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INFO ENVIRONNEMENT
Développement durable
Les thèmes abordés ici sont l'environnement, l'écologie et le développement durable. Les articles sont classés chronologiquement.

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    Mercredi 28/02/18 - Une ferme solaire flottante couplée à un parc éolien en mer du Nord

    Après avoir inauguré le plus grand parc éolien offshore du monde en mer du Nord en mai 2017, les Pays-Bas se lancent dans un nouveau chantier énergétique de grande ampleur. Le pays souhaite encore développer le potentiel des énergies renouvelables en mer du Nord, et pour cela il compte déployer des panneaux solaires. Cette future ferme solaire flottante de très grande ampleur viendra compléter la production éolienne déjà en place.

    La mer du Nord, eldorado énergétique

    Avec une superficie totale de seulement 41 500 km², et un quart de son territoire situé en-dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas ont toujours eu besoin d’espace pour se développer. Et à l’heure de mettre en place de nouvelles sources de production d’énergie, c’est tout naturellement que le pays a fait le choix de se tourner vers la mer du Nord. En mai 2017, les Pays-Bas ont déjà utilisé l’espace maritime pour implanter son parc éolien offshore Gemini, composé de 150 turbines. Un projet ambitieux qui a permis de couvrir, à lui seul, environ 13% de la consommation en énergies renouvelables du pays. Cette ferme éolienne est située à environ 85 km de la côte nord du pays, et elle va encore se développer en 2018 avec le nouveau projet de ferme solaire flottante.

    Une ferme solaire flottante et un parc éolien en synergie

    Développer une ferme solaire demande beaucoup de place, une ressource dont les Pays-Bas ne disposent pas en grande quantité. Mais en plus de la zone dévolue à la production d’énergie, il faut également anticiper le raccordement au réseau électrique pour desservir les foyers. En prenant en compte ces deux critères essentiels, les autorités des Pays-Bas ont décidé de coupler le nouveau projet de ferme solaire flottante au parc éolien offshore Gemini. L’idée de faire fonctionner ces deux sources en synergie permettra de brancher les panneaux photovoltaïques sur le réseau électrique déjà existant.

    Dans le détail, le projet de ferme solaire flottante en mer du Nord, mené par Oceans of Energy, doit permettre la mise en place de 2 500 m² de panneaux solaires en mer du Nord. Le déploiement des panneaux solaires se fera au coeur même du parc éolien : les éoliennes serviront à amarrer les cadres de fixation des panneaux solaires ; c’est aussi grâce à elles que les câbles de transport d’énergie seront raccordés. Le fait de venir s’arrimer à une structure existante offre l’avantage de la sécurité et de l’économie : le projet aura déjà une première structure pour venir se greffer dessus. Les Pays-Bas espèrent que cette nouvelle ferme solaire flottante sera opérationnelle pour 2021, mais avant d’envisager un déploiement à grande échelle, Oceans of Energy veut déjà commencer avec un test.

    La ferme solaire flottante : beaucoup de contraintes
    Ces dernières années, le développement de la technologie photovoltaïque a permis d’envisager de nouveaux horizons pour l’énergie solaire. Désormais, les entreprises sont capables de construire et d’installer des fermes solaires flottantes. C’est notamment le cas en Chine, où une ferme solaire flottante a été déployée sur un lac artificiel. Les 160.000 panneaux solaires installés ont pu être facilement raccordés, et ils produisent près de 40 MW d’énergie. Toutefois, si les fermes solaires flottantes peuvent facilement être déployées sur de l’eau douce, les contraintes en mer sont différentes et plus nombreuses. Outre la salinité de l’eau qui peut porter atteinte aux cellules photovoltaïques, les marées peuvent aussi être problématiques pour l’intégrité d’une ferme solaire flottante.

    C’est à cause de ces contraintes propres à un déploiement en pleine mer que Oceans of Energy a décidé de se lancer dans une phase de test avant de déployer la ferme solaire flottante. Ce projet pilote, dont les travaux viennent tout juste de commencer, devrait être opérationnel dès l’été 2018. Pour un montant de 1,2 million d’euros, il permettra de déployer 30 m2 de panneaux photovoltaïques à 15 km de la côte de La Haye. Cette micro-ferme solaire servira de cobaye aux chercheurs néerlandais pour observer l’impact de l’eau de mer sur les panneaux solaires. Les chercheurs procèderont notamment à une vérification de leur rendement énergétique, même lorsque les panneaux seront partiellement ou totalement recouverts par la mer.

    Malgré ces contraintes liées au milieu marin, le projet d’une ferme solaire flottante présente tout de même deux avantages en ce qui concerne la production d’énergie. Le premier est que l’ensoleillement est toujours plus important au large que sur terre, ce qui devrait donc permettre aux panneaux solaires d’atteindre un rendement important. Second avantage : l’eau de mer, dont la température est très peu élevée, servira de système de refroidissement naturel pour les panneaux solaires.

    Source: lenergeek.com


    28/02/18 - Sècheresse en Argentine: de lourdes pertes en perspective

    Les agriculteurs argentins des plaines fertiles de la Pampa sont inquiets: les pluies ont été rares ces derniers mois et ils s'attendent cette année à un manque à gagner de 2 milliards de dollars. Dans la province de Santa Fe, il faut remonter à 1945 pour noter des précipitations aussi faibles. "C'est la pire sècheresse depuis 70 ans", déplore la Sociedad Rural (organisation patronale agricole) de cette province.

    Les provinces les plus affectées sont Buenos Aires, Cordoba, Santa Fe et La Pampa, qui concentrent la majorité de la production et des exportations agricoles, notamment du soja. "A cause de la sècheresse, les producteurs agricoles vont perdre au moins 2,15 milliards de dollars", a prévenu dans un communiqué le CREA, un consortium privé qui regroupe des producteurs de céréales et de soja de plusieurs régions.

    Le ministère argentin de l'Economie avait indiqué la semaine dernière que la sècheresse dans le centre du pays allait priver la troisième économie d'Amérique latin de 3 à 4 milliards de dollars d'exportations agricoles. L'Argentine est un des principaux producteurs mondiaux de céréales (blé, maïs), d'oléagineux et de produits transformés. Elle est le premier exportateur mondial de farine et huile de soja. Les organisations agricoles admettent que les pertes seront en partie compensées par la hausse des cours des matières premières.

    La Bourse des céréales de Buenos Aires prévoit cette année une récolte de 47 millions de tonnes de soja, alors que la prévision initiale était de 51 millions, 40 contre 35 pour le maïs. C'est un coup dur pour le gouvernement qui tablait sur les exportations agricoles pour renforcer une économie encore fragile qui a renoué en 2017 avec une croissance (+2,8%).

    Source: www.lefigaro.fr avec l'AFP


    28/02/18 - Rome: les véhicules diesel bannis du centre historique à partir de 2024

    Lors d'une rencontre sur le climat, la maire de Rome a annoncé que les véhicules diesel allaient être bannis du centre de la capitale italienne sans toutefois donner plus de détails.

    La maire de Rome, Virginia Raggi, ne veut plus de véhicules diesel sur les routes de la capitale italienne. L'élue, membre du Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste), a annoncé le 26 février 2018 lors d'un discours à Mexico devant des femmes-maires réunies dans le cadre d'une rencontre intitulée Women4Climate (les femmes pour le climat) que le centre de la capitale italienne serait interdit aux voitures diesel privées à partir de 2024. De retour dans sa ville, elle a diffusé son discours sur les réseaux sociaux. "Rome a décidé de bannir l'utilisation de véhicules diesel dans son centre historique à partir de 2024", a déclaré Virginia Raggi sans donner plus de détails durant son discours.

    L'Europe tourne le dos aux véhicules diesel

    Le diesel est en recul depuis plusieurs années en Europe et dans le monde, ce qui contraint les constructeurs à revenir massivement vers les motorisations essence et à accélérer l'électrification des véhicules. Le 25 février 2018, le quotidien économique et financier britannique
    Financial Times a affirmé que le constructeur italo-américain Fiat Chrysler (FCA) allait annoncer en juin 2018 l'abandon du diesel pour la motorisation de ses voitures particulières d'ici 2022 en raison de la chute de la demande et de coûts croissants. Le jour suivant, la justice allemande a ouvert la voie à des interdictions de circulation des vieux diesels dans les villes.

    A Paris, les véhicules diesel d'avant 2005 seront interdits "au premier semestre 2019", a indiqué fin janvier 2018 la maire, Anne Hidalgo dans une interview au Monde. Ainsi, les Crit'Air 4 (véhicules diesel de 2001 à 2005 de norme Euro 3) se verront refuser l'accès à la capitale française au cours de l'année 2019. Puis ce sera le tour ensuite en 2022 des Crit'Air 3 (véhicules essence de 1997 à 2005 de norme Euro 2 et 3 et véhicules diesel de 2006 à 2010 de norme Euro 4) "pour arriver à la fin du diesel à Paris en 2024", avait ajouté Mme Hidalgo.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    Mardi 27/02/18 - L'Allemagne se prépare aux interdictions des vieux diesel en ville

    La justice allemande pourrait ouvrir la voie mardi aux interdictions des vieux diesel dans les centres-villes les plus pollués, une mesure politiquement risquée dont Berlin tente de proposer une version édulcorée.

    La Cour administrative fédérale, qui s'est réunie jeudi dernier, s'était laissé quelques jours pour "débattre en profondeur" la question qui agite depuis des mois l'Allemagne: les communes doivent-elles bannir de leurs rues les véhicules diesel les plus anciens, ou bien est-ce à l'Etat fédéral d'agir?

    A partir de 11H00 GMT, les hauts magistrats rendront à Leipzig une décision de principe pour les villes de Stuttgart et Düsseldorf. Cet arrêt aura une portée nationale et devrait accroître la pression tant sur Berlin que sur l'industrie automobile, hostiles à ces mesures.

    Poursuivis par l'organisation environnementale Deutsche Umwelthilfe (DUH), fer de lance de la bataille judiciaire pour purifier l'air dans le pays, les Etats régionaux du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie s'étaient vus enjoindre en première instance d'envisager des interdictions de circulation des véhicules les plus polluants dans leurs capitales respectives.

    Sans attendre l'arrêt de Leipzig, le gouvernement fédéral a créé la surprise au cours du week-end en laissant filtrer ses projets pour une version a minima des interdictions de circulation.

    Ecran de fumée

    Le ministère des Transports envisage désormais de fournir d'ici la fin de l'année la base légale permettant aux communes d'interdire les voitures roulant au gazole sur certaines voies, en cas de dépassement des seuils autorisés de particules fines et d'oxydes d'azote.

    "Ecran de fumée ou prise de conscience tardive?", s'est immédiatement interrogée l'association de protection de l'environnement VCD. "Des interdictions de circulation à petite échelle ne font que déplacer le problème", la pollution risquant de se déporter sur les axes adjacents, a regretté Gerd Lottsiepen, l'un de ses porte-parole.

    Pour Helmut Dedy, président de la Fédération des communes allemandes (Städtetag), cette proposition suscite plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.

    "Si les interdictions de circulation sont déclarées légales par la Cour fédérale administrative, alors il faut une réglementation unique au niveau fédéral à travers une vignette bleue", a-t-il estimé auprès de l'agence allemande DPA.

    Les autorités locales redoutent en effet de devoir mettre en place des interdictions sur mesure, difficilement applicables. La présence d'une vignette bleue sur les pare-brises pour les véhicules les plus propres ou ayant des autorisations exceptionnelles permettrait de veiller au respect des interdictions. Elle serait valable pour des zones entières et pas seulement quelques axes routiers.

    Urgence

    Jusqu'ici, le gouvernement allemand, soutenu par le lobby de l'industrie automobile, s'était toujours opposé à toute forme de limitation pour les voitures diesel.

    Il a tenté d'amadouer Bruxelles et les hauts magistrats en mettant sur pied un fonds d'un milliard d'euros pour aider les villes à développer leur réseau de transports publics ou encore leur flotte de véhicules électriques.

    Les constructeurs tels que Volkswagen, Daimler et BMW ont de leur côté entamé une mise à jour logicielle de millions de véhicules diesel pour en réduire les émissions polluantes, dans le sillage du scandale aux moteurs truqués de VW, et mis en place des primes à l'achat de véhicules plus propres. La décision à Leipzig pourrait les pousser à aller plus loin, en modifiant en profondeur le système de filtration des gaz d'échappement.

    En proposant de donner quelques instruments légaux aux communes, Berlin cède par avance à la pression de la justice allemande mais également de la Commission européenne, qui menace l'Allemagne de poursuites pour son inaction face à la pollution de l'air.

    Malgré une amélioration, quelque 70 villes allemandes présentaient encore en 2017 des taux de dioxyde d'azote supérieurs au seuil annuel moyen de 40 microgrammes/m³ édicté par l'Union européennne, d'après l'Office fédéral de l'environnement. Munich, Stuttgart et Cologne sont les plus touchées.

    Or les véhicules diesel les plus anciens sont jugés majoritairement responsables des émissions d'oxydes d'azote en zone urbaine, qui favorisent les maladies respiratoires et cardiovasculaires.

    L'Allemagne, où est née la technologie diesel, compte plus de 9 millions de véhicules diesel aux normes plus anciennes Euro 4 et Euro 5. Face aux menaces d'interdiction, la part de marché du diesel a fondu de 48% en 2015 à 39% environ en 2017.

    Source: www.romandie.com avec l'AFP


    27/02/18 - Le froid cause 17 fois plus de morts que la chaleur

    D'après une étude portant sur 75 millions de décès entre 1985 et 2012, le froid cause 17 fois plus de morts que la chaleur, sans que les températures n'aient besoin d'être extrêmes.

    Quel est le plus dangereux: un épisode de froid extrême ou une canicule? En 2003, près de 20.000 personnes selon l'Inserm ont succombé à la chaleur en France. Plus récemment, Santé Publique France estime à 580 le nombre de morts en une semaine à cause de la vague de chaleur de juin 2017.

    Néanmoins, chaque année la grippe fait près de 15.000 morts en hiver. C'est sans compter le nombre de victimes de pneumonies, d'accidents vasculaires cérébraux, de crises cardiaques, ou tout simplement d'hypothermies. Le froid est-il donc plus mortel que la chaleur?

    Oui, selon une étude publiée dans la revue scientifique médicale The Lancet en 2015. Et même 17 fois plus, d'après cette analyse conduite sur près de 75 millions de décès, recensés dans 13 pays différents, entre 1985 et 2012.

    Plus de 7% des morts dues à la température

    Les chercheurs ont d'abord constaté que plus de 7% des morts étudiées étaient dues à la température. Parmi elles, 7,29% étaient causées par des "jours plus froids que la température optimale" et 0,42% par des jours plus chauds. Soit un taux de décès causés par le froid 17 fois plus élevé.

    En revanche, contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'est pas nécessaire qu'il fasse -30 degrés pour en subir les conséquences. Sur les décès imputés à la température, les scientifiques ont constaté que seuls 0.86% relevaient de conditions "extrêmes".

    Raison de plus pour suivre les recommandations du ministère de la Santé, qui, à l'occasion du glacial "Moscou Paris" qui souffle actuellement sur la France, a rappelé quelques règles de base.

    Il faut bien évidemment adapter ses vêtements, couvrir sa tête par laquelle s'échappe une grande partie de la chaleur, éviter de se découvrir les mains, maintenir un niveau d'exercice ou encore, avant de prendre la voiture, de se munir de couvertures et de son traitement médical s'il y a, pour parer à une panne.

    Source:www.bfmtv.com


    27/02/18 - Changement climatique: La Tunisie menacée par la désertification

    La Tunisie ne sera pas épargnée par les conséquences du changement climatique, même si elle commence, dès aujourd’hui, à réduire considérablement, les émissions des gaz à effet de serre, a déclaré l’expert national, Nidhal Attia.

    Intervenant, mardi, à un séminaire sur ” le changement climatique en Tunisie : gestion des impacts “, Attia a souligné la nécessité de prendre en considération le facteur prévention, de contribuer aux efforts internationaux (rejoindre la vague mondiale de lutte contre le changement climatique) et être prêt à gérer les éventuels impacts (adaptation).

    Parmi ces impacts sur la Tunisie, l’expert a évoqué une baisse de 28% des ressources en eau à l’horizon de 2030, alors que notre pays est déja en situation de stress hydrique. Le littoral va aussi, être sérieusement touché par le changement climatique (érosion, retrait de la ligne des côtes, salinisation des nappes côtières et submersion des terres agricoles dans les zones côtières).

    “L’agriculture va aussi, être impactée par les effets du changement climatique et la production agricole va régresser, ainsi que le secteur de la santé (apparition de maladies résultant de la pollution de l’eau et des maladies respiratoires)”.

    “Si le littoral est touché par les effets du changement climatique, le tourisme balnéaire sera également menacé. En plus, les deux tiers du territoire tunisien seront touchés par la désertification” a fait savoir l’expert”.

    Attia a rappelé par ailleurs, que “la Tunisie a ratifié, en octobre 2017, l’accord de Paris sur le changement climatique et dispose de plusieurs stratégies et rapports sur l’adaptation et la lutte contre le changement climatique”, soulignant “la nécessité de les mettre aujourd’hui, en application”.

    Il a dans ce cadre, relevé l’urgence de désigner une entité qui se chargera du dossier du changement climatique et de l’harmonisation et de la concrétisation des stratégies sectorielles.

    Le ministre des affaires locales et de l’environnement, Riadh Mouakhar a indiqué que la Tunisie doit établir une politique permettant la concrétisation et l’harmonisation des politiques des différents départements en matière d’adaptation et de lutte contre le changement climatique (transport, énergie, santé….).

    Il a réitéré par ailleurs, que son département dispose de trois stratégies majeures, à savoir la stratégie de développement durable, de changement climatique et l’économie verte, inscrites au plan de développement 2016/2020, tout en les jugeant insuffisantes car il faut, aussi, élaborer des stratégies sectorielles.

    Rappelant que la CNDD, la Commission Nationale de Développement Durable, présidée par le Chef du Gouvernement et regroupant tous les secteurs dont le secteur privé, ne s’est pas réunie, depuis 2009, il a indiqué que son département a appelé cette commission à concrétiser ces stratégies.

    De son côté, le ministre de la santé, Imed Hammemi a rappelé que le changement climatique entraine des risques importants sur la santé de l’homme, citant à titre d’exemple la leishmaniose, la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et la fièvre de nil occidental.

    Il a fait savoir dans ce sens, que son département œuvre au développement de la médecine préventive via des études prospectives et coopère avec le ministère des affaires locales et de l’environnement pour élaborer une stratégie nationale d’adaptation du secteur de la santé, aux changements climatiques.

    Cette stratégie est basée notamment, sur le renforcement du contrôle des maladies et épidémies causées par le changement climatique et le développement des capacités en terme de détection précoce des épidémies.

    Il a rappelé par ailleurs, la création de l’Observatoire National des Maladies Nouvelles et Emergentes chargé de collecter et d’analyser les données relatives à ces maladies, de la réalisation des travaux de recherche et des études et du suivi de la situation épidémiologique internationale…

    Source: www.webmanagercenter.com


    26/02/18 - La perovskite révolutionnera-t-elle l'énergie solaire ?

    Les scientifiques travaillent sur un nouveau matériau très prometteur appelé perovskite, un cristal sensible à la lumière qui pourrait révolutionner l'énergie solaire.

    La perovskite, un cristal sensible à la lumière, pourrait révolutionner l‘énergie solaire. En quelques années seulement, les chiffres relatifs à l’efficacité de la conversion de son énergie sont à peu près équivalents à ceux du silicium traditionnel, soit environ 22%. Cela signifie que le prix à payer pour avoir de l‘énergie solaire pourrait chuter considérablement dans les années à venir.

    Des expériences sur les cellules solaires se déroulent à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) dans le cadre du projet de recherche européen, GOTSolar, sous l‘égide du Professeur Michael Grätzel.

    “Ce qui est surprenant avec les perovskites, c’est qu’elles sont faites à partir d’une solution avec des procédures simples et de matériaux qui sont facilement disponibles et nous voyons des résultats déjà en avance surt les polycristaux de silicium. C’est vraiment un matériau extraordinaire qui tracera son propre chemin“, explique Michael Grätzel.

    Ces cellules solaires de troisième génération sont constituées couche après couche comme un sandwich, avec de la perovskite comme couche active pour récolter la lumière. Moitié-transparente et flexible, la pervoskite pourrait un jour remplacer les vitres de nos immeubles.

    La couche finale de la cellule solaire est de l’or qui agit comme une électrode. Pour contourner le plomb, les scientifiques enrobent les cellules solaires dans un verre protecteur. L’un des aspects qu’explore le projet GOTSolar, est ce que l’on appelle la technologie tandem qui utilise le silicium et la perovskite.

    Le Professeur Adelio Mendes est le coordinateur du projet. Il explique :
    “Le plus intéressant est le fait de pouvoir combiner cette technologie avec celle qui utilise le silicone pour obtenir les cellules dont l’efficacité peut atteindre 30%“.

    C’est à Eindhoven que les chercheurs travaillent sur le développement des cellules solaires à base de perovskite. Le défi consiste à reproduire les résultats du laboratoire à plus grande échelle, une étape importante si l’on veut commercialiser les cellules solaires de ce type.

    Le professeur Mendes explique : “Cet appareil peut produire jusqu‘à 18 volts et 2 watts. Nous avons pu atteindre les objectifs de ce projets mais nous voudrions aller plus loin, sachant que certains aspects de cette technologie sont encore en cours de développement, dont certains sont fondamentaux, comme la stabilité“.

    Dr Olivier Bellon du projet Great Cell Solar travaille sur des tests de résistance pour les panneaux solaires du centre de recherche Solliance. Il observe comment ils survivent à des températures extrêmes et sous une lumière prolongée, une atmosphère simulant les conditions climatiques réelles.

    A quelle échéance la preovskite pourrait-être commercialisée ?

    “Si les résultats récents en matière de stabilité, de développement et de technologie sont probants, je peux facilement imaginer la technologie portable (textile, chandail, gants lunettes) ou l‘électronique grand public comme les premiers produits à utiliser la perovskite dans un futur proche.Mais pour des applications dans des produits de construction et de l’industrie automobile le délai sera probablement un peu plus long,” estime Olivier Bellon.

    Source: fr.euronews.com - En savoir plus avec le professeur Mohammad Nazeeruddin


    Samedi 24/02/18 - Démographie: comment le nombre de terriens a atteint les 7,6 milliards ?

    Évidemment, l’humanité n’est pas arrivée jusqu’à 7,6 milliards de personnes en peu de temps puisqu’il aura fallu pas moins de 3 millions d’années depuis l’apparition des premiers hominidés du genre Homo.

    Sur le site Worldometers, il est possible de consulter en temps réel l’évolution de la population mondiale. Celle-ci augmente inlassablement, à une vitesse de 30 nouveaux habitants toutes les 10 secondes, en comptant bien sûr la disparition des personnes décédées.

    Actuellement la population est de précisément 7,604 milliards d’habitants et le moins que l’on puisse dire, c’est que retracer son évolution depuis les débuts n’est pas chose aisée. Toutefois, les experts de la question parviennent à livrer des estimations. Ainsi, l’espèce humaine à ses balbutiements comptait une petite centaine de milliers d’individus vivant en petits groupes séparés, tandis que le million de terriens est atteint vers 40 000 ans av. J.-C.

    Il faut savoir que différents scénarios existent, mais que le plus commun est le suivant : entre -1,9 million d’années et -200 000 ans, la population aurait augmenté pour atteindre 1,15 million de terriens. En revanche, l’humanité aurait également frôlé l’extinction par deux fois au cours de son histoire.

    La première fois que l’humanité a failli disparaitre, ce fut vers -150.000 ans lorsqu’une ère glaciaire a fortement fait chuter la population, dont le nombre a été abaissé à environ 100.000. La seconde fois, vers -73.000, l’éruption cataclysmique du volcan Toba, situé dans l’actuelle Indonésie, aurait selon les sources réduit les effectifs humains à seulement 10.000 individus ! Depuis peu, cette dernière théorie a été cependant remise en question.

    L’humanité a donc survécu malgré les différents événements, que ce soit les aléas climatiques tels que les périodes glaciaires ainsi que les épidémies générales comme les grandes pestes ou encore les différentes guerres.

    Ainsi, la population n’a pas cessé de grimper : entre 6000 et 4000 av. J.-C, le nombre d’humains est passé de 7 à 30 millions puis en 2000 av. J.-C., les 100 millions ont été atteints. Vers l’an 1800 (après J.C), la Terre comptait son premier milliard d’humains. En 1927, nous fêtions le second milliard, puis le troisième en 1960, le quatrième en 1974, le cinquième en 1987, le sixième en 1999 et enfin le septième en 2011.

    Source: sciencepost.fr - Rédaction: Yohan Demeure avec Science & Vie et Notre Planète Info


    24/02/18 - Lhassa: plus de la moitié des bus circule aux énergies nouvelles

    Une nouvelle flotte de 128 bus hybrides au gaz et à l'électricité vient d'être mise en service à Lhassa, capitale de la région autonome du Tibet, dans le sud-ouest de la Chine, ont annoncé vendredi les autorités locales.

    Au total, 312 bus à énergies nouvelles circulent à ce jour à Lhassa, soit 60% des bus publics, a précisé le département local du transport.

    "Les nouveaux bus peuvent réduire de 70% les émissions polluantes par rapport aux bus à essence, et la pollution sonore peut être réduite de 90%", a expliqué Gogyi, directeur général adjoint de la société de transport public.

    Selon Lhasa Communications Industry Group, la ville poursuivra le développement du déplacement vert. D'ici fin 2018, le nombre des bus à énergies nouvelles devrait atteindre 80% du total.

    En 2017, 192 taxis hybrides au gaz et à l'électricité avaient été mis en service à Lhassa. La société de partage de vélo Ofo a également lancé son service à Lhassa, avec 3.600 vélos placés dans les rues de la ville.

    Le nombre total des véhicules à Lhassa avait atteint 220.000 fin 2017.

    Source: Le Quotidien du Peuple - Rédacteurs: Wei Shan et Guangqi Cui


    Vendredi 23/02/18 - Le niveau des océans s’élèvera pendant (au moins) 300 ans

    Même si les objectifs de l’Accord de Paris sont atteints, une étude révèle que le niveau des océans pourrait continuer à s’élever d’ici 2300, dans une mesure de 70 cm à 1,2 mètre. Chaque retard de cinq ans pourrait ensuite conduire à une augmentation de 20 centimètres du niveau des océans.

    Près de 100 millions de personnes vivent actuellement dans des zones situées à un mètre au-dessus du niveau de la mer. Les îles et les deltas sont ici particulièrement vulnérables à la hausse du niveau des océans qui, selon une étude conduite par l’Institut de Potsdam pour la recherche sur le changement climatique, pourrait se ressentir pendant au moins 300 ans. Pire: "Chaque retard de cinq ans pris pour atteindre le pic d’émission entre 2020 et 2035 (pic retenu dans les Accords de Paris, ndlr) pourrait conduire à une augmentation de 20 centimètres du niveau des océans", selon le communiqué de l’étude publiée dans la revue Nature communications.

    "La façon dont les émissions vont évoluer au cours des prochaines décennies va façonner nos littoraux pour les siècles à venir", a déclaré à l’AFP un des auteurs de l’étude, Matthias Mengel. Rappelons que selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), les océans ont déjà vu leurs niveaux augmenter d’une vingtaine de centimètres entre la fin du XIXe siècle – au début de l’ère industrielle – et aujourd’hui. Si l’accélération de la montée des eaux a déjà été prouvée et calculée dans d’autres recherches, celle-ci montre bien que "tout retard dans l’atteinte du pic des émissions a des conséquences significatives".

    "Le changement climatique créé par l’homme a déjà préprogrammé une certaine élévation du niveau de la mer pour les siècles à venir, alors pour certains, il semblerait que nos actions actuelles ne fassent pas une si grande différence – mais notre étude illustre à quel point elles le sont", peut-on lire dans le rapport. Les prévisions futures, basées sur les niveaux de CO2 actuels sont déjà sombres. D’ici 2040, les inondations fluviales devraient toucher des millions de personnes alors que les changements climatiques menacent déjà les communautés côtières du monde entier. En 2100, les littoraux pouvaient voir leurs rivages se noyer sous dix centimètres d’eau de plus par décennie. Mais si rien n’est fait aujourd’hui, les prévisions seront encore plus sombres "demain", avec une vingtaine de centimètres de plus tous les 5 ans de retard.

    Finalement, la gravité de la situation dépendra de la rapidité et de l’efficacité avec lesquelles nous agirons pour réduire davantage les dommages.

    Source + vidéo: sciencepost.fr - Rédaction: Brice Louvet avec futurism.com


    23/02/18 - La Chine, acheteuse vorace de terres agricoles à l'étranger

    Avec sa vaste population, des terres limitées et une consommation accrue de viande, la Chine multiplie les achats de champs à l'étranger, avec un appétit qui s'intéresse désormais aussi... au blé français.

    La Chine compte un cinquième de la population mondiale pour moins de 10 % des terres arables : outre cette équation compliquée, une pollution endémique, l'excès d'engrais, l'urbanisation et le changement climatique contribuent à réduire encore les surfaces agricoles et leur productivité.

    Et ce alors qu'une classe moyenne en plein essor gonfle sa consommation de viande, un changement alimentaire drastique qui force le pays à importer davantage de soja et de maïs pour nourrir ses bêtes.

    Parallèlement, des scandales sanitaires en série (riz au cadmium, lait à la mélamine...) ont renforcé l'attrait pour les produits alimentaires importés : fruits exotiques, lait, viande...

    Dans ce contexte, les investissements chinois dans l'agriculture à l'étranger bondissent : en y associant les activités dans la construction agricole, ils totalisent au moins 94 milliards de dollars depuis 2010, dont presque la moitié ces deux dernières années, selon un baromètre de deux associations américaines, American Enterprise Institute et Heritage Foundation.


    Si certains pays interdisent les achats de terres par des investisseurs étrangers, de nombreux autres sont ciblés par le géant asiatique, particulièrement en Asie du Sud-est, en Amérique latine ou en Afrique, selon Land Matrix, base de données indépendante d'un groupe de chercheurs.

    Champs de céréales ou de soja, cultures de fruits ou élevages, en Argentine, au Chili, au Brésil, au Mozambique, au Nigeria, au Zimbabwe, au Cambodge ou encore au Laos : les activités des groupes étatiques ou privés chinois font le tour du globe.

    Dès 2012, des chercheurs avaient recensé des projets chinois couvrant 9 millions d'hectares dans des pays en développement.

    Mais depuis quelques années, l'attention de la Chine semble se tourner vers l'Australie, les États-Unis et l'Europe.

    Le plus grand ranch mondial

    En Australie, le plus grand ranch du monde est passé sous pavillon chinois en 2016, racheté par le promoteur immobilier Shanghai CRED associé à un groupe minier local. Une prise de choix : S. Kidman & Co possède 185 000 têtes de bétail et contrôle 2,5 % des terres agricoles du pays...

    En 2012, Canberra avait déjà approuvé le rachat controversé de la plus grande ferme de coton australienne par le chinois Shandong Ruyi.

    De leur côté, les géants agroalimentaires Bright Food, Yili et Pengxin ont racheté des dizaines de fermes laitières et laiteries néo-zélandaises, dont la production est très réputée en Chine - non sans grincement de dents des cultivateurs locaux.

    En 2013, des informations rapportant que l'Ukraine, grenier à blé européen, louerait 3 millions d'hectares de terres agricoles à un groupe chinois avaient suscité une vive controverse, avant un démenti ukrainien.

    Dans la viande, le plus grand fabricant américain de hot dogs, Smithfield Foods, a été racheté par le chinois Shuanghui, lui ouvrant la porte de terres d'élevage aux États-Unis.

    En France, où les milliardaires chinois multiplient les achats de vignobles, certaines opérations passent sous le radar : les autorités n'avaient appris qu'avec retard l'acquisition chinoise de 1700 hectares de terres céréalières au coeur du Berry, via un montage juridique astucieux.

    Le conglomérat diversifié chinois Reward Group a confirmé mi-février à l'AFP avoir racheté « environ 3000 hectares » de terres en France pour y cultiver du blé bio. Une coopérative française lui fournit la farine dont il a besoin pour son projet d'une chaîne de boulangeries en Chine.

    Le président français, Emmanuel Macron, a toutefois annoncé jeudi la mise en place de « verrous réglementaires » pour empêcher ces acquisitions.

