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INFO CLIMAT
Changement climatique
Les thèmes abordés ici sont l'environnement, l'écologie et le développement durable. Les articles sont classés chronologiquement.

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    Mardi 26/06/18 - Voici un nouveau biopolymère pour remplacer le plastique issu du pétrole

    Un biopolymère, habituellement produit en petite quantité par les bactéries, peut aujourd'hui être fabriqué en laboratoire. Cette méthode moins coûteuse nourrit de nombreux espoirs pour remplacer, à terme, le plastique issu du pétrole.

    Une nouvelle étape vient d'être franchie dans la production de plastiques biodégradables. Les chimistes de l'université du Colorado ont synthétisé un polymère, le poly (3-hydroxybutyrate) ou P3HB. Biodégradable et renouvelable, ce matériau est produit par les bactéries lors de la fermentation du glucose ou de l'amidon. Ses propriétés font de lui un candidat très sérieux pour remplacer le plastique issu du pétrole. Cependant, des volumes limités et des coûts de production élevés rendaient le produit inutilisable pour des applications à grande échelle. Ce biopolymère, isolé pour la première fois en 1920, sert aujourd'hui principalement au domaine biomédical (implants) où l'aspect quantitatif est moins important.

    Désormais, les équipes du professeur Eugene Chen ont réussi à le synthétiser à grande échelle en laboratoire, tout en conservant ses propriétés mécaniques et thermiques initiales. Cette nouvelle méthode permet d'envisager une utilisation plus large de ce biopolymère, pour un coût bien inférieur.

    Des propriétés semblables au matériau naturel

    Les polymères sont une classe de matériaux composés de longues chaînes, où les motifs se répètent les uns à la suite des autres. Depuis plus de 50 ans, fabriquer du P3HB avec les mêmes caractéristiques que le produit naturel représentait un défi auquel de nombreux laboratoires s'étaient confrontés. Néanmoins, la longueur des chaînes ou la régularité des P3HB synthétiques étaient insuffisantes pour prétendre remplacer le P3HB issu des bactéries.

    Les chercheurs américains ont démarré leur fabrication avec un composé appelé succinate. Un dérivé de l'acide succinique est déjà auréolé d'un certain succès : le Département de L'Energie américain l'a placé en première position dans la liste des biocomposés pouvant remplacer les produits issus du pétrole. Cette nouvelle approche permet d'obtenir un P3HB avec des performances similaires à celles du P3HB bactérien.

    Le polymère fabriqué par les chercheurs se compose de motifs parfaitement similaires. Il possède ainsi une régularité parfaite (supérieure à 99%), semblable au polymère naturel. Mais ce n'est pas tout. La température de fusion (175°C), la longueur des chaînes, ou encore la cristallinité... Les propriétés de ce polymère de synthèse sont totalement identiques à celles du polymère naturel aujourd'hui commercialisé. Plus rapide et rentable, cette nouvelle méthode offre un potentiel de production à grande échelle pour le plastique biodégradable.

    Biodégradable, mais aussi renouvelable

    Pour autant, biodégradable ne rime pas forcément avec écologie. Les plastiques biodégradables sont également critiqués pour leur impact environnemental. En effet, certains plastiques qualifiés de "biodégradables" se désagrègent en petits fragments, sans être totalement détruits. Les infimes morceaux de plastiques se retrouvent ensuite dispersés dans l'environnement.

    Le P3HB, lui, est un polymère issu de la fermentation de l'amidon. Sa dégradation est possible par traitement thermique ou par traitement enzymatique, et les produits qui en résultent sont principalement de l'eau et du dioxyde de carbone. Le succès de cette synthèse du P3HB n'a été démontré pour l'heure qu'en laboratoire. Néanmoins, un premier brevet a déjà été déposé pour cette méthode de synthèse prometteuse.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution - Rédaction: Benjamin Robert


    Lundi 25/06/18 - France: lancement d'une campagne de mesure des pesticides dans l'air

    Glyphosate, fipronil, chlordécone... Une campagne de mesure de quelque 80 pesticides dans l'air est lancée aujourd'hui pour un an, pour mieux évaluer à terme l'exposition de la population, ont annoncé les organismes responsables. Cette campagne, première du genre à l'échelle nationale, "permettra de définir les modalités d'une stratégie pérenne nationale de surveillance des résidus de pesticides dans l'air ambiant", ont indiqué dans un communiqué l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l'organisme qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l'air ATMO France et l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris).

    "Notre volonté avec cette campagne est de s'appuyer sur les données collectées pour améliorer la surveillance des résidus de pesticides présents dans l'air et réduire l'exposition à ces substances des populations agricoles, des riverains de zones agricoles et de toute la population", a commenté le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.

    Ce premier état des lieux permettra d'évaluer l'exposition chronique de la population mais aussi d'identifier d'éventuels lieux de surexposition. Les 50 sites choisis pour réaliser les mesures en métropole et en Outre-mer prennent en compte différents type de zones d'habitation (urbaines, péri-urbaines et rurales) et de productions agricoles (grandes cultures, vignes, vergers, maraichage, élevage).

    Lors de cette campagne annoncée fin 2017, 82 substances chimiques entrant dans la composition de produits phytopharmaceutiques, biocides, médicaments vétérinaires et antiparasitaires à usage humain seront mesurés par les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA). Un total de quelque 1.500 échantillons seront recueillis en un an. Les substances ont été choisies notamment en fonction de leur caractère de dangerosité ou de persistance dans l'air.

    Ainsi, selon l'Anses, certains produits sont déjà considérés comme présents dans l'air et à surveiller à plus long terme. Parmi eux notamment le fipronil, à l'origine l'été dernier d'une crise liée à la découverte d'oeufs contaminés par l'insecticide dans plusieurs pays européens, ou encore le lindane, substance "persistante" pourtant interdite pour les usages agricoles en France depuis 1998. Mais la présence dans l'air de certains autres n'est en revanche pas aussi certaine, par exemple le controversé glyphosate.

    L'herbicide, dont la France a promis la sortie d'ici trois ans, nécessite un matériel spécifique pour son prélèvement dans l'air et seule une petite partie des AASQA pourront le mesurer, selon ATMO France, qui fédère ces organismes. Sous surveillance également le chlordécone, insecticide cancérogène longtemps utilisé aux Antilles où certains sols restent contaminés. Cette campagne avait été décidée après la publication en octobre d'un rapport de l'Anses soulignant la connaissance "partielle et hétérogène" des contaminations en pesticides dans l'air.

    Les expositions alimentaires à ces substances sont "de mieux en mieux connues", mais la contamination de l'air et ainsi les risques d'inhalation ou d'exposition par voie cutanée beaucoup moins, avait noté l'Agence. Les AASQA sont chargées de mesurer la qualité de l'air et d'alerter en cas de pollution au dioxyde d'azote ou aux particules fines, mais les données relatives aux pesticides ont jusqu'à présent été collectées par le biais d'initiatives locales et ponctuelles.

    Source: www.lefigaro.fr avec l'AFP


    25/06/18 - Energie renouvelable: le potentiel des eaux usées

    Exploitée encore trop marginalement, le chaleur renouvelable issue des eaux usées suscite un intérêt croissant en France. D'autres pays comme la Suisse ou la Hongrie l'exploitent déjà largement. Par Thierry Martin et Aurélie Gaudillère, co-fondateurs d'Enerlis.

    La France s'apprête à entrer dans la phase active de sa transition énergétique. Pour des motifs liés à la préservation de la planète, mais aussi pour des raisons de souveraineté et de sécurité, il nous est devenu essentiel de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. La refonte de notre modèle énergétique est désormais indispensable.

    Les énergies renouvelables sont ainsi devenues aussi importantes pour assurer notre indépendance que pour nous prémunir des augmentations annoncées du coût des énergies carbonées. Si les éoliennes et le photovoltaïque sont devenus très visibles, il existe également, sous nos pieds, des ressources insoupçonnées et encore inexploitées.

    En France, un potentiel de 2,4 millions de foyers

    La récupération de l'énergie fatale dispersée dans les eaux usées n'est rien d'autre que l'application du circuit court à la production énergétique. Une énergie jusque-là négligée est alors utilisée pour produire celle nécessaire au chauffage ou au refroidissement de bâtiments, d'immeubles ou de quartiers. Éprouvé dans de nombreux pays comme la Hongrie ou la Suisse (avec plus de 300. 000 logements chauffés), le principe consiste à capter la chaleur de l'eau évacuée dans nos égouts, pour la restituer à l'aide d'un échangeur de faible dimension au cœur des bureaux et des logements. Selon Suissénergie, le potentiel total d'énergie ainsi récupérée représenterait 12 % de la consommation en eau chaude du pays. A l'échelle de la France, c'est un potentiel de 2,4 millions de foyers qui pourrait être concerné.

    Avec des puissances comprises entre 1 et 8 MW, les centrales de valorisation des eaux usées comblent jusqu'à 100 % des besoins en énergie fossile des bâtiments. Facile à mettre en œuvre, moins contraignante que la géothermie par exemple, cette technologie robuste et d'un entretien aussi simple qu'économique présente l'un des meilleurs retours sur investissement du marché.

    Parent pauvre

    Enfin, couplées à des sources intermittentes photovoltaïques, ces installations permettent de tendre vers l'autonomie énergétique des bâtiments, présentant, de ce fait, un intérêt considérable pour les activités tertiaires : entreprises, hôpitaux, établissements scolaires, piscines, gymnases et autres équipements publics.

    Malgré ses atouts indéniables, la chaleur renouvelable reste le parent pauvre de la transition énergétique dans notre pays, comme le déplorait dernièrement la Cour des Comptes. Une marginalisation en passe de s'achever, devant l'intérêt croissant que lui manifestent, aujourd'hui, les grands acteurs de la filière, le ministère de la Transition Energétique, l'ADEME ainsi que de nombreux syndicats des eaux.

    Source: www.latribune.fr - Auteurs: Thierry Martin et Aurélie Gaudillère


    Vendredi 22/06/18 - Une nouvelle étude révèle que les îles Britanniques étaient recouvertes d’une calotte glaciaire il y a 2,5 millions d’années

    Une nouvelle étude révèle que les îles Britanniques étaient recouvertes d’une calotte glaciaire il y a 2,5 millions d’années.

    Des prélèvements et mesures géologiques récents en mer du Nord montrent que pendant les épisodes froids du Quaternaire, les îles Britanniques ont commencé à être recouvertes par une calotte glaciaire beaucoup plus tôt que ce que l’on pensait.

    Si la coupe du monde de football avait eu lieu il y a 20 000 ans, il aurait été bien difficile pour les pays du nord de participer ! En effet à cette époque, la Scandinavie, la mer Baltique et les pays riverains – ainsi qu’une partie de la Russie – étaient recouverts par une vaste calotte de plusieurs kilomètres d’épaisseur. La majorité des îles Britanniques aussi était enterrée sous la glace, mais d’une épaisseur moindre en moyenne. Ces montagnes de glace se sont formées au cours des âges glaciaires, et ont disparu pendant les périodes interglaciaires qui s’alternent à un rythme plus ou moins régulier depuis environ 3 millions d’années.

    On pensait jusque très récemment que lors des épisodes froids du Quaternaire, l’Angleterre, l’Irlande et l’Écosse avaient commencé à accueillir une calotte il y a seulement 1,1 million d’années de ça. Or, une étude publiée le 13 juin dernier dans la revue Science Advances a montré que c’était déjà le cas il y a 2,5 millions d’années, soit quasiment dès la mise en place des cycles glaciaires-interglaciaires ! Avant 1,9 million d’années, les amas de glace britannique et scandinave restaient toutefois individualisés. Après cette date, ils ont régulièrement fusionné au niveau de la mer du Nord qui, lors de ces périodes froides, était beaucoup plus basse qu’actuellement et avait plus l’air d’un fjord que d’une mer. L’étude fait office de coup de tonnerre dans la communauté des paléoclimatologues, puisqu’elle indique que l’Europe de l’Ouest a connu des glaciations de grande échelle 1,4 millions d’années plus tôt que ce qui avait été estimé jusqu’à présent.

