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CLIMAT / METEO
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Les thèmes abordés ici sont l'environnement, l'écologie et le développement durable. Les articles sont classés chronologiquement.

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    31/10/18 - Réchauffement climatique: nous nous dirigeons vers un nouveau Crétacé

    De nombreuses personnes pensent au changement climatique comme une augmentation des températures. Mais cela va plus loin que ça et nous nous dirigeons, selon certains scénarios, vers un nouveau Crétacé avec des conséquences que nous ne pouvons même pas imaginer.

    3 degrés Celsius en 2100 ?

    Nous savons depuis les années 80 ce qui nous attend. Les mesures envisagées, à cette époque, pour réduire les émissions de 20 % jusqu’en 2005 auraient pu limiter la hausse de la température mondiale à moins de 1,5 degré Celsius. Mais rien n’a été fait et la masse de données climatiques accumulées depuis lors ne fait que confirmer et affiner les prévisions initiales. Alors où en sommes-nous maintenant ?

    En novembre 2017, la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP23), réunie à Bonn, avait annoncé que le réchauffement de 3 degrés Celsius d’ici 2100 était désormais une attente réaliste. Sans contrôle des émissions, nous sommes sur le point de voir les niveaux pré-industriels de CO2 doubler (de 280 à 560 PPM, ou parties par million) d’ici 2050, puis doubler à nouveau d’ici 2100. En bref, nous allons générer des conditions climatiques durables qui se sont produites pendant le crétacé (145 à 65,95 millions d’années) lorsque les niveaux de CO2 ont dépassé 1 000 PPM).

    Qu’est-ce que cela pourrait signifier, étant donné que nous atteignons déjà de tels niveaux de CO2 dans les chambres à coucher la nuit et dans des endroits surpeuplés et mal ventilés, et lorsque nous savons que, dans des conditions soutenues de concentration aussi élevée en dioxyde de carbone, les personnes souffrent de graves problèmes cognitifs ?

    Le nouveau Crétacé

    Il se trouve que le Crétacé est l’une de mes périodes géologiques préférées. Cela nous a donné les grandes collines calcaires et les falaises qui chevauchent l’Europe. Le Crétacé nous a donné des figues, des platanes et des magnolias. Il a nourri de petits mammifères, qui se sont soudainement épanouis lorsque les seigneurs de la création de l’époque, Triceratops, Tyrannosaurus et leurs cousins, se sont éteints à la fin de la période. Il faisait également très chaud, avec des températures globales de 3 à 10 degrés Celsius supérieures aux niveaux préindustriels.

    Si cela devait se produire, toute nouvelle ère avec un climat semblable au Crétacé ne refléterait pas exactement la première. Pour commencer, les continents étaient alors dans des positions très différentes : l’Inde était une île encore à des milliers de kilomètres au sud de son union avec l’Asie ; un large océan séparait l’Afrique (avec l’Amérique du Sud toujours attachée) de l’Eurasie.

    Les reptiles deviendront de nouveaux dinosaures

    Mais lors d’un nouveau Crétacé, il n’y aurait probablement plus de glace aux pôles et le niveau de la mer se situerait à environ 66 mètres au-dessus des niveaux actuels. Nous assisterions également à la création de vastes mers chaudes et peu profondes avec des gisements minéraux similaires à ceux qui ont produit des strates de craie épaisses de 400 mètres dans l’ancien Crétacé. Les plus gros mammifères disparaîtront, mais les reptiles pourraient proliférer à travers le monde et grandir considérablement en taille… une revanche appropriée pour un dinosaure ?

    La seule façon dont je puisse concevoir que des êtres humains vivent à l’ère du Nouveau Crétacé est comme un groupe de scientifiques et de techniciens travaillant dans des abris artificiels et protégés, un peu comme les habitants de la ville invisible de Baucis, du romancier Italo Calvino, dans laquelle les gens vivent au-dessus des nuages avec des échasses en contemplant avec fascination leur propre absence.

    La bulle humide

    Nous avons récemment pris conscience d’une ligne rouge que les humains vont franchir bien avant que nous abordions les conditions du Crétacé. En 2010, des chercheurs ont montré que notre espèce ne pouvait pas survivre plus de 6 heures à une température dite de bulle humide de 35 degrés Celsius. Une bulle humide indique 100 % d’humidité, donc ce n’est pas 35 degrés cela tel que nous le connaissons. Mais dans les grandes régions agricoles indiennes de l’Indus et du Gange, les températures élevées dans les années 40 combinées à 50 % d’humidité (ce qui équivaut à une température de bulle humide de 35 degrés Celsius) vont régner dans quelques décennies.

    Bien que cela se produise dans les régions agricoles chaudes, le monde urbain sera confronté à une catastrophe peut-être encore plus grave. Selon les prévisions les plus probables de l’augmentation de la température de l’ONU (3 degrés Celsius), les forêts se développeraient dans l’Arctique et entraîneraient la disparition de la plupart des villes côtières du fait d’une élévation irréversible du niveau de la mer d’ici la fin du siècle.