    Source: www.lapresse.ca/environnement avec l'AFP


    23/02/18 - Le changement climatique met les femmes en première ligne

    Les inégalités économiques, le moindre accès à l’éducation et la place des femmes dans certaines cultures expliquent pourquoi elles sont plus vulnérables au dérèglement du climat.

    Les menaces qui pèsent sur la planète n'ont jamais été aussi graves. 2017 a vu les émissions de CO2 atteindre un nouveau record, transformant l'objectif de limiter le réchauffement climatique à +2°C en mirage. Injustement, les populations issues des pays les moins favorisés sont les plus durement touchées par les dérèglements du climat. Et parmi ces victimes, les femmes sont en première ligne.

    Le réchauffement climatique s'aggrave: nous en percevons déjà les effets, et les scientifiques s'accordent pour dire qu'ils vont s'intensifier. Alors que les accords de Paris estimaient envisageable de limiter à +2°C le réchauffement climatique, deux ans plus tard, en 2017, les émissions de CO2 sont en hausse de près de 2% et ont atteint un nouveau record mondial. Les plus touchés par les conséquences sont, comme souvent, les moins favorisés, ceux qui vivent dans des logements précaires et sur des territoires vulnérables. Selon la Banque Mondiale, 100 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber sous le seuil de pauvreté à l'horizon 2030. Or, si les plus pauvres sont les premiers à ressentir la dégradation de leur mode de vie, le changement climatique pèse davantage sur les femmes.

    Plus vulnérables à plusieurs niveaux

    Les inégalités économiques, le moindre accès à l'éducation et la place des femmes dans certaines cultures expliquent pourquoi elles sont plus vulnérables au dérèglement du climat. Selon les derniers chiffres de l'ONU, les femmes représentent 70% des pauvres dans le monde et produisent plus de la moitié des denrées alimentaires cultivées. Dans les pays d'Afrique sub-saharienne, 80% de ces denrées sont produites par les femmes.

    Les inégalités d'accès à l'éducation entre les femmes et les hommes, mais aussi un moindre accès aux prêts bancaires et à la propriété expliquent ces données. Les chances d'accéder à un emploi dans les zones urbaines sont limitées pour les femmes. Pour survivre, elles n'ont d'autre choix que de se tourner vers des activités qui dépendent du climat, essentiellement l'agriculture vivrière et la collecte de l'eau. Lorsque le réchauffement climatique épuise ces ressources, la vie de ces femmes s'en trouve directement bouleversée.

    La dégradation du climat renforce les inégalités entre les femmes et les hommes

    Très concrètement, le réchauffement climatique se transforme en surcharge de travail pour les femmes. Par exemple, dans de nombreuses régions rurales du monde, les normes culturelles font que les femmes ont la charge du foyer et donc la responsabilité de trouver dans la nature les produits du quotidien – notamment l'eau et le bois nécessaire pour se chauffer et cuisiner. De nombreuses études, notamment celle de l'Organisation Mondiale de la Santé intitulée "Changement climatique, genre et santé" (2011), ont montré qu'à cause de la déforestation et de la sécheresse, les femmes des milieux ruraux doivent parcourir des distances de plus en plus longues pour trouver ces produits. Un temps qui pourrait être consacré à leur éducation, à l'exercice d'activités génératrices de revenus ou à la vie politique de la communauté. De plus, la surcharge de travail des mères conduit à la déscolarisation précoce des filles, qui doivent leur venir en aide.

    C'est pourquoi, au-delà d'une prise de conscience globale, il est temps d'intégrer la dimension de l'inégalité femmes - hommes à nos discours et à nos politiques sur le climat. La COP 23, qui a eu lieu en novembre dernier, a ainsi consacré une journée à la question de l'égalité ("Gender Day"): c'est en ce sens un excellent signal envoyé à la communauté internationale et aux gouvernements. Le signal que la lutte pour le climat va de pair avec la lutte pour l'égalité.

    Mettre les femmes à la table des décisions

    En m'engageant pour les femmes au travers de ma fondation, et pour l'environnement et la paix en Afrique au sein de la Fondation Brazzaville, j'ai acquis une certitude : nous ne pourrons répondre à la souffrance des peuples face au réchauffement climatique en ignorant les femmes. La promotion de l'égalité et l'inclusion des femmes n'est pas une question périphérique dans l'agenda climat. Le « Gender Day » de la COP 23 n'est pas l'effet d'une mode. Qu'elles soient scientifiques, activistes mais surtout actrices de la société civile, les femmes n'ont pas attendu d'être invitées pour lutter contre le Goliath du changement climatique. A l'image de Wangari Maathai, militante écologiste à la tête d'un mouvement de femmes kényanes qui a planté des millions d'arbres en réponse à la déforestation, les exemples de femmes organisées à l'échelle locale ou régionale contre la disparition des ressources se multiplient. Si nous voulons que les politiques sur le climat répondent avec efficience à la réalité de la situation, il faut mettre les femmes à la table des décisions.

    Source: www.huffingtonpost.fr - Auteur: Cecilia Attias, Présidente et Fondatrice de la Fondation Cecilia Attias pour les Femmes


    23/02/18 - La ruée vers le gaz attise les tensions en Méditerranée orientale

    Navires de guerre, menaces, contrats de plusieurs milliards de dollars: la découverte de gaz en Méditerranée orientale fait naître de grands espoirs, mais génère aussi des tensions dans une région déjà explosive.

    Même si des questions demeurent encore sur l'ampleur réelle de ces gisements, ceux-ci donnent d'ores et déjà lieu à des querelles sur les droits et les frontières maritimes entre les pays de la région.

    L'enjeu est crucial car grâce à cette manne, Chypre, l'Egypte, Israël et le Liban comptent acquérir une certaine indépendance sur le plan énergétique, voire même exporter du gaz.

    Au large de l'île divisée de Chypre, membre de l'Union européenne, un récent blocage par l'armée turque d'un navire de forage du groupe italien Eni a ravivé un conflit vieux de plusieurs décennies, Nicosie réclamant la médiation de Bruxelles.

    Parallèlement, les Etats-Unis tentent de désamorcer un contentieux entre Israël et le Liban au sujet d'une zone offshore disputée.

    La question énergétique "est en train de devenir un autre objet de friction", affirme Nikos Tsafos, expert au Center for Strategic and International Studies.

    "Quand il y a des tensions entre des pays, celles-ci débordent sur (le secteur de) l'énergie", dit-il.

    "Diplomatie de la canonnière"

    Après une série de déceptions depuis le lancement en 2011 d'opérations de forage au large des côtes de Chypre, le groupe français Total et Eni ont annoncé ce mois-ci la découverte d'importantes réserves au sud-ouest de l'île.

    Mais quelques jours plus tard, alors qu'un navire d'Eni se dirigeait vers un autre bloc offshore, plus à l'est --près de la partie de l'île occupée par l'armée turque--, en vue de commencer des travaux d'exploration, il a été bloqué par la flotte turque. Raison invoquée: "manoeuvres militaires" dans ce secteur.

    Vendredi, cinq bateaux de guerre turcs ont à nouveau bloqué le navire qui tentait d'avancer, se faisant menaçant, selon les autorités chypriotes.

    A un moment considérées comme un facteur pouvant aider à un accord sur la réunification de l'île, les découvertes de gaz apparaissent aujourd'hui comme un obstacle majeur à la reprise des pourparlers entre les deux parties de l'île.

    Ankara réclame en effet la suspension de toute exploration par les dirigeants de la République de Chypre, reconnue par la communauté internationale, tant qu'une solution à la division n'est pas trouvée.

    Nicosie a réclamé à l'UE une médiation, affirmant que la Turquie avait "violé le droit international", et a lié la reprise des pourparlers de réunification au déblocage de la situation.

    L'Egypte, qui détient les plus grandes réserves de gaz dans la région, a également été critiquée par Ankara qui conteste un accord maritime la liant à Chypre.

    "Je ne pense pas que la Turquie veuille provoquer une confrontation mais je ne crois pas non plus qu'elle puisse être complètement écartée", estime Andrew Neff du cabinet IHS Markit.

    Selon lui, "si l'un des bateaux de forage s'aventure trop loin" dans la Zone économique exclusive, près de la partie de Chypre occupée par l'armée turque, Ankara pourrait avoir recours à la "politique de la canonnière pour défendre ses intérêts".

    "Guerre du gaz"

    Plus au sud, Israël, qui a découvert ces dernières années d'importantes réserves gazières, a annoncé le 19 février la conclusion d'un contrat "historique" pour la fourniture de gaz naturel à l'Egypte, pays avec lequel il est lié par un traité de paix.

    Outre la perspective d'une plus grande indépendance énergétique, ces réserves gazières offrent à Israël l'opportunité d'exporter son énergie notamment vers l'Europe, voire de nouer de nouveaux liens stratégiques dans la région.

    La signature par le Liban voisin de son premier contrat d'exploration d'hydrocarbures offshore avec un consortium de groupes français, italien et russe a cependant contrarié l'Etat hébreu.

    L'accord concerne en effet notamment un bloc dont une partie se trouve dans une zone maritime disputée avec Israël.

    Le puissant mouvement libanais Hezbollah, qui a été combattu par l'Etat hébreu en 2006 et qui possède des missiles pouvant atteindre les infrastructures offshore d'Israël, s'est dit pour sa part prêt à défendre l'Etat libanais pour pouvoir remporter la "guerre du gaz".

    Malgré ces intimidations, et au vu des besoins énergétiques du Liban et des contrats de plusieurs milliards de dollars espérés par Israël, aucune des deux parties n'a intérêt à s'aventurer dans un conflit, estime Eyal Zisser, directeur du département de l'histoire du Moyen-Orient à l'Université de Tel-Aviv.

    "Tout est une question d'argent, tout le monde peut perdre, tout le monde peut gagner".

    Source: www.lepoint.fr avec l'AFP


    Jeudi 22/02/18 - Bure: pourquoi le projet d'enfouissement des déchets nucléaires est si contesté

    Les gendarmes ont évacué jeudi matin des opposants au site d'enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse). Retour sur les contours de ce projet décrié.

    Cinq cents gendarmes ont été déployés mercredi à Bure (Meuse) pour "mettre fin à l'occupation illégale" du Bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires. Ils mettent ainsi à exécution une décision de justice prise en avril par le Tribunal de grande instance de Bar-le-Duc ordonnant l'expulsion des occupants de cette zone. "Il n'est pas question que nulle part il y ait des zones de non droit", a insisté jeudi matin le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Voici ce qu'il faut savoir de ce projet.

    Un chantier à 25 milliards d'euros

    Le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), contre lequel se battent les opposants expulsés du site par la gendarmerie jeudi, consiste à enfouir à 500 mètres sous terre des déchets nucléaires très radioactifs ou à vie longue. Après le vote en 1991 de la Loi Bataille, qui a défini un calendrier pour gérer à long terme les déchets radioactifs, plusieurs options et sites ont été étudiés.

    Le site de Bure a été choisi en 1998 pour l'implantation d'un laboratoire souterrain, dont la construction a commencé deux ans après. En 2006, une loi, complétée en 2016, a retenu la solution du stockage réversible en couche géologique profonde.

    Au total, ce projet va coûter 25 milliards d'euros. Le site d'enfouissement aura une durée de vie de 100 ans environ et devra être scellé autour de 2130.

    80.000 m³ de déchets radioactifs à 500m de profondeur

    Cigéo se prépare à accueillir 80.000 m³ de déchets : 10.000 m³ de déchets hautement radioactifs et 70.000 de déchets de moyenne activité à vie longue. Selon l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), ils représentent moins de 10% de la totalité des déchets produits mais forment plus de 99% de la radioactivité totale. En clair, ce sont les déchets les plus toxiques de France, ceux qui ne peuvent être traités, qui seront enfouis. On estime que leur durée de vie avoisine les 100.000 ans.

    Pour l'instant, les déchets déjà produits sont stockés sur le site d'Areva à La Hague (Manche). Désormais, ils seront vitrifiés puis insérés dans de gros cylindres métalliques sur place, où ils devront passer 40 à 50 ans afin de refroidir suffisamment pour être entreposés en sous-sol.

    A partir de 2030 environ et après accord du Parlement, les premiers déchets radioactifs arriveront à Bure en train. Ils seront ensuite acheminés dans les entrailles de la terre - à 490m de profondeur - avec un funiculaire via un tunnel en pente à 12%, sur 5 km Là, chaque "colis", de 500 à 600 kg pièce, sera entreposé dans la zone de stockage, vaste de 15 km². Les déchets les plus dangereux seront introduits dans des alvéoles courant sur 100 m dans la roche argileuse.

    Des arguments pour et contre

    Enfouir des déchets nucléaires radioactifs n'est "pas une solution entièrement satisfaisante" mais c'est la "moins mauvaise", avait estimé Nicolas Hulot en novembre dernier. L'industrie nucléaire "nous laisse un tragique héritage de déchets à très haute intensité de radioactivité et de durée de vie très longue", et "que cela me déplaise ou pas, ils sont là, donc il va bien falloir qu'on s'en occupe", avait-il ajouté au Sénat lors d'une séance de questions au gouvernement.

    Cet été, le directeur de Cigéo, Frédéric Launeau, avait assuré sur Europe 1 que "le projet s'appuie sur la géologie" : "La strate argileuse dans laquelle seront stockés les déchets est quasi imperméable. L'enfouissement permettra d'étaler dans un temps long le retour dans la biosphère de la radioactivité."

    Les détracteurs de ce projet pointent au contraire "l’insécurité géologique" : "Nul ne peut dire comment réagira la strate argileuse", pointe par exemple Greenpeace. "On préfère nous faire croire que l'on a trouvé une solution à la gestion des déchets radioactifs en les enfouissant en profondeur. Mais ce n'est pas le cas", avait aussi critiqué Jacques Leray, porte-parole du Cedra (Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs), sur Europe 1.

    "En choisissant d'enfouir, on nie le problème lié au fonctionnement de l'industrie nucléaire. Et on ne fait pas confiance à l'espèce humaine, ni aux progrès de la science. La technologie peut évoluer et permettre dans plusieurs dizaines d'années de trouver une meilleure manière de traiter ce type de déchets, d'autant que l'enfouissement est irréversible", estime-t-il.

    D’autant plus que courant janvier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à Cigéo de revoir sa copie pour les déchets les plus inflammables. "Si ce sujet n'est pas traité de manière satisfaisante, le stockage de ces déchets ne sera pas autorisé par l'ASN", avait indiqué le président de cette dernière, Pierre-Franck Chevet, dans un entretien au Monde.

    Source: www.lejdd.fr avec l'AFP


    22/02/18 - Ouverture d’un nouveau centre d’alerte aux tsunamis au Portugal

    Après la France, la Turquie, l’Italie et la Grèce, le Portugal est le dernier pays de la région de l’Atlantique du Nord-Est, de la Méditerranée et des mers adjacentes (NEAM) à se doter d’un nouveau Centre national d’alerte aux tsunamis qui émettra des messages d’alerte en cas de tsunami sur la côte portugaise ou aux alentours. Ce nouveau centre portugais va considérablement augmenter la capacité de l’Europe à alerter ses citoyens de la survenance d’un tel événement.

    Les tsunamis sont des événements rares se produisant majoritairement en Asie et aux Amériques, mais pas seulement. Le Portugal a été frappé en 1755 d’un terrible tremblement de terre de magnitude 8,5 à 9 sur l’échelle de Richter, tuant plus de 70 000 personnes. Des vagues de 5 à 6 mètres de hauteur avaient alors déferlé sur Lisbonne.

    Les experts prédisent qu’un nouveau tremblement de terre pourrait survenir et détruire une partie du sud-ouest du Portugal et de l’Espagne, touchant les centaines de milliers de personnes qui vivent sur les côtes de plus en plus urbanisées de la péninsule Ibérique.

    Le nouveau centre, qui se situe à l’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère (IPMA), sera capable de détecter tout tremblement de terre se produisant dans la région pour envoyer les informations adéquates aux autorités portugaises, qui se chargeront ensuite d’alerter la population à risque dans les 8 minutes avant qu’un tsunami n’apparaisse, permettant à des milliers de personnes d’évacuer les lieux pour se mettre en sécurité.

    « Le système fonctionne grâce à des centaines de capteurs installés le long de la côte portugaise capables de détecter tout tremblement du sol ou déplacement anormal de l’eau, » explique Fernando Carrilho, Directeur de l’IPMA. « Ces capteurs enverront l’information aux autorités portugaises qui relaieront ensuite l’alerte aux communautés exposées par message ou sirènes. »

    La littoral portugais est très étendu, avec plus de 943 km de côtes au Portugal continental, auxquels s’ajoutent les 667 km des archipels des Açores et les 250 km de Madère. Toutes ne sont pas exposées au risque de tsunamis mais beaucoup d’entre elles sont localisées à la frontière entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne, les rendant ainsi très vulnérables aux séismes. Ces dernières années, le pays a subi deux tremblements de terre considérables, l’un en février 1969 au Portugal continental et le second en janvier 1980 aux Açores, tuant 80 personnes au total.

    Il existe actuellement quatre Centres d’alerte précoce aux tsunamis dans la région NEAM dont l’activité est coordonnée par la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO. Cependant, sur les 36 pays de la région qui sont exposés au risque de tsunami, seuls 16 sont devenus adhérents à l’un de ces Centres.

    « Il revient à chaque pays d’adhérer ou non à un Centre d’alerte. Par exemple, le nouveau centre au Portugal permettra aux pays de la région de l’Atlantique Nord-Est tels que la Mauritanie, le Maroc, l’Irlande, le Royaume-Uni et la France de bénéficier de notre service s’ils y adhèrent, » a poursuivi Fernando Carrilho.

    Le Système d’alerte précoce NEAM est l’un des quatre principaux systèmes d’alerte dans le monde, avec le Système d’alerte précoce dans l’océan Indien mis en place juste après le tsunami de 2004 qui a fait plus de 230 000 victimes ; le Système d’alerte précoce dans le Pacifique ; et le système des Caraïbes.

    Environ 130 millions de personnes vivent autour de la Méditerranée et plus de 230 millions de touristes visitent la région chaque année, autant de personnes qui pourraient être en danger si l’hypothèse d’un tsunami venait à se matérialiser.

    Améliorer la disponibilité et l’accès à des systèmes d’alerte précoce multirisques, ainsi qu’à de l’information sur la réduction des risques, est l’un des 7 objectifs du Cadre d’action de Sendai (objectif G), adopté au Japon en 2015, que les leaders mondiaux se sont donné pour objectif commun d’atteindre d’ici 2030.

    Depuis 2000, plus de 11 millions de personnes ont été touchées par des tsunamis, dont 250 000 en sont mortes, majoritairement en Indonésie, au Sri Lanka, au Japon, en Inde et en Thaïlande.

    Source: www.unesco.org


    22/02/18 - Le Congo accorde aux Chinois le droit d'abattre ses arbres

    C’est un véritable serpent de mer qui refait surface. La concession de 6500 km² de forêt en République démocratique du Congo à deux entreprises chinoises. Une première fois autorisée puis annulée, cette exploitation du bois, selon ses adversaires, est illégale car contraire au code des forêts du pays.

    Elles avaient été attribuées en 2015 et annulées en 2016. Le ministre congolais de l’Environnement, Amy Ambatobe, vient de les rétablir. «Les trois concessions rétablies le 1er février 2018 ont été attribuées aux compagnies d’exploitation forestière chinoises Fodeco et Somifor», dénonce l’ONG, toutes les trois dans le bassin du Congo. 650.000 hectares sont concernés.

    Or, pour Greenpeace, ces concessions forestières sont illégales. En effet, en 2002, la RDC avait adopté un code forestier et décrété un moratoire sur toutes les exploitations industrielles. A l’époque, il s’agissait déjà de mettre de l’ordre dans la gestion anarchique des forêts du pays. Un moratoire qui, au fil des ans, sera plus ou moins bien appliqué. Déjà en 2011, Greenpeace épinglait la RDC qui, selon l’ONG, «se complaît dans une sorte de chaos organisé».

    Aussi, malgré l’annulation des concessions en 2016, l’ONG reste méfiante, sachant pertinemment que le moratoire peut de nouveau être violé. Elle veut aller plus loin que la simple annulation et réclame des sanctions contre les hommes politiques qui accordent ces concessions. Mais Greenpeace ne peut juste que constater que la justice congolaise n’est pas pressée d’agir à l’encontre de ses ministres.

    Ainsi, la République démocratique du Congo se partage entre politique vertueuse et compromission. L’actualité semble montrer qu’elle est de nouveau tombée dans ses pires travers. Et pourtant, elle avait donné quelques gages de rigueur. En octobre 2017, Kinshasa s’était engagé dans le projet Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (Cafi). Un financement essentiellement norvégien de plus de 40 millions de dollars pour un plan d’action et de surveillance concret.

    Le chaud et le froid

    Curieusement, à en croire Greenpeace, le projet n’a pas empêché le gouvernement d’octroyer des concessions forestières. Ce dont s’étonne le directeur de l’ONG Rainforest foundation Norway, Lars Lovold: «Il est surprenant que des membres du gouvernement de RDC soient apparemment prêts à risquer l’annulation d’un accord total de 200 millions de dollars.» Ce pourrait d’ailleurs être un moyen de pression afin d’annuler les trois concessions, suggère Global Witness, une autre ONG.

    Et que penser de l’attitude du ministre de l’Environnement Amy Ambatobe? Lui qui, en octobre 2017, à bord du bateau de Greenpeace, en appellait à la communauté internationale afin de défendre les zones sensibles du pays. Il parlait de ces fameuses tourbières découvertes il y a peu. 150.000 km² de marécages qui, selon les experts, stockent 30 milliards de tonnes de carbone. L’équivalent de trois années de rejet de combustible fossile sur toute la planète. Un centre unique de recyclage naturel menacé notamment par l’exploitation forestière.

    Parmi ces menaces, les trois fameuses concessions accordées aux Chinois qui empiètent sur ces zones humides. Des concessions accordées par le ministre Amy Amatobe…

    Source illustrée: geopolis.francetvinfo.fr


    22/02/18 - L’UNESCO s’engage pour la sauvegarde du lac Tchad

    Accroître les connaissances disponibles sur le lac Tchad, restaurer les zones humides, réhabiliter les corridors de migration de la faune sauvage, promouvoir les activités génératrices de revenus durables : voilà quelques-uns des aspects du projet visant à préserver le lac Tchad, présenté le 26 février par l’UNESCO, dans le cadre de la Conférence internationale sur la sauvegarde du lac Tchad, organisée du 26 au 28 février à Abuja, au Nigéria.

    Baptisé BIOPALT (BIOsphère et PAtrimoine du Lac Tchad), ce projet mis en œuvre par l’UNESCO en partenariat avec la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)*, sera lancé lors du premier jour de la conférence, le 26 février. Une table ronde, à laquelle participeront des représentants de l’UNESCO, de la CBLT, des responsables politiques, des scientifiques ou encore des représentants des communautés locales du bassin du lac, permettra de discuter des principaux aspects du projet.

    Financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) pour une période de trois ans, ce projet a pour but de dresser un état des lieux des ressources hydrologiques, naturelles, socio-économiques et culturelles du lac Tchad. Il vise aussi à renforcer les compétences locales en matière de En étroite concertation avec les populations locales, BIOPALT prévoit par exemple de contribuer à réhabiliter les corridors de migration de la faune sauvage - notamment des éléphants - entre le Tchad, le Cameroun et le Nigeria, à préserver les oasis et à lutter contre l’assèchement des points d’eau grâce à la restauration de certaines mares.

    Il s’emploiera également à développer les activités génératrices de revenus comme la production de spiruline, une algue verte traditionnellement récoltée par les femmes, et à soutenir les efforts en faveur de la préservation de la vache kouri, espèce emblématique du lac Tchad aujourd’hui menacée.

    A terme, il s’agit aussi d’aider les pays riverains du lac Tchad à travailler ensemble pour remplir les critères de bonne gestion et de préservation des écosystèmes en vue de présenter les candidatures de sites transfrontaliers du bassin du lac Tchad comme réserves de biosphère transfrontalières et comme sites du patrimoine mondial.

    Il existe à ce jour deux réserves de biosphère dans le bassin du lac Tchad : Waza (Cameroun) et Bamingui Bangoran (République Centrafricaine) ainsi que deux sites du patrimoine mondial : le Parc national du Manovo-Gounda St Floris (République centrafricaine) et les Lacs d'Ounianga (Tchad).

    Le bassin du lac Tchad constitue une importante source d’eau douce qui fait vivre plus de 40 millions de personnes au Cameroun, au Niger, au Nigeria, en République centrafricaine et au Tchad. En un demi-siècle, la pluviométrie a diminué et la superficie du lac s’est réduite de plus de 90%, ce qui a eu un impact considérable sur les écosystèmes et l’économie de cette région.

    La question de la préservation du lac Tchad est au cœur de discussions entre la Commission du Bassin du Lac Tchad et l’UNESCO depuis 2011. L’Organisation intervient également dans la région à travers le Programme hydrologique international (PHI) qui a notamment mis en œuvre un projet de gestion des ressources en eau souterraine du bassin (1997-2004).

    Source: fr.unesco.org


    22/02/18 - Environnement: nos vieux diesels polluent l'Afrique

    En 2015, 300 000 véhicules sont passés par le Bénin. L'OMS a récemment alerté des conséquences de ces exportations sur la santé publique.

    L'Afrique en passe de devenir la poubelle de nos véhicules polluants. Sur le port de Cotonou, au Bénin, les voitures arrivent la plupart du temps de nuit, par cargo entier, en provenance d'Europe. Elles sont ensuite réexportées vers les pays voisins. Le marché est considérable : en 2015, 300 000 véhicules sont passés entre les mains des revendeurs béninois. Parmi eux, beaucoup de diesels particulièrement prisés par une partie de la clientèle.

    Vers une interdiction des importations ?

    Avec les restrictions annoncées en Europe, le continent s'apprête à se voir inondé de diesel. "Tout ce qui ne répond pas aux normes européennes est envoyé en Afrique", alerte Jean Pierre Baptiste, le représentant de l'OMS au Bénin. Une perspective d'autant plus inquiétante que beaucoup de métropoles africaines sont déjà extrêmement polluées. Le directeur des contrôles techniques au Bénin suggère d'interdire purement et simplement d'importer certains véhicules d'occasions.

    Source + vidéo: www.francetvinfo.fr


    Mercredi 21/02/18 - Montée des eaux: l'effrayant impact du réchauffement climatique si rien ne change

    En se projetant de 300 ans dans l'avenir, une étude montre les conséquences à long terme du changement climatique sur le niveau marin et illustre la nécessité d'agir dès maintenant.

    Le niveau des mers est en train de monter et ce phénomène est lié au changement climatique d'origine humaine. Ce constat, s'il est un point commun de la quasi totalité des études publiées ces dernières années, devient beaucoup plus diversifié en fonction des scénarios étudiés. Difficile en effet de mesurer l'impact d'un réchauffement dont il est difficile d'évaluer l'étendue possible et ses conséquences sur les différentes calottes glaciaires.

    Moins d'un mètre en 2100, est-ce vraiment possible ?

    Prenons un cas extrême : si toute la glace du Groenland fondait, le niveau global des océans monterait de 7 mètres. S'il s'agissait des glaciers de l'ouest de l'Antarctique, les plus vulnérables, la montée serait située entre 3 et 5 mètres. Quelle proportion de ces deux masses de glace viendra-t-elle alimenter les mers du globe ? Les études divergent, mais la plupart semblent répondre "plus que prévu" par les scénarios de référence.

    Les scénarios en question, ce sont ceux mis en avant par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Selon le cas le plus optimiste, avec un ralentissement suffisant des émissions de gaz à effet de serre, on assisterait à une élévation allant jusqu'à 0,55m à la fin du siècle. A l'inverse, si l'on n'arrive pas à maîtriser ces pollutions, le niveau marin pourrait augmenter de 0,82m.

    Maintenir la montée des océans à moins d'un mètre en 2100 semble aujourd'hui aussi délicat que de rester au-dessous des deux degrés de réchauffement prévus par l'accord de Paris.

    70 cm en 2300... si on arrête tout

    Une étude européenne publiée ce mardi dans la revue "Nature Communications" s'intéresse à la montée du niveau des eaux... dans trois siècles. Cela peut nous sembler très lointain, mais paradoxalement les résultats obtenus par cette équipe de scientifiques impactent directement notre présent et notre futur proche.

    Que se passera-t-il en 2300 si l'on arrive à tenir l'objectif des accords de Paris et donc à rester au-dessous des fameux 2 degrés de réchauffement ? Les océans continueront à monter, même après le seuil fatidique de 2100 qui figure dans la plupart des études.

    "Nous estimons le niveau d'élévation moyen des mers entre 0,7 et 1,2m si l'on maintient zéro émissions nettes de gaz à effet de serre jusqu'en 2300," expliquent les auteurs.

    Il s'agit bien de ne plus émettre de gaz à effet de serre, pas seulement de maintenir la température au-dessous des 2 degrés. "La stabilisation de la température au-dessous des 2°C est insuffisante pour maintenir le niveau moyen d'élévation des mers jusqu'en 2300 au-dessous d'1m50," affirment les chercheurs. "Le niveau des mers continuera à monter jusqu'à 2300 et au-delà même pour des scénarios qui atteignent les zéro émission de gaz à effet de serre dans la seconde moitié du 21ème siècle."

    Ce qui fera la différence ? La date à laquelle on parviendra à la neutralité carbone sur l'ensemble du globe. Là, on ne se projette plus dans un avenir lointain mais dans les toutes prochaines années.

    Selon l'étude, la réduction des émissions dans les vingt années qui viennent aura une influence déterminante. "Retarder les actions de réduction à court terme et dans les prochaines décennies laissera un héritage substantiel pour l'élévation à long terme du niveau des océans", préviennent les auteurs.

    Plus on retardera la réduction des émissions non seulement de gaz carbonique mais de l'ensemble des gaz à effet de serre et plus les prévisions de montée des eaux à long terme sont importantes. Dans le meilleur des cas, on resterait au-dessous du mètre en 2300, ce qui est également bon signe pour des dates antérieures. Mais les auteurs de l'étude préviennent : on verra un accroissement de 20 centimètres pour chaque délai de cinq années dans la réduction des émissions après 2020.

    "Nos résultats soulignent l'importance d'une réduction à court terme pour limiter les risques à long terme d'élévation du niveau des mers", assurent ces scientifiques.

    Bien sûr, si les objectifs de l'accord de Paris n'étaient pas atteints, la situation ne pourrait qu'empirer... Ces projections restent donc optimistes et à long terme, tout en soulignant la nécessité d'agir au plus vite.

    Des millions de personnes déplacées

    La montée du niveau des océans n'est pas qu'une question de géographie et de plages inaccessibles, c'est surtout une menace pour l'habitat de dizaines de millions de personnes, voire davantage : on estime que 40% de l'humanité vit à moins de 100 kilomètres d'une mer ou d'un océan.

    Les premiers touchés seront les habitants des îles. Les Maldives, par exemple, dont les quelques 400.000 habitants vivent à peine plus d'un mètre au-dessus du niveau de l'océan Indien. Les populations côtières sont également en danger : moins de 60 cm de montée des eaux pourrait déplacer 3,8 millions de personnes dans le delta du Nil, et 1,5m d'augmentation menacerait 17 millions d'habitants au Bangladesh.

    Sans être forcément sous l'eau, des villes et villages côtiers peuvent être beaucoup plus vulnérables aux inondations et aux vagues-submersion, et les zones touchées par les tempêtes deviennent plus grandes. L'érosion des côtes sera également amplifiée par l'élévation du niveau marin. L'infiltration d'eau salée dans les nappes phréatiques peut également mettre en danger des approvisionnements en eau potable ainsi que les écosystèmes proches de la côte.

    Les grandes villes côtières sont aussi à risque : l'élévation du niveau des océans pourrait notamment toucher Londres, Amsterdam, New York, la Nouvelle-Orléans, Miami et de nombreuses métropoles d'Asie.

    De plus, la montée des eaux ne peut qu'aggraver les phénomènes climatiques extrêmes, comme l'ont montré ces dernières années les ouragans Katrina (Nouvelle-Orléans) et Sandy (New York...).