    Ces résultats ont pu être obtenus grâce au prélèvement de carottes sédimentaires et aux mesures sismiques dans les profondeurs de la mer du Nord, lesquels ont été accomplis par une équipe dirigée par des scientifiques britanniques de l’Université de Manchester et de l’Université d’Aberdeen. « À partir de ces résultats, nous avons découvert que si vous deviez visiter la mer du Nord il y a 2,5 millions d’années de ça, la Grande-Bretagne aurait été sous une calotte glaciaire et vous auriez vu des icebergs massifs flotter autour de la mer du Nord et jusqu’au sud des Pays-Bas », a déclaré le professeur Andrew Newton, co-directeur du projet. Ces travaux marquent une percée importante dans notre compréhension relative à l’étendue des glaces en Europe de l’ouest au cours des épisodes froids du passé.

    Source: sciencepost.fr - Rédaction: Damian avec sciencemag.org


    Mercredi 20/06/18 - La mise en chantier de six parcs éoliens en mer confirmée par Emmanuel Macron

    Suspendus à l’issue de négociations entre l’exécutif et les opérateurs, ces projets seront bien réalisés, avec 15 milliards d’euros de financements publics en moins.

    Six parcs éoliens en mer verront bien le jour en France, a annoncé Emmanuel Macron mercredi 20 juin, lors d’un déplacement en Bretagne, mais l’Etat réduira de 15 milliards d’euros le soutien public dont ils bénéficieront.

    Le gouvernement avait en effet conditionné leur mise en chantier à la renégociation des financements publics accordés à ces parcs lors d’appels d’offres en 2012 et en 2014, ce qui inquiétait les industriels et les élus locaux.

    Renégociation des tarifs

    Les tarifs fixés lors des appels d’offres ont également été renégociés, comme l’a écrit dans un tweet le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot.

    Ceux-ci étaient à l’époque compris entre 180 et 230 euros par mégawattheure produit, mais ces dernières années le coût de l’éolien en mer a fortement baissé en Europe, s’approchant à plusieurs reprises des 100 euros/MWh.

    « La négociation a permis de diminuer de 40 % la subvention publique et d’avoir un ajustement [des tarifs de rachat de l’électricité qui sera produite par ces parcs] de 30 % », s’est félicité le président de la République devant des industriels et des élus.

    Parmi les six parcs concernés, trois sont développés par EDF, au large de Fécamp (Seine-Maritime), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Courseulles-sur-Mer (Calvados), deux par Engie, au large du Tréport (Seine-Maritime) et de l’île de Noirmoutier (Loire-Atlantique), et un par l’espagnol Iberdrola, près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Ils représentent chacun une puissance d’environ 500 mégawatts (MW) et doivent entrer en service progressivement à partir de 2021.

    Le gouvernement veut inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution
    Véritable intention ou vœu pieux ? Lors d’un déplacement en Bretagne avec le président Macron, Nicolas Hulot a annoncé la volonté du gouvernement d’inscrire la protection de l’environnement dans l’article 1 de la Constitution.

    « Ça sera dans l’article 1, maintenant (dans) la formulation il faut regarder (…) notamment la portée juridique, a déclaré à la presse le ministre de la transition écologique et solidaire. C’est le vœu gouvernemental. Personnellement, je souhaite qu’environnement, climat et biodiversité y figurent, que la finitude des ressources également y figure, mais ça pose un problème juridique donc ce n’est pas aussi simple que ça. »

    Ce projet avait déjà été évoqué en avril par le premier ministre, Edouard Philippe, lors de la présentation des grandes lignes de la réforme constitutionnelle. Il s’agissait alors d’inscrire « l’impératif de lutte contre le changement climatique à l’article 34, qui définit le domaine de la loi ».

    Source: www.lemonde.fr/energie avec l'AFPs


    Mardi 19/06/18 - Certains coraux résistent au changement climatique selon une étude du Centre Scientifique de Monaco

    Alors que certaines études font état de la disparition de nombreuses espèces animales et végétales en raison du réchauffement climatique, à Monaco, les chercheurs ont mis en évidence la résistance de certains coraux face à la hausse des températures.

    Créé en 1960 en Principauté, le Centre Scientifique de Monaco conduit des recherches pour la préservation de la vie marine.

    Le 15 juin dernier, il a publié une étude rassurante menée en collaboration avec des universités étrangères, alors qu'on prédit la disparition de certaines espèces en raison du réchauffement climatique.

    Selon cette étude, certains coraux s'adaptent : la taille de leurs cellules augmente, leur squelette devient plus poreux, ce qui leur permet de résister à l'acidité des océans !

    C'est donc une excellente nouvelle : la biodiversité des océans provient des récifs coraliens. Ils abritent 30% de la biodiversité, dans un espace qui représente seulement 0, 2 % de la surface des océans.

    Source: france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azurf - Rédaction: Catherine Lioult


    19/06/18 - EDF se met à son tour à (vraiment) croire à l'hydrogène

    Si Engie a récemment fait un pas significatif vers un développement de l'hydrogène renouvelable, EDF n'en demeure pas moins intéressé. Le groupe vient en effet de réaliser un investissement notable auprès de McPhy, fabricant d'électrolyseurs.

    16 millions d'euros, c'est le montant que le groupe EDF vient d'investir dans le capital de la société McPhy, spécialisée sur le créneau de l'hydrogène d'origine renouvelable. Un investissement qui fait même d'EDF le tout premier actionnaire de l'entreprise fabricante d'électrolyseur et de solutions de stockage d'hydrogène. L'opérateur historique du réseau électrique de France devenu commercialisateur donne forme à sa stratégie de croissance sur le créneau, via sa filiale EDF Nouveau Business. Le but : faire en sorte de développer l'hydrogène vert sur le marché de l'industrie et de la mobilité lourde.

    EDF n'a ainsi pas tardé à réagir aux récentes annonces de Nicolas Hulot qui souhaite voir un développement soutenu de la filière hydrogène vert, cette forme d'hydrogène issue de l'électricité d'origine renouvelable - solaire et éolien en tête - et nucléaire et non fossile. Le principe étant de générer ce précieux gaz par électrolyse de l'eau à partir de cette source d'électricité décarbonée et non par vaporeformage comme cela est le cas dans plus de 95% des cas.

    Le ministre de la Transition énergétique avait, rappelons-le, présenté un plan de nature à développer le filon de l'hydrogène vert quelques jours auparavant, soutenu par un budget annuel de quelques 100 millions d'euros. L'objectif étant de parvenir à fournir à l'industrie jusqu'à 10% d'hydrogène vert, de déployer 5 000 véhicules utilitaires légers et 200 véhicules lourds. Un plan qui comprend par ailleurs la création de 100 stations de ravitaillement en hydrogène produit à l'échelle locale.

    Un premier pas en faveur de l'hydrogène renouvelable même si de tels objectifs demeurent pour le moins timides et pourraient être bien plus ambitieux. Un gisement d'emplois plus que conséquent pourrait en découler et au-delà du simple aspect économique, la balance énergétique du pays en profiterait.

    Soutenir l'industrie, le transport et le stockage

    A travers cette montée au capital de McPhy, EDF cible le soutien au filon industriel et à celui de l'industrie lourde, en parfaite corrélation avec le plan échafaudé par Nicolas Hulot. Le secteur du transport propre de personnes et de marchandises par train, camion et bus fait partie des objectifs prioritaires de la filiale Nouveau Business d'EDF. La filiale du groupe se positionne par ailleurs comme un fonds d'investissement et un incubateur. Elle donne actuellement forme à sa stratégie via l'injection de 40 millions d'euros sur deux ans auprès d'une dizaine de startups œuvrant pour la transition énergétique.

    Le choix de McPhy n'est par ailleurs pas anodin puisque l'entreprise basée dans la Drôme est un des leaders de la filière hydrogène dans le pays. Elle fournit la moitié des stations de recharge d'hydrogène renouvelable de l'Hexagone et compte parmi les premiers actionnaires du démonstrateur de power-to-gas Jupiter 1000 à Fos-sur-Mer.

    Source: www.le-gaz.fr


    Lundi 18/06/18 - Environnement: Les crues réduisent la pollution des rivières

    Une étude scientifique récente montre que le niveau de pollution par le plastique de rivières, près de Manchester, a diminué après un important épisode d’inondation.

    Les inondations n'ont pas que des effets néfastes. Une équipe de l’université de Manchester, au Royaume-Uni, vient de montrer que la pollution des rivières par le plastique diminue après les crues. Les fleuves, les rivières et les sources sont les premiers transporteurs de déchets en plastique vers les océans.

    Manchester a été l'un des premiers pôles industriels du monde. Les principales rivières de la ville, l’Irwell et le Mersey, sont demeurées longtemps les cours d'eau les plus pollués de la planète.

    Pour déterminer le niveau de pollution par le plastique, les chercheurs anglais ont analysé l’eau des dix rivières qui coulent aux alentours de la ville, sur 40 sites, avant et après un intense épisode de crue.

    Entre novembre 2015 et mars 2016, le Royaume-Uni a connu de violentes tempêtes. Le 26 décembre a commencé la plus importante inondation jamais observée dans le bassin versant de l’Irwell.

    Avant cet épisode, les sédiments de la Mersey concentraient le taux de microplastiques les plus élevés du monde, soit 517 000 particules par mètre carré. Après les crues, la rivière a connu une baisse de 80 % de sa concentration en plastique. En moyenne, 70 % des déchets en plastique ont été évacués à la suite des inondations sur les 40 sites étudiés, soit entre 270 et 850 kg de plastique.

    Bonne nouvelle, tous ces déchets n’iront pas dans l’océan. Sortis du lit des rivières, ils peuvent facilement être récupérés, puis triés. Restent aux chercheurs à tirer les conséquences de leur enquête, d’envisager des campagnes de récolte de ces déchets plastiques sauvages.

    Source: _www.nationalgeographic.fr/environnement - Rédaction: Julie Lacaze


    Vendredi 15/06/18 - Antarctique: la calotte polaire se reformerait depuis plus 10 000 ans

    Une nouvelle étude révèle que l'Inlandsis Ouest-Antarctique a connu une fonte très importante voilà plusieurs milliers d'années, alors que les températures sur Terre n'atteignaient pas les niveaux d'aujourd'hui.

    Des scientifiques ont découvert qu'il y a 10 000 à 12 000 ans, la superficie de l'Inlandsis Ouest-Antarctique avait connu un important recul. L'effondrement d'une partie de l'Inlandsis s'est produit à la fin de la dernière ère glaciaire, alors que les températures étaient bien plus fraîches qu'elles ne le sont actuellement. L'Inlandsis mesurait alors 215 000 km² de moins qu'aujourd'hui.

    « Dans un climat certainement plus frais qu'aujourd'hui, savoir que l'inlandsis était plus petit qu'à l'heure actuelle montre à quel point il est sensible aux changements », a déclaré Robert DeConto, glaciologue à l'Université du Massachusetts qui n'a pas pris part à l'étude.

    La plupart des scientifiques pensaient que cela faisait au moins 120 000 ans que l'Inlandsis Ouest-Antarctique n'avait pas été aussi petit. « Nous avons été très surpris », a expliqué Reed Scherer de l'Université de Northern Illinois et l'un des neufs auteurs de l'étude publiée aujourd'hui dans la revue Nature.

    Des trois plus grands inlandsis sur Terre, celui de l'Ouest-Antarctique est le plus fragile. Il se trouve dans une large et profonde cuvette et s'enfonce sur plusieurs centaines de mètres sous la surface de l'eau, ce qui l'expose aux courants océaniques chauds. S'il venait à s'effondrer, le niveau de la mer augmenterait de 3 mètres.

    De nombreuses menaces pèsent sur la banquise de l'Antarctique. Les scientifiques espèrent qu'en reconstituant les reculs et les augmentations de l'inlandsis Ouest-Antarctique, ils seront capables de prévoir son avenir dans ce contexte de réchauffement climatique.

    Une autre étude qui confirme l'urgence a été publiée dans le même numéro de la revue. Elle révèle qu'entre 1992 et 2017, plus de 3 000 milliards tonnes de glace de l'Antarctique ont fondu. La plupart de cette glace provient de l'Inlandsis Ouest-Antarctique : au cours des 25 dernières années, le rythme de fonte de ses glaces a été multiplié par trois.

    Sous la glace, le substrat rocheux révèle ses secrets

    La fragilité de l'Inlandsis Ouest-Antarctique a été démontrée par deux expéditions menées dans la région voilà plusieurs années. Reed Scherer a pris part à la première, qui a débuté en janvier 2013.