    L’impact humain

    Les scientifiques du moins, admettent maintenant que les êtres humains sont devenus des agents géologiques, d’où l’attribution d’une nouvelle époque géologique : l’Anthropocène. Les intrants humains dans l’environnement, notamment les engrais azotés artificiels et le CO2, dépassent maintenant les cycles naturels. L’idée populaire selon laquelle la géologie et les préoccupations humaines sont totalement incommensurables est contredite par le fait que la Terre a parfois évolué très rapidement.

    Deux grands événements de réchauffement, avec une longue période de refroidissement entre eux, ont mis fin à la dernière période glaciaire, il y a 12 600 ans, environ 9 600 ans avant notre ère. Les deux ont produit des pointes de 10 degrés dans les carottes de glace du Groenland. La première s’est déroulée sur trois ans seulement ; la seconde, qui a inauguré les conditions relativement stables de l’Holocène, s’est déroulée sur une période d’environ 60 ans.

    Des conséquences qui durent des milliers d’années

    Une leçon à tirer pour aujourd’hui est qu’un changement climatique aussi soudain et durable a des conséquences qui durent des milliers d’années. Ce réchauffement a provoqué la propagation d’un énorme lac en Amérique du Nord lors de la fonte de la calotte glaciaire laurentidienne, puis de son éclatement, ce qui a entraîné une élévation importante du niveau de la mer et la formation des Grands Lacs et des chutes Niagara quelque 2 500 ans plus tard.

    La Grande-Bretagne a finalement été séparée de l’Europe 3500 ans après le début de l’Holocène ; et comme les calottes glaciaires du nord ont fondu, la terre s’est élevée. Cela se poursuit aujourd’hui en Suède à un rythme de près de 1 cm par an. Cette époque, notre époque, est techniquement interglaciaire et elle allait se terminer d’une façon ou d’une autre. La Terre a généralement été violemment instable ou hostile pendant de longues périodes, trop chaude ou trop froide pour la civilisation humaine.

    Si nous n’avions pas forcé les températures mondiales à la hausse en raison des émissions de CO2, nous ferions très probablement face à une nouvelle ère glaciaire ; L’holocène se termine aussi vite qu’il a commencé avec une nouvelle pointe de température se produisant au cours de la vie humaine normale.

    Le cadeau de l’Holocène

    Ainsi, même si nous discutons de la nouvelle normalité, nous devons reconnaître qu’il n’y a rien de normal dans l’Holocène. L’analyse par des experts de la façon dont la civilisation humaine s’est développée au cours de la période bénigne des 10 000 ans de l’Holocène est de plus en plus connue. Le généticien David Reich montre le chemin, avec son compte-rendu brisant le mythe Who We Are and How We Got Here (2018), utilisant des recherches basées sur un ADN ancien pour relier le mouvement humain au développement du langage.

    Une telle connaissance approfondie de la période affirme que notre problème ne se limite pas aux émissions de CO2 de l’ère postindustrielle (le réchauffement climatique a en tout cas commencé probablement avec le défrichement des forêts pour une agriculture précoce), mais insiste sur le fait que l’Holocène était un cadeau angoissant pour l’humanité que nous avons exploité et pris pour acquis. Nous assistons maintenant à ses funérailles.

    Source: actualite.housseniawriting.com/science - Rédaction: Houssen Moshinaly avec Peter Forbes


    Lundi 29/10/18 - 6 scénarios qui nous attendent face au réchauffement climatique

    Dans la prise de conscience collective du changement climatique, un tournant s'est produit cet été. Sommes-nous en train de changer de société?

    Ceci est lié bien évidemment à la canicule et à la sécheresse que l'on a pu connaître en France et dans une grande partie de l'Europe, mais aussi aux incendies ou à d'autres événements climatiques extrêmes que des pays peu habitués à ce genre de phénomènes, comme la Suède, ont pu subir.

    Plusieurs éléments tendent à montrer qu'il y a, en effet, une prise de conscience nouvelle tant en France que dans d'autres pays développés. Le Danemark a ainsi annoncé dernièrement qu'il souhaitait interdire la vente de voitures neuves fonctionnant à essence ou au diesel à partir de 2030 et de voitures hybrides à partir de 2035, alors que la Californie annonçait tabler sur 100% d'énergie propre d'ici à 2045. Un Sommet mondial pour l'action climatique réunissant le secteur privé, les collectivités locales et des ONG s'est déroulé au mois de septembre à San Francisco, tandis que les maires des principales villes européennes ont lancé récemment un appel en faveur de la lutte contre le changement climatique. Des marches citoyennes pour le climat ont été également organisées dans de nombreux pays en septembre et en octobre. Enfin, une conférence sur le thème de la post-croissance a eu lieu pour la première fois au Parlement européen les 17 et 18 septembre dernier, sans parler des débats générés un peu partout par le dernier rapport du GIEC publié en octobre.

    En France, on peut mentionner comme symptôme récent de cette prise de conscience l'Appel des 200 personnalités à l'instigation de l'astrophysicien Aurélien Barrau et de Juliette Binoche, l'émoi suscité par la démission de Nicolas Hulot, le succès des marches citoyennes pour le climat, le lancement par des étudiants de grandes écoles d'un Manifeste étudiant pour un réveil écologique, ou encore les résultats de l'enquête Ifop, indiquant que 85% des personnes interrogées se montrent inquiètes lorsqu'elles pensent au changement climatique.