    Source: www.nouvelobs.com/planete - Auteur: Jean-Paul Fritz


    21/02/18 - Les déchets de guerre refont surface

    Trois ans après la redécouverte dans le Nord meusien d’un site de destruction d’obus chimiques datant des années 1920, des sondages vont mesurer le niveau de pollution en profondeur, sur ces terres retournées à l’agriculture.

    Muzeray, 130 habitants. Cette petite commune située à une trentaine de kilomètres au nord de Verdun a vu débarquer, hier matin, un cortège de véhicules de pompiers et de gendarmerie. Dans une parcelle agricole au lieu-dit Rampont, à la sortie du village, le service déminage de Metz est déjà sur place, ainsi que la société Cardem, spécialisée dans la dépollution pyrotechnique.

    Cette parcelle est mise sous séquestre depuis trois ans. Fin 2014, les recherches du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) sur un site d’élimination d’obus à croix-bleue, tristement baptisé « La place à gaz », ont réservé des surprises. Dans cette clairière de la forêt domaniale de Spincourt où plus rien ne pousse depuis près de cent ans, on a découvert un autre site d’élimination de munitions chimiques datant d’après la Première Guerre mondiale. Les chiffres donnent le tournis. Entre 1920 et 1926, 1,5 million d’obus chimiques et 30 000 obus explosifs ont été détruits dans le canton de Spincourt, plus précisément à Muzeray, Loison et Vaudoncourt par la société Clere & Schwander.

    Dès janvier 2015, les premières reconnaissances sur le terrain, effectuées par le bureau de recherches géologiques et minières, montrent localement « de sévères pollutions des sols » dans des parcelles cultivées depuis des décennies par les agriculteurs du secteur. Le BRGM constate la présence de métaux (plomb, arsenic, zinc), de résidus toxiques et d’explosifs (TNT…). Dans un premier temps, par mesure de précaution, 101 hectares susceptibles d’être pollués avaient été mis sous séquestre par la préfecture de la Meuse. Les récoltes avaient été détruites, ainsi que le lait après collecte. Sept exploitations agricoles étaient concernées.

    Quelques mois plus tard, la mise sous séquestre ne concernait plus que douze hectares et trois exploitations, en attendant de plus amples analyses.

    L’objectif des travaux entrepris depuis hier dans le canton de Spincourt, est d’« évaluer l’étendue de la pollution en profondeur », indique Daniel Hubé, ingénieur au BRGM. En fonction des résultats, les parcelles pourront, ou non, être rendues à l’agriculture. Si la pollution est profonde, « alors elles seront définitivement gelées ».

    Ce site « oublié » refait surface près de cent ans après. La Première Guerre mondiale fait encore des dégâts, un siècle après l’Armistice. La mémoire des anciens du canton de Spincourt évoquait des obus, une usine, quelque chose… Comment savoir si cette pollution (re) découverte en 2014 a fait des victimes depuis cent ans ? « En fait, on n’en sait rien », reconnaît Daniel Hubé. « Ce qu’on sait, c’est qu’il n’y a eu aucune indication, aucun signalement », de cas de problèmes sanitaires liés à l’activité de Clere & Schwander sur le canton. Mais, ajoute l’ingénieur du BRGM, « ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu… »

    Source: www.estrepublicain.fr


    20/02/18 - En Chine, plus de 60 000 soldats chargés de planter une forêt de la taille de l'Autriche

    Afin de lutter contre la pollution des grandes villes et l’expansion du désert de Gobi, 60 000 soldats chinois ont été affectés à une mission un peu spéciale.

    Planter une forêt de la taille de l'Autriche en un an. C'est le projet des autorités chinoises, alors que la déforestation détruit près de treize millions d'hectares dans le monde chaque année. Pour reboiser 84 000 kilomètres carrés en 2018, la Chine compte sur son armée : plus de 60 000 soldats de l'Armée populaire de libération ont été affectés à cette mission.

    Les objectifs de cette "muraille verte" ne sont pas des moindres : lutter contre la pollution de grandes villes comme Pékin, l’expansion du désert de Gobi qui entraîne la désertification de certaines régions et développer une économie plus durable.

    Un projet qui s’inscrit dans la volonté de "construire une civilisation écologique"

    Lors du dernier congrès du Parti communiste chinois, le 18 octobre dernier, le président de la République Populaire de Chine Xi Jinping avait fait part de sa volonté de "construire une civilisation écologique, ce qui est vital pour le développement de la nation chinoise." Et de préfigurer ce projet d’envergure : "Nous allons adopter une approche globale pour conserver nos montagnes, rivières, forêts, lacs et mettre en place les systèmes les plus ambitieux pour protéger l'environnement et développer un modèle de croissance et des modes de vie écologiques."

    La Chine s'est donnée jusqu'en 2050 pour planter la plus grande forêt artificielle du monde. En cinq ans, l’Empire du milieu a planté 338 000 kilomètres carrés de forêts, l’équivalent de la surface de la Finlande.

    Source + vidéo: www.francetvinfo.fr


    Lundi 19/02/18 - Montée des eaux et protection du littoral: le défi

    Sur la côte Est du Cotentin, la montée des eaux et l'érosion sont des phénomènes qui inquiètent les élus et la population.

    Le débat

    L'avenir du littoral pour les décennies à venir est un sujet qui préoccupe la Communauté d'agglomération du Cotentin (Cac) et en particulier Bernard Lebaron, le vice-président en charge de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations.

    Un projet existe, celui de lancer une grande étude sur la côte Est-Cotentin. « Le slogan, Notre littoral pour demain, est fait pour mobiliser les élus du littoral afin qu'ils s'engagent dans une gestion durable de la bande côtière pour anticiper les changements climatiques d'ici à 100 ans », explique Bernard Lebaron.

    Ensemble face à la hausse du niveau de la mer,tel est le slogan de la Cac pour mobiliser les habitants et les responsables. Des ateliers d'informations sont programmés pour évoquer les problèmes liés à la côte Est du Cotentin, de Barfleur à la baie des Veys. « Nous sommes soumis depuis longtemps à des phénomènes cycliques liés à l'érosion de la côte. Le but des élus est de se prémunir aujourd'hui des futurs dégâts liés à l'élévation du niveau marin », explique Bernard Lebaron.

    « 234 grandes marées au lieu de 68 »

    La Cac a programmé des ateliers publics pour évoquer ces problématiques. Ils ont lieu lundi 19 février à la salle des fêtes de Sainte-Mère Église, à 14 h 30 et 20 h. « Les scientifiques disent qu'il faut prévoir une élévation du niveau de la mer sur la côte Est d'un mètre minimum. Nous aurions l'équivalent de 234 grandes marées à risque au lieu de 68 aujourd'hui, poursuit Bernard Lebaron qui évoquent des témoignages d'élus du littoral. Ils observent que les coups de vent les plus violents sont davantage concomitants avec les grandes marées. »

    Source: www.ouest-france.fr/normandie


    19/02/18 - Environnement: le mégot, nouvel ennemi public

    Les filtres de cigarettes, qui contiennent des substances nocives, polluent l'eau. Plusieurs villes ont commencé à verbaliser les fumeurs négligents.

    Les cigarettes partent en fumée, mais pas les mégots. Et le problème n'a rien d'anecdotique. Selon l'association Droits des non-fumeurs (DNF), 8 millions de mégots sont jetés, chaque minute, dans le monde ! Rien qu'à Paris, les agents municipaux ramassent par an près de 350 tonnes de filtres usagés. L'association Surfrider, dédiée à la préservation des océans et du littoral, en a ainsi collecté près de 15 000 en moins d'une heure autour du canal de L'Ourcq, dans la capitale. Ces mégots constituent, pour DNF, « un fléau pour l'environnement » et « un défi à relever ». L'association appelle les pouvoirs publics à s'investir sur ce dossier essentiel.

    Certes, le nombre de fumeurs diminue (modérément). Un an après l'entrée en vigueur du paquet neutre en France, les ventes de cigarettes ont reculé de 1,48 % en volume en 2017, selon un premier bilan établi par Logista France, fournisseur de la quasi-totalité des buralistes. Au cours de l'année précédente, le recul était de 1,2 %. Mais cela a peu d'incidence sur la pollution engendrée par les mégots. Selon DNF, les filtres usagés contiennent, entre autres, des substances nocives qui se libèrent dans les réseaux d'assainissement des eaux, non équipés pour les traiter. « Nicotine, phénols et autres métaux lourds se répandent dans les eaux des stations d'épuration. Or, on estime qu'un seul mégot peut polluer 500 litres d'eau. Pis encore, cette pollution est durable, puisqu'un mégot peut mettre jusqu'à 12 ans pour se dégrader totalement. »

    Amendes

    D'autre part, le ramassage et le traitement de ces résidus de cigarettes coûtent cher. « Face à un tel défi, pour l'heure, ce sont les collectivités territoriales qui réagissent, alors que les tentatives législatives ont toutes échoué jusqu'à présent », peut-on lire. La Mairie de Paris a été la première à se mobiliser. Elle a adopté, fin 2015, une politique de répression renforcée. Jeter un mégot sur la voie publique est désormais passible d'une amende de 68 euros. L'an dernier, 21 000 procès-verbaux ont été dressés dans la capitale. À Bordeaux, l'objectif « Quartier zéro mégot », lancé en partenariat avec l'association Écomegot a déjà permis de collecter près d'un million de filtres usagés. Lille se lance aussi dans le combat. Depuis le 1er février et à la suite d'une longue campagne de prévention, toute personne prise en flagrant délit alors qu'elle jette un mégot au sol devra payer 68 euros.

    Le problème se pose aussi en dehors des zones urbaines. « Le mégot jeté en pleine nature est également un véritable fléau : première cause d'incendie, principal polluant des océans, mais aussi des montagnes ! Chaque année, sous les piliers de télésièges de stations de ski, les mégots s'accumulent, polluent la neige et, en fondant, polluent les nappes phréatiques », écrit l'association. Un message judicieux à rappeler en pleines vacances de février.

    Source: www.lepoint.fr - Auteur: Anne Jeanblanc


    Samedi 17/02/18 - Les Maldives, un paradis touristique menacé par la montée des eaux

    Les Maldives, où le président a décrété l’état d’urgence après un bras de fer avec la Cour suprême, est un micro-Etat touristique de l’Océan indien, menacé par le réchauffement climatique en raison de sa faible altitude.

    Des tensions politiques

    Les Maldives ont été dirigées d’une main de fer pendant 30 ans par Maumoon Abdul Gayoom, président de 1978 à 2008.

    En 2008, l’opposant Mohamed Nasheed, militant de droits de l’Homme plusieurs fois emprisonné, est le premier président démocratiquement élu après l’introduction du multipartisme.

    Acculé à la démission en 2012 par une rébellion de l’appareil sécuritaire, il est ensuite battu lors d’un scrutin controversé par Abdulla Yameen, demi-frère de Maumoon Abdul Gayoom. En 2015, il est condamné à 13 ans de prison pour « terrorisme ». Il est alors défendu par la célèbre avocate Amal Clooney. En permission médicale en 2016, il demande l’asile au Royaume-Uni.

    1,28 million de touristes en 2016

    Les Maldives sont un des plus petits Etats membres de l’ONU. La population s’élevait à 340.000 habitants lors du dernier recensement, tandis que la Banque mondiale l’estimait à environ 417.000 habitants en 2016. Situées dans l’Océan indien, au sud-ouest du Sri Lanka, elles sont constituées de 26 atolls, découpés en 1.192 îles (dont 200 habitées), éparpillées sur 800 kilomètres le long de l’équateur. Elles abritent environ 3% des récifs coralliens dans le monde.

    Le tourisme est la principale ressource du pays, atteignant près de 41% du PIB en 2016 et procurant près de 20% des emplois, selon le Conseil mondial du tourisme et des voyages.

    Cette destination, connue pour ses plages paradisiaques de sable blanc et sa mer bleu turquoise, a attiré 1,28 million de touristes en 2016 d’après l’Organisation mondiale du tourisme. Elle est notamment prisée pour les lunes de miel, comme celle des comédiens Tom Cruise et Katie Holmes en 2006.

    Le PNB par habitant a progressé de plus de 200% entre 1990 et 2015 selon la Banque mondiale, mais le pays affiche un fort endettement.

    Les habitants risquent de devenir des « réfugiés climatiques »

    Les Maldives sont l’un des pays les plus vulnérables au réchauffement climatique, avec 80% des terres situées à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer.

    En 2009, le président Mohamed Nasheed a même organisé un conseil des ministres sous-marin pour sensibiliser à ce danger, et il a averti que les habitants de l’archipel risquaient de devenir des « réfugiés climatiques ». Le tsunami de 2004 avait fait une centaine de morts et de disparus dans les Maldives.

    Un ancien pays bouddhiste devenu musulman
    Les Maldives, situées sur une route commerciale, ont connu plusieurs colonisations. Les experts pensent que l’apparition de l’islam date du 12e siècle, lorsqu’un roi bouddhiste s’est converti.

    Des explorateurs portugais ont occupé l’île de Malé (actuelle capitale) au 16e siècle. Puis deux protectorats se sont succédé, néerlandais et britannique. Le sultanat des Maldives est devenu indépendant en 1965.

    Le pays a longtemps pratiqué un islam modéré, mais des interprétations plus radicales se sont répandues avec un afflux d’argent et de prêcheurs salafistes venus du Moyen-Orient. L’islam sunnite est la religion d’Etat, toute autre religion étant proscrite. L’alcool est interdit, uniquement disponible dans les hôtels réservés aux touristes. L’homosexualité est illégale. Les femmes reconnues coupables de relations hors mariage peuvent être fouettées.

    Les Maldives ont quitté le Commonwealth en 2016, en raison de critiques de l’organisation sur les droits de l’Homme dans l’archipel. En début d’année, les Etats-Unis ont mis en garde contre de possibles attaques terroristes. Une soixantaine de ressortissants de l’archipel se sont rendus en Syrie et en Irak pour combattre avec des jihadistes et certains pourraient être rentrés.

    Source: fr.metrotime.be avec l'AFP


    Jeudi 15/02/18 - Climat: même en respectant l'accord de Paris, les catastrophes naturelles vont augmenter

    Les phénomènes météorologiques extrêmes vont augmenter de manière importante même si les objectifs de l'accord de Paris sont atteints, selon une nouvelle étude.

    Des travaux, présentés dans la revue Science Advances le 14 février 2018, ont analysé la probabilité de périodes chaudes, sèches et de pluviosité excessive dans les prochaines années, autant de phénomènes exacerbés par la hausse de la température de la Terre et du niveau des océans. Le changement climatique a déjà un impact : un record a été largement battu en 2017, celui du coût mondial des catastrophes naturelles avec 306 milliards de dollars.

    Une dégradation quoiqu'il arrive

    "Ces coûts croissants représentent l'un des nombreux signes du fait que nous ne sommes pas prêts pour le climat d'aujourd'hui, et encore moins pour un degré supplémentaire de réchauffement planétaire", a relevé Noah Diffenbaugh, du Stanford Woods Institute for the Environment. Les engagements des plus de 190 pays signataires de l'accord de Paris de 2015

    Mais un tel niveau "devrait entraîner une augmentation importante et étendue de la probabilité historique d'épisodes extrêmes sans précédents", selon l'étude. "Nous avons déterminé que les humains ont déjà accru la probabilité d'événements extrêmes historiquement inédits (...) y compris plus de 50 à 90% en Amérique du Nord, en Europe et dans l'est de l'Asie", ont poursuivi les chercheurs des Universités américaines de Stanford, Columbia et Dartmouth College.

    En vertu des engagements actuels, les vagues de chaleur sont cinq fois plus susceptibles de se produire dans une moitié de l'Europe et plus d'un quart de l'Asie. Et de fortes chutes de pluie sont trois fois plus probables dans plus d'un tiers de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'est de l'Asie. L'accord de Paris aspire à une réduction plus drastique, avec un réchauffement contraint à 1,5 degré Celsius. Ce qui permettrait de limiter mais non d'éliminer le risque d'épisodes météo extrêmes, a relevé l'étude.

    Environ 10% de la plupart des régions resterait exposé à un triplement de ces phénomènes. Et environ 90% de l'Amérique du Nord, de l'Europe, de l'est de l'Asie et les régions tropicales "verraient une augmentation marquée du risque de records de chaleur, de pluviosité et/ou de sécheresse". "Même si ce niveau préférable était atteint, nous vivrions toujours dans un climat ayant une probabilité beaucoup plus importante de survenance d'événements d'ampleur inédite qu'aujourd'hui", a relevé M. Diffenbaugh.

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    15/02/18 - La guerre du sable

    La consommation de cette ressource est telle que s'est développé un vaste trafic. Des pays pauvres sacrifient plages et rivières pour alimenter la croissance de puissances émergentes. Reportages au coeur de la ruée sur des grains précieux.

    Un jet d'eau brunâtre s'élance vers le ciel. Il sort d'un tuyau formé de morceaux de tube rouillés grossièrement assemblés. Deux barils vides, accrochés de part et d'autre, lui permettent de flotter. Cette structure de fortune, reliée à une plate-forme en bois sur laquelle s'activent trois ouvriers torse nu et en tongs, est alimentée par deux moteurs de tondeuse à gazon pétaradants. Elle aspire le sable au fond de l'estuaire, puis le rejette sur la berge. Une fumée noire et nauséabonde s'en échappe. Elle se trouve à quelques mètres au large de Koh Kong, cité cambodgienne nichée près d'une immense réserve naturelle abritant l'une des mangroves les mieux préservées d'Asie. Cette ville aux rues jonchées de déchets est devenue un des points chauds d'un vaste commerce de sable, dont les ramifications s'étendent aux quatre coins de l'Asie.

    Produit par des siècles d'érosion, ce matériau est la ressource naturelle la plus utilisée au monde. « Chaque année, il s'en consomme entre 40 et 50 milliards de tonnes », note Pascal Peduzzi, un géographe qui a réalisé une étude dans le cadre du Programme des Nations unies pour l'environnement. Cette industrie, qui pèse environ 200 milliards de dollars par an, est en pleine effervescence, tirée par le boom de la construction en Asie. En Chine surtout : « Ce pays consomme 58% du sable extrait au niveau mondial, dit le chercheur. Entre 2011 et 2013, il a utilisé autant de ciment que les Etats-Unis durant tout le siècle dernier. » Le développement accéléré de cités tentaculaires comme Shanghai, Shenzhen ou Chongqing, les mégaprojets comme le barrage des Trois-Gorges et les centaines de milliers de kilomètres de route construits par l'empire du Milieu ces vingt dernières années... tous se sont nourris de gigantesques quantités de sable, composante principale du ciment, du béton, de l'asphalte et du verre. L'Inde voisine n'est pas en reste.

    Tous les sables ne se valent pas

    Si l'industrie de la construction absorbe 70% du sable extrait dans le monde, il a d'autres usages. Des micro-Etats, comme Singapour, Dubaï ou Hong Kong, s'en servent pour gagner des terres sur la mer ; les îles menacées par la montée des eaux, comme les Kiribati ou les Maldives, l'utilisent pour bâtir des digues ; Pékin le met au service de ses ambitions territoriales en rehaussant des îlots contestés en mer de Chine méridionale. « Il existe aussi une série d'applications industrielles, comme la fracturation de la roche pour en extraire du pétrole, la fabrication de puces informatiques, de panneaux solaires, de papier de verre, de détergents, de cosmétiques et de dentifrice », précise Pascal Peduzzi. Ces utilisations nécessitent une variété à base de silice, presque blanche et d'une grande finesse. En général, ce matériau n'est pas exporté sur de grandes distances, car ce ne serait pas rentable, vu son prix (entre 5 et 10 dollars la tonne). La majeure partie du sable utilisé en Chine et en Inde est ainsi extrait sur place. Mais quelques pays asiatiques - Cambodge, Myanmar, Bangladesh, Sri Lanka, Philippines - en ont fait une industrie d'exportation. Un choix lourd de conséquences pour leurs habitants et leurs écosystèmes.

    La vaste étendue d'eau brune s'étend à perte de vue sous le ciel bleu. Elle est bordée des deux côtés d'une rangée d'arbres, dont les racines noires plongent dans l'eau comme des doigts crochus. À certains endroits, une tâche beige signale la présence d'un banc de sable qui affleure. Le silence n'est interrompu que par le cri épisodique d'un oiseau tropical ou le moteur d'une pirogue à fond plat dont se servent les pêcheurs pour sillonner la mangrove. Nous sommes dans le parc naturel de Peam Krasaop, gigantesque oasis de verdure coincée entre le golfe de Thaïlande et le massif des Cardamomes, non loin de Koh Kong. Il abrite de nombreuses espèces en voie de disparition, comme le crocodile du Siam, le dauphin de l'Irawaddy ou le lamantin. Il est aussi, pour son malheur, parcouru d'un réseau de rivières aux fonds tapissés de sable de très bonne qualité.

    Car tous les sables ne se valent pas. Celui des immenses déserts d'Afrique, par exemple, ne vaut rien pour la construction. Les entreprises minières sont arrivées dans la région en 2008. « Elles se servaient de grues pour pelleter le sable au fond de l'eau et le déverser dans une barge, témoigne Thun Ratha, militant de Mother Nature, une ONG locale qui lutte contre les effets de cette industrie. Celle-ci parcourait ensuite les quelques kilomètres qui nous séparent de la mer pour transborder le sable sur un navire capable d'acheminer 30 000 ou 40 000 tonnes. » Certains jours, plus de 50 grues opéraient dans la zone.

    Cela ne servait à rien de protester

    « Normalement, la profondeur de l'eau ne dépasse pas 1 ou 2 mètres par ici, mais sur de nombreux tronçons de la rivière, il y a désormais plus de 10 mètres, précise un jeune homme au regard perçant. Des bancs de sable entiers ont disparu, même de petites îles. » L'eau salée a pénétré dans la mangrove - les arbres morts, aux racines blanchies par le sel, en témoignent. Le village de Koh Sralao apparaît au détour d'un méandre de la rivière. Des maisons sur pilotis, aux toits de tôle, reliées par des pontons en bois. Au sol, paniers à crabes, filets de pêche et crustacés qui sèchent au soleil. La ressource, ici, c'est le crabe. Mot Sopha, une jeune femme de 33 ans, jupe traditionnelle jaune et pull frappé du slogan « It's awesome » (« c'est génial »), se remémore l'arrivée des mineurs : « Les barges sont apparues un jour et personne ne nous a expliqué ce qu'elles faisaient ici. Un peu plus tard, un homme est venu et a pris les empreintes digitales de tous les villageois. Il nous a dit que les entreprises d'extraction de sable avaient le droit d'opérer dans cette zone et que cela ne servait à rien de protester. »

    On leur promet un hôpital, une route et une école... ils ne se matérialiseront jamais. Au début, les habitants de Koh Sralao se contentent d'observer l'étrange ballet de grues et de barges qui se déroule juste devant leur village. Très vite, ils comprennent que quelque chose ne tourne pas rond. « Avant leur arrivée, je ramenais trois filets remplis de crabes chaque jour, ce qui me rapportait 25 dollars environ, détaille le mari de Mot Sopha, arborant un short vert du FC Barcelone. Aujourd'hui, je dois déployer dix filets et cela ne me permet pas de gagner plus de 20 dollars. »

    La population de crustacés et de poissons dans cet estuaire s'est effondrée. De l'ordre de 70 à 90%, selon un rapport de l'Union internationale pour la conservation de la nature. En raclant le fond de l'eau, les grues soulèvent un plumet de boue et de sédiments qui étouffe la vie marine. « Cela décape aussi le fond, riche en nutriments », pointe Alejandro Davidson-Gonzales, le fondateur de Mother Nature. À Koh Sralao, l'impact a été dévastateur. « Nous gagnons moins d'argent et avons dû acheter plusieurs nouveaux filets, détaille Mot Sopha. Cela nous a obligés à emprunter 500 dollars. » Les prêts sont fournis par des villageois fortunés à des taux exorbitants, qui peuvent atteindre 30%. « La saison suivante, nous avons de nouveau dû emprunter 500 dollars, juste pour pouvoir payer les traites », dit-elle. À plusieurs reprises, la situation s'est tendue. Les habitants de Koh Sralao ont tenté, en vain, de chasser les mineurs, notamment après le décès de l'un des leurs lorsque son embarcation est entrée en collision avec une barge.

    Une érosion des berges

    Lorsqu'on remonte la rivière en direction de Koh Kong, la première chose qu'on aperçoit, c'est un immense pont sur pilotis. Il mène de l'autre côté de l'estuaire, vers la frontière thaïe. La nuit, les lumières d'un grand casino se reflètent dans l'eau. Ces deux structures appartiennent à Ly Yong Phat, un sénateur affilié au parti de l'autoritaire Premier ministre Hun Sen. Né à Koh Kong en 1958, il a fondé le groupe L.Y.P, conglomérat qui exploite notamment des hôtels, des plantations de sucre, un safari parc... Cet homme au visage carré, qui a un faible pour les cravates fantaisie, domine la filière du sable locale, également noyautée par deux entreprises très proches du pouvoir. Ly Yong Phat a obtenu des concessions pour exploiter les rivières Sre Ambel, Koh Por et Tatai, selon un rapport de l'ONG Global Witness. Ainsi que les cours d'eau entourant Koh Sralao. Reconnaissant, il a fait don en 2016 d'un terrain à Phnom Penh, destiné à accueillir un mémorial à la gloire de l'homme fort du Cambodge.

    Seak Ky, une femme de 36 ans aux bras ornés de bracelets dorés, vend du jus de canne à sucre le long de la route, à S'ang, un hameau au sud de la capitale. En février, elle a découvert une fissure dans le sol de sa cuisine. Quelques jours plus tard, en pleine nuit, la moitié de sa maison est tombée dans le Bassac, un bras du Mékong. « Tout s'est passé en moins de 30 minutes, raconte cette mère de trois enfants. Je n'ai eu le temps que de me saisir de quelques casseroles. J'ai perdu tout le reste. » Ce n'était pas la première fois. « J'ai dû déplacer ma maison quatre fois vers l'intérieur des terres, car plus de 20 mètres de berges se sont effondrées », livre-t-elle.

    Sa demeure est désormais collée à la route. Une dizaine de maisons du village ont subi le même sort. En cause : une plate-forme munie d'un tuyau qui aspire le sable au milieu du fleuve, à une petite dizaine de mètres des habitations. Il y en a plusieurs autres le long de la rive. « Elles sont arrivées à l'été 2016, indique Ly Raksmey, un militant de Mother Nature. Le sable alimente un chantier de logements pour les fonctionnaires, à quelques kilomètres d'ici. » Lorsqu'on extrait du sable au milieu d'une rivière, cela en accélère le flux, favorisant l'érosion des berges et les inondations en aval.

    Une opposition muselée

    À S'ang, la colère gronde. « Je n'ai reçu aucune compensation financière, s'emporte Seak Ky. On m'a dit que l'effondrement était dû à une catastrophe naturelle. » Depuis juin, les villageois manifestent régulièrement. Mais en août, trois d'entre eux ont été arrêtés et accusés de rassemblement illégal et de destruction de propriété privée. Au Cambodge, l'un des pays les plus despotiques d'Asie, il ne fait pas bon s'opposer aux proches du gouvernement. En 2015, trois membres de Mother Nature ont passé dix mois en prison pour avoir protesté contre l'extraction de sable à Koh Kong. Thun Ratha confie avoir été menacé à plusieurs reprises par les autorités : « Mes amis et ma famille ne me parlent plus car ils ont trop peur d'être associés à une organisation opposée au gouvernement. » Cette volonté de museler toute contestation s'explique par les montants en jeu. En 2016, le pays a exporté 7,4 millions de tonnes de sable, selon les estimations des Nations Unies. Singapour en a absorbé 89%. Taïwan, spécialisé dans les puces informatiques, a aussi importé 535 000 tonnes de sable de silice cambodgien.

    Le Cambodge a pourtant déclaré une série de moratoires, mais ils sont incomplets : le premier, en 2009, ne portait que sur l'extraction dans les rivières ; le second, décrété en novembre 2016 et confirmé en juillet 2017, exclut le sable de silice. Et sont régulièrement contournés. Même après celui de juillet, les villageois de Koh Sralao disent avoir vu des barges extraire du sable la nuit. Celui-ci serait transporté illégalement en camion vers la Thaïlande ou le Vietnam, moyennant un pot-de-vin, selon Mother Nature. Les relevés des douanes sont remplis d'incohérences. Entre 2007 et 2015, Phnom Penh aurait vendu 16,2 millions de tonnes de sable à Singapour, selon le ministère des Mines et de l'Energie. Les chiffres officiels de la ville-Etat évoquent, eux, 73 millions de tonnes importées. Sur l'année 2016, les officiels cambodgiens annoncent avoir exporté 14 800 tonnes vers Singapour, alors que cette dernière dit en avoir reçu 6,6 millions, soit... 443 fois plus.

    Une capacité à contrôler les éléments naturels

    À 1 000 kilomètre plus au sud, à Singapour, les trois tours du Marina Bay Sands se détachent nettement sur le ciel bleu. Elles sont surmontées d'une sorte de navire qui semble s'être échoué là après le reflux d'un déluge d'ampleur biblique. Il abrite une piscine vertigineuse et un bar, qui donnent à ce complexe composé d'un hôtel, d'un casino et d'un mall un air de vaisseau spatial. Juste devant, un bâtiment en forme de lotus blanc héberge un musée du design. De l'autre côté du Marina Bay Sands, un jardin botanique s'étend jusqu'à la mer. On y trouve une forêt vierge abritée sous un dôme transparent et des jardins verticaux accrochés à de gigantesques baobabs en métal.

    Ce front de mer, achevé en 2012, a été entièrement construit sur des terres reprises à la mer. C'est le cas d'une bonne partie de la cité de 5,7 millions d'habitants. Depuis son indépendance en 1965, elle a crû de 24%, passant de 582 à 719 km² et prévoit de grandir encore de 56 km² d'ici 2030. « Singapour manque de terres : cette expansion nous a permis d'héberger tous nos résidents tout en créant de l'espace pour les activités économiques », note Gene Ng, un porte-parole du ministère du Développement national, l'instance en charge de ces travaux. Ce petit pays estime que sa population va atteindre 6,9 millions de personnes d'ici à 2030.

    « La forte croissance que Singapour a connue ces 50 dernières années est entièrement fondée sur sa capacité à contrôler les éléments naturels, que ce soit les marécages qui parsemaient autrefois le pays ou la mer qui marque sa frontière naturelle », juge Charles Lim, un artiste qui a consacré sa carrière à documenter l'avancée de la ville sur l'eau. Les territoires poldérisés abritent tous des infrastructures cruciales : l'aéroport de Changi, du port de Pasir Panjang, de la gigantesque zone industrielle de Jurong dédiée à l'industrie pétrochimique ou encore de Marina Bay. Les premières poldérisations ont eu lieu en 1822, avec la création de Boat Quay. « Mais il a fallu attendre l'indépendance en 1965 pour que des travaux à grande échelle soient menés », détaille Chu Jian, un professeur d'ingénierie de l'université technique Nanyang, à Singapour. Au début, le sable et la terre utilisés pour agrandir Singapour provenaient du territoire lui-même. « Nous avons rasé plusieurs collines et déversé ces matériaux dans la mer », explique-t-il. Autrefois assez valonnée, Singapour est désormais presque plate.

    De lourdes conséquences environnementales

    Très vite, cela n'a plus suffi. « Dès le milieu des années 80, nous avons dû importer du sable de nos voisins », dit-il. De Malaisie, d'Indonésie et du Vietnam, d'abord. Mais l'ampleur de ce commerce fut telle, et ses effets sur l'environnement si dévastateurs, que ces pays l'ont interdit respectivement en 1997, 2008 et 2010. « Nous avons tant importé de sable d'Indonésie que plusieurs îlots de l'archipel des Riau ont disparu », se désole Charles Lim. Singapour s'est alors reporté sur le Cambodge, devenu son premier fournisseur. Les quantités en jeu sont pharaoniques, et ne cessent de croître. Les importations sont passées de 14,2 millions de tonnes de sable en 2008 à 35 millions de tonnes en 2016, faisant de la cité du lion le premier importateur de ce matériau au monde. Mais la donne se complique : avec la mise en oeuvre du dernier moratoire cambodgien, la métropole sera bientôt à court de sable. « Elle est obligée de se fournir toujours plus loin, relève George Boden, de Global Witness. Le Bangladesh et le Myanmar sont désormais perçus comme des sources potentielles. » Le second a déjà commencé à livrer du sable à Singapour : 780 000 tonnes en 2016, selon les douanes.

