric Chaumillon, professeur en sciences de la Terre à l’Université de La Rochelle.

    Le sable découle d’un processus naturel d’érosion. La roche, altérée par des intempéries, notamment, se fragmente en plus petites particules, qui sont ensuite transportées par les rivières jusque dans les lacs et les océans.

    Or, l’humanité consomme environ 40 milliards de tonnes de sable et de granulats par an, soit le double de ce que l'ensemble des fleuves mondiaux exporte vers les océans.

    Les carrières de sable vidées, les berges et les anciens lits de rivières exploités à leur plein potentiel, il a fallu se tourner vers les océans pour combler les besoins.

    De l’excès à la démesure

    « On s’oriente aussi de plus en plus vers la mer en raison du développement démographique », explique Éric Chaumillon. Des pays à petite surface, ayant de moins en moins de place pour développer leurs infrastructures, préfèrent ne pas sacrifier leurs terres pour ouvrir de nouvelles carrières de sable ou de granulats à ciel ouvert.

    C’est le cas de l’Angleterre et de la Belgique, cite en exemple l’expert européen. Mais la surutilisation de sable a aussi entraîné des dérives ailleurs dans le monde.

    Singapour a même gagné une partie de son territoire sur la mer. L’archipel asiatique s’est étendu de plus de 20 % en 40 ans, passant de 580 à 720 kilomètres carrés en important de grandes quantités de sable des pays voisins pour les étendre dans la mer. Le petit pays d’une superficie à peine plus grande que celle de Toronto est le plus grand importateur de sable du monde.

    La dérive s’illustre aussi à Dubaï, qui a importé d’énormes quantités de sable de l’Australie après avoir épuisé les siennes pour construire gratte-ciel et îles artificielles. L’aménagement de ces îles aux formes distinctives dans le golfe Persique a nécessité plus d’un demi-milliard de tonnes de sédiments.

    La demande croissante en sable au Moyen-Orient et en Asie a même contribué au développement d’un marché noir et à l’émergence d’une mafia documentée en Inde.

    C’est aussi dans cette région du monde que les conséquences ont commencé à être observées : des plages et des îles entières ont disparu après un pillage massif de sable.

    Quel cadre législatif pour le sable?

    Il est difficile d’évaluer la réelle problématique du sable, puisque son utilisation est peu répertoriée dans certaines régions du monde.

    L’absence de législation est aussi un problème. Des gouvernements ont discrètement commencé à réglementer son exploitation, en interdisant le dragage dans les rivières et les océans ou les exportations massives vers l’étranger. Aucune convention internationale ne régule cependant l’extraction, l’utilisation ou les échanges de sable.

    Augmenter le prix du sable et taxer l’exploitation des carrières font partie des solutions proposées par les Nations unies pour s’attaquer au problème.

    Des conséquences à court et à long terme

    Prendre le sable des plages ou le pomper dans l’océan fragilise la défense naturelle des côtes.

    Chaque trou créé par le pompage au fond de la mer est comblé par les vagues, qui vont chercher le sable des plages. Vidées de leur sable, les plages ne jouent plus leur rôle de frein de l’érosion côtière.

    Avec le réchauffement climatique, la montée des eaux devient donc de plus en plus problématique. « La barrière sédimentaire, soit l’ensemble plage sous-marine, plage et dune, est la meilleure protection contre les assauts de l'océan », prévient Éric Chaumillon.

    « Appauvrir les barrières dans un contexte d'élévation du niveau marin est une erreur qui coûtera très cher, puisque la moitié de l'humanité vit à proximité des côtes », poursuit-il.

    Sans une prise de conscience rapide du problème, plusieurs villes côtières risquent gros en raison de l’érosion et de la submersion appréhendées dans les prochaines décennies.

    Source: Radio-Canada - Texte de Daniel Blanchette Pelletier


    Vendredi 03/08/18 - Comment éviter la pénurie annoncée de sable?

    L'urbanisation et le développement rapide de l'Asie et du Moyen-Orient ont fait exploser la demande en sable. L'humain en utilise aujourd'hui plus que la Terre n'en produit. Des mesures s'imposent le plus tôt possible pour éviter la pénurie mondiale.

    « Cette pénurie de sable est clairement liée à l’explosion des populations, en particulier des populations urbaines », explique le professeur Éric Chaumillon, associé au Centre national de la recherche scientifique.

    « Depuis 1950, on a multiplié la population urbaine d’un facteur 5, poursuit-il. Pour loger tout ce monde dans les villes, on construit des tours, des immeubles, des maisons. On construit aussi des voies de communication, des routes, des aéroports. »

    Toutes ces infrastructures contribuent à la consommation massive de sable et de granulats à travers le monde. C’est le cas autant en Asie et en Afrique qu’en Amérique du Sud, dont le développement se poursuit à grande vitesse.