    Plusieurs tonnes d'équipement ont été acheminées par traîneau dans un coin reculé de l'inlandsis, à plus de 600 km du pôle Sud. Sur place, rien hormis de la neige sculptée par les vents qui soufflent dans toutes les directions.

    La raison de l'expédition se trouvait à plus de 800 mètres de profondeur : le lac Whillans, un plan d'eau coincé sous la calotte glaciaire. Les contours du lac avaient été cartographiés à l'aide d'un radar à pénétration de sol. Personne ne l'avait vu jusqu'alors. En janvier, grâce à l'injection d'eau chaude dans l'inlandsis, les scientifiques sont parvenu jusqu'au lac en forant un trou de 50 cm de large sur près de 800 mètres de profondeur.

    Avec ses collègues, Reed Scherer a introduit un cylindre creux dans le fond du lac et a remonté 45 cm de boue et de fragments du substrat rocheux de l'Antarctique, pulvérisé par le jet d'eau. En analysant cette boue au microscope, le scientifique a découvert qu'elle contenait ce qui ressemblait à des éclats de verre incurvés et alvéolés. Il s'agissait en réalité de coquilles de diatomées, des petites créatures marines qui vivaient dans le lac lorsqu'il n'était pas encore recouvert par la banquise mais par l'océan. Il se peut aussi qu'un peu de glace dérivait à la surface de cet océan.

    La datation au carbone de cette boue a révélé que certains de ces diatomées avaient été déposées dans ce qui est aujourd'hui le lac Whillans il n'y a que 10 000 ans. Comme si cette découverte n'était pas assez surprenante, Reed Scherer et ses collègues ont analysé la boue de neuf autres trous creusés dans le lac et prélevlé jusqu'à 200 km de la lisière de glace de l'inlandsis : ils ont découvert que chaque échantillon présentait de la matière jeune. « La surprise fut très grande », se souvient Reed Scherer.

    Cette découverte suggère que la calotte glaciaire Ouest-Antarctique s'est donc retirée sur au moins 200 km. Mais il s'agit d'une « estimation basse », a indiqué le glaciologue Slawek Tulaczyk de l'Université de Californie, qui a participé au forage.

    En dérivant vers la côte, les glaciers emmènent sur leur passage la boue qui se situent à leur base, explique le glaciologue. La boue présente dans les trous de forage pourrait indiquer la lisière de l'inlandsis il y a 10 000 ans se trouvait peut-être entre 480 à 640 km à l'intérieur des terres.

    La calotte glaciaire fissurée

    Tandis que Reed Scherer, Slawek Tulaczyk et leurs collègues allaient de surprise en surprise, un autre scientifique faisait aussi des découvertes.

    Fin 2014, Jonathan Kingslake, un jeune glaciologue qui travaille désormais au Lamont-Doherty Earth Observatory à New York, a passé deux mois de l'autre côté de l'Inlandsis Ouest-Antarctique, à plus de 1 200 km du lac Whillans. Accompagné de son guide, il a arpenté la glace parfois 15 heures par jour sur des moto-neiges attachées l'une à l'autre par une corde, de peur que l'une d'entre elles ne tombe dans une crevasse. Ils tractaient sur un traîneau un radar à pénétration de sol, qui a définit les différentes couches et fissures cachées plusieurs milliers de mètres sous la glace.

    Un soir, alors qu'il passait en revue les données collectées au cours de la journée sur son ordinateur, Jonathan Kingslake remarque quelque chose d'intriguant : au milieu des traces noires et blanches du radar se trouvaient des séries de liserés brillants qui s'élevaient de la base de la glace.

    D'après le glaciologue, il s'agirait des cicatrices de fissures qui se sont ouvertes à la base de la calotte glaciaire il y a très longtemps. À l'époque, l'inlandsis n'était pas aussi épais que maintenant et il flottait à la surface, alors qu'il est aujourd'hui posé sur le substrat rocheux. Les fissures se seraient formées lorsque la glace est passée au-dessus d'une montagne sous-glaciaire. De l'eau de mer est ensuite entrée dans ses fissures qui ont gelé une fois bouchées.

    Dans la zone qu'il étudiait, Jonathan Kingslake a découvert que l'inlandsis s'était retiré loin dans les terres par le passé. En analysant l'ensemble des données, Torsten Albrecht, de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne, a estimé que ce recul s'était produit il y a 10 000 à 12 000 ans. Le scientifique est aussi parvenu à déterminer que l'Inlandsis Ouest-Antarctique avait contribué à la hausse du niveau de la mer de l'ordre de plus de 125 000 kilomètres cube de glace, soit l'équivalent de 130 000 milliards tonnes d'eau.

    Mais cela ne nous sauvera pas

    La calotte glacaire a atteinte sa superficie maximale lors de la glaciation, lorsqu'elle s'étendait environ 950 km plus loin en mer. Mais il y a 10 000 ou 12 000 ans, l'inlandsis fondait déjà. La calotte glaciaire exerçait une pression sur la croûte terrestre qui, sous le poids de l'inlandsis, s'est affaissée à plus de 400 mètres plus bas qu'elle ne l'est aujourd'hui.

    Avec la réduction de la superficie de l'Inlandsis, la glace est devenue plus fine et s'est mise à flotter. Les courants marins chauds ont ainsi pu se faufiler le long du plancher océanique, accélérant la fonte de la glace et provoquant l'effondrement de l'inlandsis. La superficie de ce dernier s'est tellement réduite qu'il s'étendait sur presque 200 km de moins qu'aujourd'hui.

    L'effondrement précipité de la calotte glaciaire a fini par être ralenti par des changements au niveau de la croûte terrestre. Avec la fonte de toute cette glace, un rebond-post-glaciaire s'est produit et la croûte terrestre se serait soulevée de 17 cm par an estiment les chercheurs, soit une augmentation de 400 mètres sur plusieurs milliers d'années. Grâce à ce phénomène, la glace restante a été protégée des courants océaniques profonds qui la faisaient fondre. Elle a ainsi pu se stabiliser et se reformer pour atteindre sa taille actuelle il n'y a peut-être que 2 000 ans.

    Mais aujourd'hui, en plein réchauffement climatique, ce phénomène de re-formation de la glace pourrait-il éviter l'effondrement complet de l'Inlandsis Ouest-Antarctique et la hausse catastrophique du niveau de la mer que cet fonte provoquerait ? D'après Slawek Tulaczyk, il n'est pas possible d'extrapoler le recul et la re-formation de la glace observée il y a 10 000 ans au futur, notamment parce que les températures et les émissions de dioxyde de carbone sont bien plus élevées aujourd'hui et qu'elles ne cessent d'augmenter.

    Ensuite, la re-formation de la glace ne se fait pas en un jour et ne pourrait empêcher l'engloutissement des villes côtières par la mer. Mais « nous pouvons toujours retenir notre respiration sous l'eau pendant des milliers d'années », déclare amèrement Slawek Tulaczyk.

    Source illustrée: _www.nationalgeographic.fr/environnement - Rédaction: Douglas Fox


    Jeudi 14/06/18 - Antarctique: accélération monstre de la fonte des glaces

    La fonte des glaces en Antarctique s'est accélérée de façon spectaculaire depuis cinq ans.

    L'Antarctique a perdu 3 000 milliards de tonnes de glace depuis 1992, assez pour faire monter le niveau global des océans de presque 8 millimètres. Cette tendance s'est accélérée de façon spectaculaire au cours des cinq dernières années, selon une étude parue mercredi.

    Avant 2012, le continent blanc situé au pôle Sud perdait environ 76 milliards de tonnes de glace annuellement, ont calculé les 84 scientifiques qui ont participé à cette étude de référence parue dans Nature. Depuis cette date, ce chiffre a bondi à 219 milliards de tonnes par an.

    Autrement dit, depuis cinq ans, les glaces fondent à un rythme presque trois fois plus élevé qu'avant. Cette découverte devrait dissiper les doutes sur le fait que l'Antarctique fond rapidement et représente une menace pour des centaines de millions des personnes vivant dans des zones basses côtières, soulignent les auteurs de l'étude.

    «Nous avons maintenant une image sans équivoque de ce qui se passe en Antarctique», souligne Eric Rignot, principal coauteur de l'étude et chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. «Nous considérons ces résultats comme une sonnette d'alarme supplémentaire pour agir, afin de ralentir le réchauffement de notre planète», insiste le scientifique.

    90% des glaces terrestres

    Recouverte à plus de 98% par des glaces permanentes - l'inlandsis - l'île-continent, entourée par l'océan Austral, représente 90% des glaces terrestres et recèle la plus grande réserve d'eau douce de la planète. Si toute cette masse de glace fondait, cela ferait grimper le niveau des océans de presque 60 mètres.

    Jusqu'à présent, les scientifiques peinaient à déterminer si l'Antarctique avait gagné en masse grâce aux chutes de neige ou en avait perdu à cause de la fonte des glaces ou la séparation d'icebergs. Mais plus de deux décennies d'observations satellitaires ont permis d'avoir une vue plus complète.

    Plus de 90% des glaces se trouvent dans l'Antarctique est, qui est resté relativement stable malgré le réchauffement climatique. L'Antarctique ouest, en revanche, y est beaucoup plus sensible, en particulier la péninsule antarctique, où plus de 6500 kilomètres carrés de glace sont déjà tombés dans la mer.

    Si la tendance se poursuit, l'Antarctique pourrait devenir la principale cause de la hausse du niveau des océans, devant la dilatation thermique et la fonte de la banquise au Groenland et des glaciers à travers le monde. «Les données montrent que la situation s'aggrave considérablement chaque année», souligne Isabella Velicogna, professeure à l'université de Californie à Irvine et une des coauteurs de l'étude.

    Source: www.lematin.ch avec ATS/NXP


    14/06/18 - Une histoire complexe de l’Inlandsis Ouest-Antarctique

    Les scientifiques ont généralement pensé que depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15 000 ans, l’Inlandsis Ouest-Antarctique (WAIS) devenait de plus en plus petit avec un recul dû au réchauffement et à l’élévation du niveau de la mer. Mais une étude publiée dans la revue Nature montre une histoire plus compliquée.

    De nouvelles données surprenantes et la modélisation de la calotte glaciaire suggèrent qu’entre 14 500 et 9 000 ans auparavant, l’Inlandsis Ouest-Antarctique, sous le niveau de la mer, a partiellement fondu et rétréci à une taille encore plus petite qu’aujourd’hui, mais il ne s’est pas effondré. Au cours des millénaires suivants, la perte de la quantité massive de glace qui pesait auparavant sur le fond marin a provoqué un soulèvement dans le fond marin qui est un processus connu sous le nom de rebond isostatique. Ensuite, la couche de glace a commencé à repousser vers la configuration actuelle.

    L’Inlandsis Ouest-Antarctique

    Le WAIS actuel est en train de rétrécir, mais il y a eu un temps depuis la dernière période glaciaire où la couche de glace était encore plus petite qu’elle ne l’est maintenant, mais elle ne s’est pas effondrée selon Reed Scherer, professeur de géologie et auteur principal sur l’étude. C’est une information importante alors que nous essayons de comprendre comment la calotte glaciaire se comportera dans le futur.

    Ce qui s’est passé il y a environ 10 000 ans ne nous aidera pas dans notre monde enrichi en dioxyde de carbone et où les océans se réchauffent rapidement dans les régions polaires. Le processus de soulèvement n’aidera pas à repousser la calotte glaciaire après que les villes côtières auront ressenti les effets de l’élévation du niveau de la mer. Les scientifiques menaient des analyses indépendantes, qui ont emprunté des voies différentes pour parvenir à la même conclusion sur le recul et la progression de la ligne d’ancrage de la calotte. Nous travaillions tous en parallèle, nous avons vu les résultats des uns et des autres lors des conférences et avons décidé de combiner nos efforts selon M. Scherer.

    Les scientifiques, qui étudient les changements, climatiques et l’élévation du niveau de la mer, sont vivement intéressés par le comportement futur du WAIS. C’est la dernière couche de glace de la planète qui repose dans un bassin marin profond et qui est l’acteur le plus important dans toute future élévation rapide du niveau de la mer.

    Le WAIS, l’acteur le plus important dans l’élévation du niveau de la mer

    L’équipe de Scherer a analysé des sédiments récupérés sous une zone échouée du WAIS dans la région de la mer de Ross. On pensait que la zone était couverte de glace au sol depuis la dernière période glaciaire, il y a 20 000 ans. Mais les scientifiques ont été surpris de trouver des matières organiques marines contenant du carbone 14 radioactif dans les sédiments sous-glaciaires, indiquant qu’il était connecté récemment à l’océan.