    Plusieurs projets de poldérisation

    Tout à l'ouest de Singapour, le chantier du port de Tuas est en pleine effervescence, en ce samedi de septembre. Une fois achevé en 2040, il pourra traiter 65 millions d'unités de fret par an - six fois plus que Rotterdam, premier port d'Europe. Une fine langue de terre recouverte d'une épaisse couche de sable s'élance dans la mer, comme un long serpent blond. Plusieurs pelleteuses s'activent à sa surface, charriant du sable prélevé dans des barges amarrées au large, comme autant de fourmis industrieuses.

    Cette terre, composée de glaise, « doit être essorée, comme une éponge qu'on presserait pour en retirer l'excédent d'eau, détaille Chu Jian. Cela se fait en plaçant une lourde couche de sable par dessus et en installant des tuyaux de drainage pour évacuer le liquide. » Sous la glaise se trouve une autre couche de roche et de sable. Pour la déposer, Singapour teste une nouvelle méthode développée par le groupe belge DEME qui, aux côtés de son compatriote Jan De Nul et du néerlandais Van Oord, a réalisé plusieurs projets de poldérisation à Singapour. « On construit des caissons hauts de 28 mètres, soit l'équivalent d'un immeuble de dix étages, puis on les dépose sur le sous-sol marin, afin de former un mur hermétique tout autour de la zone qu'on souhaite gagner sur la mer », indique Wong Heang Fine, le PDG de Surbana Jurong, entreprise locale impliquée dans le projet. L'espace entre la terre ferme et cette barrière artificielle est ensuite... rempli de sable.

    Sur le chantier, des caissons en forme de grille sont posés au milieu de la mer. D'un côté, l'eau est d'un bleu profond. De l'autre, là où les pelleteuses se délestent de leur chargement, elle est brune. Une barge remplie à ras bord de sable passe. Sa cargaison est soudain frappée d'un rayon de soleil, lui donnant une teinte vanillée. Ca n'a pas la couleur de l'or, mais c'est en train de le devenir.

    Source illustrée www.lesechos.fr/week-end - Reportage: Julie Zaugg


    15/02/18 - Bolivie: La déforestation se poursuit, près de 350 000 hectares sont perdus par an

    La Bolivie, pays d’Amérique du Sud abritant une partie de la forêt amazonienne (48,6% de la surface bolivienne est couverte par la forêt et 70% de celle-ci se trouve dans la zone des plaines), connaît un taux élevé de déforestation, et selon les spécialistes en questions environnementales, l’élevage et l’agriculture sont les principales causes de ce phénomène préoccupant avec le changement climatique.

    L’usage de la technique de culture sur brûlis (système agraire pour lequel les champs sont défrichés par le feu) menace la pérennité de la forêt, c’est ce que constatent les écologistes boliviens.

    Pablo Solón, environnementaliste, a affirmé : « Parmi les pays qui possèdent des forêts, la Bolivie est l’un des plus déboisés. En ce qui concerne la déforestation par habitant, nous figurons parmi les dix premiers pays déforestés au monde. Et la principale cause de déforestation est l’élevage ». Pablo Solón estime que la décision récente du gouvernement d’autoriser la libre exportation de viande ne fera qu’empirer la situation « En libérant des exportations de viande en Bolivie l’année dernière, le gouvernement va influer sur un taux de déforestation déjà assez élevé ».

    Autre point de vue inquiétant sur la déforestation, le chercheur Lykke Andersen, membre de l’Institut des hautes études en Développement (INESAD) et auteur d’une enquête sur la question, a estimé dans une interview accordée à la presse qu’ il n’y a que trois pays dans le monde avec plus de déforestation par habitant que la Bolivie: le Botswana, le Paraguay et la Namibie, des informations que l’on peut retrouver sur le site www.scidev.net.

    En fait, depuis l’année 2010, la Bolivie perdrait annuellement environ 350 000 hectares de forêts en raison d’activités légales, mais aussi clandestines, des chiffres avancés dans l’étude de la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung. Ces 350 milliers d’hectares représentent une perte d’environ 320 mètres carrés de forêt par personne et par an, l’un des chiffres les plus élevés au monde et représente, selon la FES, environ 20 fois plus que la moyenne mondiale ( estimée à 16 mètres carrés par personne).

    À ce rythme, si ce phénomène n’est pas réduit, les forêts de Bolivie pourraient disparaître d’ici l’an 2100.

    Ce taux de perte de forêt par habitant est presque trois fois supérieur à celui du Brésil, autre pays sud-américain très impacté par la déforestation (125 mètres carrés de couverture forestière par an). Une étude de la FAO indique que la déforestation en Bolivie est encore plus élevée avec un chiffre estimé de 400 mètres carrés par habitant et par an. Cela signifie que la couverture forestière en Bolivie est passé de 58% en 1990 à 51% en 2015.

    L’ancien ministre de l’Environnement et de l’eau, Alexandra Moreira, a déclaré dans un rapport en 2016 qu’ « entre 1976 et 2000, la Bolivie a souffert de la perte de 3,7 millions d’hectares de forêts et aujourd’hui, nous perdons une moyenne de 219 000 hectares par an », c’est-à-dire une estimation plus optimiste que les précédentes, mais tout aussi inquiétante.

    Les départements de Pando et Santa Cruz ont été identifiés comme responsables de la plus grande déforestation subie par le pays, une situation qui est principalement concentrée dans la zone des basses-terres où il y a une couverture forestière.

    Une étude menée par des experts Lykke E. Andersen, Anna Sophia Doyle et Martha Kornacka fait remarquer que, même si le département de Santa Cruz est responsable de 75% de la déforestation sur la période 1990-2010 en raison de la production de soja et la récente l’expansion de l’activité d’élevage, la déforestation par habitant (par personne) est beaucoup plus élevée dans le département de Pando.

    L’Autorité forestière (ABT) a signalé qu’en Bolivie, 33% de l’augmentation de la déforestation dans le département de Santa Cruz a été enregistrée en 2016, ce qui représente actuellement 84% de la superficie déboisée.

    Environ un tiers de la surface de la planète est couverte de forêts. Ce pourcentage diminue lentement, notamment en raison de la déforestation des forêts tropicales.

    Parmi les pays qui déboisent le plus dans le monde, on trouve le Brésil, qui a perdu 53 millions d’hectares au cours de la période 1990-2015 ; l’Indonésie (28 millions d’ha) ; Le Nigeria, le Myanmar et la Tanzanie, 10 millions d’hectares chacun ; ainsi que la Bolivie et l’Argentine (8 millions d’hectares chacun sur cette période)

    Source illustrée : www.actulatino.com - Reportage: Aline Timbert


    Mercredi 14/02/18 - Le réchauffement climatique aggrave la pénurie d'eau

    La pénurie d'eau menace la planète et elle est aggravée par le réchauffement climatique. L'Afrique du Sud est un exemple qui illustre cette problématique.

    Cours d'eau bétonnés par des barrages qui n'arrivent plus jusqu'à la mer, nappes aquifères millénaires vidées jusqu'à la dernière goutte, eaux contaminées par diverses pollutions... Les réserves d'eau douce de la planète étaient déjà en péril, avant même que les effets potentiellement dévastateurs du réchauffement ne se fassent sentir. Des problèmes longtemps épargnés à la deuxième ville sud-africaine. En 2014, la demi-douzaine de réservoirs qui approvisionnent les 4 millions d'habitants du Cap étaient remplis. Mais après trois ans de sécheresse historique, les réserves d'eau sont au plus bas. Et les habitants sont invités à ne pas utiliser plus de 50 litres par jour et par personne.

    Les spécialistes du climat l'avaient prédit. Mais pas si tôt. "Le changement climatique aurait dû nous frapper en 2025 (...). Les services météo d'Afrique du Sud m'ont dit que leurs modèles ne marchaient plus", commentait récemment la responsable de la province du Cap occidental, Helen Zille.

    Crise mondiale

    A l'échelle du globe, la crise de l'eau se profilait depuis des décennies. Le Forum économique mondial classe ainsi tous les ans les "crises de l'eau" parmi les menaces mondiales aux impacts potentiellement les plus graves, devant les catastrophes naturelles, les migrations de masse ou les cyber-attaques. Sur la plaine de l'Indus et du Gange, où vivent quelque 600 millions de personnes en Inde, au Pakistan et au Bangladesh, "l'eau souterraine est pompée à un rythme intenable et terrifiant", constate Graham Cogley, de l'université canadienne de Trent. Et plus de la moitié de l'eau, contaminée par le sel et l'arsenic, est impropre à la consommation et à l'irrigation, selon une récente étude.

    Les nappes souterraines fournissent de l'eau potable à au moins la moitié de l'humanité ainsi que 40% de l'eau utilisée pour l'agriculture. Mais les aquifères ne se remplissent pas aussi facilement qu'un réservoir après une averse : à l'échelle de temps humaine, ils ne sont pas une ressource renouvelable. La plupart des régions du monde ont ainsi déjà dépassé ce que le climatologue Peter Gleick appelle "pic de l'eau". "Les gens vivent dans des lieux où ils utilisent toute l'eau renouvelable, ou encore pire, vivent en sursis en pompant excessivement des eaux souterraines non renouvelables", explique-t-il à l'AFP.

    Une surexploitation qui provoque aussi des infiltrations d'eau salée et des effondrements de terrain, faisant s'enfoncer un peu chaque année des dizaines de métropoles comme Jakarta, Mexico ou Tokyo. "Un demi milliard de personnes dans le monde font face à des pénuries toute l'année", dont plus d'un tiers en Inde, indique de son côté Arjen Hoekstra, de l'université de Twente aux Pays-Bas.

    Le spectre du Jour Zéro

    Et "le changement climatique s'ajoute à tout ça", met-il en garde. La planète s'est déjà réchauffée de 1°C depuis l'ère pré-industrielle, et pourrait encore gagner un ou deux degrés. Or, selon les experts du climat de l'ONU (GIEC), à chaque degré supplémentaire, environ 7% de la population mondiale perdrait au moins 20% de ses ressources en eau renouvelable. D'ici 2030, le monde devra ainsi faire face à un déficit en eau de 40% si rien n'est fait pour contenir le réchauffement. Et dans le même temps, la demande mondiale d'eau devrait s'accroître de 55%, sous la pression des métropoles des pays en développement.

    "Avec l'aggravation du changement climatique, les impacts sur les ressources en eau vont s'aggraver aussi", prévient Gleick. La perspective de canalisations vides hante déjà certaines zones urbaines, comme en Californie qui sort de cinq années de sécheresse ou à Sao Paulo qui est passé tout près de son "Jour Zéro" en 2014-2015. Ce "Jour Zéro" correspond au moment où les municipalités se voient contraintes de stopper la distribution d'eau du robinet et d'organiser des lieux de distribution où le précieux liquide est rationné. Et quand le réchauffement se fera encore plus sentir, de larges portions de l'Afrique seront particulièrement vulnérables. Alors au Cap, le spectre du "Jour Zéro" n'est peut-être qu'un début. "Le risque d'années sèches augmente à mesure qu'on se rapproche de la fin du siècle et les chances d'années pluvieuses baissent", commente Piotr Wolski, hydroclimatologue à l'Université du Cap.

    Source: www.sciencesetavenir.fr


    14/02/18 - Electricité: la France forcée de s'appuyer sur le gaz et le charbon

    La production d'électricité à base de combustibles fossiles a dû compenser la faible pluviométrie et les arrêts de réacteurs nucléaires l'an dernier, selon le bilan de RTE.

    C'est un paradoxe : cinq unités de production au fioul ont été fermées l'an dernier en France et la production d'électricité d'origine fossile a pourtant enregistré un bond de 20 %, indique le bilan électrique 2017 publié ce jeudi par RTE, le réseau de transport d'électricité. Les combustibles d'origine fossile (gaz, charbon et fioul), qui ont au final représenté 10,3 % de l'offre en France l'an dernier, ont ainsi pallié le déficit de production des centrales nucléaires (-1,3 %), lié notamment aux contrôles et aux arrêts demandés par l'Autorité de sûreté nucléaire.

    De trop faibles pluies

    Le gaz et le charbon sont aussi venus compenser la faible production des barrages hydrauliques (-16,3 %) , pénalisés par de trop faibles pluies jusqu'en décembre. « Ce volume annuel figure parmi les plus bas jamais enregistré », indique RTE. La croissance régulière des capacités de production en éolien et en solaire (+15,3 % et +13,1 %, respectivement), qui a entraîné de nouveaux records de production l'an dernier, a aussi partiellement compensé le déficit de production hydraulique.

    Si la production d'électricité est au final restée quasi stable (-0,4 %, à 529,4 térawattheures), les émissions de CO2 sont logiquement reparties à la hausse, avec une croissance de 20,5 % l'an dernier, à un peu moins de 30 millions de tonnes. Après un point bas en 2014, c'est la troisième année consécutive de hausse. Elles restent toutefois parmi les plus basses pour le secteur électrique en Europe.

    Efficacité énergétique

    Corrigée des aléas climatiques, des effets calendaires et hors secteur de l'énergie, la consommation d'électricité a également confirmé sa stabilité (-0,2 %) l'an dernier, à 475 TWh. « C'est la quatrième année qu'on le constate, c'est important parce que c'est aussi ce qu'on prévoit pour nos scénarios [de moyen terme] », a indiqué François Brottes, le président du directoire de RTE, à l'occasion d'un point presse mercredi. La « grande industrie » (notamment la sidérurgie et la chimie) a pourtant repris des couleurs, avec une demande en croissance de 3,5 %. Mais les ménages et les petits professionnels ont tiré la consommation à la baisse. Et les réserves d'efficacité énergétique sont immenses : la consommation annuelle moyenne d'un ménage pour ses usages domestiques (2.350 kWh en 2016) serait divisée par deux si les équipements étaient tous performants (A +++), estime RTE.

    Le débat sur l'évolution de la consommation et des exportations du système électrique français (avec un solde net de 38 TWh l'an dernier, au plus bas depuis 2010) doit se poursuivre ces prochains mois à l'occasion des débats sur la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie.

    Source : www.lesechos.fr - Rédaction : Véronique Le Billon


    14/02/18 - Les sols gelés de l'hémisphère nord contiennent bien plus de mercure que prévu

    Une nouvelle étude menée en Alaska a montré que les sols gelés des pergélisols (permafrost en anglais) de l'hémisphère Nord contiennent une quantité astronomique de mercure. Une véritable bombe à retardement pour les écosystèmes.

    En forant les sols d'une douzaine de sites en Alaska entre 2004 et 2012, des chercheurs ont déduit que les sols gelés (pergélisols) de l'hémisphère nord contiennent une quantité stupéfiante de mercure : 1.656 kilotonnes, l'équivalent en volume de cinquante piscines olympiques. C'est presque deux fois plus que tout le mercure présent dans les sols, l'atmosphère et les océans de la planète réunis.

    "Cette nouvelle étude montre que le pergélisol contient dix fois plus de mercure que ce que l'homme a relâché depuis 30 ans, une quantité beaucoup plus importante que ce qui avait été anticipé par des études antérieures" résume Kevin Schaefer, co-auteur de l'étude. Le pergélisol, un sol constamment gelé, recouvert d'une "couche active" qui ne dégèle qu'en été, garde emprisonné une grande quantité de matières organiques accumulées dans le sol depuis la dernière période glaciaire il y a 12.000 ans. Avec le réchauffement climatique, ce pergélisol va fondre et les matières organiques pourront alors se décomposer, relâchant dioxyde de carbone et méthane dans l'atmosphère ; cela amplifiera le réchauffement dont la combustion des ressources fossiles est à l'origine. "Ce scénario était déjà prévu, mais nous ne nous attendions pas à découvrir une plus grande menace cachée dans la toundra : d'énormes quantités de mercure naturel neuro-toxique, liés au carbone gelé, qui seront potentiellement relâchés avec la fonte du pergélisol". Une collaboration avec Paul Schuster, hydrologiste à la Surveillance Géologique des Etats-Unis, s'est rapidement faite pour tenter de quantifier ce mercure piégé dans ces sols.

    Le plus grand réservoir de mercure de la planète

    En 2004 débute alors un lourd et fastidieux travail de forage des sols de l'Alaska sur une surface de la taille du Connecticut (plus de 14.000 km²). Après huit années de carottages, les échantillons de sol recueillis sont analysés un à un en laboratoire. Les taux de mercure mesurés en Alaska sont extrapolés sur d'autres régions à pergélisol pour avoir une estimation globale de la quantité que cela représente dans l'hémisphère nord. Leurs résultats sont publiés le 6 février 2018 dans Geophysical Research Letter (GRL), le journal de l'Union Américaine des Géophysiciens, avec une conclusion glaçante : les sols gelés de l'hémisphère nord représentent le plus grand réservoir de mercure sur Terre.

    Répartition (en kilotonne) du mercure dans la planète. 793 kilotonnes (k.T) sont piégés dans le pergélisol (permafrost en anglais) inférieur, et 863 k.T dans la "couche active" du pergélisol qui fond régulièrement dans l'année. En comparaison, 454 kilotonnes se répartissent dans tous les autres sols de la Terre, 353 k.T dans les océans et seulement 5 k.T dans l'atmosphère. Crédit : Paul F. Schuster / GRL

    Les dangers du mercure sur les écosystèmes et la santé humaine

    Les ravages du mercure sur l'homme ont été révélés par le tragique épisode d'intoxication dans la baie de Minamata. Dans le milieu du 20 ème siècle, les habitants d'une petite ville côtière du Japon sont touchés par une maladie mystérieuse. Plus tard on apprendra que celle-ci a été causée par les usines pétrochimiques des environs qui déversent leurs déchets dans la mer, la polluant au méthylmercure, forme la plus toxique du mercure. Par un processus de bio-accumulation, le polluant est ingéré par les poissons et les coquillages puis se concentre dans les tissus. Quand les pêcheurs viennent à manger ces animaux, l'organisme humain est alors intoxiqué et des troubles du système nerveux font irruption. En plus des symptômes comme les troubles mentaux, la paralysie, et des cas plus rares de coma convulsif, l'individu a des chances de mourir. Dans la dernière décennie, la convention de Minamata sur le mercure a été signée par l'ONU pour contrôler juridiquement les échanges et l'utilisation du mercure dans les différentes entreprises internationales.

    Une meilleure compréhension du cycle du mercure est nécessaire

    La mise en lumière de cet important réservoir de mercure permettra aux scientifiques de mieux étudier son cycle naturel. "Cette découverte change complètement nos connaissances sur les parcours du mercure à travers les terres et les océans" explique Schaefer au National Snow and Ice Data Center (NSIDC). Les chercheurs ne se sont pas penchés sur la quantité des sols gelés qui fondront dans les années à venir, mais oriente leurs études vers cela, le défi étant de savoir "combien de mercure va être relâché, quand et où". L'équipe continue de collecter des échantillons de pergélisol autour du globe pour mieux affiner leurs estimations récemment publiées ; leurs résultats devraient paraître dans l'année.

    Des études sur la fonte du pergélisol ont été réalisées par d'autres scientifiques dans l'optique d'estimer combien de méthane, autre composé chimique contribuant au réchauffement climatique, serait largué dans la nature. Les dernières simulations d'une équipe du Laboratoire National de Lawrence Berkeley aux Etats-Unis, estimait qu'entre 30% et 99% de la couche supérieure du pergélisol (couche active) pourraient fondre d'ici la fin du siècle.

    Selon Paul Schuster "la seule façon de stopper la fonte du pergélisol et la potentielle libération du mercure stocké est de réduire, limiter puis arrêter les gaz à effet de serres résultant des activités humaines; une simple question de chimie et de physique".

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement - Auteur: Hannibal Watchi


    14/02/18 - Allemagne: la gratuité des transports urbains envisagée contre la pollution

    Le gouvernement allemand propose la gratuité des transports en commun afin de réduire la pollution dans les villes, sous la menace d'amendes de l'UE et alors que la justice pourrait bientôt interdire les véhicules diesel dans certaines métropoles.

    Dans un courrier de plusieurs ministres allemands, dont celle de l'Environnement, adressé le 11 février 2018 à Bruxelles, Berlin dit envisager d'instaurer "la gratuité des transports publics afin de réduire le nombre des voitures particulières" en circulation, en concertation avec les Etats régionaux et les communes. Cette lettre à la Commission européenne, dont l'AFP a eu copie, précise que la mesure devra être testée dans 5 villes du pays, dont l'ancienne capitale Bonn (300.000 habitants environ) et la métropole industrielle de la Ruhr, Essen, qui compte près de 600.000 habitants. Elle est néanmoins dévoilée alors que la chancelière Angela Merkel n'a pas encore finalisé son nouveau gouvernement, ce qui en limite la portée. Parmi les trois ministres signataires de la lettre, seule celle de l'Environnement, la social-démocrate Barbara Hendricks, devrait être reconduite dans ses fonctions.

    Le gouvernement envisage aussi de "fixer des règles contraignantes" aux bus et aux taxis pour qu'ils respectent des seuils de pollution. Si le projet se concrétise, "au plus tard à la fin de l'année", Bonn, Essen, Herrenberg, Reutlingen et Mannheim devraient donc proposer aux usagers de voyager gratuitement à bord des bus, trams et autres transports en commun utilisés par des centaines de milliers de personnes chaque jour. Une mesure qui si elle est mise en place devrait ravir les utilisateurs qui déboursent dans certaines villes comme Berlin 2,80 euros ou Munich 2,90 euros pour un ticket à l'unité.

    Le royaume des voitures

    En Allemagne, pays où la voiture est reine, le nombre d'usagers des transports en commun connaît une croissance sans interruption depuis vingt ans. L'an dernier, la Fédération allemande des entreprises de transports a ainsi enregistré 10,3 milliards de déplacements. Mais d'ores et déjà le projet inquiète les communes qui risquent de devoir gérer un flot soudain et considérable de nouveaux voyageurs. Elles s'interrogent en outre sur l'épineuse question du financement: "Le gouvernement fédéral doit dire comment il veut financer cela", a prévenu Michael Ebling, président d'une fédération de régies communales (VKU).

    La part de financement de l'Etat fédéral pour appliquer la gratuité des transports et acquérir de nouveaux véhicules, tout en embauchant du personnel supplémentaire dans les régies de transport, n'est encore nullement définie. Le maire de Bonn, Ashok Sridharan, avertit aussi qu'il va devoir subitement accroître le parc de bus et de tramways écologiques dans sa cité. Or, "je ne connais pas de constructeur qui puisse livrer en un si court laps de temps les bus électriques dont nous aurions besoin", a-t-il averti.

    L'ONG Greenpeace réclame de son côté de diminuer les possibilités de parking ou d'augmenter les "péages" dans les villes pour limiter la circulation automobile. Avec ce paquet de mesures, Berlin espère convaincre Bruxelles de ne pas saisir la Cour européenne de justice à son encontre, comme il menace de le faire pour neuf pays au total, dont la France. Bruxelles est exaspérée devant l'absence de propositions de ces Etats pour réduire la pollution de l'air dans les villes, en dépit de nombreuses mises en demeure adressées aux pays par le passé.

    Les neuf pays avaient été sommés fin janvier de s'expliquer alors qu'ils dépassent régulièrement les limites d'émissions destinées à protéger la santé des Européens pour deux polluants clés: les particules fines (PM10) et le dioxyde d'azote (NO2). Les dernières propositions de Berlin interviennent aussi à un moment où les autorités sont sous pression au sujet du diesel, avec le risque de voir certaines villes interdire les véhicules roulant au gazole pour réduire les émissions polluantes. Un jugement clé dans ce domaine est prochainement attendu en Allemagne. Les tentatives ponctuelles d'instaurer la gratuité des transports en commun se sont avérées jusqu'ici plutôt infructueuses. Aux Etats-Unis, la grande métropole de Seattle a ainsi abandonné une telle mesure.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement acec l'AFP


    14/02/18 - Les gouvernements devraient mieux utiliser la fiscalité énergétique pour lutter contre le changement climatique

    La fiscalité constitue un levier efficace pour faire baisser les émissions dommageables liées à la consommation d’énergie, mais les gouvernements pourraient en faire un meilleur usage. Selon un nouveau rapport de l’OCDE, il convient de recourir davantage à la fiscalité énergétique pour s’attaquer à la principale source d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques.

    Intitulé Taxing Energy Use 2018, le rapport décrit l’évolution de cette fiscalité dans 42 pays de l’OCDE et du G20 (collectivement à l’origine d’environ 80 % de la consommation d’énergie mondiale) par forme d’énergie et par secteur au cours de la période 2012-15.

    Les nouvelles données montrent que les taxes sur l’énergie ne sont toujours pas en phase avec les effets secondaires négatifs de l’utilisation d’énergie. Elles créent seulement des incitations limitées à réduire la consommation d’énergie, améliorer l’efficacité énergétique et privilégier des sources d’énergie moins dommageables. Les systèmes d’échange de quotas d’émission, qui ne sont pas abordés dans cette publication mais sont examinés dans le rapport de l’OCDE Effective Carbon Rates, n’ont guère d’impact sur la situation générale.

    « La comparaison des situations fiscales en 2012 et en 2015 est déconcertante », explique Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE. « Des efforts ont été faits ou sont en cours dans plusieurs pays et collectivités pour appliquer le principe pollueur-payeur, mais les progrès sur la voie d’une utilisation plus efficace de la fiscalité pour réduire les émissions nocives sont lents et parcellaires dans l'ensemble. Les gouvernements doivent faire plus et mieux. »

    Le rapport relève qu’en 2015, en dehors des transports routiers, 81 % des émissions échappaient à toute imposition, et 97 % d'entre elles étaient taxées à un taux inférieur à l’estimation basse du coût climatique (30 € par tonne de CO2).

    Les hausses efficaces de la fiscalité ont surtout concerné le secteur routier. Dans certaines grandes économies à revenu faible ou intermédiaire, la part de ses émissions taxées à un taux supérieur au coût climatique est passée de 46 % en 2012 à 50 % en 2015 à la faveur de réformes de la fiscalité des carburants. Tendance encourageante, certains pays ont entrepris de mettre fin à l’avantage fiscal dont bénéficie le gazole par rapport à l’essence. Il n’en reste pas moins que, dans presque tous les pays, la fiscalité est loin d’être à la hauteur des coûts externes non climatiques occasionnés.

    Le charbon, dont la consommation produit pourtant de grandes quantités d’émissions nocives et près de la moitié des émissions de carbone liées à l’énergie dans les 42 pays étudiés, est presque partout l'énergie la moins taxée ou même pleinement exonérée.

    Si la taxation du carbone est au centre d’un débat animé qui a incité certains pays à passer à l’action, force est de constater qu’elle demeure faible dans les faits. La part des émissions assujetties à une taxe carbone est passée de 1 % à 6 % en 2015, mais seules 0.3 % des émissions sont ainsi imposées à un niveau au moins égal au coût climatique. La fiscalité est largement dominée par les droits d’accise.

    « Les atteintes au climat et à la qualité de l’air imputables à la combustion d’énergies fossiles peuvent être maîtrisées, mais plus nous attendrons, plus il sera difficile et coûteux de relever ce défi », a averti M. Gurría. « Aligner les prix de l'énergie sur les coûts du changement climatique et de la pollution atmosphérique est essentiel à une action efficace et économe, et des améliorations d’envergure s'imposent de toute urgence. S’il peut être jugé nécessaire dans certains cas de compenser l’impact du renchérissement de l’énergie sur les ménages ou les entreprises, en particulier les plus fragiles, les taxes allégées ou les exonérations ne sont pas la bonne solution – il faut leur préférer les transferts ciblés. »

    Source: OCDE - Organisation de Coopération et de Développement Économiques


    Mardi 13/02/18 - Les poissons pélagiques de la Manche migrent vers la mer du Nord

    Dans sa dernière étude, l’Ifremer a évalué les stocks de poissons dans la zone et tente de mesurer les effets du changement climatique.

    La Thalassa, l’un des onze navires de l’Institut national de recherche intégrée en sciences marines (Ifremer), vient de rentrer au port de Boulogne-sur-Mer après avoir sillonné les eaux de la Manche Est et de la mer du Nord du 21 janvier au 11 février. Dans les filets du bateau océanographique, des poissons, mais surtout des données scientifiques.

    La campagne européenne d’évaluation des stocks qui vient d’être menée, comme chaque année depuis plus de trente ans, permet de calculer un indice d’abondance des principales espèces de poissons commerciaux exploitées en Manche-mer du Nord. Pour cela, l’équipage du Thalassa a trié, pesé, mesuré 13 325 poissons et rapporté à quai 189 échantillons d’œufs de 77 espèces différentes, à la suite de 60 chalutages de fond d’une durée de 30 minutes chacun.

    Première conclusion du projet Eclipse, qui étudie en particulier les effets de la pêche et du changement climatique sur la biodiversité marine : la structure des populations de poissons a subi des fortes modifications au cours des années 1990 en Manche Est. Les stocks de pélagiques, des poissons de petite taille – hareng, chinchard, sprat, sardine, maquereau – ont fortement diminué. Ces espèces, qui vivent dans les eaux proches de la surface ou entre la surface et le fond, ont souvent une préférence pour les eaux froides.

    « Il y a eu dans les années 1990 un passage d’une phase froide à une phase chaude, explique Arnaud Auber, responsable du projet Eclipse. Et les résultats des analyses statistiques suggèrent que les changements de communautés de poissons sont liés à ce basculement climatique. » La température a augmenté en moyenne de 0,5 degré par décennie en Manche-mer du Nord depuis les années 1980.

    Parallèlement, en mer du Nord, l’étude a démontré une augmentation des petits pélagiques depuis le début des années 2000. Les scientifiques font donc l’hypothèse d’une migration vers le Nord en réponse au réchauffement de l’eau. Des études prospectives seront menées pour confirmer ce point et mesurer si le changement climatique peut accroître ces tendances à l’avenir. Les membres du projet Eclipse travaillent au demeurant avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Trois scénarios – optimiste, intermédiaire ou pessimiste –, permettront d’anticiper jusqu’à 2100 les conséquences des modifications du climat sur de nombreuses espèces de poissons.

    Augmentation du trafic maritime

    Dans ce contexte et face aux tensions autour de la pêche – en particulier en lien avec la pêche électrique développée par les armateurs néerlandais dans cette zone –, ce qui n’était qu’un simple inventaire des jeunes poissons en mer du Nord est devenu une étude annuelle attendue par les professionnels de la pêche et du climat. « C’est important d’étudier l’ensemble de l’écosystème, insiste l’ingénieur de l’Ifremer et chef de la mission, Yves Vérin. Pour expliquer les changements, on ne peut pas juste incriminer les pêcheurs ou le réchauffement climatique. »

    L’augmentation du trafic maritime et du nombre de plateformes en mer du Nord, mais aussi de champs éoliens du côté des eaux danoises et britanniques, rend plus ardus les prélèvements qu’au début de la campagne, en 1976. Yves Vérin se souvient des premières études : « Au début, on collectait les poissons à la main sur l‘ancienne Thalassa. Mais ça a énormément évolué techniquement et le programme s’est enrichi pour tenir compte des paramètres environnementaux. »

    Six autres pays (Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Suède) effectuent en parallèle le même type de captures. L’ensemble des données est coordonné par le Conseil international pour l’exploration de la mer. Réseau de centaines de scientifiques, le CIEM donne des avis pour une gestion durable des écosystèmes marins de l’Atlantique nord-est et des mers adjacentes, il est en particulier consulté lors de la fixation des quotas de pêche dans l’Union européenne.

    Finalement les impacts directs de la pêche sur la structure des communautés n’ont pas été mis en évidence par l’Ifremer. « Mais cela ne dit pas qu’il n’y a pas eu des effets sur certaines espèces », met en garde Arnaud Auber. Sur les trois dernières décennies, les histogrammes en dents de scie présentés par les scientifiques affichent une baisse de plusieurs espèces telles que la morue, le merlan et l’églefin.

    Source: www.lemonde.fr/biodiversite - Auteur: Laurie Moniez, correspondante à Lille


    13/02/18 - Pollution de l'air: la France a transmis son plan d'action à la Commission européenne

    La France, mauvaise élève en termes de pollution atmosphérique, a transmis son plan d'amélioration de la qualité de l'air à la Commission européenne, a annoncé mardi le ministère de la Transition écologique, alors qu'elle risque d'être renvoyée devant la justice européenne.