    Sommes-nous en train de changer de "paradigme"? Un paradigme correspond en l'occurrence à la vision "dominante" à un moment donné dans une société sur (1) la nature des enjeux et des problèmes à traiter en priorité et (2) sur les solutions qui peuvent être envisagées de façon légitime pour répondre à ces enjeux et régler ces problèmes.

    Jusqu'à une période récente, cette vision dominante était libérale d'un point de vue économique et sociétal. Mais l'histoire contemporaine montre que les paradigmes peuvent tout de même évoluer, notamment sous l'impact de "chocs" ou de mutations économiques, technologiques ou internationales majeures.

    Or, il est évident qu'avec le réchauffement climatique, nous allons au-devant de ruptures majeures. Le rapport du GIEC suggère ainsi que l'impact négatif du changement climatique devrait être déjà important avec un accroissement de "seulement" 1,5° par rapport à l'ère préindustrielle. Une étude publiée en août dans la revue américaine PNAS explique, quant à elle, que la terre pourrait se transformer en "étuve" si l'on dépassait un point de rupture en matière de réchauffement estimé autour de 2° par rapport à l'ère préindustrielle. En septembre, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres affirmait ainsi que "si nous ne changeons pas d'orientation d'ici à 2020, nous risquons [...] des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent". Enfin, une note interne de l'ONU rédigée par le Groupe de travail sur les déplacements estime qu'un milliard de personnes pourraient être déplacées dans le monde d'ici à 2050 en raison des dérèglements climatiques.

    Dans un tel contexte, va-t-on assister à un grand changement de paradigme en lien avec la lutte contre le changement climatique?

    À ce stade, six évolutions paraissent envisageables. La première serait la poursuite et même le renforcement du modèle actuel de diffusion dans les pays émergents d'un mode de production et de consommation à l'occidentale (automobile, transport aérien, viande, société de consommation symbolisée par les Malls). C'est le scénario de l'hyperglobalisation et de l'hypermodernité.

    La seconde évolution serait la variante technologique de ce dernier scénario promue par les GAFAM et les transhumanistes qui estiment que les technologies, et le marché, pourront résoudre l'ensemble des problèmes auxquels l'humanité est confrontée, y compris la maladie, la vieillesse, la mort ou le changement climatique. Une enquête récente montre néanmoins qu'une majorité des populations interrogées dans plusieurs pays développés se montre beaucoup moins enthousiaste que les dirigeants de sociétés de la Silicon Valley. Dans les deux cas, on est dans le tout-global, le tout-marché et le tout-technologique.

    La troisième évolution possible est nationaliste-populiste. Elle est actuellement incarnée par Donald Trump, Rodrigo Duterte, Viktor Orban ou Matteo Salvini et peut-être bientôt Jair Bolsonaro. Elle peut même être nationaliste-autoritaire à la Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine ou Xi Jinping. Cette évolution a actuellement le vent en poupe, en particulier parce que ces leaders donnent le sentiment de maîtriser à nouveau les choses et de réhabiliter ainsi l'action politique. Mais il est aussi évident que ces politiques souvent portées par des climatosceptiques sont la plupart du temps incompatibles avec l'objectif de limiter les effets du réchauffement climatique. Au final, on peut considérer que ces trois évolutions seraient des fuites en avant plutôt catastrophiques dans la lutte contre le changement climatique.

    La quatrième évolution envisageable est celle d'un verdissement et d'une plus grande soutenabilité du mode de production et de consommation actuel. C'est ce que l'on peut appeler le modèle de la "décarbonisation douce". Elle vise à aller vers une économie faiblement émettrice de CO2 en misant avant tout sur la technologie, le marché et une croissance verte. C'est le modèle qui a été notamment mis en avant par le rapport de la Commission mondiale pour l'économie et le climat remis en septembre. Celui-ci estime que cette lutte peut même être bénéfique pour l'économie et l'emploi en rapportant 26.000 milliards de dollars et en créant 65 millions d'emplois d'ici à 2030. Ce modèle, qui implique de ne pas trop renoncer à son mode de vie, apparaît en l'état comme le plus acceptable socialement.

    Enfin, les deux dernières évolutions potentielles sont celles qui mettent en avant la nécessité d'un "changement de modèle" de façon plus ou moins radicale. C'est celui de la transition écologique et sociale pour un monde post-carbone et post-croissance. C'est le modèle de la "décarbonisation dure" qui implique sans aucun doute de mettre en œuvre des mesures coercitives pour modifier le comportement des individus et surtout celui des acteurs économiques. Deux variantes peuvent être envisagées: une variante "douce" s'appuyant sur le low tech, le low market et le local sur le modèle des villes et villages en transition et une variante "dure" misant sur l'antitechnologie, l'anticapitalisme et l'ultra-local sur le modèle des ZAD. En l'état, celles-ci paraissent assez peu acceptables par les sociétés et surtout les acteurs économiques qui tendent à assimiler l'écologie à des sanctions, de la réglementation et un surcoût. Un choc majeur en lien avec le changement climatique pourrait néanmoins amener une partie de la population à réévaluer quelque peu ces derniers scénarios.