    Ils concluaient que le WAIS avait reculé plus rapidement et beaucoup plus que ce qui avait été documenté précédemment avec la ligne d’ancrage (l’endroit où la glace, la mer et le fond marin se rejoignent) qui a reculé de plus de 200 kilomètres avant de reprendre sa position actuelle environ 1000 ans plus tard. Quand nous avons percé à une profondeur 800 mètres dans la glace par rapport à la ligne d’ancrage actuelle, où un mince ruban d’océan s’ouvre sous la glace flottante, nous avons été surpris par une communauté active d’organismes marins, y compris des poissons, vivant contre la glace selon Scherer.

    Il n’y a pas de poisson où la glace est échouée sur le fond de la mer, mais le radiocarbone dans les sédiments à 200 kilomètres en amont nous indique que la mer était beaucoup plus ancienne auparavant. Les créatures océaniques ont laissé derrière elles une horloge radiocarbone. Pendant ce temps, Kingslake et un de ses collègues ont effectué des observations radar de la glace au sol pénétrant dans la glace de l’autre côté du WAIS dans la région de la mer de Weddell.

    Un recul considérable suivi d’une stabilisation

    Ils ont découvert de nombreuses caractéristiques enfouies à l’intérieur de la calotte glaciaire, interprétées comme des reliques de crevasses qui ont ensuite été remplies de glace marine. Ces caractéristiques et d’autres de la glace étaient compatibles avec la fonte des océans et la glace flottante ainsi qu’avec une ligne d’ancrage qui s’était retirée depuis la dernière ère glaciaire à l’intérieur des terres de la marge actuelle.

    C’était bizarre selon Kingslake. Nous n’avions jamais vu ce genre de structures près de la base d’une calotte glaciaire et la meilleure explication est qu’elles se sont formées lorsque cette partie de la calotte glaciaire a été rectifiée. Enfin, Albrecht et un de ses collègues ont effectué une modélisation numérique de la calotte glaciaire sous l’effet du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau de la mer après le dernier maximum glaciaire. Ces simulations montrent un recul de la calotte glaciaire avant d’atteindre un tournant, avec la ligne d’ancrage jusqu’à 200 kilomètres à l’intérieur des terres dans la région de la mer de Weddell et jusqu’à 400 kilomètres dans la région de la mer de Ross.

    Le réchauffement après le dernier âge glaciaire a fait diminuer assez rapidement les masses de glace de l’Antarctique occidental selon Albrecht. Il a reculé de plus de 1 000 kilomètres à l’intérieur des terres sur une période de 1 000 ans dans cette région et sur une échelle géologique, c’est très rapide, mais nous avons détecté que ce processus a été partiellement renversé. La surface de glace a encore augmenté de 400 kilomètres ce qui est une étonnante stabilisation, mais il a fallu jusqu’à 10 000 ans pour que ça redevienne normal.

    Compte tenu de la vitesse du changement climatique actuel dû à la combustion de combustibles fossiles, ce mécanisme de stabilisation ne sera pas assez rapide pour sauver les calottes glaciaires actuelles et d’éviter provoquer la hausse des mers.

    Source illustrée: actualite.housseniawriting.com/science avec Nature - Rédaction Jacqueline Charpentier


    14/06/18 - Les sargasses asphyxient les Antilles

    L'État débloque 10 millions d'euros pour réparer les dégâts de cette pollution en Guadeloupe et Martinique.

    Les sargasses envahissent les îles de la Guadeloupe et de la Martinique. Ces territoires ultramarins français subissent, comme le reste des Antilles, l'apparition massive d'algues brunes toxiques. Une pollution végétale marine aux lourdes conséquences pour l'économie touristique, les entreprises de pêche ou les compagnies maritimes.

    Ce problème a débuté en 2011, mais n'a "jamais été aussi important que cette année" d'après Annick Girardin. La ministre des Outre-mer et Nicolas Hulot, son confrère du ministère de la Transition écologique, se sont spécialement rendus sur place lundi pour annoncer et détailler les mesures prises par l'Etat.

    Face à cette crise des sargasses, les ministres ont constaté l'ampleur surprenante des dégâts sur des kilomètres de rivage. Début mai, les algues brunes ont pris d'assaut en nombre l'entrée des ports, bloquant les hélices des bateaux et coupant partiellement du monde ces îles ainsi que celles de La Désirade, de Marie-Galante ou encore des Saintes. Les deux envoyés de la métropole ont annoncé un plan de 10 millions d'euros pour lutter contre ce phénomène, qui concerne également la Guyane et les îles du Nord.

    Les habitants s'inquiètent particulièrement de la toxicité de l'algue, dont la dégradation émet notamment de l'ammoniac et du sulfure d'hydrogène, des gaz à forte odeur provoquant maux de tête, nausées et vomissements. Les animaux marins en souffrent aussi tout comme même les moteurs des bateaux s'abîment à son contact.

    L'Agence régionale de santé (ARS) conseille l'éloignement aux femmes enceintes, bébés, personnes âgées, asthmatiques, etc. Au-delà du seuil d'une concentration de 5 ppm, seuls "les professionnels aux moyens de mesures avec alarmes" sont autorisés à s'approcher des amas de sargasses. Par précaution, la commune de Petit-Bourg a fermé ses écoles, soit 2 000 élèves et huit établissements concernés. Certaines plages demeurent interdites à la baignade.

    Ces algues nauséabondes, dérivant sous forme de radeaux, proviennent de nouveaux lieux de prolifération qui n'ont pas encore été localisés avec certitude. "L'analyse d'images satellites a montré l'existence d'une nouvelle zone d'accumulation des sargasses située au nord du Brésil dans l'océan Atlantique central", soulignait le gouvernement français dès 2015. Le problème s'étend d'ailleurs à l'ensemble de la région : Cancun au Mexique, de l'autre côté des Caraïbes, subit le même problème sur ses plages de sable blanc où s'alignent les hôtels à touristes.

    Le plan français prévoit 22 nouveaux capteurs pour surveiller l'échouage et les émanations, afin d'établir un bulletin quotidien. Son financement doit permettre des ramassages "48h après les échouages", avant la décomposition. Les techniques se multiplient justement au banc d'essai : une mission du sénateur guadeloupéen Dominique Théophile va se rendre dans les îles voisines de la Caraïbe à la recherche de solutions innovantes de ramassage et de valorisation.

    Une étude de la Chambre de Commerce et d'industrie des îles de Guadeloupe estime que cette crise des sargasses représente au seul premier trimestre 2018 environ 4,5 millions d'euros de pertes pour les entreprises locales. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), de son côté, avait évalué il y a trois ans le "gisement d'algues" à 60 000 tonnes par an rien que pour la Guadeloupe... Preuve que l'absence de solutions était pesante dès cette époque.

    Source illustrée: www.lexpress.fr - Rédaction: Christophe Josset avec l'AFP


    Mercredi 13/06/18 - Quelles sont les menaces qui pèsent sur les forêts tropicales ?

    Les forêts tropicales sont en danger, des solutions existent pour ralentir la déforestation.

    Plus de la moitié de la superficie des forêts tropicales de la planète a disparu en raison de la forte demande des Hommes en terres pour l’exploitation forestière et l’agriculture. Alors qu’elles recouvraient autrefois 14 % de la surface terrestre, les forêts tropicales n'en représentent aujourd'hui plus que 6 %. Au vu du rythme actuel de la déforestation, ces habitats essentiels pourraient totalement disparaître d’ici 100 ans.

    Les forêts tropicales sont pillées pour des raisons purement économiques. La demande en bois exotique est forte dans les pays riches et les gouvernements en manque de liquidités leur cèdent souvent des concessions d’exploitation forestière pour une fraction de la valeur réelle de la terre. Les gouvernements encouragent aussi les citoyens à déboiser la forêt pour obtenir des terres agricoles. Pour ralentir la déforestation de la forêt tropicale, la solution pourrait être de se tourner vers l'exploitation forestière durable et la cueillette des fruits et plantes de la forêt, plutôt que de déboiser des parcelles entières pour planter des cultures.

    Quelles menaces pèsent sur les forêts tropicales ?

    - Les entreprises forestières coupent les arbres des forêts tropicales pour fabriquer du parquet, des meubles et d’autres objets en bois.

    - Les centrales électriques et l'industrie ont besoin d'abattre et de brûler des arbres pour générer de l’électricité.

    - Pour fabriquer de la pâte à papier, l'industrie du papier doit abattre de nombreux arbres.

    - Pour faire pâturer leur bétail, les éleveurs coupent et brûlent les arbres.

    - La culture, en particulier celle du soja, est responsable de l'abattage de nombreux arbres pour faire place aux terres agricoles.

    - Les petits paysans déboisent les parcelles de forêt pour faire du bois de chauffage et brûlent d’autres parcelles pour cultiver ou faire paître leur bétail.

    - Les entreprises minières rasent la forêt pour construire des routes et creuser des mines.

    - Les gouvernements et les entreprises d’exploitation forestières rasent les arbres pour construire des voies de service et des routes pour les citoyens.

    - Les projets hydroélectriques inondent des hectares et des hectares de forêt tropicale.

    Comment lutter contre ces menaces ?

    Pour ralentir la déforestation, il faut mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations sur la destruction de la forêt tropicale et les encourager à acheter des produits issus d’une exploitation durable de la forêt tropicale. Ces campagnes pourraient permettre de sauver des millions d’hectares de forêt tropicale chaque année.

    - Privilégier l’exploitation forestière durable, qui consiste à abattre certains arbres au lieu de tous les couper.

    - Encourager les personnes vivant à proximité des forêts tropicales à cueillir les noix, les fruits et les plantes médicinales plutôt que de déboiser des parcelles entières pour cultiver d'autres plantes.

    - S'opposer à la construction de routes et d’infrastructures au sein de forêts tropicales, afin que les gouvernements imposent des moratoires sur le sujet.

    Source illustrée: _www.nationalgeographic.fr/environnement


    Mardi 12/06/18 - Dénucléarisation de la Corée du Nord signée par Trump et Kim: une décision contrainte par la géologie ?

    Des géologues chinois ont mis en évidence le probable affaissement du mont Mantap qui abrite le site d'essais nucléaires de la Corée du Nord. Celui-ci pourrait n'être plus fonctionnel et Kim Jong-un, qui a rencontré Donald Trump le 12 juin 2018, n'aurait alors d'autre choix que de le fermer.

    La rencontre, "fantastique", "mieux que quiconque aurait pu imaginer" : Donald Trump s'est félicité de sa rencontre avec le dictateur de la Corée du Nord Kim Jong-un qui s'est tenue mardi 12 juin 2018 à Singapour. Les deux hommes ont signé un document qui entérine la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

    Des années durant, Kim Jong-un, le dirigeant de la Corée du Nord, a prétendu qu'il ne renoncerait jamais à l'arme atomique, son bouclier stratégique contre une éventuelle invasion américaine. Mais lors du sommet intercoréen, qui s'est tenu le 27 avril 2018 à Panmunjom en présence du président sud-coréen Moon Jae-in, le président nord-coréen a surpris tout le monde en s'engageant à fermer, dès le mois de mai, le site d'essais nucléaires de Punggye-ri, dans le nord-est du pays. Pour prouver sa bonne foi, il a même invité des observateurs étrangers à être les témoins de cette fermeture réalisée, dit-il, dans la perspective d'une paix future avec la Corée du Sud.

    La réalité est probablement tout autre : Kim Jong-un n'aurait d'autre choix que la fermeture de ce site, sans doute bien endommagé par le dernier essai nucléaire. C'est ce que suggère en effet des géologues chinois, menés par Dongdong Tian and Jiayuan Yao de l'Université de sciences et technologie de Chine. Dans un article pour le journal Geophysical Research Letters, basé sur une surveillance sismique de l'activité nucléaire de leur voisin, ils indiquent que le mont Mantap (2205 mètres), qui surplombe le site d'essais nucléaires de la Corée du Nord, s'est probablement affaissé. Le site ne pourrait ainsi plus être utilisé pour de nouveaux tests. Surtout, soulignent les chercheurs, “l'effondrement du site appelle une surveillance continue de toute fuite de matière radioactive provenant du site d'essais nucléaires.”