    « Les quantités de sédiments sont malgré tout importantes, mais vu la consommation effrénée qu’il y a à l’heure actuelle, et sachant que les lieux de consommation doivent être proches des lieux d’extraction, il y a des endroits où on est presque en pénurie, voire même déjà en pénurie », estime Éric Chaumillon.

    Le monde regorge peut-être de sable, mais celui des déserts ne peut être utilisé industriellement. Certains pays, comme en Asie et au Moyen-Orient, ont donc épuisé le sable local qu’ils pouvaient utiliser pour construire.

    « On est assez choyé au Québec d’avoir de grandes accumulations de sable », illustre par exemple le professeur en géomorphologie à l’Université Laval Patrick Lajeunesse.

    « Les ressources que nous avons sont principalement reliées à la sédimentation par les glaciers, donc 10 000 à 15 000 ans avant aujourd’hui. Lorsque les glaciers se sont retirés, ils ont laissé de grands amas de sable », poursuit-il.


    [2e de 2] L'urbanisation et le développement rapide de l'Asie et du Moyen-Orient ont fait exploser la demande en sable. L'humain en utilise aujourd'hui plus que la Terre n'en produit. Des mesures s'imposent le plus tôt possible pour éviter la pénurie mondiale.

    « Cette pénurie de sable est clairement liée à l’explosion des populations, en particulier des populations urbaines », explique le professeur Éric Chaumillon, associé au Centre national de la recherche scientifique.

    « Depuis 1950, on a multiplié la population urbaine d’un facteur 5, poursuit-il. Pour loger tout ce monde dans les villes, on construit des tours, des immeubles, des maisons. On construit aussi des voies de communication, des routes, des aéroports. »

    Toutes ces infrastructures contribuent à la consommation massive de sable et de granulats à travers le monde. C’est le cas autant en Asie et en Afrique qu’en Amérique du Sud, dont le développement se poursuit à grande vitesse.

    « Les quantités de sédiments sont malgré tout importantes, mais vu la consommation effrénée qu’il y a à l’heure actuelle, et sachant que les lieux de consommation doivent être proches des lieux d’extraction, il y a des endroits où on est presque en pénurie, voire même déjà en pénurie », estime Éric Chaumillon.

    Le monde regorge peut-être de sable, mais celui des déserts ne peut être utilisé industriellement. Certains pays, comme en Asie et au Moyen-Orient, ont donc épuisé le sable local qu’ils pouvaient utiliser pour construire.

    « Les ressources que nous avons sont principalement reliées à la sédimentation par les glaciers, donc 10 000 à 15 000 ans avant aujourd’hui. Lorsque les glaciers se sont retirés, ils ont laissé de grands amas de sable », poursuit-il.

    D’ici 30 à 50 ans, il faudra aller chercher de nouvelles sources de sable, estime Claudiane Ouellet-Plamondon, professeure au département de génie de la construction à l’École de technologie supérieure.

    D’ailleurs, le Canada importe déjà du sable des États-Unis, et en même temps il y en exporte. Ces échanges mutuels s’expliquent par l’accès de plus en plus restreint à un sable de qualité à proximité.

    « Il y en a encore dans le sol, mais les distances d’approvisionnement augmentent », explique la professeure. S’il n’y a pas d’activités commerciales à proximité, ajoute-t-elle, c’est plus facile de se tourner vers son voisin. Ouvrir une carrière, par exemple, est plus coûteux qu’importer le sable désiré.

    Réutiliser, récupérer, recycler

    L’industrie de la construction considère également de plus en plus le recyclage du béton, qui emprisonne d’énormes quantités de sable ne pouvant être utilisé autrement.

    « Oui, on utilise des matières recyclées, mais non le béton n’est pas une poubelle, prévient Luc Bédard, le directeur général de l’Association béton Québec. Ces matières recyclées ont été largement mises à l’essai pour s’assurer de ne pas nuire à la capacité du béton ni à sa durabilité et de ne pas mettre la vie des gens en danger. »

    D’importantes normes canadiennes régissent d’ailleurs l’utilisation du sable en construction.

    De plus en plus de producteurs concassent en outre de la pierre pour lui donner la granulométrie du sable. « Ils vont corriger leur sable naturel avec des ajouts de roches fragmentées, donc un granulat manufacturé pour fabriquer un "sable synthétique" », avance Luc Bédard.

    Du verre recyclé est même utilisé dans certains projets. Il peut d’ailleurs servir à renflouer les plages, qui se vident en raison du pompage de sable dans les océans du monde.