    Source: www.huffingtonpost.fr - Rédaction: Eddy Fougier, politologue, consultant


    28/10/18 - Ces arbres qui cachent des forêts de « greenwashing »

    Nous n’imaginons pas tout ce que les arbres font pour nous. Leurs racines préviennent l’érosion des sols, leur canopée nous offre de l’ombre ; leurs feuilles se décomposent en nutriments bénéfiques aux plantes qui alimentent le bétail.

    Les arbres offrent aussi un habitat pour nombre d’animaux et quantité de produits essentiels à nos modes de vie et nos économies, comme le caoutchouc, le café ou encore les bois durs.

    Dans le monde entier, ils contribuent aussi à marquer les frontières et jouent un rôle spirituel, culturel et social primordial au sein de nombreuses communautés de petits exploitants.

    Planter des arbres, une pratique en vogue

    Dans les années 1980, des organisations caritatives ont commencé à proposer de planter des arbres dans le désert du Sahara, dans l’espoir d’y stopper la « désertification ». Cette démarche impliquait à la fois du « reboisement » (c’est-à-dire planter des arbres à des endroits où ils ne poussaient plus depuis longtemps), et de la « reforestation » (qui consiste à remplacer une couvert forestier disparu).

    Depuis, cette idée s’est répandue, et de nombreuses entreprises privées, de la plateforme pour adultes Pornhub (oui, vous avez bien lu) à la marque de prêt-à-porter Ten Tree, utilisent la plantation d’arbres à des fins de marketing.

    Sauver la face ou sauver des forêts ?

    Pour les entreprises, planter des arbres ou soutenir d’autres formes de restauration des habitats constitue une manière de compenser leur impact environnemental, et ainsi de payer les dommages qu’ils causent par leurs activités. Face à l’aggravation du changement climatique, planter des arbres apparaît ainsi comme un moyen privilégié pour capter le dioxyde de carbone que nous continuons à rejeter dans l’atmosphère.

    Les Nations unies elles-mêmes ont mis en place des systèmes offrant aux communautés locales et aux gouvernements une forme d’aide financière pour les encourager à préserver les arbres de la déforestation. Certaines grandes firmes ont ainsi intégré cette économie de réparation aux engagements de leur politique de responsabilité sociale.

    L’indispensable implication des communautés locales

    Parmi les programmes existants, une ONG kényane de conservation baptisée Green Belt Movement a été lancée par la défunte Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004.

    À l’origine, la mission de Wangari Maathai avait pour but de permettre aux habitants locaux, en particulier les femmes, de gagner en autonomie et de surmonter les inégalités en restaurant la forêt et en résistant à l’expansion du Sahara.

    Malgré l’implication des sociétés et des organisations caritatives, les études ont montré que les contributions les plus essentielles à ce type de programmes étaient celles des agriculteurs et des habitants locaux, et non celles des entreprises.

    Dans la mesure où les communautés sont les premières responsables des arbres plantés sur leurs terres, il est essentiel que les projets conçus par des organismes extérieurs soient pensés et mis en œuvre de manière judicieuse et dans l’intérêt des habitants.

    Ne pas confondre plantations et forêts

    Si certains considèrent que ce système est gagnant-gagnant pour l’environnement, indépendamment de qui le met en œuvre, la compensation ne consiste en réalité en rien d’autre qu’une nouvelle forme de greenwashing utilisée par les entreprises.

    Or les dommages environnementaux causés à un endroit ne seront jamais annulés par des réparations, parfois menées à l’autre bout du monde.

    Plus grave, la plantation d’arbres, lorsqu’elle est effectuée sans discernement, peut causer davantage de mal que de bien.

    Certaines forêts, à la biodiversité très riche, sont rasées à des fins agricoles ou industrielles, puis remplacées par des plantations d’une seule et même espèce, souvent choisie pour ses rendements rapides.

    Or une forêt tropicale peut prendre jusqu’à 65 ans pour repousser. Et des parcelles de forêt plantées en monoculture dans le cadre d’une reforestation ne pourront jamais présenter une biodiversité aussi riche.

    Peu pertinent écologiquement

    Au cours d’un processus de reforestation ou de reboisement, des décisions doivent être prises quant aux essences que l’on s’apprête à replanter : natives ou exotiques, polyvalentes ou à croissance rapide, forêts qui se régénèrent naturellement ou non. Or de tels choix, essentiels, font parfois l’objet de mauvaises évaluations, notamment dans la sélection des espèces.

    L’eucalyptus constitue ici un exemple édifiant. Souvent choisi pour sa croissance éclair et sa rentabilité économique, cet arbre est généralement planté sur des terres où il est totalement exotique et qui ne sont pas aptes à l’accueillir. Requérant des quantités d’eau considérables, il assèche alors les nappes phréatiques et entre en compétition avec les espèces locales.