    Ces conclusions s'appuient sur les données sismiques enregistrées par 1972 stations autour du globe à la suite du plus puissant des six essais nucléaires réalisés en Corée du Nord, le 3 septembre 2017. Ce test était d'une puissance estimée à plus de 100 kilotonnes de TNT, soit 8 à 10 fois plus que les cinq essais réalisés auparavant - pour comparaison, la bombe larguée par les États-Unis sur Hiroshima en 1945 avait un rendement d'environ 15 kilotonnes... La République populaire démocratique de Corée avait alors annoncé qu'elle avait mené avec succès un essai thermonucléaire (bombe à hydrogène).

    Un séisme d'une intensité de 6,3 sur l'échelle de Richter

    Cette secousse impressionnante, d'une intensité de 6,3 sur l'échelle de Richter, a déclenché quatre autres petits tremblements de terre au cours des semaines suivantes. “L'analyse sismique révèle que le premier événement, survenu huit minutes et demi après l'essai, est un effondrement quasi vertical [...] à une distance d'environ 440 m au nord-ouest du site d'essais, sa source sismique étant représentée par une force unique presque verticale” écrivent les auteurs de l'étude. Le site d'essais nucléaires nord-coréen est constitué de plusieurs tunnels creusés dans la montagne. Selon les chercheurs, les précédents essais nucléaires les ont sans doute fragilisés et on peut supposer que au moins une cavité s'est effondrée lors du dernier essai. Mais si l'on en croit les déclarations du dictateur nord-coréen, deux tunnels seraient encore en bon état. Des scientifiques avertissent cependant que s'il devait y avoir de nouveaux essais cela pourrait provoquer des tremblements de terre dévastateurs à une échelle bien plus large.

    Les essais nucléaires de la Corée du Nord inquiètent les Chinois, car le centre d'essais est situé près de la ville de Kilju, à moins de 100 kilomètres de leur frontière. Initiés en 2006, ces essais ont déjà provoqué des phénomènes sismiques dans les villes frontalières chinoises, provoquant évacuations d'écoles et de bureaux. Si les Chinois craignent que des radiations soient transportées par les vents, les échantillons prélevés le long de la frontière par les autorités chinoises ne trahissent pour l'instant aucune contamination radioactive.

    De nombreux volcanologues redoutent par ailleurs que de nouvelles secousses ne réveillent le Mont Paektu, un volcan s'élevant à la frontière avec la Chine, à environ 110 km de Punggye-ri. Au cours des dernières années, des chercheurs chinois ont notamment observé des signes de retour à une phase active : séismes réguliers, augmentation de température dans les sources thermales proches, élévation du sol, fusion partielle de la croûte. La dernière éruption du Mont Paektu, en 946, avait été la quatrième plus grosse éruption de notre ère. S'il se réveillait, les conséquences seraient désastreuses pour une bonne partie de la Corée du Nord et du nord-est de la Chine.

    Source: www.sciencesetavenir.fr - Rédaction: Sylvie Rouat


    12/06/18 - Réchauffement climatique: les légumes menacés de disparition

    Les légumes, autres victimes du changement climatique ? Selon une étude publiée le 11 juin dans les comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), les légumes pourraient se raréfier partout dans le monde.

    Après les insectes, les oiseaux, les animaux en tout genre, les légumes pourraient également souffrir du réchauffement climatique. S’il se poursuit à son rythme actuel, les températures devraient grimper de 4°C d'ici à 2100, ce qui réduirait les récoltes d'un tiers en moyenne selon les chercheurs.

    En cause : un air plus chaud et des ressources plus faibles en eau. L'Europe du Sud et de larges pans de l'Afrique et de l'Asie du Sud pourraient être particulièrement affectés.

    Pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont épluché 174 études examinant l'impact du climat sur les récoltes et la qualité nutritive des légumes depuis 1975. Autrement dit, ils ont réuni toutes les preuves démontrant le lien entre climat et bonne santé des légumes.

    Le seul moyen d'enrayer ce phénomène serait de mettre en place de nouvelles formes de cultures et de cultiver des variétés de légumes plus résistantes. Et les chercheurs préviennent : « Il faut agir d'urgence ».

    Ils redoutent en effet que si aucune action n'est prise, cette dégradation des récoltes ne fera que s'amplifier à l'avenir frappant des aliments au centre du régime alimentaire de nombreuses populations.

    Source: www.rfi.fr avec l'AFP


    11/06/18 - Climat: des ouragans plus lents, plus destructeurs

    A cause du dérèglement climatique, les ouragans ralentissent progressivement leur vitesse. Et cela n’a rien de positif, puisqu’en faisant du surplace, ils provoquent beaucoup plus de dégâts.

    De fortes inondations, de nombreux dégâts, près de 90 morts, 30.000 réfugiés et 200.000 maisons détruites. Voilà le lourd bilan du cyclone Harvey qui, en août 2017, avait semblé faire du surplace sur l'État américain du Texas. Avec le dérèglement climatique, ce scénario catastrophique pourrait devenir une norme. C'est du moins le constat dressé par une étude publiée dans le journal Nature.

    Celle-ci assure qu'au niveau mondial, la vitesse des cyclones tropicaux a ralenti de 10% entre 1949 et 2016. "Alors que l'atmosphère de la Terre se réchauffe, la circulation atmosphérique change, explique James Kossin, chercheur au NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et auteur du rapport. Ces changements varient en fonction des régions et de la période de l'année, mais il y a des preuves que le réchauffement climatique d'origine humaine provoque un affaiblissement général de la circulation tropicale estivale."

    Plus un cyclone est lent plus il est violent, meurtrier et destructeur : une tempête qui fait du surplace occasionne en effet plus de dégâts. L'ouragan Harvey était le premier révélateur de ce phénomène de ralentissement aux effets catastrophiques.

    Plus de pluies, plus d'inondations

    Selon l'étude, la baisse de la vitesse moyenne des cyclones est inégale selon les régions. James Kossin montre ainsi que le ralentissement serait plus important lorsque les ouragans quittent les zones maritimes. La vitesse moyenne a ralenti de “30% et 20% respectivement au-dessus des zones terrestres affectées par les cyclones tropicaux du Pacifique nord-ouest et de l'Atlantique nord, et de 19% au-dessus des terres dans la région de l'Australie", assure James Kossin. Il précise également que "les 10% observés se sont produits dans une période durant laquelle la planète s'est réchauffée de 0,5°C".

    Mais ce n'est pas tout. Car une augmentation des températures entraîne également une hausse de la concentration de vapeur dans l'atmosphère. Et, comme le souligne le rapport, dans un volume d'air donné il ne peut y avoir qu'une proportion limitée de vapeur d'eau au-delà de laquelle le surplus de vapeur se transforme en eau liquide, donc en pluie. Et ces précipitations causent, au sol, des inondations. En se réchauffant de "seulement" un degré, l'atmosphère pourra contenir 7% d'humidité de plus. Selon James Kossin, "les taux de pluie près des centres des cyclones tropicaux devraient s'accroître avec la montée des températures mondiales". Ainsi, le rapport assure que le ralentissement de la vitesse des cyclones pourrait doubler, au moins localement, les quantités de pluie, donc les dégâts causés par les inondations. James Kossin reste tout de même prudent sur ses propres recherches en assurant que “cela ne fournit pas une véritable mesure de la sensibilité du climat, et davantage d'études sont nécessaires pour déterminer quel sera le ralentissement correspondant à la poursuite du réchauffement."

    Source : www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat - Auteure: Aurélia Payelle


    11/06/18 - Faut-il interdire l’huile de palme ?

    Les agriculteurs manifestent ce lundi devant 14 raffineries et dépôts de carburant, protestant contre les "incohérences du gouvernement" sur l'importation de l'huile de palme, qui ne respecteraient pas les normes françaises et européennes. Au centre des colères, la bioraffinnerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône), bloquée depuis dimanche soir : le gouvernement a autorisé l’importation de 300.000 tonnes d’huile de palme, accusé de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est. Alors, faut-il interdire d’huile de palme ? À vous de juger !

    1. Un risque pour la santé

    L’huile de palme est notamment critiquée pour ses effets délétères sur la santé du consommateur. D’abord, elle est difficile à éviter : "cachée dans les biscuits, la mayonnaise en tube, les céréales ou les plats préparés" explique Slate. Et de continuer : "le composant essentiel de l’huile de palme est l’acide palmitique, qui favorise les dépôts graisseux dans les vaisseaux sanguins. Et augmente par conséquent les risques cardio-vasculaires quand il est consommé de manière excessive". Dans un avis publié en mars 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) préconise de "diversifier les huiles végétales" afin de "respecter l’équilibre des apports entre les différents gras". D’après Le Figaro, l’huile de palme est un "cauchemar" pour les nutritionnistes, qui sont nombreux à en déconseiller la consommation. Obésité, cholestérol, problèmes cardio-vasculaires suite à des dépôts graisseux dans les artères… La consommation d’huile de palme semble particulièrement risquée pour le consommateur.

    2. Une industrie qui exploite les travailleurs

    L’huile de palme, affirme Amnesty International, est produite au mépris des droits des travailleurs et des populations locales. Selon Sabine Gagnier, chargée de plaidoyer "Entreprises et droits humains" au sein d’Amnesty International France, la culture de l’huile de palme conduit à des violations des droits humains : "Amnesty a enquêté durant de longs mois en Indonésie dans les plantations d’huile de palme et a constaté du travail d’enfants, du travail forcé et des discriminations envers les femmes. Les conditions de travail sont également particulièrement dangereuses pour les travailleurs qui sont exposés à des produits chimiques sans protection". Elle ajoute : "les ouvriers ont souvent des objectifs de récolte inatteignables. Lorsqu’ils ne remplissent pas les objectifs de la journée, cette charge de travail est reportée à la journée du lendemain. Ils sont payés en dessous du salaire minimum, et lorsqu’ils se plaignent, ils sont menacés d’être renvoyés". Or, dénonce Amnesty, cette huile se retrouve ensuite dans les produits de marques mondialement connues comme Unilever, Nestlé, ou Colgate-Palmolive. Finalement, conclut un article publié sur le site internet d’Europe 1, même l’huile de palme durable peut être synonyme d’abus.

    3. Une menace pour l’environnement

    Plus de 12 millions d’hectares de terre sont déjà couverts de plantations de palmiers à huile, explique WWF , soit une surface équivalente à un tiers de l’Allemagne. L’Indonésie et la Malaisie totalisent à eux seuls 85% de la production mondiale. Or, l’augmentation progressive de la demande conduit à l’extension des plantations : selon Greenpeace, l’Indonésie connaît l’un des plus importants rythmes de déforestation de la planète. « L’équivalent d’un terrain de foot de forêt disparaît toutes les 15 secondes, et les palmiers à huile sont l’un des principaux moteurs de cette catastrophe écologique », déplore l’ONG. Pire : la déforestation provoquée par les plantations de palmiers à huile aggrave le dérèglement climatique. Selon l’Organisation des Nations Unis pour le développement et l’agriculture (FAO), cela entraine de larges rejets de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. "Les émissions de CO2, explique le document, sont particulièrement importantes lorsque les plantations de palmiers à huile sont établies sur les tourbières, un sol humide gorgé de matière organique végétale et riche en carbone ". Selon WWF, 90% des forêts d’Indonésie, de Malaisie, de Bornéo et de Sumatra ont été décimées durant les deux derniers siècles, principalement à cause de l’huile de palme. Enfin, si la destruction des forêts tropicales continue, les orang-outan ne pourront "pas continuer à exister à l’état sauvage". Dans 10 ans, l’espèce pourrait disparaître de la surface de la planète, résume L’Express.

    1. Un produit naturel, bon marché et pratique

    Le principal atout du palmier à huile, nous explique l’Alliance Européenne de l’huile de palme, réside dans sa rentabilité : l’huile de palme est moins chère à cultiver et donc à acheter que les autres huiles. En effet, la surface nécessaire à la culture est moins importante : "Le palmier à huile requiert moins de la moitié des terres nécessaires aux autres cultures (comme le tournesol, le soja ou l’huile de colza) pour produire la même quantité". Ainsi, le palmier à huile représente 6% de l’ensemble des terres dédiées à la culture d’huiles végétales dans le monde, mais 32% de la production totale d’huiles et de graisses. S’il est bon marché, le produit n’en recèle pas moins de nombreux avantages. L’Express précise : "L'huile de palme résiste très bien à la cuisson, ne se dégradant qu'à très haute température, soit 240°C. Son point de fusion élevé, autour de 40°C, fait qu'elle se trouve à l'état solide à température ambiante. C'est de plus un bon liant pour les préparations alimentaires, car les autres matières grasses végétales nécessitent une hydrogénisation - pour les durcir, et ainsi, transformer leur acides gras insaturés en acides gras saturés, ou "trans", et cancérogènes - pour présenter la même stabilité". Enfin, l’huile de palme résiste particulièrement bien à l’oxydation : les produits se conservent plus longtemps et en meilleur état, nous indique dans une fiche le Fonds Français Alimentation et Santé.