    Réduire notre consommation

    Toronto, Montréal, Vancouver. Les grandes villes canadiennes se sont développées en engloutissant d’énormes quantités de béton… et donc de sable.

    « On a beaucoup construit à Montréal. Est-ce que c’était nécessaire? On pourrait se questionner », suggère Claudiane Ouellet-Plamondon, pour qui une plus grande réflexion s’impose avant de délivrer des permis de construction dans les grandes villes.

    Reste que, selon elle, dans bien des cas, le béton est le meilleur choix. C’est le cas pour les fondations et les autoroutes, par exemple.

    Il y a des moyens d’avoir une consommation beaucoup plus « raisonnée », estime à son tour Éric Chaumillon.

    « Il y aura toujours des sables naturels de très grande qualité dont on aura besoin. Mais si on les consomme de façon très raisonnée, et très limitée, on peut envisager avoir de la ressource pour longtemps. »

    Comme la croissance mondiale n’est pas en voie de perdre son élan, cette réflexion sur le sable s’impose avant qu’il ne soit trop tard.

    Source illustrée: Radio-Canada - Texte de Daniel Blanchette Pelletier


    Jeudi 02/08/18 - L'Iran frôle le record mondial de chaleur avec 74°C de température ressentie

    Depuis la fin de la semaine dernière, la température atteint des sommets dans l'Est du pays mais elle reste en deçà des 81°C enregistrée à Dharan, en Arabie Saoudite, en 2003. Une vague de chaleur s'abat actuellement sur l'ensemble du Moyen-Orient.

    L'année 2015 pourrait battre 2014 pour devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée. De fait, alors que le mois de juin 2015 est le plus chaud pour ce mois depuis le début des relevés de températures en 1880, au Moyen-Orient le thermomètre frise des records de chaleur. La température ressentie était en effet de 74°C ce vendredi 31 juillet à Bandar Mahshahr, une ville iranienne de 100.000 habitants située à quelques kilomètres du golfe Persique. Même si cette zone est considérée comme l'une des plus chaude au monde, cette température est bien supérieure aux températures maximales des années précédentes: 45°C en août 2014 et 44°C en août 2013.

    «Il s'agit de l'une des températures les plus incroyables que j'ai jamais vu et l'une des plus extrêmes jamais enregistrées dans le monde», confie le météorologue Anthony Sagliani pour AccuWeather.

    Bien qu'il n'existe aucun classement officiel, la température connue vendredi à Bandar Mahshahr serait en effet la deuxième la plus élevée au monde. Le record est détenu par la ville de Dharan, en Arabie Saoudite, avec une température ressentie de 81° C le 8 juillet 2003, rappelle le Washington Post .

    Cette chaleur extrême s'explique par la proximité des eaux du golfe Persique, où la température de la mer est supérieure à 30°C. «Un épisode de haute pression a persisté sur le Moyen-Orient durant une grande partie du mois de juillet, ce qui explique la vague de chaleur extrême qui s'abat actuellement sur cette partie du globe», précise en outre Anthony Sagliani à USA Today.

    Peu d'améliorations à prévoir

    Peu d'améliorations sont à prévoir immédiatement, souligne le météorologue. «Les hautes pressions devraient se maintenir au Moyen-Orient au moins jusqu'à la semaine prochaine. La chaleur et l'humidité oppressantes ainsi que les températures record devraient donc se poursuivre dans les prochains jours», ajoute-t-il.

    De telles maximales sont dangereuses pour les êtres humains. En effet, lorsque la température du corps est trop élevée et dépasse les 40°C, le cerveau ainsi que d'autres organes vitaux peuvent être endommagés, indique un médecin généraliste. De fait, le corps a des difficultés à évaporer la transpiration et ne peut donc pas se refroidir. La déshydratation peut alors provoquer des malaises et, dans le pire des cas, une déshydratation globale peut entrainer un coma et même la mort. «Le seuil de tolérance du corps humain à la chaleur dépend de plusieurs paramètres. Il est extrêmement variable d'un individu à un autre, il dépend également du taux d'humidité dans l'air et le vent peut aussi avoir un impact sur la santé des êtres humains», indique Dominique Dupagne, médecin généraliste. En cas de coup de chaleur, les médecins recommandent de s'hydrater au maximum et d'ingérer du sel pour compenser les pertes de sel.

    En attendant une amélioration de la situation en Irak, les autorités ont décrété quatre jours de repos forcés et le gouvernement a demandé aux habitants de se protéger au maximum du soleil et de boire le plus souvent possible. Encore faut-il qu'ils aient accès à l'eau et à l'electricité dans ce pays en conflit où les coupures de courant sont fréquentes.