    Suite à la convocation le 30 janvier à Bruxelles de neuf pays, dont la France, sommés d'améliorer la qualité de l'air, "la France vient de transmettre à la Commission européenne les principaux éléments de son plan d'action", selon un communiqué. La Commission européenne reviendra à la mi-mars sur le cas des neuf pays concernés.

    Le ministère fait valoir que le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques "permettra déjà d'éliminer les dépassements de valeurs limites en PM10 (particules fines) à partir de 2020", sauf dans quelques zones. Il rappelle aussi que la France s'est engagée à réduire les émissions polluantes des véhicules et celles liées au chauffage, à limiter l'accès de centres-villes aux véhicules les plus polluants ou encore à abaisser la vitesse maximale de circulation sur les routes secondaires.

    "Personne ne peut se satisfaire de la situation", avait reconnu le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot fin janvier à Bruxelles. Jeudi, il fera un point d'étape avec les élus locaux et les préfets des zones concernées par les dépassements. Le 31 mars, les préfets doivent présenter leurs feuilles de route pour revenir rapidement sous les seuils d'émissions autorisés.

    La France est sous le coup de procédures d'infraction de la part de la Commission à la fois pour des dépassements sur les particules fines (PM10) et sur le dioxyde d'azote (NO2).

    Le Conseil d'Etat a aussi enjoint le gouvernement à ramener avant le 31 mars les concentrations de PM10 et de NO2 en dessous des valeurs limites autorisées dans l'Union européenne, dans les zones où elles étaient encore dépassées en 2015.

    La pollution de l'air est jugée responsable de plus de 400.000 morts prématurées par an dans l'UE, sans compter les Européens atteints de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Et la Commission estime qu'elle coûte plus de 20 milliards d'euros par an à l'économie de l'UE.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    13/02/18 - L’augmentation du niveau de la mer est en train de s’accélérer

    Une étude suggère que l’augmentation du niveau de la mer est en train de s’accélérer grâce aux données satellitaires s’étalant sur plus de 25 ans. C’est principalement dû à la fonte accrue du Groenland et de l’Antarctique.

    L‘élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale ne progresse pas régulièrement de 3 mm par an, mais elle accélère un peu chaque année selon une nouvelle évaluation menée par Steve Nerem du CIRES. Ce chercheur et ses collègues ont exploité 25 ans de données satellitaires pour calculer que le taux augmente d’environ 0,08 mm par an ce qui pourrait signifier un taux annuel d’élévation du niveau de la mer de 10 mm par an voire plus d’ici 2100.

    Une augmentation du niveau de la mer en accélération

    Cette accélération, due principalement à la fonte accélérée au Groenland et en Antarctique, pourrait doubler la hausse totale du niveau de la mer d’ici 2100 par rapport aux projections qui supposent un taux constant à plus de 60 cm au lieu de 30 selon Nerem. Et c’est une estimation conservatrice. Notre extrapolation suppose que le niveau de la mer continue de changer à l’avenir comme ça été le cas au cours des 25 dernières années à cause des grands changements que nous observons aujourd’hui dans les calottes glaciaires.

    Si les océans continuent de changer à ce rythme, le niveau de la mer augmentera de 65 cm d’ici à 2100 et ce sera suffisant pour causer des problèmes significatifs aux villes côtières. Les travaux ont été publiés dans PNAS.1 Les concentrations croissantes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre augmentent la température de l’air et de l’eau ce qui augmente le niveau de la mer de deux façons. Premièrement, l’eau plus chaude se développe et cette expansion thermique des océans a contribué à environ la moitié des 7 cm d’élévation moyenne du niveau de la mer que nous avons connue au cours des 25 dernières années selon Nerem. Deuxièmement, la glace fondante se déverse dans l’océan en augmentant également le niveau de la mer à travers le globe.

    Une augmentation du niveau de la mer de 65 centimètres

    Ces hausses ont été mesurées à l’aide de mesures altimétriques satellitaires depuis 1992 incluant les missions satellites américaines TOPEX/Poséidon, Jason-1, Jason-2 et Jason-3. Mais la détection de l’accélération est difficile même dans un registre aussi long. Des épisodes tels que les éruptions volcaniques peuvent créer une variabilité. L’éruption du mont Pinatubo en 1991 a diminué le niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale juste avant le lancement du satellite Topex/Poséidon. En outre, le niveau global de la mer peut fluctuer en raison des modèles climatiques tels que El Niños et La Niñas (les phases opposées de l’oscillation australe El Niño ou ENSO) qui influent sur la température de l’océan et les précipitations mondiales.

    Nerem et son équipe ont donc utilisé des modèles climatiques pour tenir compte des effets volcaniques et d’autres ensembles de données pour déterminer les effets de l’ENSO en révélant finalement le taux sous-marin et l’accélération au cours du dernier quart de siècle. Ils ont également utilisé les données de la mission gravimétrique par satellite GRACE pour déterminer que l’accélération est largement due à la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique.

    La difficulté d’interpréter des données satellitaires

    L’équipe a également utilisé les données des marégraphes pour évaluer les erreurs potentielles dans l’estimation de l’altimètre. Les mesures des marégraphes sont essentielles pour déterminer l’incertitude de l’estimation de l’accélération de la GMSL (niveau moyen de la mer au niveau mondial) selon le co-auteur Gary Mitchum de l’USF College of Marine Science. Ils fournissent les seules évaluations des instruments satellitaires depuis le sol. D’autres ont utilisé les données des marégraphes pour mesurer l’accélération GMSL, mais les scientifiques ont eu du mal à extraire d’autres détails importants des données marégraphiques comme les changements survenus au cours des 2 dernières décennies en raison de la fonte plus active des calottes glaciaires.

    Cette étude met en évidence le rôle important que peuvent jouer les enregistrements satellites dans la validation des projections de modèles climatiques selon le co-auteur John Fasullo, un climatologue au Centre national de recherche atmosphérique. Cela démontre également l’importance des modèles climatiques dans l’interprétation des registres satellites comme dans nos travaux où ils nous permettent d’estimer les effets de fond de l’éruption du mont Pinatubo en 1991 sur le niveau de la mer.

    Même si cette recherche est intéressante, les auteurs considèrent que leurs résultats ne sont qu’un premier pas. Le record de 25 ans est suffisamment long pour fournir une détection initiale de l’accélération et les résultats deviendront plus robustes puisque les satellites altimétriques Jason-3 et suivants prolongeront la série temporelle.

    En fin de compte, la recherche est importante, car elle fournit une évaluation axée sur les données de la façon dont le niveau de la mer a changé et cette évaluation est largement en accord avec les projections utilisant des méthodes indépendantes. Les recherches futures se concentreront sur l’affinement des résultats de cette étude avec des séries chronologiques plus longues et l’extension des résultats au niveau de la mer régionale afin qu’ils puissent mieux prédire ce qui va se passer près de chez vous.

    Source: actualite.housseniawriting.com/science - Auteur: Jacqueline Charpentier


    Lundi 12/02/18 - Pollution: une hausse des émissions de CO2 pour la première fois en France depuis 23 ans

    Pour la première fois depuis 23 ans, les émissions de CO2 provenant des véhicules neufs ont augmenté, une conséquence de la chute du marché des véhicules diesel au profit de ceux roulant à l'essence.

    Après une baisse continue des émissions de CO2 pendant 23 ans, la pollution atmosphérique des véhicules est repartie à la hausse en 2017. En cause, l'augmentation du nombre de véhicules à essence qui émettent plus de CO2 mais moins de particules fines.

    Des émissions de CO2 en hausse

    En 2017, les véhicules neufs immatriculés en France ont émis en moyenne 111 g de CO2 par kilomètre, soit un gramme de plus que l'année précédente, selon le rapport de AAA Data, le spécialiste des données dans le secteur automobile. Une hausse légère mais qui est le signe d'un grand changement dans les logiques d'achat des Français.

    Plus de véhicules à essence qu'au diesel

    Dans le sillage du "dieselgate" - le scandale qui a révélé que Volkswagen, et d'autres marques, utilisait des moteurs truqués pour réduire artificiellement ses émissions de CO2 - les consommateurs ont acheté davantage de voitures à essence, selon Guillaume Crunelle, expert automobile du cabinet Deloitte, interrogé par Le Parisien. Par ailleurs, la fiscalité va augmenter de 2,6 centimes par litre de gazole "chaque année pendant quatre ans" a annoncé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire en septembre dernier.

    Autant d'argument qui ont conduit les ventes de véhicules diesel à baisser. En 2012, ces ventes représentaient 72% du marché. Cinq ans plus tard, elles n'étaient plus que 47,3%, selon les chiffres du Comité de Constructeurs français d'Automobiles (CCFA). Une mauvaise nouvelle pour les émissions de CO2 mais pas pour celles des particules fines.

    Plus de CO2 mais moins de particules fines

    Si les véhicules à essence, pour lesquels les Français optent de plus en plus, émettent plus de CO2 - responsable du réchauffement climatique -, ils produisent nettement moins de particules fines, ces éléments qui s'infiltrent dans les voies respiratoires et les détériorent. "On est coincé entre la peste et le choléra", reconnaît auprès du Parisien Jean Thévenom, responsable du réseau Transports et Mobilités durables de l'association France Nature Environnement.

    Des carburants alternatifs

    Parmi les solutions proposées : le passage à d'autres types de moteurs. Les véhicules électriques, par exemple, permettent de consommer 20% de carburant de moins que les diesels. Mais l'offre n'est pas encore suffisamment large pour que tous les consommateurs s'y mettent, assurent les spécialistes. Ces véhicules représentaient 1,08% des ventes en France sur l’année 2016. Or les constructeurs s'exposent à de lourdes amendes de la part de l'UE s'ils n'ont pas atteint l'objectif de 95 grammes de CO2 par kilomètre avant 2021.

    General Motors, le mauvais élève

    Parmi les constructeurs automobiles, certains font figure de bons élèves. C'est le cas des Français Renault et PSA dont les véhicules testés en laboratoire n'émettent que 107 grammes. En revanche, l'Américain General Motors, spécialisé dans les SUV, affiche 270 grammes, un taux bien supérieur à la moyenne de 1995 (176 grammes).

    L'Italien Fiat est encore loin des recommandations de l'UE (95g) avec 122 grammes de CO2 émis par kilomètre. Quant à l'Allemand Volkswagen, il affiche encore 119 grammes. Seul constructeur déjà très proche des objectifs : Toyota. Les véhicules de la firme japonaise n'émettent que 98 grammes de CO2 par kilomètre.

    Source: www.europe1.fr


    12/02/18 - L'Atlantique Nord s'acidifie plus rapidement que prévu

    Avec l’accumulation des rejets d’origine humaine, le CO2 dissous augmente dans les eaux océaniques de surface. Un article publié le 12 février dans Nature montre une pénétration de ces teneurs en CO2 plus rapide que prévu en profondeur, au niveau de l’océan Atlantique nord. Les récifs coralliens d’eau froide pourraient en être victimes. Ces résultats confirment l’intérêt des longues séries temporelles, comme celles du projet Ovide mené par des chercheurs de l’Institut de recherche marine de Vigo (Espagne) et du Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS – CNRS/Ifremer/IRD/UBO), pour suivre l’impact du changement climatique dans l’océan.

    Entre le Groenland et le Portugal, les campagnes océanographiques appelées Ovide permettent d’étudier la région Atlantique nord, un secteur crucial pour l’étude des courants marins : le courant Nord Atlantique, issu du Gulf Stream, y apporte une eau de surface chaude. En se refroidissant dans cette zone subpolaire, l’eau devient plus dense. Elle finit par pénétrer en profondeur. Cette convection est l’un des piliers du « tapis roulant » océanique qui redistribue la chaleur entre les zones polaires et équatoriales, avec une forte influence sur le climat mondial. Lors des campagnes Ovide, qui ont lieu tous les 2 ans depuis 2002, les scientifiques étudient son évolution dans le temps et sa composition chimique avec des relevés de pression, de température, de salinité ou encore de pH.

    Les relevés montrent qu’en mer d’Irminger, entre le Groenland et l’Islande, la convection profonde a tendance à augmenter. « Avec le réchauffement des températures dans cette zone, elle devrait diminuer dans les prochaines décennies selon les modèles climatiques. Mais depuis 2014, à cause de régimes de temps particuliers, on observe plutôt une augmentation de la profondeur de pénétration des eaux de surface, et donc du CO2 dissous», soulignent Herlé Mercier (CNRS) et Pascale Lherminier (Ifremer), membres du LOPS et co-auteurs de l’article sur le volet océanographie physique. Cette anomalie entre les observations récentes et les modèles à plus long terme interpelle la communauté scientifique et motive la réalisation de la prochaine campagne Ovide en juin-juillet 2018.

    L’eau de surface est plus chargée en CO2 à cause de l’accumulation dans l’atmosphère des rejets d’origine anthropique. A l’échelle du globe, l’océan stocke environ 25% du carbone émis par les activités humaines, jouant ainsi un rôle d’atténuateur du changement climatique avec une conséquence néfaste : l’acidification de l’océan. La nouvelle série de mesures montre que le CO2 dissous est à des concentrations et des profondeurs de plus en plus élevées (jusqu’à 1500 m en 2015, voir graphique page suivante).

    Remontée potentielle de 1000 m du seuil de survie des coraux, d’ici 30 ans

    Cette eau acidifiée peut mettre en péril les organismes calcificateurs, comme les coraux. En effet, l’acidification réduit la présence de carbonates qui est nécessaire à ces derniers, par exemple pour la formation de leur coquille.

    Les coraux ne peuvent se développer dans les eaux océaniques profondes et froides trop pauvres en ions carbonates. La profondeur critique pour les coraux est ainsi évaluée actuellement à 2500 m de profondeur en Atlantique Nord. « Nous avons montré par nos calculs que l’acidification liée au changement climatique pourrait causer une remontée de 1000 m de cette profondeur critique», souligne Fiz Fernandez Perez de l’IIM, premier auteur de l’article et spécialisé en biogéochimie marine. Autrement dit, les organismes calcifiants ne pourraient donc plus se développer en-dessous de 1500 m de profondeur. Ces résultats prennent en compte un doublement de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone, ce qui pourrait arriver dans les trois prochaines décennies selon les estimations du GIEC.

    Source: wwz.ifremer.fr


    12/02/18 - Changement climatique: quel est le rôle des éruptions volcaniques ?

    Comprendre les changements climatiques observés depuis une trentaine d’années implique de pouvoir distinguer les modifications liées aux activités humaines de celles associées aux variations naturelles du climat.

    La météorologie régionale peut être en effet perturbée significativement, de quelques semaines à quelques mois, par les fluctuations océaniques (comme lors des épisodes El Niño, par exemple) ou de manière importante, et sur une plus longue durée, par certains volcans.

    Parmi les 600 volcans répertoriés pour avoir connu des éruptions historiques, une cinquantaine sont actifs en permanence. Certains dégagent des fumées soufrées en continu, d’autres entrent en éruption brutalement sans signes annonciateurs, affectant les populations qui vivent aux alentours et perturbant le trafic aérien.

    Mais les volcans ayant eu un impact majeur sur la planète sont rares, en tout cas sur le dernier millénaire.

    Les grandes éruptions du passé

    En émettant de la vapeur d’eau, qui s’est ensuite condensée et a rempli les océans, les volcans ont joué un rôle essentiel dans la formation de la Terre et la composition de son atmosphère. En forant la glace et en analysant sa composition chimique à la recherche des pics de sulfates (le soufre étant un traceur indélébile de l’activité volcanique), les scientifiques peuvent tracer les éruptions du passé.

    Au Groenland et en Antarctique, les analyses de glaces ont ainsi révélé que le plus important pic de concentration en aérosols sulfatés de ces 2 300 dernières années avait eu lieu autour de l’an 1259.

    De nombreux chercheurs se sont penchés sur l’origine de cette mystérieuse éruption volcanique qui a laissé des traces de son explosion jusqu’aux deux pôles. Une équipe du CNRS a enquêté sur cet épisode particulièrement marquant et livré les résultats de ses recherches ; cette éruption cataclysmique datée de 1257 et celles qui ont suivi sont très probablement à l’origine du début du petit âge glaciaire, qui correspond à une période climatique froide en Europe et en Amérique du Nord entre le XIIIe et le XIXe siècle.

    Plus récente et bien documentée, l’éruption du Tambora le 10 avril 1815 dans l’île indonésienne de Sumbawa est considérée comme la plus meurtrière du dernier millénaire. Elle a eu des conséquences sur la planète entière, le désordre climatique induit par l’éruption cataclysmique ayant entraîné des récoltes désastreuses et des famines importantes, partout à travers le monde.

    Les tempêtes et le froid ont également sévi dans l’hémisphère nord (1816 fût baptisée « l’année sans été ») : de nombreux récits rapportent les récoltes réduites à néant à cause du gel ou noyées sous les pluies, les problèmes d’approvisionnement en nourriture, et l’émergence de maladies, sans qu’à l’époque on fasse le lien entre le volcan dévastateur en Indonésie et la cascade de désastres météorologiques qui a suivi durant les deux années suivantes. Seule consolation : à travers toute l’Europe, les artistes restituèrent dans leurs œuvres d’étranges et spectaculaires couchers de soleil.

    Les températures fraîches et les ciels orangés s’expliquent par la présence exceptionnelle de particules dans l’atmosphère, qui diffusent le rayonnement solaire. C’est seulement au début du XXe siècle qu’on réalisera l’importance des éruptions volcaniques sur le climat.

    Comment les aérosols modifient le climat

    Les éruptions volcaniques explosives injectent des quantités importantes de particules et de gaz – vapeur d’eau (H2O), dioxyde de carbone (CO2), dioxyde de soufre (SO2) – avec du chlore (Cl-), du fluor (F-) et des cendres haut dans l’atmosphère. Ces cendres y sont lessivées assez rapidement par les vents et les pluies et persistent sur des échelles de temps de quelques minutes à quelques semaines dans la troposphère (cette couche de l’atmosphère proche de la surface terrestre).

    De petites quantités peuvent perdurer quelques mois dans la stratosphère (cette couche atmosphérique entre 10 et 50 kilomètres), mais leur impact climatique est négligeable car limité localement.

    L’effet climatique le plus important est lié à l’émission d’espèces soufrées, principalement sous forme de SO2, éjecté directement dans la stratosphère. En réagissant avec la vapeur d’eau le SO2 est rapidement converti en acide sulfurique (H2SO4) qui, à son tour, se condense en fines particules d’aérosols.

    Ces aérosols stratosphériques diffusent les rayons du soleil (c’est l’effet miroir) et diminuent la quantité de rayonnement qui traverse l’atmosphère. Les aérosols sulfatés d’origine volcanique vont rester dans la stratosphère un à deux ans, et accroître l’opacité atmosphérique.

    Mont Pinatubo

    Pour qu’un volcan affecte significativement le climat, plusieurs conditions doivent être réunies.

    La latitude est ainsi un facteur essentiel : seules les émissions volcaniques tropicales impactent les deux hémisphères ; leur impact météorologique est global, les particules volcaniques étant transportées par les courants trans-hémisphériques du système climatique planétaire. Une éruption située à plus haute latitude aura des conséquences locales, et les particules ne se répartiront pas sur l’ensemble du globe.

    Le deuxième facteur concerne la puissance de l’éruption : il faut que le panache de gaz soit envoyé directement dans la stratosphère. Si la puissance de l’éruption n’est pas suffisante, la circulation atmosphérique (les vents) et les pluies de la troposphère disperseront le panache en quelques jours ou semaines.

    En juin 1991, l’éruption du mont Pinatubo aux Philippines surprenait à la fois les populations locales (avec des centaines de milliers de personnes déplacées et plusieurs centaines de morts) et les scientifiques du monde entier. Des millions de tonnes de cendres et de dioxyde de soufre furent en effet projetées dans l’atmosphère à une trentaine de km d’altitude, induisant des perturbations de la température de 0,5 °C au cours les deux années suivantes.

    Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (leader mondial dans le domaine des prévisions numériques du temps) – qui n’avait pas pris en compte ce phénomène – a vu ses calculs perturbés durant les 18 mois qui suivirent l’éruption.

    Forçage radiatif

    Pour comparer les impacts de différents phénomènes qui affectent le climat – à l’image d’une modification de la concentration de dioxyde de carbone ou de la production solaire –, les scientifiques ont introduit la notion de « forçage radiatif ».

    Le forçage radiatif (en watts par mètre carré, w/m²) mesure l’impact de certains facteurs affectant le climat sur l’équilibre énergétique du système Terre/atmosphère. Le terme « radiatif » est utilisé du fait que ces facteurs modifient l’équilibre entre le rayonnement solaire entrant et les émissions de rayonnements infrarouges sortant de l’atmosphère.

    Un forçage radiatif causé par un ou plusieurs facteurs est dit « positif » lorsqu’il entraîne le réchauffement du système Terre/atmosphère. Dans le cas inverse, un forçage radiatif est dit « négatif » lorsque l’énergie va en diminuant, ce qui entraîne le refroidissement du système. Par exemple, les émissions continues de gaz liées aux énergies fossiles perturbent l’équilibre radiatif de l’atmosphère et induisent un forçage radiatif positif (environ + 2,5 w/Les scientifiques travaillent sur un nouveau matériau très prometteur appelé perovskite, un cristal sensible à la lumière qui pourrait révolutionner l'énergie solaire.

    La perovskite, un cristal sensible à la lumière, pourrait révolutionner l‘énergie solaire. En quelques années seulement, les chiffres relatifs à l’efficacité de la conversion de son énergie sont à peu près équivalents à ceux du silicium traditionnel, soit environ 22%. Cela signifie que le prix à payer pour avoir de l‘énergie solaire pourrait chuter considérablement dans les années à venir.

    "C'est vraiment un matériau extraordinaire"

    Michael Grätzel
    Professeur de chimie physique à l'EPFL
    Des expériences sur les cellules solaires se déroulent à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) dans le cadre du projet de recherche européen, GOTSolar, sous l‘égide du Professeur Michael Grätzel.

    “Ce qui est surprenant avec les perovskites, c’est qu’elles sont faites à partir d’une solution avec des procédures simples et de matériaux qui sont facilement disponibles et nous voyons des résultats déjà en avance surt les polycristaux de silicium. C’est vraiment un matériau extraordinaire qui tracera son propre chemin“, explique Michael Grätzel.

    Ces cellules solaires de troisième génération sont constituées couche après couche comme un sandwich, avec de la perovskite comme couche active pour récolter la lumière. Moitié-transparente et flexible, la pervoskite pourrait un jour remplacer les vitres de nos immeubles.

    La couche finale de la cellule solaire est de l’or qui agit comme une électrode. Pour contourner le plomb, les scientifiques enrobent les cellules solaires dans un verre protecteur. L’un des aspects qu’explore le projet GOTSolar, est ce que l’on appelle la technologie tandem qui utilise le silicium et la perovskite.

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    Andrea Bolitho
    @AndreaBolitho
    #Futuris shoot at @EPFL Lausanne and @SollianceSolar lab in Eindhoven on exciting #perovskite solar developments. @TerryWinn filming in the lab & kitted out for the clean room with Thierry, @GreatcellSolar Olivier Bellon and Prof Adelio Mendes @euronewsknwldge @euronews

    15:29 - 24 janv. 2018
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    Le Professeur Adelio Mendes est le coordinateur du projet. Il explique :
    “Le plus intéressant est le fait de pouvoir combiner cette technologie avec celle qui utilise le silicone pour obtenir les cellules dont l’efficacité peut atteindre 30%“.

    C’est à Eindhoven que les chercheurs travaillent sur le développement des cellules solaires à base de perovskite. Le défi consiste à reproduire les résultats du laboratoire à plus grande échelle, une étape importante si l’on veut commercialiser les cellules solaires de ce type.

    Le professeur Mendes explique : “Cet appareil peut produire jusqu‘à 18 volts et 2 watts. Nous avons pu atteindre les objectifs de ce projets mais nous voudrions aller plus loin, sachant que certains aspects de cette technologie sont encore en cours de développement, dont certains sont fondamentaux, comme la stabilité“.

    Dr Olivier Bellon du projet Great Cell Solar travaille sur des tests de résistance pour les panneaux solaires du centre de recherche Solliance. Il observe comment ils survivent à des températures extrêmes et sous une lumière prolongée, une atmosphère simulant les conditions climatiques réelles.

    A quelle échéance la preovskite pourrait-être commercialisée ?

    “Si les résultats récents en matière de stabilité, de développement et de technologie sont probants, je peux facilement imaginer la technologie portable (textile, chandail, gants lunettes) ou l‘électronique grand public comme les premiers produits à utiliser la perovskite dans un futur proche.Mais pour des applications dans des produits de construction et de l’industrie automobile le délai sera probablement un peu plus long,” estime Olivier Bellon.).

    Le forçage négatif lié aux éruptions volcaniques qui affectent le climat est pour sa part très fort (de -1 à -5 w/Les scientifiques travaillent sur un nouveau matériau très prometteur appelé perovskite, un cristal sensible à la lumière qui pourrait révolutionner l'énergie solaire.

    La perovskite, un cristal sensible à la lumière, pourrait révolutionner l‘énergie solaire. En quelques années seulement, les chiffres relatifs à l’efficacité de la conversion de son énergie sont à peu près équivalents à ceux du silicium traditionnel, soit environ 22%. Cela signifie que le prix à payer pour avoir de l‘énergie solaire pourrait chuter considérablement dans les années à venir.

    "C'est vraiment un matériau extraordinaire"

    Michael Grätzel
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    Des expériences sur les cellules solaires se déroulent à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) dans le cadre du projet de recherche européen, GOTSolar, sous l‘égide du Professeur Michael Grätzel.

    “Ce qui est surprenant avec les perovskites, c’est qu’elles sont faites à partir d’une solution avec des procédures simples et de matériaux qui sont facilement disponibles et nous voyons des résultats déjà en avance surt les polycristaux de silicium. C’est vraiment un matériau extraordinaire qui tracera son propre chemin“, explique Michael Grätzel.

    Ces cellules solaires de troisième génération sont constituées couche après couche comme un sandwich, avec de la perovskite comme couche active pour récolter la lumière. Moitié-transparente et flexible, la pervoskite pourrait un jour remplacer les vitres de nos immeubles.

    La couche finale de la cellule solaire est de l’or qui agit comme une électrode. Pour contourner le plomb, les scientifiques enrobent les cellules solaires dans un verre protecteur. L’un des aspects qu’explore le projet GOTSolar, est ce que l’on appelle la technologie tandem qui utilise le silicium et la perovskite.

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    “Le plus intéressant est le fait de pouvoir combiner cette technologie avec celle qui utilise le silicone pour obtenir les cellules dont l’efficacité peut atteindre 30%“.

    C’est à Eindhoven que les chercheurs travaillent sur le développement des cellules solaires à base de perovskite. Le défi consiste à reproduire les résultats du laboratoire à plus grande échelle, une étape importante si l’on veut commercialiser les cellules solaires de ce type.

    Le professeur Mendes explique : “Cet appareil peut produire jusqu‘à 18 volts et 2 watts. Nous avons pu atteindre les objectifs de ce projets mais nous voudrions aller plus loin, sachant que certains aspects de cette technologie sont encore en cours de développement, dont certains sont fondamentaux, comme la stabilité“.

    Dr Olivier Bellon du projet Great Cell Solar travaille sur des tests de résistance pour les panneaux solaires du centre de recherche Solliance. Il observe comment ils survivent à des températures extrêmes et sous une lumière prolongée, une atmosphère simulant les conditions climatiques réelles.

    A quelle échéance la preovskite pourrait-être commercialisée ?

    “Si les résultats récents en matière de stabilité, de développement et de technologie sont probants, je peux facilement imaginer la technologie portable (textile, chandail, gants lunettes) ou l‘électronique grand public comme les premiers produits à utiliser la perovskite dans un futur proche.Mais pour des applications dans des produits de construction et de l’industrie automobile le délai sera probablement un peu plus long,” estime Olivier Bellon., selon l’intensité de l’éruption), mais de courte durée (1 à 2 ans).

    Pour être complet, il faut encore ajouter le forçage lié aux variations de l’activité solaire (environ + 0,3 w/Les scientifiques travaillent sur un nouveau matériau très prometteur appelé perovskite, un cristal sensible à la lumière qui pourrait révolutionner l'énergie solaire.

    La perovskite, un cristal sensible à la lumière, pourrait révolutionner l‘énergie solaire. En quelques années seulement, les chiffres relatifs à l’efficacité de la conversion de son énergie sont à peu près équivalents à ceux du silicium traditionnel, soit environ 22%. Cela signifie que le prix à payer pour avoir de l‘énergie solaire pourrait chuter considérablement dans les années à venir.

    "C'est vraiment un matériau extraordinaire"

    Michael Grätzel
    Professeur de chimie physique à l'EPFL
    Des expériences sur les cellules solaires se déroulent à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) dans le cadre du projet de recherche européen, GOTSolar, sous l‘égide du Professeur Michael Grätzel.

    “Ce qui est surprenant avec les perovskites, c’est qu’elles sont faites à partir d’une solution avec des procédures simples et de matériaux qui sont facilement disponibles et nous voyons des résultats déjà en avance surt les polycristaux de silicium. C’est vraiment un matériau extraordinaire qui tracera son propre chemin“, explique Michael Grätzel.

    Ces cellules solaires de troisième génération sont constituées couche après couche comme un sandwich, avec de la perovskite comme couche active pour récolter la lumière. Moitié-transparente et flexible, la pervoskite pourrait un jour remplacer les vitres de nos immeubles.

    La couche finale de la cellule solaire est de l’or qui agit comme une électrode. Pour contourner le plomb, les scientifiques enrobent les cellules solaires dans un verre protecteur. L’un des aspects qu’explore le projet GOTSolar, est ce que l’on appelle la technologie tandem qui utilise le silicium et la perovskite.

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    “Le plus intéressant est le fait de pouvoir combiner cette technologie avec celle qui utilise le silicone pour obtenir les cellules dont l’efficacité peut atteindre 30%“.

    C’est à Eindhoven que les chercheurs travaillent sur le développement des cellules solaires à base de perovskite. Le défi consiste à reproduire les résultats du laboratoire à plus grande échelle, une étape importante si l’on veut commercialiser les cellules solaires de ce type.

    Le professeur Mendes explique : “Cet appareil peut produire jusqu‘à 18 volts et 2 watts. Nous avons pu atteindre les objectifs de ce projets mais nous voudrions aller plus loin, sachant que certains aspects de cette technologie sont encore en cours de développement, dont certains sont fondamentaux, comme la stabilité“.

    Dr Olivier Bellon du projet Great Cell Solar travaille sur des tests de résistance pour les panneaux solaires du centre de recherche Solliance. Il observe comment ils survivent à des températures extrêmes et sous une lumière prolongée, une atmosphère simulant les conditions climatiques réelles.

    A quelle échéance la preovskite pourrait-être commercialisée ?

    “Si les résultats récents en matière de stabilité, de développement et de technologie sont probants, je peux facilement imaginer la technologie portable (textile, chandail, gants lunettes) ou l‘électronique grand public comme les premiers produits à utiliser la perovskite dans un futur proche.Mais pour des applications dans des produits de construction et de l’industrie automobile le délai sera probablement un peu plus long,” estime Olivier Bellon.) et le forçage lié aux aérosols liés aux activités humaines (poussières, embruns marins, carbone suie, pollution, etc.) ; ceux-ci font écran à l’insolation dans la troposphère (environ -0,5 w/Les scientifiques travaillent sur un nouveau matériau très prometteur appelé perovskite, un cristal sensible à la lumière qui pourrait révolutionner l'énergie solaire.

    La perovskite, un cristal sensible à la lumière, pourrait révolutionner l‘énergie solaire. En quelques années seulement, les chiffres relatifs à l’efficacité de la conversion de son énergie sont à peu près équivalents à ceux du silicium traditionnel, soit environ 22%. Cela signifie que le prix à payer pour avoir de l‘énergie solaire pourrait chuter considérablement dans les années à venir.

    "C'est vraiment un matériau extraordinaire"

    Michael Grätzel
    Professeur de chimie physique à l'EPFL
    Des expériences sur les cellules solaires se déroulent à l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) dans le cadre du projet de recherche européen, GOTSolar, sous l‘égide du Professeur Michael Grätzel.

    “Ce qui est surprenant avec les perovskites, c’est qu’elles sont faites à partir d’une solution avec des procédures simples et de matériaux qui sont facilement disponibles et nous voyons des résultats déjà en avance surt les polycristaux de silicium. C’est vraiment un matériau extraordinaire qui tracera son propre chemin“, explique Michael Grätzel.