    2. Un remplacement difficile

    Bannir l’huile de palme de notre alimentation paraît difficilement concevable. D’abord, "il est impossible de modifier les recettes de tous les produits qui en contiennent : ce sont en effet les graisses solides qui donnent aux biscuits et aux pâtes à tartiner leur texture moelleuse, onctueuse ou croquante", explique Le Particulier. Le magazine National Geographic parvient à la même conclusion : "le consommateur peut se tourner vers des produits à base d’huiles de colza et de tournesol. Mais ces dernières sont aujourd’hui difficiles à produire en quantités suffisantes pour répondre à la demande croissante de l’agroalimentaire. La production industrielle de soja, elle, réclame un usage intensif de pesticides et d’herbicides". D'autant que remplacer l’huile de palme par d'autres matières grasses aurait un coût élevé : "parce qu'ils veulent rester compétitifs et ne pas pénaliser les consommateurs, il est très difficile pour les industriels de répercuter cette augmentation sur le prix final des produits", analyse Anne-Sophie Sourisseau, du cabinet de conseil Alcimed, pour l’Express. La productivité du palmier à huile reste inégalée : pour produire autant d'huile que ce que donne 1 hectare de palmiers, il faut 6 hectares de colza, 8 hectares de tournesol ou 10 hectares de soja ! .

    3. Une huile de palme durable se développe

    RSPO, pour Roundtable on sustainable palm oil. C’est le nom d’un organisme visant à certifier et promouvoir une huile de palme durable. Initiée en 2001 par WWF, la RSPO est une initiative internationale, composée de multiples acteurs : ONG, industriels, associations. Ce label vient garantir que les productions d’huile de palme n’ont pas entrainé une déforestion de la forêt primaire et respectent les droits fondamentaux des populations locales. Objectif affiché : « transformer les marchés afin de faire de l’huile de palme durable la norme », selon le site web. De grosses entreprises participent à ce label et garantissent une utilisation d’huile de palme durable dans leurs produits : Carrefour, Unilever, Nestlé, Ferrero, L’Oréal, ou encore Kellogg’s… Les entreprises ont pris conscience des enjeux environnementaux et ont même adopté des chartes pour une huile de palme durable, à l’image du groupe Unilever en 2016. Ce label, qui ne représente que 21% de la production mondiale selon le site de la RSPO, vise à rassurer les consommateurs sur l’impact environnemental des productions d’huile de palme. Pourtant, il reste particulièrement décrié par certaines associations, à l’image de « L’huile de palme : non ! », qui affirme dans un article publié dans le Nouvel Obs que la RSPO est un "énorme mensonge, un écran de fumée pour berner le consommateur".

    Source: www.capital.fr - Rédaction: Alexandre Turpyn


    Vendredi 08/06/18 - Climat: vers 4 à 5 degrés de plus à la fin du siècle à Paris

    Météo-France publie ses projections pour la capitale en fonction des scénarios d’émissions mondiales de gaz à effet de serre.

    Le 25 mai 1658 à midi, rue des Poitevins, dans l’actuel 6e arrondissement de Paris, il faisait 16 °C. La mesure est historique, car elle est la première à avoirété effectuée dans la capitale avec un thermomètre. Quelle sera la température, le 25 mai 2058, dans la même rue ? Aucun météorologue, ou climatologue, n’est, bien sûr, en mesure de le dire. Ce qui est certain, c’est que le climat de la métropole est aujourd’hui plus chaud qu’hier, et bien moins que demain. Selon les projections présentées vendredi 8 mai par Météo-France, le réchauffement pourrait atteindre + 4 °C en hiver et + 5 °C en été, à l’horizon 2071-2100.

    Pour analyser cette évolution sur le long terme, l’établissement public s’appuie sur une série continue d’observations recueillies, depuis 1872, par la station météorologique de Paris-Montsouris, qui relève températures, pression atmosphérique, ensoleillement, précipitations, humidité, vent… En quelque sorte, la « mémoire » du climat parisien.

    Il apparaît qu’au cours du siècle écoulé les températures annuelles se sont inscrites en nette hausse (+ 1,4 % pour les minimales), avec une accélération depuis la fin des années 1950 : environ + 0,3 °C par décennie, l’augmentation étant plus forte en été (+ 0,4 °C par décennie) qu’en automne ou en hiver (+ 0,2 à + 0,3 °C).

    La courbe s’est encore accentuée depuis le début des années 1980. C’est ainsi que les cinq années les plus chaudes enregistrées depuis le début des relevés (dans l’ordre : 2011, 2014, 2015, 2017 et 2003) appartiennent toutes au XXIe siècle. Les trois printemps les plus doux ont été observés ces quinze dernières années, et les cinq étés les plus frais remontent tous à avant 1980. En revanche, il n’y a pas de signal clair en matière de précipitations, les automnes étant légèrement plus secs et les autres saisons un peu plus humides.

    Qu’en sera-t-il à l’avenir ? Pour le savoir, explique Raphaëlle Kounkou-Arnaud, responsable de l’équipe Etude et climatologie à Météo-France, les chercheurs font d’abord tourner des modèles climatiques globaux (d’une résolution de 50 kilomètres) alimentés par les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Ils les affinent ensuite avec un modèle régional (d’une résolution de 8 kilomètres), pertinent à l’échelle d’une grosse agglomération.

    « Ilot de chaleur »

    La conclusion est sans appel : « Sur la première moitié du XXIe siècle, les projections montrent une poursuite du réchauffement annuel jusqu’aux années 2050, quel que soit le scénario. » La hausse prévue pour l’Ile-de-France est de l’ordre de + 1 °C, qui s’ajoutera aux 12,4 °C de moyenne annuelle actuelle.

    Pour la seconde moitié du siècle, en revanche, le pire n’est pas encore certain. Tout dépendra de la trajectoire des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si elles baissent fortement, le réchauffement sera maintenu autour de + 1 °C. Si elles sont stabilisées, il se rapprochera de + 2 °C. Mais si elles se poursuivent à leur rythme d’aujourd’hui, la surchauffe est inéluctable : les Franciliens doivent alors s’attendre à + 4 °C en moyenne à la fin du siècle, avec des hivers toujours plus doux et des étés toujours plus torrides.

    Le choc thermique risque d’être rude. Le nombre annuel de jours très chauds (plus de 30 °C de température maximale) pourrait passer d’une dizaine actuellement à une fourchette de dix à quarante-cinq ; et le nombre de jours extrêmement chauds (plus de 35 °C) grimper jusqu’à douze par an. Les vagues de chaleur s’étendraient de vingt et un à quatre-vingt-quatorze jours, contre sept présentement, et seraient « beaucoup plus sévères ». Quant au nombre de jours de canicule, il s’établirait entre trois et vingt-six par an. Météo-France prévient même qu’un été caniculaire comme celui de 2003 – le plus chaud jamais mesuré à Paris avec une moyenne de 22,6 °C –, responsable de 70 000 morts en Europe, dont environ 15 000 en France, deviendrait… habituel.

    Pour les précipitations annuelles, quel que soit le scénario considéré, les modèles prévoient « peu d’évolution ». Mais les pluies d’une intensité extrême, génératrices de crues, devraient être de 1,5 à 2 fois plus fréquentes qu’à la fin du siècle passé. Cela n’empêchera pas « un assèchement important des sols en toute saison », au détriment de la végétation et des cultures non irriguées.

    Paris n’est évidemment pas la seule ville en alerte rouge. Mais la menace y est exacerbée en raison du phénomène de « l’îlot de chaleur urbain » : un microclimat créé par un tissu urbain très dense, qui se traduit par des températures nocturnes supérieures d’environ 2,5 °C à celles des zones rurales voisines (comme le Vexin ou la forêt de Fontainebleau), l’écart pouvant avoisiner 10 °C en période de canicule. « Cela ne veut pas dire qu’il va faire tout le temps plus chaud, souligne Raphaëlle Kounkou-Arnaud. Il y aura encore des épisodes de froid, auxquels nous serons d’autant plus vulnérables que nous n’y serons plus habitués. »

    Sol poreux

    Que faire ? « Nous avons toutes les données en main pour nous préparer et faire en sorte que Paris soit résistant au changement climatique. Il faut agir au triple niveau des citoyens, des espaces publics et des bâtiments », répond Anne Girault, directrice de l’Agence parisienne du climat, qui accompagne la ville dans ce domaine.

    Et de citer trois initiatives : le lancement, en juillet, d’une application mobile informant les habitants des « espaces de fraîcheur » (musées, jardins, berges de Seine…) les plus proches en cas de canicule ; l’aménagement expérimental d’une place publique à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour réduire l’îlot de chaleur, avec un sol poreux et des plantations d’arbres ; ou encore la sensibilisation des professionnels du bâtiment à l’importance d’une isolation thermique non seulement contre le froid, mais aussi contre le chaud.

    A plus court terme, Météo-France annonce, dans ses prévisions pour juin, juillet et août, un été plus chaud et plus sec que la normale dans le sud-est de l’Europe et le Bassin méditerranéen, mais des températures proches de l’accoutumée sur la façade atlantique. Un relatif répit avant la fournaise.

    Source illustrée www.lemonde.fr/climat - Rédaction: Pierre Le Hir


    08/06/18 - La mer Méditerranée concentre un niveau record de microplastiques

    D'après le WWF, les déchets de plastique asphyxient la Méditerranée et empoisonnent toute la chaîne alimentaire, jusqu'à menacer la santé humaine.

    La Méditerranée menace de se transformer en « mer de plastique », met en garde ce vendredi 8 juin le WWF, qui propose une série de mesures pour la sauver des déchets plastiques qui l'asphyxient comme aucune autre mer au monde. L'association compile une série de données scientifiques alarmantes, dans un rapport publié ce vendredi : la mer Méditerranée concentre un niveau record de « microplastiques », ces miettes de moins de 5 millimètres, qui empoisonnent toute la chaîne alimentaire jusqu'à menacer la santé humaine. Au total, « la concentration de microplastiques est presque quatre fois plus élevée » dans cette mer quasi fermée que dans les « continents » de déchets de plastique repérés dans les océans, souligne le WWF.

    La faute à l'omniprésence du plastique dans la vie quotidienne, et au recyclage de seulement un tiers des déchets de plastique en Europe. Pour changer la donne, l'ONG plaide pour un accord international contraignant afin de réduire les rejets de plastique ou encore la lutte contre le matériel de pêche « fantôme », abandonné dans l'eau. Au niveau des pays riverains, le WWF appelle à booster le recyclage et la collecte des déchets, au nord comme au sud, à interdire tous les sacs en plastique à usage unique et l'ajout de microplastique, par exemple dans les détergents ou les cosmétiques, d'ici à 2025.

    Lire aussi - Marseille : sous l'eau, la pollution

    L'industrie doit développer des alternatives « recyclables ou compostables » aux plastiques, et produire à partir de matières renouvelables, et non plus de dérivés du pétrole. « L'industrie du tourisme [...] devrait éviter d'utiliser des articles en plastique à usage unique tels que sacs, bouteilles, bouchons ou pailles », estime le rapport. L'association prône également une chasse au plastique à l'échelle individuelle : préférer le fil dentaire biodégradable, les peignes et pinces à linge en bois, les éponges en cellulose, la vaisselle en céramique, les bouteilles en verre, les serviettes en coton, ou encore les tapis de yoga en fibre de bambou. D'une manière générale, acheter en vrac ou au poids, et ne pas jeter ses déchets n'importe où contribuera à sauver la Méditerranée.

    Source: www.lepoint.fr/environnement avec l'AFP


    08/06/18 - Les dix fleuves du monde qui charrient le plus de plastique

    Huit fleuves d’Asie et deux fleuves d’Afrique déversent environ 90 % du plastique qui se retrouve dans les océans. En cause, l’absence de tri des déchets dans ces régions et l’important débit de ces grands cours d'eau.