    Source illustrée: www.lefigaro.fr/sciences - Rédaction: Mathilde Golla


    01/08/18 - Ce mercredi 2 août, l’humanité a épuisé les ressources annuelles de la Terre

    Notre consommation excède chaque année ce que la Terre peut nous offrir.

    Dès ce mercredi 2 août, l’humanité va se mettre à vivre au-dessus de ses moyens, comme le rapporte Le Monde. Ce jour-là, nous aurons en effet consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre peut produire en une année. Jusqu’à la fin de 2017, nous sommes donc condamnés à surexploiter ce que la Terre peut nous offrir, au risque de compromettre sa régénération et le renouvellement de ses ressources.

    Chaque année, ce jour fatidique arrive de plus en plus tôt, signe que notre utilisation des ressources naturelles s’accélère, sans penser aux conséquences. Cette date "continue inexorablement d’avancer : cette journée est passée de fin septembre en 1997 au 2 août cette année", explique Global Footprint Network, un institut de recherche californien.. Le "Earth overshoot day", (le jour du dépassement de la Terre) est établi chaque année par cet institut de recherche.

    La biocapacité de la Terre insuffisante

    Cet institut collecte et étudie près de 15 000 données fournies par les Nations unies, et compare l’empreinte écologique de l’homme, c’est-à-dire son utilisation des ressources naturelles, avec la biocapacité de la Terre, sa capacité à se régénérer et à absorber les gaz à effets de serre.

    Selon les calculs de cet institut, nous aurions besoin d’1,7 planète chaque année pour répondre à nos besoins grandissants. En clair, nous pêchons chaque année beaucoup plus de poissons que les océans ne sont capables d’en régénérer, nous coupons plus d’arbres qu’il ne peut en pousser, et nous rejetons davantage de gaz polluants que notre planète ne peut en absorber.

    Les conséquences de notre surconsommation sont déjà visibles, avec l’acidification des océans, le déclin de la biodiversité, les immenses continents de plastiques qui polluent les océans, etc.

    Deux planètes nécessaires d’ici à 2030 ?

    En 1961, la Terre était encore excédentaire. Il ne nous a fallu qu’une décennie, pour que notre planète devienne déficitaire, au début des années 1970. Et chaque année, le jour fatidique où nous allons vivre à crédit arrive de plus en plus tôt, car notre consommation augmente de manière frénétique, ainsi que notre exploitation des ressources naturelles.

    La croissance démographique et nos rythmes de vie toujours plus gourmands en ressources naturelles nous mènent dans le précipice. D’ici 2030, si rien ne change, il faudra deux planètes pour subvenir à nos besoins.

    Reste que tous les humains ne sont pas comptables de cette catastrophe au même titre. Avec un train de vie américain généralisé, il faudrait 5 planètes pour satisfaire nos besoins, tandis que si tous les êtres humains vivaient comme des Indiens, nous n’aurions besoin que de 0,6 planète.

    Mais tout n’est pas perdu, selon le Global Footprint Network. Ainsi, si nous réussissons à faire reculer de 4,5 jours par an la date fatidique, nous pourrions, d’ici 2030, retrouver un équilibre de consommation des ressources.

    Signaux encourageants

    Pour y arriver, des solutions existent, d’ores et déjà connues de tous. Les émissions de gaz à effet de serre par exemple doivent être massivement réduites, représentant à elles seules 60% de l’empreinte écologique mondiale. Un abandon des énergies fossiles (comme le pétrole) est également nécessaire, d’ici 2050, juge notamment Mathis Wackernagel, le président de Global Footprint Network.

    La lutte contre le gaspillage alimentaire et l’agriculture intensive permettrait également de limiter la casse, en optant pour des modes de productions plus durables, comme l’agriculture biologique, entre autres.

    Des signes encourageants sont néanmoins visibles. L’empreinte écologique par habitant des Etats-Unis a diminué de près de 20 % entre 2005 (son point le plus haut) et 2013, en dépit de la reprise économique. En France, les surfaces d’agriculture biologique ont augmenté de 17% en 2016, et la consommation de produits bio de 22%.

    Source: www.sudouest.fr


    01/08/18 - Paris: Trois nouveaux jardins ouvrent au public

    D'ici à 2020, la Ville de Paris ouvre 30 hectares d'espaces verts supplémentaires. Un programme ambitieux pour l'environnement et le cadre de vie, dont trois étapes voient le jour cet été, avec l'ouverture du jardin Truillot (11e), du jardin du Père-Armand-David (6e) et du parc Sainte-Périne (16e).