    En Europe, le remplacement des chênes natifs à larges feuilles par des conifères à croissance rapide a entraîné une augmentation de 10 % du couvert forestier sur le continent par rapport à l’ère pré-industrielle. Ces nouveaux arbres absorbent toutefois nettement moins bien le carbone que les espèces originelles. En revanche, ils capturent plus efficacement la chaleur, intensifiant ainsi les effets du réchauffement climatique. Replanter des arbres à l’aveugle peut donc, de toute évidence, être la source de nouveaux problèmes.

    Au fil de leur longue croissance, les arbres nécessitent une attention continue. Or les systèmes de reforestation et de reboisement consistent bien souvent à planter et à s’en aller – sans que des ressources ne soient investies pour l’entretien de ces jeunes arbres. Particulièrement vulnérables aux maladies et à la concurrence pour la lumière et les nutriments, ils sont alors susceptibles de mourir rapidement.

    Les arbres, objets politiques

    Lorsque des États ou des acteurs privés choisissent des lieux où replanter des arbres, ils le font souvent sans consulter les communautés locales – en ignorant donc le droit foncier traditionnel et la manière dont sont gérées les terres. Or ces sites sont parfois en jachère, ou utilisés par les communautés à diverses fins économiques, culturelles ou spirituelles.

    Commettre l’erreur de planter sur de tels sites risque d’exacerber les tensions au sujet des terres et d’encourager un désintérêt pour ces arbres et leur entretien. Dépossédés, les habitants se dirigeront alors vers d’autres espaces forestiers, qu’ils raseront pour cultiver.

    Dans certaines communautés, les droits d’occupation ne sont par ailleurs pas détenus par un ménage mais répartis entre hommes et femmes. Ce type de détail est également à prendre en compte avant de planter, pour éviter de créer des tensions au sujet de la propriété des terres au sein des communautés.

    S’il est peu étonnant que les arbres intéressent l’économie verte, cela ne signifie pas forcément que les planter soit écologique ou utile à l’harmonie sociale. Laisser les arbres repousser naturellement n’est pas non plus toujours efficace, s’ils ne sont pas en mesure de survivre sans intervention extérieure. L’implication de la communauté est donc cruciale.

    Pour que la plantation d’arbres ait vraiment du sens, il faut la penser intelligemment en amont. Ce qui signifie consulter les populations locales, choisir judicieusement les espèces, respecter les droits de propriété sur ces arbres, leurs fruits et la terre sur laquelle ils poussent.

    Il s’agit aussi d’identifier des responsables pour l’entretien de ces nouvelles plantations. Pour les entreprises, il est donc question d’accompagner les communautés qui héritent de leurs plantations, et pas juste de verdir leur image.

    Source: theconversation.com - Rédaction: Benjamin Neimark, Senior Lecturer, Lancaster Environment Centre, Lancaster University - Traduction de l’anglais: Nolwenn Jaumouillé


    22/10/18 - Lancement du satellite franco-chinois CFOSat

    Le CNES et le CNRS unissent leur expertise pour l’étude du changement climatique sur les océans

    Le satellite franco-chinois CFOSat sera lancé lundi 29 octobre 2018 par le lanceur chinois Longue Marche 2C depuis la base chinoise de Jiuquan, en Mongolie Intérieure. Cette mission scientifique pour étudier le vent et les vagues à la surface des océans est la première réalisation concrète née de la coopération spatiale franco-chinoise. Développé conjointement par le CNES et la China National Space Administration (CNSA), le satellite embarquera deux instruments radar : SWIM (Surface Waves Investigation and Monitoring), développé par la France, qui surveillera la longueur, la hauteur et la direction des vagues et SCAT (wind SCATterometer), sous responsabilité chinoise, qui mesurera l’intensité et la direction des vents. Grâce à ces deux instruments, ces mesures du vent et des vagues seront pour la première fois simultanées. CFOSat caractérisera la dynamique des vagues et leurs interactions avec les vents de surface de façon plus complète que jamais.

    La mission CFOSat a été conçue pour répondre au besoin d’amélioration des connaissances sur les caractéristiques de la surface océanique (vent et vagues) et leurs impacts sur les échanges entre l’atmosphère et l’océan, qui jouent un rôle majeur dans le système climatique. Elle permettra d’étudier des aspects mal connus du rôle des vagues sur les basses couches de l’atmosphère, sur l’océan superficiel et sur la glace de mer en zone polaire. De façon complémentaire aux autres observations spatiales actuelles, CFOSat permettra de fournir des observations cruciales pour la prévision atmosphérique, la prévision de l’état de la mer et la modélisation numérique du système couplé océan-atmosphère. Le satellite apportera également une description précise des conditions de vagues en haute mer, qui conditionnent l’impact des vagues sur l’évolution des zones littorales.

    La communauté scientifique française est fortement impliquée dans la mission CFOSat : deux laboratoires rattachés au CNRS, le Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS, CNRS/UVSQ/SU) et le Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS, CNRS/IRD/Ifremer/UBO), sont à l’origine du concept de l’instrument SWIM, le premier « diffusiomètre » rotatif de ce genre. Son développement a été assuré par Thales Alenia Space, sous la responsabilité du CNES.