    Ces cellules solaires de troisième génération sont constituées couche après couche comme un sandwich, avec de la perovskite comme couche active pour récolter la lumière. Moitié-transparente et flexible, la pervoskite pourrait un jour remplacer les vitres de nos immeubles.

    La couche finale de la cellule solaire est de l’or qui agit comme une électrode. Pour contourner le plomb, les scientifiques enrobent les cellules solaires dans un verre protecteur. L’un des aspects qu’explore le projet GOTSolar, est ce que l’on appelle la technologie tandem qui utilise le silicium et la perovskite.

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    “Le plus intéressant est le fait de pouvoir combiner cette technologie avec celle qui utilise le silicone pour obtenir les cellules dont l’efficacité peut atteindre 30%“.

    C’est à Eindhoven que les chercheurs travaillent sur le développement des cellules solaires à base de perovskite. Le défi consiste à reproduire les résultats du laboratoire à plus grande échelle, une étape importante si l’on veut commercialiser les cellules solaires de ce type.

    Le professeur Mendes explique : “Cet appareil peut produire jusqu‘à 18 volts et 2 watts. Nous avons pu atteindre les objectifs de ce projets mais nous voudrions aller plus loin, sachant que certains aspects de cette technologie sont encore en cours de développement, dont certains sont fondamentaux, comme la stabilité“.

    Dr Olivier Bellon du projet Great Cell Solar travaille sur des tests de résistance pour les panneaux solaires du centre de recherche Solliance. Il observe comment ils survivent à des températures extrêmes et sous une lumière prolongée, une atmosphère simulant les conditions climatiques réelles.

    A quelle échéance la preovskite pourrait-être commercialisée ?

    “Si les résultats récents en matière de stabilité, de développement et de technologie sont probants, je peux facilement imaginer la technologie portable (textile, chandail, gants lunettes) ou l‘électronique grand public comme les premiers produits à utiliser la perovskite dans un futur proche.Mais pour des applications dans des produits de construction et de l’industrie automobile le délai sera probablement un peu plus long,” estime Olivier Bellon.).

    Dans le graphique ci-dessous qui reprend les différents types de forçage sur le dernier millénaire, on voit que jusqu’au milieu du XXe siècle les éruptions volcaniques dominent ; c’est ensuite le forçage induit par l’accumulation des gaz à effet de serre qui prend le dessus.

    Refroidir artificiellement le climat ?

    Pour contrebalancer la lenteur des gouvernements à se mettre d’accord pour réglementer les émissions des gaz à effet de serre d’origine anthropique qui réchauffent l’atmosphère, des scientifiques ont imaginé des techniques d’intervention artificielles à grande échelle sur le climat terrestre ; celles-ci imiteraient les phénomènes volcaniques.

    Dans une publication de 2006, le prix Nobel de chimie Paul Crutzen a été le premier à émettre l’idée d’augmenter l’albédo (le rapport entre énergie solaire incidente et énergie réfléchie) de l’atmosphère de la Terre pour refroidir le climat, en injectant des aérosols directement dans la stratosphère.

    Depuis, plusieurs chercheurs ont travaillé sur des concepts visant à fabriquer un bouclier qui diminue le rayonnement solaire atteignant l’atmosphère terrestre, à l’image des aérosols volcaniques.

    Ces techniques de gestion de l’équilibre radiatif de la planète, avec d’autres qui proposent différentes voies de capture et de stockage du CO2 atmosphérique, sont regroupées sous le terme de « géo-ingénierie environnementale ».

    Les volcans ont joué un rôle dans les climats passés et continueront ponctuellement à impacter le climat futur. Outre le risque de jouer aux apprentis sorciers en essayant de contrebalancer le forçage radiatif lié à l’accumulation des gaz à effet de serre par un forçage négatif en rendant l’atmosphère plus opaque, les avis divergent sur l’efficacité de cette mesure. Sachant que, comme pour l’effet des volcans, cette solution ne serait que transitoire.

    Source illustrée: theconversation.com - Auteur: Cathy Clerbaux, Directeur de recherche au CNRS, laboratoire LATMOS, Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), Sorbonne Université (UPMC) – Sorbonne Universités


    Samedi 10/02/18 - En Atlantique Nord, les coraux disparaissent plus vite que prévu

    Une équipe franco-espagnole d’océanographes vient de montrer que l’acidification de l’Atlantique Nord était plus rapide qu’attendu, en raison des émissions de gaz à effet de serre. Cette modification des eaux met en péril les récifs coralliens d’eau froide.

    Au milieu de l’océan Atlantique, le Gulf Stream se sépare en deux bras. L’un d’eux, le courant Nord Atlantique, monte vers le nord-est, les mers de Norvège, du Groenland et d’Irminger, entre le Groenland et l’Islande. Il apporte, en surface, une eau chaude qui, en se refroidissant, devient plus dense et s’enfonce en profondeur.

    Depuis 2002, des chercheurs français (du Laboratoire d’océanographie physique et spatiale – CNRS, Ifremer, Université Brest, IRD) et espagnols (Centre de recherches marines de Vigo) étudient l’évolution de ces eaux et sa composition chimique avec des relevés de pression, de température, de salinité ou encore de pH (acidité).

    Question sur le phénomène de convection

    Les relevés montrent qu’entre le Groenland et l’Islande, en mer d’Irminger, la pénétration des eaux de surface en profondeur (phénomène de convection) a tendance à augmenter. « Avec le réchauffement des températures dans cette zone, elle devrait diminuer dans les prochaines décennies, selon les modèles climatiques. Mais, depuis 2014, à cause de régimes de temps particuliers, on observe plutôt une augmentation de la profondeur de pénétration des eaux de surface, et donc du CO2 dissous », soulignent Herlé Mercier et Pascale Lherminier, co-auteurs de ces travaux.

    Cette anomalie, entre les observations récentes et les modèles à plus long terme, interpelle la communauté scientifique.

    L’océan, atténuateur du changement climatique

    L’eau de surface est plus chargée en gaz carbonique (CO2) à cause de l’accumulation dans l’atmosphère des rejets liés aux activités humaines.

    « À l’échelle du globe, l’océan stocke environ 25 % du carbone émis par l’homme, jouant ainsi un rôle d’atténuateur du changement climatique avec toutefois une conséquence néfaste : l’acidification de l’océan », rappelle Pascale Lherminier. Mais la nouvelle série de mesures montre que le CO2 dissous est à des concentrations et des profondeurs de plus en plus élevées : jusqu’à 1 500 m !

    Cette eau acidifiée peut mettre en péril des organismes tels que les coraux. En effet, l’acidification réduit la présence de carbonates qui est nécessaire à ces derniers pour former leur squelette.

    Résultat, alors que les coraux peuvent normalement se développer jusqu’à 2 500 m de profondeur en Atlantique Nord, il semble que cette profondeur critique soit maintenant remise en cause.

    Plus de coraux en dessous de 1 500 m de profondeur

    « Nous avons montré que l’acidification liée au changement climatique pourrait causer une remontée de 1 000 m de cette profondeur », souligne Fiz Fernandez Perez du Centre de recherches marines de Vigo, spécialisé en biogéochimie marine. Autrement dit, les organismes calcifiants pourraient ne plus se développer en-dessous de 1 500 m de profondeur.

    Dans leurs calculs prédictifs, les océanographes ont pris en compte un doublement de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone par rapport à l’époque préindustrielle (environ 560 parties par million (ppm) contre 400 actuellement), ce qui pourrait arriver dans les trois prochaines décennies, selon les estimations du GIEC.

    Appauvrissement de la biodiversité

    Or, les coraux jouent un rôle d’abri vis-à-vis de quantité de crustacés, mollusques et poissons, notamment juvéniles. Leur diminution entraîne donc un appauvrissement de la biodiversité marine.

    Source: www.la-croix.com - Auteur: Denis Sergent


    10/02/18 - Des virus et des bactéries tombent chaque jour par milliards du ciel

    Chaque jour, des millions de virus et de bactéries voyagent dans l'atmosphère. Des chercheurs ont récemment découvert que ces virus pouvaient être transportés en altitude et retomber à des milliers de kilomètres sur le sol.

    Il n'y a pas que la pluie ou la neige qui tombent du ciel. D'après une nouvelle étude menée par des chercheurs américains, canadiens et espagnols, les virus présents dans l'air s'accrocheraient aux couches terrestres situées au-dessus de nous à plusieurs kilomètres d'altitude, avant de retomber sur la terre. Ces travaux ont été publiés dans la revue International Society for Microbial Ecology Journal.

    Jusqu'à 7 milliards de bactéries carré par jour

    Ces découvertes confirment ce que l'on savait déjà, c'est-à-dire que les virus sont non seulement présents dans les eaux et dans les sols, mais également dans les airs. Les auteurs de cette étude ont cependant poussé leurs recherches plus loin, puisqu'ils ont cherché à déterminer combien de virus pouvaient être transportés entre 2.500 et 3.000 mètres d'altitude.

    Une équipe de chercheurs espagnols a placé des capteurs au dessus de la couche limite planétaire (zone d'interface entre un corps et le fluide) dans les montagnes de la Sierra Nevada, aux Etats-Unis. Leurs recherches ont indiqué qu'entre 260 millions et 7 milliards de bactéries carré sont déposés par jour et par mètre sur la troposphère (couche de l'atmosphère terrestre située au plus proche de la surface du globe ). Le taux de dépôt de virus est donc 9 à 461 fois plus élevé que celui des bactéries, indiquent les scientifiques.

    Comment s'accrochent les bactéries dans l'air ?

    D'après les chercheurs, ces virus restent accrochés dans l'atmosphère grâce à de petites particules organiques et des poussières présents dans l'air mais aussi de pluies fines comme les embruns, qui facilitent le transfert d'une région à une autre. "Les bactéries et les virus sont généralement déposés sur la Terre par des épisodes pluvieux et des intrusions de poussière saharienne. Cependant, la pluie est moins efficace pour éliminer les virus de l'atmosphère", explique Isabel Reche, de l'université de Grenade (Espagne).

    Certains de ces virus peuvent protéger les humains

    Ce phénomène expliquerait pourquoi on retrouve des virus génétiques identiques dans des zones géographiques éloignées. Curtis Suttle, virologue, université de la Colombie-Britannique et l'un des principaux auteurs de l'étude explique :« Cette prépondérance des virus qui voyagent dans l’atmosphère explique probablement pourquoi il est possible de retrouver un virus sur un continent, avant de le voir se déposer sur un autre. »

    Les chiffres peuvent paraître alarmistes, voire catastrophiques. Pourtant, parmi ces millions de virus ne sont pas tous foncièrement mauvais. Les scientifiques ont par exemple détecté certaines bactériophages, c'est-à-dire des virus qui tuent les bactéries néfastes pour l'humain et l'environnement.

    « Des flux descendants significatifs de bactéries et de virus de l’atmosphère peuvent avoir des effets positifs sur la structure et la fonction des écosystèmes récepteurs. Cela pourrait s’assimiler à une sorte de banque de semences permettant aux écosystèmes de s’adapter rapidement aux changements environnementaux », soulignent ces derniers dans les conclusions de leur étude.

    Source: www.pourquoidocteur.fr - Rédaction: Chloé Savellon


    Vendredi 09/02/18 - L'effet tunnel permettrait de capter l'énergie de la Terre et de la transformer en électricité

    Des chercheurs ont découvert une nouvelle façon de collecter l’énergie de la Terre. Leur technique repose sur un principe quantique bien particulier : l’effet tunnel.

    Une étude menée par des chercheurs en Arabie Saoudite propose une nouvelle méthode pour collecter l’énergie de la Terre. Ils ont créé une antenne qui, grâce au phénomène quantique baptisé “effet tunnel”, parvient à collecter le rayonnement infrarouge. Cette énergie, captée sous la forme d’ondes électromagnétiques de haute fréquence, a ensuite pu être transformée en électricité.

    Récupérer l’énergie de la Terre

    La Terre émet une quantité considérable d’énergie et de chaleur résiduelles. La majeure partie de la lumière en provenance du Soleil est absorbée par les sols, les océans et notre atmosphère. Le réchauffement résultant conduit à l’émission constante d’un rayonnement infrarouge dont on estime qu’il atteint jusqu’à plusieurs millions de gigawatts par seconde. Une énergie qu'il serait très intéressant de pouvoir capter.

    Toutefois, les ondes situées dans l’infrarouge étant particulièrement courtes, de minuscules antennes seraient requises pour remplir cet objectif, bien plus petites qu'on ne parvient actuellement à en construire. Mais si l’on en croit l’équipe de chercheurs de l'Université KAUST à l’origine de la nouvelle étude parue dans Materials Today Energy, l’effet tunnel pourrait bien fournir la solution à cet épineux problème.

    "Il n’existe pas une seule diode dans le commerce capable de fonctionner à une telle fréquence", explique Atif Shamim, chercheur principal de l’étude. "C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers l’effet tunnel". Ce phénomène quantique, introduit au début du 20ème siècle, est probablement l’un des aspects les plus simples à imaginer et les plus contre-intuitifs de la physique.

    L’effet tunnel

    L’effet tunnel décrit la façon dont une particule (objet quantique) peut traverser un obstacle (barrière de potentiel), même si son énergie est inférieure à l’énergie minimale requise pour le franchir. L’analogie le plus souvent employée pour l’illustrer est la suivante : imaginez que vous souhaitiez lancer une balle afin qu’elle roule jusqu’au sommet d’une colline et retombe de l’autre côté.

    En physique classique, la balle aurait besoin de suffisamment d’élan, ou d’énergie, pour monter jusqu’en haut de cette pente avant de descendre le flanc opposé de la colline. Mais en physique quantique, les choses se déroulent différemment. Si la balle ne dispose pas d'assez d’énergie pour monter en haut de la colline, elle a alors une seconde option : traverser la colline de part en part, comme au travers d’un tunnel, pour arriver de l’autre côté.

    Ce petit tour de force, grâce aux étranges propriétés du monde quantique, lui coûterait alors moins d’énergie que d’exécuter la manœuvre complète.

    Application pratique

    Grâce à cet effet tunnel, les scientifiques ont pu créer une nano-antenne permettant la conversion d’infrarouge en électricité. Cette antenne prend la forme de deux "entonnoirs" imbriqués l’un dans l’autre. À leur jonction, deux "branches" de titane et d’or responsables de la création d’un champ magnétique suffisamment fort pour générer un effet tunnel, se superposent légèrement.

    Entre ces deux branches se trouve une diode à semi-conducteur, permettant la conversion du signal infrarouge en électricité. Lors de l’expérience, le rayonnement infrarouge est entré de part et d’autre des entonnoirs pour se retrouver au niveau de la diode, qui l'a ensuite capté pour les transformer en courant direct.

    Si les chercheurs parviennent à appliquer la rectenne (ainsi qu’ils l’ont baptisée) à une plus grande échelle, celle-ci pourrait bien révolutionner le domaine de l’énergie, grâce à un rendement plus considérable encore que celui des panneaux solaires. "Nous n’en sommes qu’au début", conclut Atif Shamim.

    Source: www.maxisciences.com - Publié par Emma Hollen


    09/02/18 - Quels facteurs naturels font varier le climat ?

    Un ensemble de forçages externes

    Le terme forçage désigne une perturbation d’origine extérieure au système climatique qui affecte l’équilibre énergétique de la planète et conduit à un ajustement du climat. Aux échelles de temps géologiques, la répartition des continents modifie les circulations atmosphérique et océanique et les propriétés de réflexion vers l’espace du flux d’énergie solaire par les surfaces terrestres. Sur des millénaires, les variations lentes du mouvement de la Terre autour du Soleil (paramètres orbitaux) changent la répartition de l’ensoleillement selon les latitudes. À l’échelle du siècle, les petites variations de l’activité propre du Soleil affectent le flux d’énergie solaire incident. Enfin, ce flux d’énergie solaire peut aussi être modulé par les éruptions volcaniques : leurs poussières en réfléchissent une partie vers l’espace.

    Une variabilité interne

    Les propriétés de chaque composante du système climatique et leurs interactions produisent spontanément des variations dites internes, à toutes les échelles spatiales et à des rythmes très différents. Cette variabilité interne se caractérise parfois par une redistribution de l’énergie entre océan et atmosphère (ex. : El Niño) ou entre les eaux de surface et les eaux profondes. Elle se superpose et/ou interagit avec les forçages externes.

    Source: www.vie-publique.fr


    09/02/18 - Une étude montre que l'archipel de Tuvalu s'agrandit

    L'archipel des Tuvalu, longtemps considéré comme voué à une disparition prochaine à cause du réchauffement climatique, est en fait en train d'accroître son territoire, selon une nouvelle étude publiée ce vendredi.

    L'Université d'Auckland a passé au crible les changements dans la géographie des neuf atolls coralliens qui constituent les Tuvalu ainsi que 101 îles entre 1971 et 2014, en se servant de photographies aériennes et d'images satellite.

    Durant cette période, huit atolls et les trois quarts des îles se sont agrandis. La surface terrestre s'est accrue de 2,9% alors même que le niveau de la mer montait deux fois plus que la moyenne mondiale.

    Pour Paul Kench, co-auteur de l'étude parue dans le journal Nature Communications, celle-ci contredit l'idée que les îles de basse altitude seraient englouties par la montée des eaux due au réchauffement.

    "Nous avons tendance à voir les atolls du Pacifique comme des terres statiques qui seront tout simplement inondées par la hausse du niveau de la mer mais il y a de plus en plus de preuves que ces îles sont géologiquement dynamiques et en train de changer constamment", a-t-il déclaré.

    "Les conclusions de notre étude peuvent sembler contredire nos intuitions, vu que le niveau de la mer augmente dans la région depuis les 50 dernières années mais le changement dominant dans les Tuvalu pendant cette période, c'est l'expansion, pas l'érosion."

    Des facteurs comme l'orientation des vagues et les sédiments apportés pendant les tempêtes peuvent compenser l'érosion provoquée par la montée des eaux.

    Si le changement climatique reste une menace majeure pour ces îles, écrivent les auteurs, il faut toutefois repenser la réponse de ces pays au problème. Les autorités des îles du Pacifique doivent se pencher sur leur avenir à long terme plutôt que d'envisager l'émigration des habitants vers d'autres pays comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, poursuivent les chercheurs.

    "Sur la base de cette étude, nous projetons une trajectoire notablement différente pour les Tuvalu pendant le siècle à venir que celle qui est généralement envisagée", a ajouté M. Kench.

    "Nous reconnaissons que le caractère habitable d'un lieu dépend de plusieurs facteurs mais la perte de terrains ne devrait pas être la cause d'une décroissance forcée de la population des Tuvalu."

    Source: www.tntv.pf avec l'AFP


    09/02/18 - Solutions pour un développement durable
    L'ONU-Climat appelle les jeunes du monde à faire preuve d’innovation


    La secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations unies sur le changement climatique a pris part à la conférence en ligne organisée par le Réseau de solutions de développement durable, composé de 500 organisations mondiales de développement durable de 70 pays.

    Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de Convention-Cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) a appelé les jeunes du monde entier à être plus offensifs pour protéger leur avenir en menant des actions en faveur du climat et en défendant les Objectifs de développement durable des Nations Unies, surtout au niveau communautaire. «Ce dont nous avons besoin, ce sont des idées, de l'innovation et de l'énergie pour apporter des solutions à tous les pays, à tous les marchés et à tous les peuples du monde», a-t-elle déclaré. La responsable onusienne, citée par le portail électronique de la CCNUCC, a pris la parole lors d'une conférence en ligne organisée le 8 février par le Réseau de solutions de développement durable, composé de 500 organisations mondiales de développement durable situées dans plus de 70 pays. «Dans chaque décision que vous prenez, chaque jour, pensez à l'impact environnemental de votre action... Si vous achetez quelque chose, si vous voulez manger quelque chose : qu'est-ce que cela implique en termes d'incidences sur l’environnement ?», a-t-elle demandé aux jeunes. En dépit du défi climatique hors du commun auquel l'humanité est confrontée, la secrétaire exécutive a déclaré qu'elle restait optimiste. Elle a, en outre, engagé l’autorité de l'ONU Changements climatique à agir comme un amplificateur des préoccupations de la jeunesse. «L'ONU Changements climatique va aider votre voix à être entendue – lors de nos conférences annuelles, en ligne et à travers le monde. Nous sommes à la croisée des chemins. C’est à vous de jouer».

    Source: lematin.ma


    09/02/18 - Hydrogène: un miracle pour l’énergie et le climat !

    Remplacer les carburants fossiles, polluants et non renouvelables, par l'hydrogène, sera-t-il bientôt possible ? Certes, nous en sommes encore loin - la consommation d’hydrogène représentant moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie - mais cela pourrait bien changer. Associé aux piles à combustible, l’hydrogène dispose d’un grand potentiel en tant que vecteur d’énergie pour les transports et la production d’électricité. Certains considèrent même qu’il s’agirait d’une révolution aussi importante que celle du charbon au début de l’ère industrielle.

    Les avantages de l’hydrogène sont nombreux. Lorsqu’il est issu de sources renouvelables, il n’émet que de la vapeur d’eau et aucun gaz à effet de serre. L’hydrogène pourrait également renforcer l’indépendance énergétique de pays comme la France. Et cela, des industriels comme Alstom l’ont bien compris. Ils vont, d’ici 2021, livrer des trains à hydrogène en Allemagne (une première mondiale), et sont persuadés que ce gaz sera l’une des énergies propres du futur. C’est la pile à combustible qui fournira l’électricité au moteur par la combinaison de l’hydrogène, stocké dans des réservoirs placés sur le toit, à l’oxygène présent dans l’air.

    Le mélange produira aussi de l’eau, évacuée sous forme d’eau condensée et de vapeur. Le monde des transports est en première ligne de ces espoirs. En effet, selon l’étude de Sia Partners, un véhicule hydrogène disposerait d’une autonomie 2 à 3 fois supérieure à un véhicule électrique. Le gaz hydrogène est l’élément chimique le plus simple de la planète et peut être produit à partir d’une grande variété de sources dont le gaz naturel, le charbon, l’eau ou la biomasse. Mais la plupart sont émettrices de CO2. On sait pourtant que l’hydrogène peut également être fabriqué à partir de l’électrolyse de l’eau. Alors, même si le procédé est plus couteux, cela semble être la meilleure solution, car, outre les transports, l’hydrogène peut également contribuer à produire de l’énergie. La technique « power to gas » consiste en effet à transformer l’eau en gaz ou, plus précisément, à utiliser l’électricité générée par une éolienne ou un panneau solaire pour provoquer une réaction chimique dans l’eau.

    Alors, si la technologie doit encore gagner en maturité et en rentabilité économique, tous les espoirs sont aujourd’hui permis. Il sera ainsi possible d’utiliser l’hydrogène quand cela est nécessaire : le problème de l’intermittence des énergies renouvelables serait ainsi réglé. L’hydrogène est un atout incontestable à l’heure où le zéro carbone est le but affiché par tous les acteurs de la lutte contre les changements climatiques. Alors, pourquoi cette énergie n’est-elle pas plus développée et ne rencontre-t-elle pas l’enthousiasme des autorités publiques ?

    Source: www.valeursactuelles.com/sciences - Auteur: Maud Fontenoy


    Jeudi 08/02/18 - Le Parlement européen souhaite supprimer le changement d'heure

    Va-t-on enfin abandonner le changement d’heure ? Les députés européens ont réclamé ce jeudi une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.

    Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ». Près de 510 millions d’Européens, parmi lesquels 67 millions de Français, seraient ainsi concernés.

    Des effets négatifs sur la santé des êtres humains

    « De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure intervenant les derniers week-ends de mars et d’octobre, soulignent les eurodéputés.

    « La directive actuelle, entrée en vigueur en 2001, fixe pour l’ensemble de l’UE une date et une heure harmonisées pour le début et la fin de la période de l’heure d’été, l’objectif étant d’aider le marché intérieur à fonctionner de façon efficace », rappellent-ils dans un communiqué.

    Le changement d’heure a été mis en place en France, en 1976 au début du quinquennat de Valéry Giscard-d’Estaing. Il était destiné à réaliser des économies d’énergie en passant à l’horaire d’été au début du printemps avant de basculer en horaire d’hiver le dernier dimanche d’octobre.

    Le prochain changement d’heure aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 mars.

    Source: www.20minutes.fr


    08/02/18 - L’immense potentiel des énergies marines renouvelables

    Il y a eu les récentes déclarations de la Banque mondiale, annonçant, à l’occasion du One Planet Summit, l’arrêt après 2019 de ses financements pour des projets d’exploitation d’hydrocarbures ; il y a eu aussi la récente décision de la France d’acter la fin de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures d’ici 2040.

    Si ces initiatives constituent des avancées certaines, elles ne reflètent malheureusement pas la réalité d’un secteur qui continue de prospérer à court et moyen terme.

    En effet, non seulement aucun des pays majeurs en termes de production d’hydrocarbures n’a exprimé l’intention d’inverser la tendance, mais ce marché va en outre voir émerger de nouveaux producteurs, notamment en Afrique. Rappelons également que l’extraction pétrolière en mer représente un tiers de la production mondiale de pétrole, et pourrait s’accroître si les contraintes techniques et environnementales du milieu marin profond venaient petit à petit à être surmontées.

    Nous savons néanmoins que les réserves de pétrole s’épuiseront d’ici à 50 ans et les réserves d’uranium alimentant le nucléaire, énergie certes décarbonnée, d’ici 100 ans.

    Il n’est donc essentiel d’accélérer la transition énergétique pour lutter contre le changement climatique et pallier la fin des ressources fossiles, en soutenant notamment le développement des énergies renouvelables.

    Des obstacles à surmonter

    Parmi ces énergies renouvelables, les énergies marines méritent notre attention. Bien qu’elles ne représentent que 0,03 % du mix énergétique mondial, elles progressent de façon accélérée, parfois supérieure à 80 % l’an.

    Elles nécessitent toutefois un réel soutien, en raison de résistances locales, des pêcheurs et des touristes, d’incertitudes quant à leurs impacts environnementaux (à l’image du projet éolien offshore du Tréport, suspendu à l’avis de l’AFB), et surtout de leur coût qui demeure encore élevé.

    C’est ainsi le cas pour les technologies non encore matures telles que l’éolien flottant (entre 165 et 364 €/MWh, selon les estimations de l’Ademe), l’hydrolien (entre 123 € et 571 €/MWh) ou l’énergie thermique des mers (ETM) en territoire ultra-marin (entre 200 et 510 €/MWh, selon les estimations d’EY).

    En dépit de ces obstacles, les énergies marines renouvelables (EMR) présentent une réelle complémentarité par rapport aux énergies renouvelables terrestres, comme l’éolien et le solaire. L’espace marin, contrairement aux terres émergées, est loin d’être saturé, bien qu’il fasse l’objet de convoitises de plus en plus pressantes.

    C’est pourquoi l’ONU, sur le plan international et la Commission européenne en ont largement assuré la promotion.

    Le potentiel théorique global des EMR est évalué à 2 millions de Terawatt/heure par an – dont un peu plus de 100 000 TWh/an sont techniquement exploitables –, susceptibles de satisfaire près de cinq fois la totalité de la consommation électrique mondiale. L’enjeu réside donc dans l’innovation et la maîtrise technologique permettant la mise en valeur de cette ressource considérable, diversement répartie sur la planète. À une géopolitique des ressources s’associe une géopolitique des technologies.

    L’éolien offshore en tête

    Parmi les EMR, la technologie qui présente le plus de maturité est l’éolien offshore, marché dominé par l’Union européenne, avec une capacité de 12,4 GW qui représente plus de 90 % de l’ensemble du parc éolien mondial et qui lui permet de fournir 42 des 50 TWh de la production mondiale actuelle de l’ensemble des EMR.

    Le marché de l’éolien offshore devrait représenter 70 GW de capacité installée dans l’UE d’ici 2030.

    Quel sera toutefois l’impact du Brexit sur la réalisation de ces objectifs, sachant que le leader sur ce marché est le Royaume-Uni, devant l’Allemagne, le Danemark et la Belgique, sans parler de la France, dont aucun littoral n’est à ce jour doté de tels équipements. Elle pourrait toutefois rattraper son retard, si l’on en croit la feuille de route fixée par la commission éolien offshore du SER (Syndicat des énergies renouvelables), à savoir 15 GW d’ici 2030.

    Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la forme de son futur partenariat avec l’UE (Adhésion à l’EEE, à l’AELE ou autre accord de libre-échange), le Royaume-Uni devrait continuer à participer activement à l’élaboration de l’Union de l’énergie, notamment à travers les projets d’interconnexions.

    L’Union européenne est, en outre, concurrencée par la Chine. Avec un même objectif de 70 GW d’ici 2030, celle-ci ambitionne néanmoins près de 200 GW d’ici 2050, bien davantage que les États-Unis (22 GW pour 2030 et 86 GW d’ici 2050).

    En outre-mer

    L’Union européenne a donc intérêt à développer les autres EMR, telles que l’énergie des courants et des vagues, mais aussi l’énergie thermique des mers (ETM), celle-ci étant localisée en outre-mer.

    L’UE devrait ainsi pouvoir compter sur la France pour valoriser son immense domaine maritime sur le plan énergétique. En effet, 97 % des ZEE françaises sont situées en outre-mer, où l’objectif affiché de la France est d’atteindre une totale autonomie énergétique en 2030 (comme le fixe l’Article L100-4 I 8° du code de l’énergie).

    Pour y parvenir, la France a donc intérêt à investir dans l’ETM, cet investissement pouvant être valorisé sur les marchés d’exportation et aussi grâce à une coopération avec les petits États insulaires voisins de ses territoires du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien, tels Fidji, Les Seychelles, ou Maurice.

    Source: theconversation.com - Auteur: Séverine Michalak, Enseignante-chercheuse, docteure en droit, Université Nice Sophia Antipolis


    08/02/18 - Sauver le climat grâce aux territoires

    Les engagements pris par les Etats, lors de la COP 21, ne suffiront pas à préserver notre planète. Les initiatives issues des territoires doivent être le pilier de la lutte contre le réchauffement climatique.

    Demander à tous les Etats du monde d'atteindre des objectifs communs en matière d'émissions de CO2 est fondamental, mais il y a quelque chose que l'on oublie de dire : la lutte contre le réchauffement climatique est une réalité concrète, chaque jour, au niveau des territoires. Deux ans après la COP 21, un rapport de l'ONU soulignait fin octobre l'écart « catastrophique » entre les réductions nécessaires et les promesses des pays. Il faut toutefois tenir compte aussi du bilan local de la COP 21.

    D'abord, il y a ces trois états américains, New York, la Californie et Washington, qui représentent près de 20 % de la population des Etats-Unis et qui restent engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique malgré le retrait des Etats-Unis. Ensuite, il y a douze villes pionnières de plusieurs pays qui se sont engagées dans une même démarche zéro émission à horizon 2030. Enfin, il y a des entreprises, des acteurs de la société civile, des particuliers qui réfléchissent et innovent un peu partout pour réduire notre empreinte environnementale.

    C'est sur les territoires que les initiatives doivent se multiplier pour préserver l'avenir de notre planète. Leur action s'inscrit dans la bonne temporalité - l'action immédiate plutôt que l'objectif à long terme - et la bonne échelle : les villes ont toujours joué ce rôle d'incubateurs d'innovations.

    Valoriser les ressources

    Pour peu que le cadre législatif et réglementaire le permette, les fournisseurs d'énergie ont un rôle de premier plan à jouer dans l'organisation de la ville de demain : ville intelligente, connectée et sobre en mode de consommation. Nous devons pour cela accompagner dès aujourd'hui une évolution de paradigme : la montée en puissance d'une production décentralisée de l'énergie en complément d'une logique centralisée, fondée sur le développement des énergies locales, sur leur mise en réseaux (électricité, gaz, chaleur) au sein de circuits courts, sur l'adaptation de l'offre aux besoins réels.

    Nous inventons en permanence de nouvelles solutions pour développer les énergies locales renouvelables, relier ces énergies et préparer l'avenir. Valoriser les ressources locales, cela consiste d'abord à aller chercher l'énergie là où elle est disponible - géothermie, biomasse, biogaz, déchets, énergies de fonctionnements industriels -, à exploiter de multiples sources de production pour contribuer à une plus grande autonomie énergétique des territoires.