    Plus d'espaces verts accessibles aux Parisiennes et aux Parisiens ! Pour atteindre cet objectif, la Ville crée des jardins publics partout où c'est possible : en aménageant de nouveaux espaces, comme c'est le cas au jardin Truillot (11e), ou en ouvrant au public des jardins existants, réaménagés, comme le jardin du Père-Armand-David (6e) ou bien encore le parc Sainte-Périne (16e).

    Truillot: un jardin traversant de 5600 m²

    Fruit d'une longue histoire, le nouveau jardin Truillot ouvre au public lundi 16 juillet. Après des années de travaux et de concertations avec les riverains, ce nouvel espace vert est achevé. Le 11e arrondissement est le plus densément peuplé de Paris : 40 000 habitants au km² ! Alors, dans ce quartier en particulier, la création d'un espace vert supplémentaire est une bonne nouvelle pour tous les habitants.

    Une respiration dans la ville dense

    Ce nouvel espace ouvre une vue dégagée sur l'église Saint-Ambroise et son square. Il est conçu pour créer une circulation entre le boulevard Voltaire et le boulevard Richard-Lenoir. Aménagé comme une large promenade, il permet de relier ces deux axes majeurs en profitant de la quiétude du jardin, de jour comme de nuit : le jardin est ouvert 24h/24.

    Le jardin est conçu dans une démarche écologique : afin de favoriser la biodiversité, l'entrée de la perspective côté Richard-Lenoir offre un décor foisonnant autour d'une zone humide. Dans une logique d'économie circulaire, des grumes d'arbres abattus à Paris sont réemployées dans une prairie ludique. Sur la parcelle bordant le boulevard Voltaire, une vaste pelouse est bordée de jachères fleuries, de vignes et d'arbres fruitiers, pour initier les promeneurs à l'agriculture urbaine.

    Tous les âges se retrouveront au jardin ! Face à la crèche, deux aires de jeux sont aménagées. Du côté de l'impasse Truillot, l'espace est dédié aux expressions artistiques: une place accueille les événements culturels au pied d'un mur à fresques. Enfin, un jardin partagé et un jardin pédagogique seront accessibles aux habitants et aux écoles du quartier.

    Le jardin du Père-Armand-David, niché au coeur de la maison des lazaristes

    C'est une toute autre histoire que celle du jardin du Père-Armand-David. Ce jardin ancien de 500 m², appartenant à la la Congrégation de la Mission, a été réaménagé et ouvert au public par la Ville de Paris dans le cadre d'une convention. Vous pouvez désormais profiter librement de ce lieu de paix, caché entre la rue de Sèvres et la rue du Cherche-Midi...

    La Congrégation de la Mission, dite des lazaristes, est installée dans ces lieux depuis 1817. Le jardin nouvellement ouvert est bordé de tilleuls et de platanes. Cet espace ombragé est orné de massifs carrés, agrémentés de plantes médicinales et aromatiques s'inspirant des jardins religieux. Une aire de jeux a été aménagée pour les petits.


    Armand David, découvreur du panda

    Le nom du jardin rend hommage au père Armand David, missionnaire lazariste né en 1826 et mort dans cette maison en 1900.

    Passionné dès son plus jeune âge par les sciences, il est envoyé en Chine par le Muséum d'histoire naturelle, où il effectue trois campagnes scientifiques entre 1866 et 1874. Il décrit des milliers d'espèces végétales et animales, dont il expédie les spécimens à Paris. Dans les classifications botaniques et zoologiques, 70 espèces portent aujourd'hui son nom, par exemple le Buddleia de David, l'arbre aux mouchoirs (Davidia involucrata) et le Cerf du père David. En 1869, il identifie le panda géant, qui était alors inconnu en dehors de sa région d'origine.

    Promenez-vous au parc Sainte-Périne !

    Les travaux du parc Sainte-Périne (16e) se sont achevés au début du mois de juillet. La Ville de Paris a ouvert deux nouvelles parcelles d'espaces verts, qui bordent la parcelle principale, totalisant 1,6 hectare. La surface accessible au public est ainsi passée de 2,1 à 3,7 hectares.

    Ces nouvelles parcelles sont aménagées pour la promenade. Les cheminements ont été rénovés et des arbres supplémentaires ont été plantés.

    L'ensemble du parc est ouvert au public tout au long de l'année et tous les jours de la semaine. Le parc Sainte-Périne bénéficie de l'ouverture nocturne estivale. Ces deux nouvelles portions resteront toutefois inaccessibles au public la nuit en raison du manque d'éclairage de certains espaces.

    Source: www.paris.fr

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