    Les Français effectueront la programmation et la surveillance de l’instrument SWIM depuis leur centre de mission au Centre Spatial de Toulouse. Au cours des dernières années, le LATMOS et le LOPS, ainsi que des équipes de Météo France, ont mené des travaux de recherche en vue de l’exploitation des données recueillies par SWIM et SCAT (surface océanique, interactions océan/atmosphère, événements extrêmes) et se sont fortement mobilisés pour préparer la validation de ces données et leur utilisation pour la recherche et les applications. Les équipes se sont appuyées sur des collaborations étroites avec des partenaires industriels spécialistes dans le traitement ou la validation de données spatiales, tels que ACRI-ST, CLS, et Ocean Data Lab. Après environ un mois de vérification de bon fonctionnement instrumental, la mission fournira des données aux scientifiques des laboratoires experts (le LATMOS, le LOPS et le département de prévision marine et océanographie de Météo-France) qui les analyseront pour les valider. Au bout de six à sept mois, les données seront accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique. 2/2 CP161-2018 - CFOSat À la veille de ce lancement, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, a déclaré : « CFOSat concrétise l’engagement de la France et de la Chine dans la lutte contre le changement climatique et demeure l’aboutissement d’une coopération inédite dans ce domaine. Le CNES et le CNRS, à travers leurs laboratoires et leurs partenaires, portent l’excellence de l’innovation technologique spatiale française qui, associée aux savoir-faire technologiques chinois, fait de CFOSat un satellite unique pour une meilleure compréhension et des prévisions plus précises des phénomènes climatiques entre l’océan et l’atmosphère. »

    Antoine Petit, Président-directeur général du CNRS, a affirmé : « Avec le satellite CFOSat, les scientifiques bénéficieront d'observations nouvelles et originales du vent et des vagues à la surface des océans qui alimenteront les recherches sur les processus océaniques et atmosphériques. Les équipes du CNRS et du CNES sont impliquées depuis plus d'une dizaine d’années dans la préparation de cette mission spatiale. Elles se mobilisent désormais sur la validation puis sur l'exploitation scientifique des données dans une dynamique de coopération internationale. »

    Source: Communiqué de presse du CNES et du CNRS


    20/10/18 - Iter: des dizaines d'années et des milliards d'euros pour un chantier titanesque

    Quelque 2.300 ouvriers, un chantier de 42 hectares, un projet lancé il y a 12 ans et une facture estimée à près de 20 milliards d'euros : les chiffres entourant le projet Iter, qui doit permettre de créer un réacteur expérimental à fusion nucléaire, donnent le tournis.

    "On va devoir assembler des pièces de plusieurs centaines de tonnes avec une précision du quart de millimètre", déclare Bertrand Bigot, le patron d'Iter Organization, dans une formule qui résume l'ampleur des travaux en cours à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône), à une quarantaine de kilomètres d'Aix-en-Provence.

    Sur le chantier --un des plus importants d'Europe-- lancé en 2010, des milliers d'ouvriers s'affairent pour ériger les infrastructures où sera mené l'un des plus vastes et complexes programmes de recherches au monde.

    Le projet auquel participe 35 pays est ambitieux : recréer l'énergie illimitée qui alimente le soleil dans l'espoir de remplacer les énergies fossiles grâce à la fusion nucléaire.

    "Les énergies renouvelables qui proviennent presque toutes du soleil (...) ont intrinsèquement des limites. Ces énergies pourront peut-être produire jusqu'à 50% de l'énergie mondiale dont nous avons besoin. Pour les 50 autres, il faut trouver un substitut aux énergies fossiles et cette option, c'est l'ambition de la fusion", s'enthousiasme Bertrand Bigot.

    Au cœur du dispositif, une gigantesque machine inventée par les Russes, un tokamak, où sera produit la réaction de fusion née de la collision des noyaux de deux variantes de l'hydrogène (le deutérium et le tritium) provoquée par des températures de l'ordre de 150 millions de degrés.

    "La fusion consiste à reproduire dans une machine les réactions physiques qui se produisent au cœur du soleil et des étoiles. Dans cet espace, on va avoir une machine au cœur de laquelle on va allumer un petit soleil qui va générer de l'énergie pour produire de l'électricité", vulgarise Robert Arnoux, chargé de communication d'Iter Organization.

    "Pas de surcoût considérable"

    Pour contenir l'énergie, les ingénieurs ont construit des "arcs-boutants inspirés des cathédrales gothiques, comme les avaient conçus les architectes du Moyen-Âge pour répartir les forces", explique-t-il devant la couronne de béton.

    Dix fois plus grand que ses homologues, le tokamak d'Iter qui contiendra les forces exercées dans la cage magnétique est un défi de haute technologie "sans équivalent dans le monde", vante M. Arnoux.

    Pour transporter les pièces nécessaires --parfois hautes de 20 mètres et pesant plusieurs centaines de tonnes--, environ 100 kilomètres de route ont été aménagés autour du site accolé physiquement au centre d'études nucléaires de Cadarache, avec lequel il n'a aucun lien.