    Le projet de Dalkia et PSA Peugeot-Citroën à Charleville-Mézières (Ardennes) consiste ainsi à récupérer la chaleur provenant de l'usine PSA pour alimenter le réseau de chaleur du quartier de La Citadelle - une initiative qui va permettre de diviser les émissions de CO2 de ce réseau par trois.

    Relier les énergies

    Exploiter les énergies locales, donc, mais aussi les relier entre elles : pas de « smart city » sans « smart grids », sans réseaux intelligents. Le réseau de l'écoquartier Nanterre Coeur Université - premier double « smart grid » privé de France, à la fois thermique et électrique - relie ainsi les différents immeubles (bureaux, logements, commerces) pour leur permettre de mutualiser leurs énergies : la chaleur dégagée lors de la production de froid pour les commerces est ainsi récupérée pour produire l'eau chaude des logements, et inversement. Relier les énergies, c'est mieux les piloter grâce aux opportunités permises par le numérique dans l'objectif d'adapter à terme en temps réel la production à la consommation.

    Il est de notre responsabilité de préparer l'avenir : nous accompagnons nos clients dans leur travail de planification urbaine en leur proposant les solutions énergétiques les plus pertinentes sur le long terme, en fonction de leurs projets, de leurs ressources et de leurs besoins. L'enjeu n'est en effet plus seulement, pour les villes et territoires, de gérer d'immenses masses de données (big data), mais aussi de les trier, de les structurer pour en en extraire les informations utiles à la prise de décision (smart data). Avec le réseau intelligent de Lyon - premier smart grid thermique bas carbone de France -, nous mettons ainsi le numérique au service de la modélisation urbaine et de la planification stratégique.

    Economies d'énergie

    Enfin, l'énergie la plus vertueuse est bien sûr celle qui ne se consomme pas. Le challenge des économies d'énergie repose sur la volonté de tous et la multiplication des initiatives locales : les travaux de rénovation s'appuyant sur des solutions et des technologies efficaces seront ici à coupler avec une exigence de transformation des comportements de consommation dans la durée.

    Sur ce dernier point, la maison connectée apporte des solutions pour les particuliers. Pour les entreprises, les bâtiments, les collectivités locales, l'industrie, le contrat de performance énergétique qui repose sur un diagnostic partagé et des engagements chiffrés donne des vrais résultats.

    Nous prenons pleinement la mesure de la responsabilité qui nous incombe en tant que fournisseurs de services énergétiques, et nous continuerons d'engager toutes nos forces dans la lutte contre le réchauffement climatique... Cette bataille s'appuiera très certainement sur le foisonnement de petites victoires, résolument locales et décentralisées.

    Source: www.lesechos.fr - Auteur: Sylvie Jéhanno, présidente-directrice générale de Dalkia


    07/02/18 - Dangers sous nos pieds: les catastrophes qui menacent l’humanité

    Les chutes d’astéroïdes ou une guerre nucléaire ne sont pas les seules choses capables de détruire la vie sur Terre. Tout en évaluant les menaces venant du ciel ou les dangers posés par le développement industriel, il ne faut pas oublier ce qui se cache sous nos pieds…

    Les causes potentielles de catastrophes qui menacent l’humanité ne sont pas toutes extraterrestres ou humaines, bien que les spéculations à ce sujet soient très populaires. Il y a des menaces globales qui grandissent littéralement sous nos pieds…

    Dégradation du pergélisol

    La disparition du pergélisol (portion du sol qui reste gelée toute l'année) n’annonce rien de bon pour l’humanité. On peut estimer les conséquences dangereuses de ce phénomène en étudiant le cratère de Batagaïka, situé dans la zone du pergélisol sibérien. Long d’un kilomètre et profond de 86 mètres, il ne cesse de s’agrandir. Les habitants l’appellent la«porte de l’enfer». D’après le chercheur Frank Günther et ses collègues de l’Alfred Wegener Institute de Potsdam (Allemagne) qui étudient le cratère depuis des années, le pergélisol contient une quantité énorme de matières organiques et notamment de carbone vieux de plusieurs milliers d’années.

    Plus vite le pergélisol fond, plus de carbone se dégage dans l’atmosphère. Les bactéries qui le consomment commencent alors à produire plus de méthane et de dioxyde de carbone, augmentant le rythme de réchauffement climatique, a noté M.Günther cité par la BBC.

    Outre ces conséquences connues, il faut se rappeler que la fonte du pergélisol conduira à un changement du relief, à des glissements de terrains. Cela risque d’endommager l’infrastructure, notamment des gazoducs russes vers l’Europe et d’endommager les bâtiments construits sur le pergélisol. Rappelons que le pergélisol couvre un cinquième de la surface terrestre dont 90% du Groenland, 80% de l'Alaska, 50% du Canada et de la Russie.

    Selon Torsten Sachs, chercheur du German Research Geosciences Centre de Potsdam, cité par le site EarthChronicles.ru, le pergélisol «est un congélateur. Si on laisse ouverte la porte d’un congélateur, la pizza va pourrir, la glace fondre et il y aura beaucoup de bactéries».

    Il y a environ 252 millions d'années, la fonte des glaces a été à l’origine de l’extinction massive du Permien-Trias. Environ 95% des espèces marines et plus de 70% des espèces vivant sur les continents ont disparu. C’était aussi la seule extinction massive connue d’insectes. Selon des études scientifiques, il a fallu entre 30 et 100 millions d'années pour que la biodiversité retrouve son niveau d'origine.

    Selon une autre hypothèse, l’extinction permienne s’est produite en raison d’un manque d’oxygène dans l’océan qui aurait été provoquée par des fuites de méthane ou de souffre dans l’atmosphère.

    Le méthane souterrain, une bombe climatique?

    En 2014, une grande expédition internationale envoyée à la recherche des fuites de méthane découvertes par les scientifiques russes, a trouvé plus de 500 nouveaux lieux de fuites importantes de ce gaz à effet de serre dans l’Océan glacial arctique. Les chercheurs de 14 pays ont alors conclu que le pergélisol qui contenait le méthane n’était plus si stable qu’avant et que le «bouchon de glace» de plusieurs centaines de mètres de profondeur n’existait plus.

    Mais il y a également des fuites de méthane sur le plateau continental, notamment en Sibérie. Ces dernières années, les émissions de méthane, un gaz à effet de serre, ont augmenté sur le plateau arctique de Sibérie orientale. Ce phénomène est lourd de conséquences.

    La concentration de ce gaz dans le permafrost n'a jamais dépassé un certain niveau. Mais il a récemment grimpé d'environ 100 points et continue d’augmenter, phénomène qui survient pour la première fois depuis 800.000 ans, d’après une expédition organisée par l’Université polytechnique russe de Tomsk à l'automne 2016.

    La libération de méthane et de CO2 entraînera un changement de la composition de l’air et un manque d’oxygène. Cela ne plaira pas à la plupart des organismes actuellement vivant sur Terre.

    La libération d’hydrates de méthane favorise le réchauffement de l’atmosphère et accélère encore plus la fonte du pergélisol.

    Pollution de l’atmosphère par le mercure contenu dans la glace

    Des chercheurs de l'Institut d'études géologiques des États-Unis ont récemment mis en garde contre une catastrophe mondiale qui pourrait être provoquée par la libération du mercure contenu en grande quantité dans le pergélisol. Selon leur étude citée par le Geophysical Research Letters, 793 millions de kilogrammes de mercure se sont accumulés dans le pergélisol de l'hémisphère nord, soit dix fois plus que le taux relevé dans l'environnement à la suite de l'activité humaine au cours des 30 dernières années.

    La libération de mercure dans l’air entraînerait la formation d’un polluant, le méthylmercure, qui peut provoquer des convulsions, des paralysies spastiques, la cécité, la surdité et un retard du développement du cerveau chez l’homme. Absorbé par inhalation, par la peau et via l'intestin, le méthylmercure s’accumule dans les graisses et la chair de certains animaux aquatiques, ce qui représente un danger pour les hommes qui consomment ces animaux.

    Le méthylmercure a été au centre d’une catastrophe humaine qui a eu de graves conséquences sanitaires entre 1932 et 1966 au Japon. Pendant des décennies, des milliers d'habitants des pourtours de la baie de Minamata ont souffert d’une maladie qui a été baptisée maladie de Mianamata. En 1972, une épidémie catastrophique d'empoisonnement au méthylmercure a touché plusieurs zones rurales d'Irak. Ces épidémies ont été provoquées par l’activité de l’homme.

    Supervolcans

    Et comme si les fuites de substances nocives dans l’air n’étaient pas une menace suffisante pour l’humanité, il y a encore une vingtaine de supervolcans dormants. Un supervolcan est un volcan dont l'éruption pourrait provoquer des changements climatiques à l'échelle de notre planète. Ils entrent en activité tous les 100.000 ans environ.

    Le réveil d’un supervolcan entraînera une baisse de température sur la planète de 5 à 10 degrés et le début d’un hiver volcanique. Les gaz sulfureux et la cendre atteindront l’atmosphère et couvriront le globe. Les rayons du Soleil ne pourront pas atteindre la Terre et les gaz transformés en acide sulfurique sous forme de précipitations toxiques couvriront la planète.

    Le supervolcan le plus connu est celui du Yellowstone qui cache un gigantesque réservoir de carbone.

    Des experts de la NASA estiment que l’éruption du supervolcan du parc de Yellowstone, aux États-Unis, entraînerait des conséquences plus dévastatrices que la chute d’un astéroïde.

    Mais il y a aussi un supervolcan au Kamtchatka russe, qui a explosé il y a 1,5 million d'années, et un autre à proximité de Naples en Italie.

    Le supervolcan caché dans la région des Campi Flegrei (Champs Phlégréens) inquiète les chercheurs. Cette zone volcanique, formée d’un immense cratère de 13 km montre des signes alarmants d’activité, d'après la revue Nature.

    Il semblerait que le cratère, endormi depuis 1538, soit en train de se réveiller. Une éruption serait catastrophique pour l’ensemble de l’Europe et mettrait en péril les vies de 10 millions de personnes.

    Il y a 39.000 ans, le volcan des champs Phlégréens a rendu inhabitable un tiers de l’Europe. Les centres et les pierres éjectés par le volcan ont couvert une superficie de 1,1 millions de kilomètres carrés de l’Italie du Sud à la mer Noire, du Donbass à la mer Caspienne. Une couche de cendres d’environ un mètre couvrait un grand territoire s’étendant jusqu’à la Roumanie. Les fragments de roches volcaniques dispersés dans la stratosphère ont empêché la lumière solaire d’atteindre le sol, provoquant un refroidissement climatique. En 1538, le volcan de Naples a déversé plus de 40 kilomètres cubes de matériaux volcaniques. Les cendres ont été retrouvées jusqu’en Sibérie.

    Il existe également un risque d’explosion d’un autre supervolcan dormant, le Mont Paektu, qui se trouve en Corée du Nord. En 2017, les scientifiques ont mis en garde contre le fait que le Mont Paektu puisse être réveillé pour une éruption potentiellement menaçante si Pyongyang continue de mener des essais nucléaires sur son site de test nucléaire de Punggye-ri.

    Source illustrée: fr.sputniknews.com - Auteur: Irina Dmitrieva


    07/02/18 - Climat: le ski est-il déjà mort ?

    Le réchauffement climatique va-t-il avoir raison du ski dans les Alpes du Nord ? La Cour des comptes s’interroge, puisqu’elle y consacre l'un des chapitres de son rapport annuel.

    Il faut, dit la Cour des comptes, changer rapidement le modèle de développement des 131 stations de ski des Alpes du Nord. Le réchauffement climatique ne leur laisse pas le choix. Dans ces stations, il est nécessaire de s’adapter ou de se reconvertir.

    De plus en plus de neige artificielle
    En effet, "entre 1880 et 2012, les températures moyennes dans les Alpes ont augmenté de plus de 2 degrés" selon le rapport. Il y aura donc de moins en moins de neige et également une élévation de l'altitude où la neige tient au sol. Le déficit d'enneigement fragilise toutes les stations. Dans les plus hautes, on met en place des enneigeurs : six ont par exemple été installés à l'automne 2017 aux Deux-Alpes entre 3.200 et 3.300 mètres d'altitude.

    Or, "la viabilité économique de l'exploitation d'un domaine skiable suppose une durée minimale d'ouverture de 100 jours (généralement entre le 1er décembre et le 15 avril".

    Pour la Cour des comptes, "les objectifs environnementaux sont insuffisamment pris en compte dans l'exploitation des installations existantes comme dans les projets de développement".

    Chamonix fait figure d’exception, en-dehors de cette ville, l'enquête n'a pas observé de démarche structurante visant à lutter contre les causes du réchauffement.

    La Cour constate par exemple que "l'accès à la plupart des domaines skiables repose souvent sur la voiture individuelle, sans que des solutions alternatives ne soient étudiées".

    Les Sages recommandent aux stations de diversifier leur offre touristique. Et comme pour les activités d'hiver, cela reste souvent conditionné à la présence de neige (raquettes, luge, ski nordique...), il est conseillé de se pencher sur les activités d'été (culturelles, patrimoniales, sportives), qui pourraient compenser au moins en partie la moindre activité hivernale.

    Cependant la diversification des activités ne suffira pas. Les projets de développement doivent suivre. À Megève, on a modernisé le Palais des sports et proposé de nombreuses activités mais les capacités d'hébergement sont insuffisantes.

    Il sera sans doute "difficile de trouver le bon équilibre pour éviter le développement à outrance, car l'équilibre même des activités estivales sera difficile à atteindre".

    Développement des activités estivales
    Pour le moment, les projets qui sont tentés le sont à court terme. La majorité de ces opérations visent à préserver l’enneigement. Pour y parvenir, on doit recourir à des "expédients coûteux qui seront difficilement soutenables, comme l’aménagement de nouveaux espaces skiables, le déplacement en altitude, le remodelage de pistes, ou l'apports de neige artificielle", souligne encore la Cour des comptes.

    Source: www.franceinter.fr/sciences


    07/02/18 - La Chine devient le plus grand importateur de pétrole au monde

    Alors que la Chine a dépassé les Etats-Unis pour devenir le plus grand importateur de pétrole au monde en 2017, les experts prévoient une augmentation marginale en 2018, avec un pic cyclique possible en 2020 ou juste après.

    Selon un rapport de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) publié lundi, la Chine a surpassé les Etats-Unis en importations de pétrole brut en 2017, avec 8,4 millions de barils par jour (bpj) contre 7,9 millions pour les Etats-Unis.

    L’EIA a déclaré que l’augmentation dans les importations était principalement due aux capacités supplémentaires de raffinage et au stockage stratégique, associés à une diminution de la production domestique de pétrole.

    Etant donné le déclin attendu de la production chinoise en pétrole brut, le rapport de l’EIA estime que les importations chinoises de pétrole brut devraient continuer à augmenter au moins sur les deux prochaines années.

    Pour Jin Lei, un professeur de la China University of Petroleum, cette augmentation annuelle de 10 % fut principalement le résultat de prix du brut relativement stables au niveau mondial. Les données douanières montrent qu’en 2017, les importations de pétrole brut ont atteint les 420 millions de tonnes.

    « Avec des prix mondiaux du brut qui devraient probablement monter à près de 60 $ par baril, l’augmentation des importations chinoises de pétrole brut devrait être maintenue à moins de 10 %, mais la tendance globale à l’augmentation ne changera pas cette année », indique-t-il.

    Quant à la question de savoir quand les importations chinoises de pétrole brut atteindront leur pic, Jin Lei répond: « Bientôt. »

    « Ce pic [surviendra] probablement peu après 2020, du fait de la possible utilisation en masse des voitures hybrides et utilisant les nouvelles énergies, ainsi que de l’augmentation dans la consommation de gaz naturel et l’utilisation croissante d’autres sources alternatives d’énergie, comme les énergies renouvelables », explique-t-il.

    Selon lui, il est cependant difficile de prévoir à l’heure actuelle, si les importations chinoises de pétrole brut resteront stables après 2020 ou continueront à augmenter: « Sur le long terme, si les sources alternatives ne se matérialisent pas comme prévu et que la demande continue de croître, les importations de brut continueront d’augmenter. »

    Pour Chen Ruibi, analyste en chef dans le domaine de l’énergie au sein de l’entreprise Hicend Futures basée à Shanghai, il est « impossible » que les importations chinoises de pétrole atteignent leur pic à court ou moyen terme: « Malgré certains succès, la restructuration économique de la Chine ne peut pas se faire du jour au lendemain. Les besoins à court terme du développement signifient que la Chine ne peut pas échapper à sa dépendance à l’égard des sources traditionnelles d’énergie, parmi lesquelles le pétrole joue un rôle majeur. »

    Etant donné le nombre limité de champs pétrolifères chinois récupérables à la fois sur le plan économique et technologique, la Chine peut difficilement se défaire de sa forte dépendance vis-à-vis du pétrole brut, souligne-t-il.

    Sur cette question, les géants chinois du pétrole ont pesé dans la balance au cours de ces derniers jours.

    La China Petroleum and Chemical Industry Federation, une corporation industrielle, estime que la demande apparente de la Chine, c’est-à-dire sa production intérieure associée à ses importations nettes, pourrait augmenter de 5 % en 2018 pour atteindre les 630 millions de tonnes.

    La fédération a publié des prévisions pour plusieurs types de brut de référence cette année: le prix du West Texas Intermediate (WTI) américain devrait atteindre les 55 $ par baril; le baril de Brent - une référence internationale - devrait atteindre les 60 $; et le baril de Daqing (une base majeure de production de brut dans le nord-est de la Chine) devrait avoisiner les 53 $.

    La demande apparente de la Chine en brut devrait atteindre les 615 millions de tonnes en 2018, enregistrant une augmentation de 4,6 % en glissement annuel, indiquait le 17 janvier le site d’information Sohu.com, citant le rapport d’un institut de recherche affilié au géant pétrolier chinois, la CNPC.

    La dépendance de la Chine à l’égard des importations de brut en 2017 représentait 67,4 % de sa demande. En 2018, le volume net de ses importations de brut devrait être de 423 millions de tonnes, soit 6,7 % de plus qu’en 2017.

    Selon un rapport publié jeudi dernier par le géant chinois du gaz et du pétrole Sinopec, la demande chinoise en pétrole raffiné pourrait augmenter de 3 % en 2018.

    Avec le déclin des importations provenant du Moyen-Orient, les Etats-Unis et le Brésil vont devenir des sources importantes pour les importations chinoises de brut. La Russie devrait quant à elle rester la source principale d’approvisionnement, indique le rapport de Sinopec.

    Pour Jin Lei, la Chine va avoir de plus en plus de sources diversifiées d’énergie: « En plus du déclin de la proportion du brut de l’OPEC, l’huile de schiste résultant des explorations américaines et chinoises dans l’océan Arctique pourrait compléter les ressources énergétiques de la Chine. » Il note, que le pétrole d’Asie centrale, d’Amérique latine et d’Afrique seront également des alternatives au pétrole de l’OPEC.

    Selon lui, « en matière de sécurité énergétique, les pipelines [d’Asie centrale, de Russie et du Myanmar] font partie des premiers à être sécurisés [et] des ports au Pakistan pourraient être utilisés pour transporter le pétrole par voie terrestre, afin de contourner les régions sensibles ».

    Source: french.china.org.cn


    Mardi 06/02/18 - « Cela fait 30 ans que le mix énergétique est composé à 80% d’énergies fossiles »

    En dépit d’investissements massifs et d’un taux de croissance spectaculaire ces dix dernières années, les énergies renouvelables ne parviennent pas à faire baisser le poids cumulé du charbon, du pétrole et du gaz dans la consommation mondiale. Pour Roberto Bocca, en charge de l’énergie au World Economic Forum depuis neuf ans, le salut viendra de la digitalisation, à condition de la manier avec doigté.

    Avec 333 milliards de dollars, les investissements dans les énergies renouvelables en 2017 ont approché le record de 360 milliards de dollars atteint en 2015, selon les chiffres de Bloomberg New Energy Finance. En Europe, la production d'électricité verte (hors hydraulique) a pour la première fois dépassé celle du charbon. Pour autant, le mix énergétique mondial repose à hauteur de 80% sur les énergies fossiles. Autrement dit, rien n'a changé depuis 30 ans, en dépit des 2.500 Mds de dollars dédiés aux énergies propres depuis 2010. Et en Chine même, championne du monde des investissements verts, on observe exactement le même phénomène. Car le développement pourtant exponentiel des renouvelables ces dernières années ne pèse rien ou presque face à l'explosion de la demande en énergie. Ce constat, Roberto Bocca, en charge de l'énergie au World Economic Forum, est venu le partager avec les participants des Assises européennes de la transition énergétique, organisées cette année par le Grand Genève.

    Si le mix énergétique évolue peu, d'autres choses en revanche ont bien changé depuis que Roberto Bocca a pris ses fonctions en 2009. Entre autres, la géopolitique de l'énergie et le poids central désormais joué par la Chine et, dans une moindre mesure, l'Inde qui, toutes deux « sont passées des paroles aux actes ». Mais aussi la digitalisation, qui peut nous réserver le meilleur comme le pire, et la multiplication des partenariats public/privé.

    Eviter de remplacer "big oil" par "big brother"
    « La réflexion concernant la transition énergétique se situe à trois niveaux différents, observe-t-il : un débat idéologique qui se limite à remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables ; un raisonnement plus objectif fondé sur les données fiables dont on dispose aujourd'hui et, enfin, un débat plus profond, qui consiste à se projeter dans la perspective d'un déploiement réellement massif des énergies renouvelables. » Le charbon, le pétrole ou le gaz à grande échelle, on voit ce que cela donne. Mais le solaire ? Les batteries, qui posent des problèmes de soutenabilité de leur extraction jusqu'à leur fin de vie ? Lire l'article complet

    Source: www.latribune.fr - Auteur:Dominique Pialot


    Lundi 05/02/18 - Le méthane, oublié du climat?

    Deuxième gaz à effet de serre, le méthane n’est pas au cœur de la lutte contre le dérèglement climatique. Certains réclament une vraie « stratégie méthane », jugeant son impact largement sous-estimé.

    Bonn, en Allemagne, novembre dernier. Dans les allées de la 23e conférence climat, dont l’objectif est de lutter contre le réchauffement, pas un mot sur le méthane (CH4) – ou si peu. Alors qu’une nouvelle étude montre que les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse, chacun scrute les courbes du CO2. Et pour cause : le dioxyde de carbone est le principal responsable du dérèglement climatique, en raison de l’importance de ses émissions et de sa persistance dans l’atmosphère. Le CO2, l’ennemi numéro un.

    Le méthane, peu pris en compte dans les politiques climat

    Pourtant, des voix s’élèvent pour rappeler l’importance du méthane, le deuxième gaz à effet de serre, encore largement sous les radars de la communauté internationale. Pour certains scientifiques, il y a danger. « La croissance des émissions anthropiques de méthane à un rythme inquiétant depuis 2005 (…) ne suscite guère de commentaires », déplorent ainsi trois spécialistes, l’ingénieur Benjamin Dessus, le physicien Bernard Laponche et le climatologue Hervé Le Treut dans un article de La Recherche.

    Ils dénoncent « un profond décalage » entre les données que la science recense et analyse, notamment via le « Global methane budget » publié en décembre 2016, et la prise en compte du CH4 dans les politiques de lutte contre le réchauffement.

    Des origines naturelles et humaines au méthane
    Que sait-on du méthane ? Principal constituant du gaz naturel, « le méthane a, schématiquement, trois origines, décrit Philippe Bousquet, enseignant-chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) : la décomposition de matières organiques dans des environnements où le taux d’oxygène est bas, l’exploitation des énergies fossiles et la combustion de matière carbonée – les feux de biomasse ».

    Le méthane provient donc à la fois de sources naturelles – zones humides et inondées, fonte du pergélisol – et de sources anthropiques : agriculture (élevage des ruminants, riziculture), déchets (décharges à ciel ouvert, stations d’épuration, etc.) et émissions issues du système énergétique (grisou des mines de charbon, fuites des puits de pétrole et de gaz, etc.).

    10 millions de tonnes de méthane par an dans l’atmosphère

    D’après le « Global methane budget », près de 560 millions de tonnes de CH4 sont ainsi émises chaque année dans le monde ; une grande partie est décomposée dans l’atmosphère, une autre est absorbée par les sols. En fin de compte, 10 millions de tonnes viennent tous les ans grossir le stock déjà contenu dans l’atmosphère. Le méthane serait ainsi responsable de 20 % de l’effet de serre observé depuis le début de l’ère industrielle (le CO2, de la moitié).

    « Malgré ces chiffres, l’essentiel des efforts porte sur l’énergie et le CO2 », confirme Stéphane His, expert énergie et climat à l’Agence française de développement (AFD). Il y voit l’héritage du protocole de Kyoto de 1997. « Cet accord ne concernait que les pays du Nord, où l’enjeu était bien celui du CO2 », rappelle-t-il.

    Le méthane va dépasser le CO2

    Pour le physicien Bernard Laponche, cofondateur de l’association Global Chance, le biais vient aussi du choix de ne raisonner que sur un seul gaz. « On a mis en place le système de la tonne équivalent CO2 » pour appréhender tous les gaz à effet de serre. Problème : en raison de la faible durée de vie du méthane et de son pouvoir radiatif, il n’y a pas d’équivalence fixe entre ces gaz – tout dépend de l’année d’émission et de l’horizon vers lequel on se projette.

    « La contribution du méthane au réchauffement est donc mal comptabilisée… et largement sous-estimée », alerte Bernard Laponche, qui, avec ses collègues, propose un algorithme plus pertinent.

    Avec la décroissance prévue des émissions de dioxyde de carbone, le CH4 « va mécaniquement devenir rapidement prépondérant », écrivent-ils. Selon leurs calculs, dans le scénario le plus optimiste du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), « le méthane contribue pour 49 % à l’augmentation de la température des années 2090 ».

    La méthanisation, une solution pour valoriser le gaz

    L’enjeu est donc crucial. Car les efforts entrepris pour contenir le réchauffement sous la barre des 2 °C pourraient être en partie compromis sans véritable « stratégie méthane », que réclament ces scientifiques. « On aurait tout à gagner, appuie de son côté Philippe Bousquet. Non seulement il est moins difficile de limiter les émissions anthropiques de CH4, car elles ont moins d’impact sur nos modes de vie, mais on pourrait aussi y trouver des opportunités économiques. »

    C’est aussi l’avis de Stéphane His, à l’AFD. « Les pertes de méthane, que l’on recense sur toute la chaîne d’exploitation des fossiles, pourraient être récupérées, souligne ce dernier. Quant au méthane, issu des déchets organiques, notamment agricoles, il pourrait être mieux valorisé, notamment dans les pays du Sud. »

    Avec la méthanisation, le CH4 peut en effet être transformé en biogaz, pour produire de l’électricité ou de la chaleur. Plus largement, l’enjeu est celui de la transition énergétique. Faudra-t-il à moyen terme se passer du gaz comme du charbon et du pétrole, ou a-t-il un véritable avenir ?

    Des résultats très rapidement visibles

    Agir sur la question alimentaire lui semble en revanche plus délicat. « Bien sûr, il faut chercher des solutions, poursuit Stéphane His, mais gardons en tête que la riziculture nourrit une grande partie de la planète. » Des recherches sont actuellement menées en France, à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), sur l’évolution des pratiques rizicoles comme sur l’alimentation des bovins. La surconsommation de viande est elle aussi en jeu…

    « Nous n’avons plus le choix, constate Philippe Bousquet, qui enseigne à l’université de Versailles-Saint-Quentin. L’enjeu du dérèglement climatique est tel que nous devons agir sur l’ensemble des gaz à effet de serre. » Ce dernier estime « tout à fait possible de diminuer de 15 à 20 % les émissions de méthane en vingt ans, si on s’en donne les moyens ».

    De fait, le CH4 a un gros atout : il est beaucoup plus réactif que le CO2. Les résultats sont donc visibles plus rapidement. « Les gens verraient l’aboutissement de leurs actions, observe le chercheur, c’est un puissant levier contre le fatalisme climatique. »

    Le méthane en chiffres

    - Gaz incolore et inodore, le méthane (CH4) est le 2e gaz à effet de serre anthropique après
    le dioxyde de carbone (CO2).

    - Sa durée de vie est plus courte (une douzaine d’années) mais son pouvoir réchauffant est bien supérieur (28 fois supérieur sur cent ans).

    - 60 % des émissions de CH4 sont d’origine anthropique ; 40 % d’origine naturelle.

    - Chaque année, 558 millions de tonnes de méthane sont émises dans l’atmosphère. Après réactions chimiques (515 Mt) et absorption par les sols (33 Mt), 10 Mt de méthane supplémentaires s’accumulent tous les ans dans l’atmosphère, d’après le « Global methane budget ».

    Source: www.la-croix.com - Auteur: Marine Lamoureux


    05/02/18 - Le coût exorbitant de l'éolien offshore français

    La France a accordé 30 milliards de subventions pour des éoliennes offshore produisant 3 gigawatts. C'est trop cher pour une puissance si faible.

    « Les énergies renouvelables bientôt toutes compétitives ». C'est ainsi que « Les Echos » titraient un article sur une étude de l'Agence internationale des énergies renouvelables dévoilée mi-janvier. La subtilité est dans le « bientôt » ; l'exemple de l'éolien offshore en France en est une triste illustration. Partie dix ans après ses concurrents d'Europe du Nord, la France a tenté de combler son retard dans l'éolien offshore en attribuant des subventions massives à six projets, lauréats d'appels d'offres organisés à partir de 2011.

    L'objectif était, au-delà de l'accélération de la production d'énergie renouvelable, de faire émerger des champions industriels français du secteur, avec en première ligne les développeurs EDF et Engie, et les fournisseurs de turbines, Alstom et Areva, aujourd'hui rachetés par GE et Siemens.

    Montants financiers colossaux

    L'Etat a mis les moyens en décidant d'accorder à ces projets plus de 30 milliards d'euros de subventions sur une période de vingt ans. Des montants financiers colossaux à mettre en regard de la puissance modeste de ces projets, 3 gigawatts. Cela correspond à celle d'une paire de réacteurs nucléaires de type EPR. Le tout pour une production annuelle 40 % inférieure.

    A ce niveau de subvention, c'est une puissance de 120 gigawatts de solaire photovoltaïque qui aurait pu être financée. L'énergie produite par les grandes centrales solaires au sol, sélectionnées aux derniers appels d'offres, est environ 15 fois moins gourmande en soutien public que celle qui sera produite par l'éolien offshore à l'horizon 2020.

    Des tarifs trop chers

    Alors que la France s'est fixé des objectifs de développement des énergies renouvelables très ambitieux, l'Etat devrait orienter les moyens alloués aux énergies renouvelables vers les technologies les plus compétitives.

    Si, ailleurs en Europe, des appels d'offres pour des projets d'éolien offshore ont été gagnés en 2017 à des prix variants entre 50 et 80 euros par mégawattheure, les tarifs des premiers projets français oscillent entre 180 et 200 euros par mégawattheure.

    La France bénéficie de conditions de vent moins favorables qu'en Europe du Nord

    La France bénéficie non seulement de conditions de vent moins favorables qu'en Europe du Nord, mais, depuis 2011, les turbines disponibles sur le marché ont aussi beaucoup évolué. Les nouvelles éoliennes sont de plus grande puissance (entre 8 et 15 MW), ce qui réduit de manière importante le coût de l'énergie produite et, donc, des subventions nécessaires.

    Si la filière industrielle s'organise en France autour de la fabrication de produits de première génération, il n'y a aucune chance qu'elle soit compétitive à l'export. On prend le risque, après quelques années, le temps d'équiper les côtes françaises, qu'il faille restructurer cette filière naissante faute de nouveaux marchés.

    Sortir du risque juridique

    Malheureusement, tels que sont conçus les appels d'offres français, il y a un risque juridique important à permettre aux consortiums retenus d'utiliser des turbines différentes de celles prévues il y a déjà sept ans. Le gouvernement et les industriels se trouvent pris dans un piège administratif coûteux. Deux voies peuvent être envisagées pour en sortir :

    - la première consisterait à remettre en cause ces projets et à indemniser les consortiums. Cette stratégie, déjà éprouvée avec l'écotaxe poids lourd ou l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, constituerait un nouveau revers pour l'Etat mais aussi pour la filière industrielle dans son ensemble, qui perdrait la confiance des investisseurs.