    Le plastique réalise souvent un long voyage avant d’arriver dans l’océan. Il est transporté par les sources, les rivières, et enfin les fleuves. Dans les mers, le plastique s’accumule et se dégrade sous forme de microparticules quasi invisibles, contaminant les animaux marins qui confondent ces déchets avec le zooplancton. Des chercheurs allemands ont inventorié les dix plus grands fleuves transporteurs de plastique du monde, dans la revue Environnemental Science & Technology (octobre 2017).

    Figurent dans cette liste : le Yangzi Jiang, (ex-fleuve Bleu), le fleuve Jaune ; le Hai He et le Zhu Jiang ( ou rivière des Perles), également en Chine ; l’Indus, qui relie le Pakistan à la Chine ; l’Amour qui traverse notamment la Russie et le nord de la Chine ; le Mékong, en Asie du Sud-Est ; le Nil et le Niger, deux grands fleuves africains irriguant respectivement l’est et l’ouest du continent ; et, enfin, le Gange, qui débouche en Asie du Sud sur le golfe du Bengale. Selon les scientifiques, ces dix fleuves seraient responsables de 88 à 95 % de la déverse océanique mondiale de déchets en plastique de toutes les tailles.

    Au total, les chercheurs estiment qu’entre 410 000 et 4 millions de tonnes de plastique des fleuves finissent dans les océans chaque année. La source principale de la pollution provient de zones où les déchets sont peu ou pas collectés et recyclés. Le débit hydraulique des cours d’eau est un autre facteur déterminant : neuf des fleuves les plus pollueurs comptent aussi parmi les plus importants du monde.

    La durée d’acheminement du plastique d'un fleuve à l’océan se compte-t-elle en semaines, en années ou en décennies ? Difficile à dire dans l’état actuel des connaissances. C’est ce que les chercheurs vont désormais tenter de mesurer. Cette donnée permettra de prévoir les répercussions de la pollution plastique terrestre actuelle sur l’océan. Chiffres à l’appui, des solutions de tri des déchets plastiques dans les zones les plus pollueuses du globe pourront alors être envisagées.

    Source: www.nationalgeographic.fr/environnement


    Mercredi 06/06/18 - Guyane: Montagne d'or ou de cyanure ?

    Le projet de mine d'or, objet d'un débat public, est décrié pour son impact environnemental.

    Un tas d'or... ou un paquet d'ennuis ? Accusé de menacer l'environnement par les écologistes, et présenté comme un vecteur de créations d'emploi et un moyen de lutte contre l'orpaillage illégal par ses promoteurs, le projet "Montagne d'or" est l'objet d'un débat public en Guyane.

    En quoi consiste ce projet ?

    Il prévoit l'exploitation d'une mine d'or d'une superficie de 8 km2, à partir de 2022, à 120 km au sud de la ville de Saint-Laurent du Maroni, en forêt tropicale.

    Le gisement est situé "entre les massifs Lucifer et Dékou-Dékou qui constituent une réserve biologique intégrale", indique le site du débat public lancé en mars en Guyane, et qui s'achèvera le 7 juillet. Il s'agit de la plus grande réserve biologique de France selon le site de l'Office national des forêts (ONF).

    Plus grand projet d'extraction d'or primaire jamais proposé en France, Montagne d'or prévoit notamment une fosse de 100 hectares, pour une extraction de 6,7 tonnes d'or par an, utilisant un procédé de récupération de l'or par cyanuration en circuit fermé. Le coût total s'élève à 782 millions d'euros.

    Qui porte ce projet ?

    C'est le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold. La compagnie minière Montagne d'or est "détenue à 55,01 % par Nordgold S.E. et à 44,99 % par Columbus Gold Corporation", précise le site du débat public.

    Quel est le calendrier prévu ?

    • De 2019 à 2021 : phase de travaux, ou "pré-production" comme l'indique le site du projet.
    • De 2022 à 2034 (12 ans): phase d'exploitation, ou de "production".
    • A partir de 2030 (pour 35 ans) : travaux de remise en état et maintenance des lieux

    Qui soutient l'exploitation ?

    Montagne d'or bénéficie de l'appui du Medef, de la Chambre de commerce et d'industrie et de la quasi-totalité des élus du littoral, ainsi que de l'aval du président de la Collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre (DVG).

    Le président Emmanuel Macron avait soutenu le projet quand il était ministre de l'Economie, et a continué depuis son élection. En revanche, son ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, n'y est pas favorable.

    Il n'est sans doute pas le seul ?

    En effet. Un collectif, "Or de question", s'est formé pour rassembler les opposants à Montagne d'or, dont des ONG environnementales, des organisations autochtones et des mouvements politiques.

    Le site de ce collectif renvoie vers une pétition qui a récolté à ce jour plus de 240 000 signatures, assortie d'une lettre à Emmanuel Macron, qui affirme que "les mines industrielles d'or ont été et sont encore aujourd'hui à l'origine d'impacts humains et environnementaux graves, souvent irréversibles".
    L'opposition s'exprime aussi dans la métropole ?

    Oui, notamment par la voix de l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, farouchement opposé au projet. Invité de France Info le 11 mai, il avait qualifié Montagne d'or de "catastrophe".

    L'eurodéputé s'est rendu en Guyane au début de la semaine pour des échanges avec des collectivités et des associations, selon son compte Instagram.

    Peut-on aussi avoir des arguments favorables au projet ?

    Un rapport produit par des économistes spécialisés dans les matières premières et remis la semaine dernière au président de la collectivité territoriale de Guyane, le rapport Cyclope, a apporté une série d'arguments en faveur de la mine d'or.

    Le rapport indique qu'au regard de l'"urgence sociale en Guyane", où le taux de chômage est supérieur à 20%, " il ne fait aucun doute que le développement du projet MDO ne peut être que favorable sur le plan économique".

    Il ajoute que "les emplois directs, indirects ou induits que générerait le développement d'une mine sont naturellement à mettre au crédit du projet", et juge que les risques que comprend Montagne d'or ne semblent pas excessifs "par rapport aux bénéfices attendus".

    Selon les promoteurs du projet, l'exploitation du gisement permettrait la création de 750 emplois directs, dont au moins 90% d'emploi local, et 3000 emplois indirects.

    Le rapport des économistes répond aux écologistes ?

    Oui, ses auteurs répondent aux arguments développés par le Fonds mondial pour la nature (WWF). Celui-ci défend un autre modèle de développement économique basé par exemple sur l'éco-tourisme, et dénonce l'utilisation trop élevée d'argent public, 420 millions d'euros selon l'ONG.

    De son côté, la compagnie minière assure ne bénéficier d'aucune subvention et met en avant les importantes réalisations qu'elle assure payer de sa poche, comme la ligne électrique de 105 km nécessaire au fonctionnement de la mine, explique "Libération".

    Le rapport cite par ailleurs le chiffre de 227 millions de crédit d'impôt, une estimation du cabinet SRK Consulting. "Propres aux investissements neufs réalisés en outremer, il n’est cependant pas spécifique à la CMO et ne peut, à ce titre, être considéré comme indu", écrivent ses auteurs.

    Pour ce qui est des propositions alternatives faites par le WWF, le rapport juge "compréhensible" que l'ONG défende un "autre modèle de développement" pour la Guyane, mais juge qu'il "ne semble pouvoir être légitimé par une analyse économique rigoureuse".

    Le rapport dit quand même quelque chose sur les arguments écologistes ?
    Oui, dans ses conclusions, il reconnaît que "l'impact environnemental d'un tel projet est indéniable", tout en mettant en avant l'argument des "meilleures garanties environnementales" offertes par les mines industrielles par rapport à l'orpaillage illégal.

    Qu'est-ce qui inquiète précisément les défenseurs de la nature ?

    L'atteinte au milieu naturel, notamment en raison de la proximité de la réserve biologique intégrale de Lucifer Dékou-Dékou, et l'utilisation du cyanure pour l'extraction de l'or. Dans une étude sur le sujet publiée en 2013, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) notait qu'"il n’existe à l’heure actuelle aucune alternative adéquate à l'utilisation du cyanure pour l'extraction de l’or".

    Le même rapport prévenait des "effets désastreux sur l'environnement" que peut représenter la fuite ou la rupture des digues stockant les boues produites par la cyanuration. Des catastrophes ont déjà impliqué du cyanure issu des exploitations minières comme en Roumanie, en 2000.

    Du côté de la compagnie minière, on promet de recycler la plupart du cyanure utilisé. Interrogé par "Libération", Pierre Paris, son président, reconnaît qu'une "petite partie" se retrouvera dans les résidus miniers, qui seront décyanurisés, permettant de rester "sous la norme française".

    Source: www.lexpress.fr


    Mardi 05/06/18 - La Chine fait main basse sur la voiture électrique

    Comment Pékin déroule son plan pour dominer le marché mondial des véhicules "à énergies nouvelles".
    Dans le premier volet de notre enquête, nous avons vu que la Chine a amorcé, il y a une quinzaine d'années, un virage industriel historique, en décidant d'enjamber l'étape des moteurs thermiques pour tout miser sur les véhicules électriques. Première étape de ce plan visant à "disrupter" les constructeurs occidentaux : mettre la main sur les métaux et terres rares indispensables au fonctionnement des motorisations électriques.


    Cette stratégie de préemption permet à Pékin de réaliser de gigantesques économies, "En effet, la plupart des constructeurs occidentaux ont vu le cours du cobalt grimper de 350 % entre 2015 et 2017 du fait de sa rareté, quand celui du lithium a crû de 250 % sur la même période !" raconte Philippe Chalmin, économiste, spécialiste des matières premières. L'Occident ferait peut-être bien de s'inspirer de la Chine, qui prévoit déjà de recycler massivement appareils high-tech et voitures électriques pour en extraire les si précieux métaux et terres rares, qu'elle stocke dans des hangars appelés mines urbaines (lire ci-dessous).

    50 % des ventes mondiales de véhicules électriques en Chine

    Des "mines" au potentiel gigantesque, puisque "les Chinois produisent déjà 65 % des batteries électriques mondiales", souligne Laurent Petizon, spécialiste du secteur automobile chez AlixPartners. Certes, la majeure partie se retrouve sous le capot de modèles écoulés sur le marché intérieur. Avec plus de 770 000 véhicules vendus en 2017 (+ 53% par rapport à 2016), l'empire du Milieu représente en effet la moitié du marché mondial de l'électrique. "Mais ils fournissent déjà des cellules électriques à de nombreux constructeurs occidentaux, qui se contentent de les assembler pour en faire des batteries", pointe Didier Marginedes, vice-président de Blue Solutions et monsieur batteries du groupe Bolloré.

    BYD et CATL, les mastodontes chinois du secteur, comptent ainsi déjà dans leurs portefeuilles de clients BMW, Volkswagen, Ford, Daimler, l'alliance Nissan-Renault ou encore PSA. Pour cause, leurs technologies sont déjà très au point et leurs tarifs ultraconcurrentiels, justement grâce aux économies d'échelle que leur permet leur gigantesque marché intérieur. Et ce n'est qu'un début. CATL a mis 1,1 milliard d'euros sur la table pour se faire construire une gigantesque usine de batteries dans le sud-est de la Chine, qui multipliera ses capacités de production par cinq. Le bâtiment sortira de terre en 2020 et table sur une production annuelle de 24 gigawattheures. Soit plus que ce que la fameuse Gigafactory de Tesla est capable de fournir aujourd'hui !

    A ce rythme, le fabricant chinois pourrait rapidement détrôner le numéro 1 du secteur, Panasonic. Bien conscient du danger, ce dernier fait le pari de la valeur ajoutée. "Nous essayons de travailler en coentreprise, comme avec Tesla dans la Gigafactory, afin d'apporter notre savoir-faire sur l'ensemble du process", explique ainsi Laurent Abadie, le PDG de Panasonic Europe. Le japonais, comme tous ses concurrents, travaille surtout à développer une nouvelle génération de batteries qui seraient à la fois plus performantes et moins gourmandes en métaux et terres rares, afin de reprendre la main.