    Les giratoires et les routes ont été renforcés pour supporter des poids de 900 tonnes et permettre aux convois exceptionnels, circulant de nuit sur l'autoroute fermée pour l'occasion, d'apporter les pièces fabriquées par les pays partenaires arrivées par voie maritime puis acheminées par barge jusqu'à l'Etang de Berre.

    "Le défi le plus grand c'est d'être sûr que le bâtiment sera prêt au printemps 2020 à accueillir tous les grands composants du réacteur" attendus au plus tard en 2021, explique M. Bigot.

    Les premiers éléments, trois réservoirs en provenance de Chine et des Etats-Unis ont déjà été positionnés, se réjouit le physicien qui à sa reprise en main du projet, en 2015, avait été contraint de repousser la date des premiers tests à 2025 au lieu de 2020 avec à la clé un triplement du coût estimé depuis à 18,6 milliards d'euros.

    "Il n'y pas eu de surcoût considérable, mais le projet avait été totalement sous-estimé. Vous savez, 35 pays qui acceptent de s'engager pour plus de 40 ans, c'est quelque chose d'extraordinaire", préfère souligner le directeur général.

    Les premières connexions commercialisables d'une machine productrice de fusion à un réseau électrique sont attendues elles au mieux autour de 2060.

    Source illustrée: www.la-croix.com


    Vendredi 19/10/18 - Les émissions de carbone du secteur de l'énergie augmentent encore en 2018

    Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie a alerté la communauté internationale sur les émissions de CO2 du secteur de l'énergie, qui devraient attendre leur record pour l'année 2018. Une question d'actualité pour la COP24.

    Les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie devraient encore croître en 2018, pour la deuxième année consécutive, une "très mauvaise nouvelle" pour le climat, a indiqué le 17 octobre 2018 le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol. Les prévisions pour l'année 2018, calculées à partir des 9 premiers mois (jusqu'à septembre 2018) montrent en effet que les émissions de CO2 liées à la combustion d'énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) sont reparties à la hausse après trois ans de stagnation. Un "nouveau record" que déplore le directeur de l'AIE.

    "Mauvaise nouvelle" pour la COP24

    "Je suis désolé, j'ai une très mauvaise nouvelle," a-t-il dit à Paris lors d'un débat sur la lutte contre le réchauffement climatique organisé à l'ambassade de Pologne, pays hôte de la COP24 prévue en décembre 2018 à Katowice. Au vu des chiffres des neufs premiers mois de 2018, "les émissions cette année vont croître une fois encore, et nous allons avoir une COP au moment où les émissions mondiales atteindront un record", a-t-il ajouté.

    En 2017, les émissions de CO2 liées à la combustion des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole), qui représentant plus des trois quarts des émissions globales, étaient reparties à la hausse après trois années de stagnation. Cette hausse se confirme encore pour 2018.

    Les émissions doivent baisser de 45% d'ici 2030

    Or pour rester sous 1,5°C de réchauffement, déjà source de forts impacts, il faudrait que les émissions de CO2 déclinent bien avant 2030 et fortement (-45% d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), relevait le rapport des experts climat de l'ONU (Giec) début octobre 2018. Le même jour, Laurent Fabius, président de la COP21, a appelé à agir "d'ici 2020". "J'insiste sur ces deux prochaines années, les pays doivent revoir leurs engagements", a-t-il appelé, lors de ce débat, au côté du président de la COP24, le secrétaire d'Etat polonais Michal Kurtika. "Quand vous regardez les conséquences tragiques du changement climatique, c'est aujourd'hui, et pas dans 50 ans", a insisté l'ancien ministre français.

    La communauté internationale s'était en effet engagée à la COP21 de Paris en 2015 à agir pour réduire les émissions afin de limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle. Il s'agit désormais d'inciter les pays à agir plus, car les engagements actuels conduisent le monde bien au-delà de 3°C.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat avec l'AFP


    Mardi 16/10/18 - Réchauffement climatique: vers une pénurie de bière et de whisky ?

    En intensifiant les vagues de chaleur et les sécheresses, le réchauffement climatique risque de faire drastiquement chuter la production d'orge. La production de boissons dérivées de la céréale, comme la bière ou le whisky, risque d'en pâtir.

    Faudra-t-il bientôt sonner le glas de la bière, boisson fermentée à partir d'orge malté, dont l'origine remonte à l'enfance de l'humanité ? Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Plants suggère un impact sévère des vagues de chaleur et de la sécheresse sur la production d'orge... avec un impact notable sur la production des boissons fabriquées à partir de la céréale : bière, mais aussi whisky.

    Une chute de 16% de la production mondiale de bière
    Les événements extrêmes affectant cette céréale devraient rendre la boisson alcoolisée la plus populaire au monde (la bière) plus rare, et donc plus coûteuse. "Une baisse de la production mondiale d'orge, c'est une baisse encore plus grande de la production d'orge consacrée à la bière", explique Dabo Guan, professeur en économie du changement climatique à l'Université d'East Anglia (Grande-Bretagne) et co-auteur de l'étude, dans un communiqué. Il relève que "les cultures de haute qualité sont encore plus sensibles". Or, seule l'orge de la meilleure qualité (soit moins de 20% de l'orge mondiale) est consacrée à la production de bière (ou de malt whisky, obtenu en distillant du moût d'orge malté fermenté), la majorité servant notamment à nourrir les animaux d'élevage. En effet, seules des variétés présentant un bon rendement sont utilisées.