    - Une seconde solution serait de permettre aux industriels de construire leurs projets avec des machines de nouvelle génération tout en revoyant sensiblement à la baisse le niveau des subventions accordées à ces projets. C'est ce qu'a fait fin 2017 la Belgique qui a gagné près de 4 milliards d'euros en réduisant de 40 % les tarifs accordés initialement. Des moyens juridiques robustes, y compris ceux passant par la loi, doivent être trouvés afin de résister au statu quo.

    Ces solutions permettraient à Nicolas Hulot de montrer que la transition énergétique est vraiment solidaire et que tout est fait pour en minimiser le coût.

    Source: www.lesechos.fr - Auteur: Benjamin Fremaux, expert associé à l'Institut Montaigne (Senior Fellow) énergie et climat


    05/02/18 - Comment l’écoconception s’est imposée dans les entreprises

    Dans les années 1970, des réglementations émergent pour contraindre les entreprises à prévenir la pollution industrielle. On peut citer le Clean Air Act (1970) aux États-Unis ou la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement en France (1976).

    Depuis, la prise de conscience des impacts environnementaux générés par l’industrie, mais aussi de l’intérêt stratégique, pour les entreprises, de les réduire, progresse. Certaines compagnies ont mis en place, dès le milieu des années 1990, des démarches pour maîtriser ces impacts. La première norme ISO 14001, sur les systèmes de management environnemental, est ainsi publiée en 1996.

    À la même époque, des enjeux écologiques « planétaires » (changement climatique, érosion de la couche d’ozone et de la biodiversité) suscitent une attention grandissante. On comprend, par exemple, que les émissions de gaz à effet de serre générées en un temps et un lieu donnés auront des effets dans plusieurs dizaines d’années… et ne respectent pas les frontières ! Préserver le cadre de vie local ne suffit plus : ces problèmes globaux nécessitent l’organisation de négociations internationales entre les États, à l’image de la Convention Cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dans le cadre duquel la COP21 a été organisée fin 2015 à Paris.

    Considérer les impacts amont et aval

    Simultanément, cette mondialisation des enjeux écologiques s’accompagne d’une autre mondialisation, celle des chaînes logistiques. Les activités productives, générant les impacts environnementaux les plus importants, sont souvent délocalisées dans les pays du Sud.

    La plupart des produits mis en vente aujourd’hui font intervenir des entreprises situées dans le monde entier. Si les émissions directes (de gaz à effet de serre, par exemple) générées sur le territoire de certains pays comme la France se stabilisent, leur empreinte écologique ou carbone – indicateur qui prend en compte les émissions associées aux consommations finales des habitants d’un pays – tend à augmenter.

    Cela implique que l’entreprise qui souhaite réduire ses impacts sur l’environnement ne peut plus le faire en maîtrisant seulement les impacts environnementaux directs générés sur son site industriel. Elle doit considérer à la fois les effets amont (chaîne logistique) et aval (fin de vie) de ses produits.

    La réglementation européenne encourage cette démarche dans le cadre de sa politique intégrée des produits (PIP) qui vise à « promouvoir le développement d’un marché propice à la commercialisation de produits plus écologiques et susciter un débat public sur ce thème ».

    Ainsi, la directive européenne 2009/125/CE fixe des exigences en matière d’écoconception pour les produits, liées à l’énergie (en matière de consommation maximale d’énergie ou de quantités minimales de matériaux recyclés à mettre en œuvre dans la fabrication, par exemple).

    Par ailleurs, la directive européenne 2008/98/CE relative aux déchets introduit le principe de la responsabilité élargie du producteur (REP) qui vise à « faire obligation aux producteurs, importateurs et distributeurs de ces produits ou des éléments et matériaux entrant dans leur fabrication de pourvoir ou de contribuer à l’élimination des déchets qui en proviennent ».

    Ce principe vise à soutenir la conception et la fabrication de produits selon des procédés qui facilitent leurs réparation, réemploi, démontage ou recyclage, dans l’optique d’une plus grande efficacité de l’utilisation des ressources naturelles. Il s’applique aux équipements électriques et électroniques dans le cadre de la directive 2012/19/UE, qui rend les producteurs de ces appareils responsables du recyclage et de l’élimination des déchets qui en sont issus.

    Envisager la fin de vie du produit

    L’écoconception constitue une réponse concrète que peut mettre en place l’entreprise afin d’éviter les transferts d’impacts entre les phases du cycle de vie ou entre les différents impacts environnementaux.

    Elle est basée sur une démarche multicritère (prise en compte des différentes catégories d’impacts environnementaux) et multi-acteurs (prise en compte des différentes phases du cycle de vie du produit).

    L’écoconception est définie par la norme NF X 30-264 comme l’« intégration systématique des aspects environnementaux dès la conception et le développement de produits (biens et services, systèmes) avec pour objectif la réduction des impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie à service rendu équivalent ou supérieur. Cette approche dès l’amont d’un processus de conception vise à trouver le meilleur équilibre entre les exigences environnementales, sociales, techniques et économiques dans la conception et le développement de produits ».

    Son principe de base est la notion de cycle de vie, qui vise à prendre en compte, au-delà des phases de fabrication et d’usage envisagées en conception traditionnelle, des considérations relatives à la fin de vie du produit : facilitation des phases de désassemblage, broyage, tri, valorisation, etc.

    Une démarche d’écoconception peut aller jusqu’à la mise en œuvre de nouveaux modèles économiques : par exemple, envisager un modèle d’économie de fonctionnalité afin d’étendre la durée de vie du produit.

    Des pratiques différentes

    Ces dix dernières années, l’écoconception a fait sa mutation. Elle est passée de l’époque des précurseurs et de l’expertise environnementale à celle de l’éco-innovation et des changements de modèles économiques.

    La performance est au centre des approches, comme on le voit avec l’évolution des normes. La version 2015 de l’ISO 14001 demande ainsi aux entreprises davantage de leadership, de performance et aussi d’intégrer la perspective du cycle de vie.

    Aujourd’hui, cette demande se met en place différemment d’une entreprise à l’autre ; et les outils, méthodes ainsi que le management associé varient beaucoup selon le niveau de maturité de la firme et de son positionnement stratégique initial.

    Source: theconversation.com - Auteur: Natacha Gondran, enseignante-chercheuse en évaluation environnementale, Mines Saint-Etienne - Institut Mines-Télécom - Samuel Mayer, directeur du Pôle Éco-conception et management du cycle de vie, a contribué à la rédaction de cet article


    05/02/18 - Australie : 50 000 foyers vont être transformés en centrale électrique

    Le projet sera financé par le gouvernement australien à hauteur de deux millions de dollars (144 millions FCFP) ainsi que par un prêt de 30 millions de dollars australiens accordé pour les technologies renouvelables.

    L'Australie-Méridionale a annoncé dimanche qu'elle allait installer des panneaux solaires et des batteries Tesla dans 50.000 foyers, projet destiné à transformer le logement des habitants en gigantesque usine de production d'électricité.

    "Nous allons offrir au monde sa plus grande usine virtuelle de production d'énergie". La plus grande batterie au monde, une batterie lithium-ion fournie par Tesla, le constructeur de voitures électriques fondé par le milliardaire Elon Musk, se trouve déjà en Australie-Méridionale où elle doit alimenter 30.000 logements. Le gouvernement local cherche à mettre en place d'autres moyens pour pallier les carences de son réseau électrique avec de l'énergie propre. L'Etat d'Australie-Méridionale avait été entièrement privé d'électricité en 2016 à la suite de vents violents et de pluies torrentielles.

    "L'usine virtuelle pourra fournir autant d'énergie qu'une centrale à charbon". Le projet dévoilé dimanche prévoit d'installer gratuitement chez les habitants des panneaux solaires ainsi que des batteries Tesla. Il sera financé par la vente d'électricité produite en surplus par le réseau. "Mon gouvernement a déjà offert au monde sa plus grande batterie, maintenant nous allons offrir au monde sa plus grande usine virtuelle de production d'énergie", a déclaré le Premier ministre de l'EDat Jay Weatherill. Durant la phase d'essai, 1.100 logements sociaux seront équipés de systèmes capables de produire 5kW. Puis, 24.000 autres logements sociaux ainsi que des domiciles privés seront dotés, pour un total de 50.000 foyers d'ici quatre ans.

    D'après Tesla, le réseau de panneaux solaire aura une capacité de 250 mégawatts et les batteries une capacité de stockage de 650 MWh. "A des moments clé, l'usine virtuelle pourra fournir autant d'énergie qu'une centrale à charbon ou une turbine à gaz", a ajouté le constructeur dans un communiqué.

    Source: la1ere.francetvinfo.fr avec l'AFP


    Vendredi 02/02/18 - Réchauffement climatique: le littoral européen menacé par la montée des eaux

    La conférence des Nations Unies sur le climat (COP23), qui s’est tenue à Bonn en novembre 2017 a tiré la sonnette d’alarme sur les risques encourus si rien n’est fait pour limiter le réchauffement climatique. Alors que les calottes glaciaires fondent et que le niveau de la mer monte, de grandes portions de côtes vont bientôt faire face à un destin salé, notamment aux Pays-Bas, en Belgique et en Grèce. Selon les dernières estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la mer devrait s’élever de 40 centimètres à un mètre d’ici à 2100.

    Éviter ces ravages est possible mais onéreux. Un rapport de la Banque Mondiale publié durant la COP23 révèle que les îles Fidji doivent investir 4,5 milliards de dollars durant la décennie à venir pour se protéger des conséquences de la montée du niveau de la mer, dont elles sont déjà victimes. Cette somme est l’équivalent du PIB annuel du pays.

    La situation des Fidji est un avertissement pour l’Europe et le reste du monde.

    Selon l’Agence européenne pour l’environnement, le niveau de la mer a augmenté de trois millimètre par an depuis 1993. Cela signifie que les océans sont désormais plus de sept centimètres plus hauts qu’il y a 25 ans. Néanmoins, comme le niveau de la mer a augmenté de 19,5 centimètres durant les 100 dernières années, l’augmentation n’a pas été régulière. Au contraire, le processus s’accélère.

    L’ampleur exacte du phénomène dépend de nos efforts pour freiner le réchauffement climatique. Si l’Europe a encore du temps pour se préparer, le danger est à la porte de nombreuses villes européennes.

    Venise installe actuellement 57 barrières anti-inondation pour empêcher la mer d’envahir la lagune vénète. Le coût total pour protéger ce site historique est de 5,5 milliards d’euros. Les Pays-Bas, vétérans de la gestion des inondations, ont répondu au problème en partie en concevant des maisons flottantes. En Grande-Bretagne, 1,8 milliard de livres ont été assignées pour la protection de Londres et des zones autour de la Tamise contre les inondations à venir durant le siècle prochain. En effet, le sud de l’Angleterre souffre déjà régulièrement d’inondations en hiver. Barcelone, Istanbul, Dublin, ainsi qu’une grande partie des Pays-Bas et de la Belgique sont aussi vulnérables à la montée des eaux.

    Cela signifie que les politiciens et les législateurs européens doivent agir dès maintenant pour éviter des dommages catastrophiques.

    L’approche doit être double :
    - mettre en place des mesures physiques pour protéger ces zones de dommages potentiels causés par l’eau;
    - réduire les dégâts environnementaux qui causent la montée des eaux pendant qu’il est encore temps.

    Ces deux approches nécessitent des informations fiables et détaillées sur les changements qui affectent localement le littoral.

    Le programme Copernicus fournit ces données essentielles, ainsi que des informations pour atténuer les défis climatiques. “Mesurer le niveau des mers est crucial pour suivre l’évolution de notre climat”, explique Jean-Noël Thépaut, qui dirige le service Changement Climatique de Copernicus. “Il est important que les autorités et les législateurs aient une vision holistique du défi que constitue le changement climatique, et comment il affecte de nombreux aspects de notre planète“. Pour ces raisons, le service Changement Climatique de Copernicus mesure le niveau des mers, de la banquise, la température de surface des mers, et des variables terrestres comme l’humidité du sol : “Nous voulons avoir une approche qui intègre ce que nous appelons le cycle de l’eau, car cela nous permet de suivre dans sa globalité l’évolution du climat”, souligne Jean-Noël Thépaut.

    L’une des organisations qui fournit des données au service ‘changement climatique’ de Copernicus s’intitule ‘CLS Collecte Localisation Satellites’, un institut français de recherche et d’exploration océanique. Selon Gilles Larnicol, en charge du service Océanographie du CLS, le rôle clé de l’organisation est de s’assurer que les données récoltées soient précises et au-delà de tout reproche. “A chaque fois qu’un nouveau port ou bâtiment est placé à proximité du littoral, la construction doit prendre en compte les projections de montée du niveau de la mer”, souligne M.Larnicol. “Le modèle du GIEC est crucial pour cette mission, mais il est important de recouper les informations avec d’autres sources, telles que les données que nous collectons”.

    En reconnaissance de l’importance du niveau des mers comme indicateur du réchauffement climatique, la Conférences des Nations unies sur les changements climatiques a dédié deux jours entiers de son programme aux océans. L’accord de Paris, signé par 194 pays, a pour objectif de limiter l’augmentation des températures à 1,5-2°C d’ici à la fin du siècle. Jean-Noël Thépaut, le dirigeant de Copernicus, pense qu’il y a des raisons d’être optimiste : “l’objectif est difficile à atteindre, mais si des pays s’engagent à oeuvrer ensemble pour réduire l’émission des gaz à effet de serre, il sera possible de limiter les effets du changement climatique, de contenir l’augmentation des températures à des niveaux acceptables, et par conséquent limiter la montée des mers.”

    Source illustrée: fr.euronews.com


    05/02/18 - Crise de l'eau au Cap: le très redouté "Jour zéro" reculé d'un mois

    Les autorités de la mégapole sud-africaine du Cap, victime d'une sécheresse historique qui menace la distribution en eau potable, ont annoncé lundi avoir reculé d'un mois au 11 mai le très redouté "Jour zéro" où les robinets pourraient être à sec.

    "Le jour où nous pourrions être contraints de faire la queue pour être ravitaillés en eau devrait être repoussé à la mi-mai, à cause d'une baisse de la consommation d'eau pour l'agriculture", s'est réjoui le maire adjoint du Cap (sud-ouest), Ian Neilson.

    "Mais les Captoniens doivent continuer à réduire leur consommation si l'on veut éviter le +Jour zéro+", s'est empressé d'ajouter M. Neilson dans un communiqué.

    "Il n'y a pas eu de réduction significative de l'usage urbain, tous les Captoniens doivent continuer à ne pas utiliser plus de 50 litres" par jour et par personne, a-t-il insisté.

    La date du "Jour zéro" varie plusieurs fois par semaine en fonction des efforts réalisés par les 4 millions d'habitants de la deuxième ville d'Afrique du Sud, très prisée des touristes.

    Il avait été fixé la semaine dernière au 16 avril.

    La consommation quotidienne d'eau potable de l'agglomération du Cap a été drastiquement réduite ces dernières semaines, mais elle dépasse encore largement la barre des 450 millions de litres par litre qui éviterait l'épuisement de ses réserves. La semaine dernière, elle atteignait encore 547 millions de litres.

    Si le "Jour zéro" se produit, les habitants du Cap devront se ravitailler à 200 points de collecte d'eau, où ils recevront un maximum de 25 litres par jour et par personne.

    Toute l'Afrique australe a subi ces dernières années une forte sécheresse, aggravée par le phénomène météorologique cyclique El Niño. Les pluies des derniers mois ont permis à l'essentiel de la région de refaire ses précieuses réserves d'eau.

    La région du Cap a toutefois fait exception, elle qui reçoit l'essentiel de ses précipitations de mai à août.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    Dimanche 04/02/18 - Enfin une base mondiale des espèces invasives !

    L’Union internationale de conservation de la nature publie son registre mondial des espèces introduites et invasives. Les écologues mais aussi les pouvoirs publics peuvent ainsi avoir une idée du phénomène dans leurs pays, ainsi qu’une évaluation des impacts.

    Les espèces invasives, combien de divisions ? Jusqu'à présent, il était bien difficile de se faire une idée des arrivées de bactéries, champignons, plantes, animaux sur des territoires d'où ils étaient auparavant absents. De même, il était bien difficile de savoir si cette irruption avait un impact sur les écosystèmes préexistants. L'Union internationale de conservation de la nature (UICN) vient donc de sortir son registre global par pays le plus complet possible.

    La compilation des données n'a en effet pas été simple partout. En France (et dans la plupart des pays développés), il existe déjà une liste des espèces introduites gérée par l'Inventaire national du patrimoine naturel que l'on retrouve donc désormais dans le registre global (GRIIS pour Global Register of Introduced and Invasive Species). Mais dans de nombreux pays, la qualité des données, la couverture du territoire et l'accessibilité aux informations sont difficiles, les bases de données n'ont pas toujours les mêmes buts, et les aires de répartition ainsi que les dynamiques de conquête de milieux naturels n'ont pas fait l'objet d'études précises. 198 États, soit la totalité de la planète, sont cependant présents dans le registre. Aucun n'est indemne de toute invasion.

    Tous les pays de la planète subissent des espèces invasives

    L'UICN a choisi de donner en exemple 20 pays où 11 000 espèces invasives ont été enregistrées. Le pays le moins touché est la Mongolie avec 77 espèces recensées, le plus atteint l'Afrique du Sud avec 2107 “aliens” répertoriés. Une différence de situation qui souligne l'importance du milieu marin dans la diffusion des espèces. L'homme est toujours à l'origine des intrusions avec deux principaux modes, le commerce et le transport. Les eaux de ballast des navires constituent ainsi le moyen le plus efficace pour les animaux marins de voyager. Un récent accord international vient d'en imposer le nettoyage. La commercialisation de végétaux explique que 3,9% de toutes les plantes vasculaires dans le monde ont été introduites dans des régions où elles ne poussaient pas auparavant. Les effets sont nombreux : perte de biodiversité, disparition d'espèces autochtones rares, effets sanitaires sur l'homme imprévus comme en France les allergies dues à l'ambroisie, arrivée d'Amérique du Nord en 1863 avec des lots de semences fourragères.

    L'UICN ne s'est pas contenté de faire des listes. Cet organisme onusien a aussi tenté — là où les informations étaient disponibles — de déterminer les territoires où les organismes invasifs se sont implantés ainsi que la dynamique de diffusion. Et ce afin d'en faire un outil de progrès. Le registre répond en effet à une obligation internationale édictée en 2010 au Japon dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB) : d'ici à 2020, les États se sont engagés à identifier les espèces invasives ainsi que leur mode d'entrée sur les territoires, à contrôler et éradiquer les individus présents et à empêcher toute nouvelle introduction. Le registre est un outil destiné à aider les administrations à mettre en œuvre cette disposition qui est loin d'être appliquée alors que l'échéance arrive dans deux ans.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement - Auteur: Loïc Chauveau


    Vendredi 02/02/18 - Votre maison est-elle exposée au dangers du radon ?

    Le Radon est un gaz silencieux mais mortel. Il cause 3.000 décès en France. Etes-vous potentiellement en danger ? Découvrez-le.

    Vous n’en avez sans doute jamais entendu parler en dehors d’un cours de physique-chimie au lycée. Le Radon, est un gaz radioactif incolore et inodore qui cause 3.000 morts par an en France. 2e cause du cancer du poumon, il est particulièrement présent dans plusieurs régions de notre territoire.

    Un gaz invisible mais létal
    Vous ne pourrez pas le sentir, le voir ou vous rendre compte de sa présence. Le radon est un tueur invisible. Déclaré comme cancérigène depuis 1987, il peut être aussi dangereux que les accidents sur la route. Avec entre 1.200 et 3.000 morts par an, cette deuxième cause du cancer du poumon, ne s’incline que face au tabac.

    Comment se manifeste-t-il ? Il faut tout d’abord savoir que la centrale nucléaire la plus proche de vous est innocente. On parle ici d‘un gaz 100 % naturel qui produit sa propre radioactivité. Il émane du sol par la décomposition de l’uranium présent dans les roches granitiques ou volcaniques. C’est dans vos maisons que le danger peut ensuite apparaître. Il s’immisce par les fissures dans les chapes de béton. Si votre maison n’est pas assez aérée, le danger commence alors à apparaître.

    80% de la Loire-Atlantique

    Comment savoir si votre ville peut être sensible à ce problème ? Il faut savoir que le radon est avant tout localisé dans certaines régions. On peut ainsi le trouver en Bretagne, Normandie, Massif central, Pyrénées, une partie des Alpes, Vosges, Corse, Guyane ou encore Nouvelle-Calédonie pour les zones les plus importantes. Le record est toutefois détenu par la Loire-Atlantique avec 80% de son territoire ayant un fort potentiel de Radon. Pour savoir si vous êtes concernés, rendez-vous sur la carte mise en ligne sur le site internet de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire).

    Mais être dans une zone à fort potentiel, ne signifie pas pour autant que vous allez être victime de la radioactivité du radon. Jean-Pierre Sarrazin, de l’association UFC Que Choisir détaille : “une meilleure aération peut suffire à régler le problème”. Le problème réside dans l’information. Beaucoup de personnes ignorent être dans une zone sensible au radon et ignorent même l’existence de celui-ci.

    Une législation qui va évoluer

    C’est justement pour gagner en visibilité que la législation va prochainement évoluer. A l’heure actuelle, on dispose d’informations au niveau départemental. L’idée est désormais de descendre à l’échelon communal avec des informations plus précises. Le chiffre de 7.033 communes classifiées comme étant à fort potentiel de radon est annoncé. Le taux de concentration maximum de radon va aussi être revu à la baisse. S’il excède 300 becquerels (contre 400 auparavant) par mètre cube d’air (Bq/m³), des travaux sont obligatoires.

    Source + carte: www.minutenews.fr


    02/02/18 - Ecouter la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe

    Le secteur forestier participe de manière significative au développement, mais sa contribution reste une nébuleuse, estime un rapport commandité par le ministère de l’Environnement.

    Le but du rapport est de pouvoir évaluer les différentes formes d’exploitation des ressources, le bois d’œuvre et bois de service, le bois d’énergie, la sylviculture, les produits forestiers non ligneux (PNFL), l’écotourisme et les services environnementaux). Les activités liées à la forêt sont nombreuses et génèrent des revenus dont il s’avère très difficile de connaître les rentrées pour l’Etat. Idem pour les emplois directs et indirects créés. Le document prend aussi en compte les pratiques illégales.

    Cette étude va permettre d’y voir un peu plus clair. Elle est également très utile pour la poursuite du programme REDD+.

    La réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation (REDD+) est une proposition de mécanisme d’atténuation du changement climatique qui doit permettre de réduire les émissions des gaz à effet de serre en payant les pays en voie de développement pour qu’ils cessent d’abattre leurs forêts.

    La destruction de la forêt tropicale est à l’origine de à 7à 12% des émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines, une proportion plus élevée que celle provenant des voitures, des poids lourds, de la marine, des avions et des trains du monde entier.

    Le REDD+ est une façon appropriée de protéger les forêts et la biodiversité et de ralentir le changement climatique.

    La Banque mondiale (via le Fonds de Partenariat pour le Carbone Forestier) soutient cette initiative dont profite le Togo depuis 2016. Elle est exécutée sur 4 ans à hauteur de près de 4 millions de dollars.

    ‘Malgré sa superficie limitée, le Togo est un important réservoir de biodiversité et abrite divers écosystème allant de la savane au nord aux forêts tropicales au sud-ouest en passant les mangroves et les riches écosystèmes côtiers et marins de la bande côtière’, rappelle André Johnson, le ministre de l’Environnement.

    Une connaissance très précise du secteur est donc indispensable.

    Source: www.republicoftogo.com


    02/02/18 - L’huile de palme sur une pente glissante

    La coalition suisse sur l’huile de palme demande d’exclure ce produit controversé de la négociation de l’accord de libre-échange avec l’Indonésie, qui touche à sa fin. A Bruxelles, le parlement européen vient de décider de l’exclure du quota d’agro-carburants d’ici 2021.

    Sale temps pour l’huile de palme. Cette huile végétale, qui entre dans la composition de près de la moitié des produits alimentaires, cosmétiques et de nettoyage qu’on trouve dans les supermarchés, en raison de son faible coût, de sa résistance à la chaleur et de son rendement exceptionnel, est produite à 90% en Indonésie et en Malaisie. Dès lors, elle représente un produit stratégique pour les gouvernements de ces deux pays, mais aussi la principale pierre d’achoppement dans les négociations des accords de libre-échange avec la Suisse (par le biais de l’AELE, l’Association européenne de libre-échange). Actuellement, l’importation d’huile de palme est frappée d’un droit de douane de 100%, qui vise surtout à protéger les producteurs suisses de colza et de tournesol. L’Indonésie et la Malaisie demandent de baisser drastiquement ce tarif douanier, voire de le ramener à zéro, ce qui a créé une levée de boucliers. Pas moins de 23 interventions ont été déposées au Parlement depuis 2010, date du début des négociations avec l’Indonésie. Celles-ci, précisément, sont à bout portant, alors que celles avec la Malaisie ont pris un peu de retard.

    Aujourd’hui même, la coalition suisse sur l’huile de palme, qui comprend douze organisations paysannes, de développement – dont Alliance Sud – de protection de l’environnement et des consommateurs, a publié une lettre ouverte au Conseiller fédéral Johann Schneider – Amman et aux ministres indonésiens compétents, pour demander d’exclure l’huile de palme de l’accord avec l’Indonésie. Concrètement, cela veut dire ne pas baisser les droits de douane pour faciliter encore davantage l’importation de ce produit controversé. Car cela entraînerait une augmentation de la production, qui pose d’énormes problèmes du point de vue environnemental, social, des droits humains et des droits du travail : déforestation, pollution, diminution de la biodiversité, confiscation des terres, violation des droits des communautés locales et des travailleurs…. La liste des griefs est longue.

    Les signataires s’opposent aussi à la prise en compte de tout label prétendument durable sur l’huile de palme, dont le célèbre RSPO (Table-ronde sur l’huile de palme durable), une initiative volontaire créée à Zurich en 2004 et qui regroupe aujourd’hui plus de 2’000 membres, issus surtout du secteur privé, mais aussi quelques ONG comme le WWF. Le problème du RSPO est notamment qu’il autorise certaines formes de déforestation, que ses lignes directrices sont vagues et que son mécanisme de contrôle et de plainte est faible. La lettre a été signée aussi par l’association indonésienne Wahli, membre d’Amis de la terre Indonésie, qui vient de soutenir la plainte de deux villages indonésiens contre le RSPO auprès du point de contact suisse auprès de l’OCDE. Les communautés villageoises reprochent à RSPO de ne rien faire contre la déforestation occasionnée par une société malaisienne, pourtant membre du label, à West Kalimantan.

    A Bruxelles, les nuages s’amoncellent aussi. Après que des ONG indonésiennes ont demandé d’exclure l’huile de palme des négociations de l’accord de libre-échange avec l’UE, fin janvier le parlement européen a voté pour l’exclure du quota européen d’agro-carburants d’ici 2021. Il va devoir convaincre la commission européenne et le Conseil européen, qui ne sont pas du même avis, mais ce vote a déjà jeté un froid sur les négociations de l’accord de libre-échange avec la Malaisie.

    On va voir qui, de la Suisse ou de l’UE, va coiffer l’autre au poteau en concluant la première des accords de libre-échange avec les deux principaux producteurs d’huile de palme au monde. Cela pourrait bien être la Suisse, mais il faut alors qu’elle ne le fasse pas au détriment de la biodiversité, des droits humains et des droits des communautés locales. Cela pourrait créer un dangereux précédent.

    Source: blogs.letemps.ch - Rédaction: Isolda Agazzi


    02/02/18 - Voyage dans un trou de forage en Antarctique, à 300 mètres sous le sol

    Une équipe de scientifiques néo-zélandais a foré un trou vertigineux d’environ 300 mètres sous la glace de la barrière de Ross, la plus grande barrière de glace de l’Antarctique, et y a plongé une caméra pour y étudier les effets du changement climatique.

    La barrière de Ross est la plus grande barrière de glace de l’Antarctique. Ce glacier plat est large d’environ 800 kilomètres et s’étend sur environ 487 000 kilomètres carrés, soit quasiment la superficie de la France. Les scientifiques du programme Ross Ice Shelf, qui réunit des universités et des instituts de recherche néo-zélandais, a décidé d’y creuser un trou de forage de 300 mètres de profondeur.

    C’est pour tenter d’étudier et de comprendre – en situation réelle – comment le réchauffement climatique impacte les bases de cette immense barrière de glace qu’ils ont forée de la sorte. Ils ont ensuite pu sonder ce tunnel vertigineux, de bas en haut. L’équipe en rapporte des images (voir la vidéo en fin d’article) ainsi que des résultats préliminaires, qui sont publiés dans la revue The Conservation. Dans cette publication, ils expliquent que « ces nouvelles données indiquent un réchauffement de l’océan, par rapport aux données collectées en profondeur dans les années 1970 ».

    S’il affirment aussi que les informations récoltées durant ces travaux ne permettent pas pour le moment d’affirmer avec certitude que la « durée de vie » de la barrière de Ross sera affectée par le changement climatique, ils rappellent qu’elle a subi des taux de fonte anormalement élevés au cours de ces dernières années.

    Pour rappel, les barrières de glace de l’Antarctique agissent comme de vrais murs contenant l’afflux de glace. La barrière de Ross étant la plus grande du continent, la voir se briser – ou même seulement se fissurer – constituerait un grand risque d’ouvrir « les vannes » et de voir s’y évacuer des vagues successives de fonte glaciaire. Cela aurait pour conséquence directe une accélération de la montée des océans sur toute la planète.

    https://sciencepost.fr/2018/02/voyage-trou-de-forage-antarctique-a-300-metres-sol/>sciencepost.fr (David)


    01/02/18 - Climat: la hausse de la température moyenne de la Terre pourrait flirter avec 1,5°C d'ici à 2022

    L'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris sur le climat ne devrait sûrement pas être atteint, selon une prévision du Met Office, le service de météorologie britannique.

    Une sérieuse alerte sur le réchauffement climatique vient d'être lancée par le Met Office, le service de météorologie britannique. Pour le professeur Stephen Belcher, directeur scientifique de cette institution qui compte 500 chercheurs, «compte tenu de ce que nous avons noté ces trois dernières années sur la température globale moyenne, environ 1°C au-dessus des niveaux préindustriels, il est maintenant possible que le réchauffement provoqué par les gaz à effet de serre associé à la variabilité du climat puisse conduire à une hausse temporaire supérieure à 1,5°C dans les cinq prochaines années».

    Autrement dit, l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris sur le climat, limiter l'augmentation de la température à 1,5°C, adopté en décembre 2015, pourrait être bientôt dépassé. C'est la première fois qu'une prévision aussi pessimiste sur le climat, à court terme, est réalisée par l'un des instituts les plus réputés au monde. Les précédentes prévisions prévoyaient que ce seuil serait franchi vers 2040 ou, au pire, dans les dix prochaines années. Il y a même 10% de risques que ce seuil de 1,5°C soit dépassé d'ici à 2022, complète l'institut britannique.

    Conjonction d'un puissant El Niño et des émissions de gaz à effet de serre

    Seuls, les gaz à effet de serre ne suffiront pas pour que la température passe au-dessus des 1,5°C d'augmentation. Il faudra, en outre, qu'un phénomène climatique extrême de grande ampleur, comme El Niño, qui revient de manière récurrente tous les deux à sept ans, se manifeste. Le dernier événement El Nino, en 2015-2016, très marqué, a conduit à ce que 2016 soit l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec une hausse moyenne du mercure proche de 1,1°C.

    Par ailleurs, une récente publication dans Nature sur la reconstitution des températures en Amérique du Nord et en Europe depuis le début de l'Holocène (qui a démarré il y a près de 12.000 ans), estime que les émissions anthropiques (liées à l'homme) sont le principal facteur du réchauffement. «Nous avons appris que les fluctuations naturelles du climat, depuis 11.000 ans, auraient dû conduire à une température plus basse en l'absence d'activités humaines», assure Jeremiah Marsicek, premier auteur de l'article, chercheur en géologie et en géophysique à l'université du Wyoming (États-Unis).

    En octobre 2018, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) doit rendre public un rapport donnant une liste des actions à entreprendre pour limiter la hausse de la température moyenne à 1,5°C. Il ne resterait donc plus beaucoup de temps pour les mettre en place... Sinon, les pays viseront seulement l'objectif moins ambitieux de l'accord de Paris qui vise à limiter à 2°C la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre.

    Source : www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Marc Cherki

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