    Une industrie sous perfusion financière de l'état

    Pékin, pas du genre à regarder ce qui se trame dans son rétroviseur, est déjà passé à l'étape finale : transformer ses constructeurs en champions incontestés de la voiture électrique. BYD, BAIC, Geely, Great Wall Motors, SAIC, JAC... Encore embryonnaires il y a seulement dix ans, ces groupes inconnus en dehors de l'Asie détiennent déjà 44 % de leur marché intérieur. Pour les accompagner dans cette mutation à marche forcée, le président Xi Jinping a injecté 1,3 milliard d'euros chaque année dans la filière automobile, depuis son arrivée au pouvoir en 2013.

    "Parallèlement, il veut passer de 200 000 bornes de recharge à travers le pays à 5 millions en 2025", souligne Marc Mechaï, directeur de l'activité automobile d'Accenture. Le dirigeant chinois a également instauré une prime à l'achat pouvant grimper jusqu'à 8 500 euros ! "Sauf que, pour être éligible à ce bonus, il faut que les batteries du véhicule proviennent de fournisseurs chinois, histoire de favoriser les champions nationaux", souligne Jean-Baptiste Pernot, directeur des opérations chez Saft, entreprise française spécialisée dans les batteries à usage industriel. Résultat : 90 % des véhicules électriques vendus en Chine sont d'origine chinoise ! Des modèles qui ont déjà commencé à essaimer chez les voisins asiatiques, ainsi qu'en l'Afrique.

    Seul écueil : l'image de marque des voitures chinoises

    Alors, sommes-nous tous destinés à rouler chinois ? Pas sûr. Les constructeurs de l'empire du Milieu devront d'abord lever la barrière de l'image. Et la bataille marketing s'annonce rude, car, aux yeux de nombre de consommateurs occidentaux, le Made in China rime souvent avec médiocrité. Pour certains analystes et professionnels du secteur, Pékin pourrait contourner le problème en rachetant des marques occidentales.

    C'est la crainte de Carlos Tavares, le président du directoire de PSA (dont le chinois Dongfeng détient pourtant 13 % du capital). Celui qui est aussi le président de l'ACEA (association des constructeurs automobiles européens), évoquant début avril les lourdes amendes qui risquent de plomber les marques du Vieux Continent dans l'affaire du "dieselgate", a ainsi déclaré : "Evidemment qu'il y aura un acteur asiatique qui prendra le contrôle d'un fabricant européen et qui deviendra un cheval de Troie en Europe." D'autant que grâce à leur mainmise sur les métaux et terres rares, et aux économies d'échelle réalisées sur leur gigantesque marché intérieur, ils pourront afficher des tarifs imbattables, le prix restant un frein majeur à l'achat dans l'électrique.

    Mais, même dans les coups préparés au millimètre, il peut toujours y avoir un grain de sable qui fait tout dérailler. Surtout, "l'industrie automobile va vivre plus de transformations dans les dix prochaines années, avec une voiture qui sera autonome, électrique, partagée et ultraconnectée, qu'elle n'en a connu depuis cent ans", souligne Laurent Abadie, de Panasonic. Soit autant de possibilités pour les constructeurs de l'Ancien Monde de se refaire.

    Rien ne se perd, rien ne se crée... Non content d'avoir mis la main sur l'essentiel des mines de métaux et de terres rares nécessaires au fonctionnement des voitures électriques, la Chine se voit aussi en championne du recyclage. "Des entreprises amassent les déchets électriques et électroniques ainsi que des batteries électriques en prévision du moment où cela reviendra plus cher d'extraire que de recycler ces métaux", rapporte ainsi Didier Marginedes, vice-président de Blue Solutions, et monsieur batterie du groupe Bolloré. Elles espèrent notamment pouvoir recycler 70 % du cobalt présent dans les batteries. "La Chine a d'ailleurs déjà mis en place une réglementation très claire autour du recyclage de ces métaux", souligne Julia Poliscanova, manager clean vehicles and air quality pour l'association Transport et Environnement. En Europe, la directive sur les batteries, et son volet recyclage, ne sera revue que l'année prochaine.

    La voiture électrique chinoise en chiffres:
    - La Chine a mis la main sur 90 % de la production mondiale de terres rares, 65 % du cobalt et 22 % du lithium.
    - Elle fabrique 65 % des batteries électriques.
    - Et immatricule déjà 50 % des voitures électriques vendues dans le monde.

    Source: lexpansion.lexpress.fr - Auteur: Emmanuel Botta


    Lundi 04/06/18 - L’inquiétant retour du gaz qui a causé le trou dans la couche d’ozone

    Les émissions de CFC-11, une substance bannie depuis 1987, ont mystérieusement commencé à augmenter à partir de 2013. Elles émanent d’Asie, a découvert une équipe de chercheurs.

    Stephen Montzka n’en croyait pas ses yeux. Le scientifique, qui fait partie de l’équipe internationale chargée de surveiller les quantités de CFC dans l’atmosphère, venait de recevoir les résultats des mesures effectuées par une douzaine de stations réparties autour du globe. Et ils n’avaient aucun sens. Les quantités de CFC-11, un membre de cette famille de gaz interdits depuis 1987 par le protocole de Montréal, auraient dû diminuer de 1,1 % par an, selon ses prédictions. Mais entre 2015 et 2017, ce déclin a atteint à peine 0,4 % par an.

    « Les concentrations de CFC-11 étaient également plus élevées dans l’hémisphère Nord », relate le scientifique basé dans le Colorado. De l’ordre de 50 %. Plus étrange encore, la station située au sommet du Mauna Loa, un volcan au coeur de l’archipel hawaïen, a commencé à repérer dès 2013 des plumets de pollution contenant du CFC-11. « En nous appuyant sur la modélisation des flux aériens et des vents dans le Pacifique, nous avons pu en retracer le parcours et déterminer qu’ils provenaient d’Asie de l’Est », indique Stephen Montzka.

    Lui et son équipe ont calculé que les émissions de CFC-11 avaient crû de 25 % entre 2014 et 2016, selon un article récemment publié dans la revue Nature. Or, la production de ce gaz autrefois utilisé dans la construction pour la production de mousses isolantes, dans les aérosols, comme solvant et comme liquide de réfrigération a entièrement cessé en 2010.

    «Il en reste dans certains bâtiments ou frigidaires anciens, indique Paul Newman, un chercheur à la NASA qui appartient au comité chargé de surveiller l’application du Protocole de Montréal. Lorsqu’on les détruit, une partie de ce CFC-11 est libérée dans l’atmosphère.» Mais pour produire les effets observés, il aurait fallu que la démolition d’immeubles en Asie double entre 2012 et 2013, ce qui ne semble pas avoir été le cas.

    Air conditionné

    Autre possibilité, le CFC-11 aurait été généré par erreur, en tant que sous-produit d’un autre procédé industriel. «Cela peut se passer lorsqu’on fabrique du chlorodifluorométhane (R-22), un gaz interdit en Europe mais qui continue d’être utilisé dans les pays en développement pour produire le fluide de réfrigération utilisé dans les airs conditionnés», explique Stefan Reimann, un chercheur spécialisé dans les CFC au Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche de Dübendorf.

    Mais cette hypothèse ne paraît pas non plus tenir la route. «Les quantités de gaz que nous avons repérées dans l’atmosphère sont trop importantes», glisse Stephen Montzka.

    Cela laisse une seule option: quelqu’un produit et libère de vastes quantités de ce gaz banni, en contravention du Protocole de Montréal. «Lorsque le CFC-11 a été interdit, les industriels qui avaient l’habitude de l’utiliser se sont tournés vers des produits de substitution, mais ceux-ci sont plus chers à produire», note Paul Newman. Il rappelle que ce gaz possède de nombreux usages et n’a ni odeur, ni couleur, ce qui rend ses émissions difficiles à repérer.

    La plupart des experts que nous avons interrogés pensent que la Chine est le candidat le plus probable. «Ce pays possède l’une des plus importantes industries de la construction du monde et la majeure partie du CFC-11 qui y était produit avant son interdiction en 2007 servait à fabriquer des mousses isolantes», relève Li Shuo, chargé de la politique climatique pour Greenpeace en Asie de l’Est.

    Mais il rappelle aussi que la production de CFC-11 nécessite de lourdes et coûteuses installations industrielles. «Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire discrètement, dans une usine artisanale, sans que les autorités le remarquent», juge-t-il.

    Contrebande

    Reste que l’Empire du Milieu a déjà abrité plusieurs cas de contrebande impliquant ce gaz. «En 2014, 18 tonnes métriques de CFC-11 ont été exportées illégalement en Russie depuis la Chine dans des cylindres frauduleusement étiquetés pour faire croire qu’ils contenaient de l’éthylène glycol», détaille Clare Perry, de l’ONG Environmental Investigation Agency.

    La même année, des aérosols contenant du CFC-12, une autre substance bannie, ont été découverts en Chine. Ils étaient vendus à des producteurs automobiles pour alimenter les systèmes de ventilation des voitures.

    La présence accrue de CFC-11 dans l’atmosphère pourrait retarder d’au moins une décennie la régénération de la couche d’ozone, attendue pour le milieu du XXIe siècle. Mais il s’agit aussi d’un puissant gaz à effet de serre. «Un kilo de CFC-11 a le même effet sur le réchauffement climatique que 4700 kilos de CO2», précise Paul Newman.

    Source: www.letemps.ch/sciences - Rédaction: Julie Zaugg


    04/06/18 - Paléontologie: un bébé mammouth laineux révèle en Russie la potentielle raison de l’extinction de son espèce

    Khroma, l’un des deux bébés mammouths les plus complets et les mieux conservés ayant été découverts à ce jour, pourrait nous fournir un indice ADN sur la raison de la disparition des mammouths laineux. Selon les scientifiques russes, une mutation génétique aurait changé la structure d’une importante protéine responsable de l’activité vitale des cellules.

    Les chercheurs ne s’accordent toujours pas quant à la cause de l’extinction des mammouths laineux. Certains pensent que la raison principale réside dans les changements climatiques survenus durant l’ère glaciaire, et notamment le manque d’eau fraiche. D’autres encore blâment les hommes, qui auraient chassé ce quadrupède géant jusqu’au dernier.

    En juin, des études menées à l’Institut Kourtchatov de Moscou, ont cependant permis de déceler des dommages dans l’ADN d’un mammouth, qui auraient potentiellement pu causer leur extinction. Pour y parvenir, les scientifiques ont analysé le génome de Khroma, un nouveau-né mammouth mâle de l’Arctique décédé à l’âge de deux mois, après avoir inhalé de la vase et suffoqué. Ce bébé est l’une des dépouilles de mammouths laineux les mieux préservées et intactes découvertes à ce jour.

    Il a vécu il y a plus de 40 000 ans et a été retrouvé en 2008 dans le permafrost, près de la rivière Khroma, dont il a hérité le nom, dans le Nord-Est de la Sibérie. En plus d’un squelette parfaitement articulé, cette momie disposait de muscles préservés, de graisse, de tissu conjonctif, d’organes, de peau et même de sang coagulé à l’intérieur de vaisseaux sanguins intacts.

    Au-delà de Khroma, les chercheurs n’ont pu séquencer entièrement le génome que de quatre mammouths dans le monde. Cette pratique vise à comprendre les causes de la disparition de l’un des animaux les plus fascinants ayant peuplé notre monde durant la période glaciaire.

    Les membres de l’Institut Kourtchatov ont alors constaté la présence d’une mutation que les éléphants d’Afrique et d’Inde, les plus proches parents des mammouths, ne possèdent pas. Selon eux, cette mutation a modifié la structure d’une importante protéine, la dynéine.

    « Lorsque nous avons étudié les gênes de Khroma, nous avons listé toutes leurs déviations par rapport au génome de l’éléphant d’Afrique », explique Artiom Nedoloujko, directeur de laboratoire à l’Institut Kourtchatov. Selon lui, dans certains cas, ces déviations ou « mutations » aident les espèces à devenir plus fortes et résistantes.

    Les scientifiques ont ainsi constaté quelques mutations intéressantes dans les gênes, associées au transport de molécules dans les cellules. Ils ont finalement conduit à un changement dans les protéines en question.

    « Cette mutation empêchait les protéines des mammouths de fonctionner aussi efficacement que celles des éléphants. Si nous comparons la dynéine à un facteur qui doit livrer des colis à temps, nous pouvons dire que dans les mammouths le facteur a perdu son chemin », simplifie M.Nedoloujko.

    Source illustrée: Russia Beyond - Rédaction: Arseni Kalachnikoff

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