    - 16%. Si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, les événements majeurs (sécheresse et vagues de chaleur d'une sévérité historique) frapperont au cours de ce siècle une des grandes régions de culture de la céréale au moins une fois par an, entraînant une chute de 16% de la production mondiale de bière. Soit l'équivalent de ce qui est bu en un an aujourd'hui aux Etats-Unis ! Les prix, en moyenne, pourraient doubler à la suite de ces crises, avertissent les chercheurs.

    Dans le scénario le plus favorable, le prix de la boisson augmente de 15%
    Dans le scénario le plus optimiste (où se produit un fort déclin immédiat des émissions de gaz à effet de serre, ce qui n'est pas du tout le chemin pris actuellement), moins de 20 événements extrêmes majeurs concerneraient ces zones d'ici 2100, réduisant la production mondiale de bière de 4% et relevant les prix de 15%. Dans un monde où le climat promet aussi de réduire la productivité et la valeur nutritionnelle du blé, du maïs ou encore du riz, l'orge pourrait en outre être consacrée prioritairement à des usages alimentaires.

    Certains pays seront particulièrement touchés, note l'étude. Dans le top 20 des régions consommatrices (par habitant) figurent aujourd'hui les pays européens, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, l'Australie. Les principaux exportateurs d'orge sont l'Australie, la France, la Russie, l'Ukraine, l'Argentine, suivis d'autres pays d'Europe. Les grands importateurs sont la Chine, l'Arabie saoudite et l'Iran, suivis des trois grands brasseurs que sont les Pays-Bas, la Belgique et le Japon. Le graphe ci-dessous montre les pays qui souffriraient de la plus grande augmentation du prix de la bière, selon le niveau de réchauffement climatique qui sera atteint.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat avec l'AFP


    Lundi 15/10/18 - Volcan et météo font mauvais ménage: le sud de l'Île de La Réunion pollué

    L'observatoire de la qualité de l'air à La Réunion (ATMO REUNION) a enregistré récemment une concentration de particules de dioxyde de soufre (SO2) à Saint-Joseph et au Tampon. Ces épisodes passagers ont eu lieu entre le mardi 9 et le jeudi 11 octobre 2018 (stations d'observation " Grand Coude " et de Bourg Murat). L'origine probable de cet épisode est liée à l'éruption du Piton de la Fournaise et aux actuelles conditions météorologiques. Lors de ces épisodes, le seuil de 300 μg/m3/h de SO2 a été dépassé sur un temps limité (1 à 2 heures).

    Le préfet de La Réunion a décidé la mise en œuvre de la procédure d’information et de recommandation relative aux pollutions atmosphériques. Ce seuil correspond à un niveau de concentration de polluants dans l’atmosphère au-delà duquel une exposition de courte durée peut présenter des effets limités et transitoires sur la santé humaine pour des populations sensibles et vulnérables.

    Lors des épisodes, il est recommandé aux personnes vulnérables* ou sensibles** de limiter les activités physiques ou sportives intenses, dont les compétitions, autant en plein air qu'à l'intérieur des locaux.

    Plus généralement, il est conseillé de prendre conseil auprès de votre pharmacien ou consulter un médecin en cas d’apparition de tout symptôme (toux, gêne respiratoire, irritation de la gorge ou des yeux) ou d'inquiétude.

    Des informations sur la qualité de l’air sont disponibles sur le site internet de l’observatoire.

    * Les personnes vulnérables sont les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques.

    ** Les populations sensibles sont les personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (par exemple: personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d'affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).

    Source: www.ipreunion.com


    Mercredi 10/10/18 - Faut-il se résigner à la catastrophe climatique annoncée?

    Alors que les signaux du changement climatique se multiplient, il y a quelques motifs d’espoir, note notre chroniqueur David Hiler. Il y a aussi de bonnes raisons de s’inquiéter. Elles sont surtout politiques

    En 2017, les émissions planétaires de gaz à effet de serre ont augmenté de 2%! Après trois années de stagnation, la croissance de la consommation des énergies fossiles a repris son cours ascendant. Plus grave encore, la consommation de charbon (le pire ennemi du climat) est en hausse.

    A ce rythme, le réchauffement devrait atteindre 4 °C à la fin du siècle avec des conséquences réellement catastrophiques. Les effets des changements climatiques, bien qu’au cours du XXe siècle la température ne se soit élevée que de 0,6 degré, sont de plus en plus perceptibles. Sous nos latitudes, les événements climatiques dits extrêmes se multiplient; le recul des glaciers s’accélère et chaque été des étendues considérables de forêts partent en fumée. Les inondations se produisent régulièrement dans certaines régions.

    Sous les tropiques, les cyclones de plus en plus dévastateurs ravagent les régions côtières. Le processus de déforestation est loin d’être endigué. En 2017, la perte des surfaces arborées a atteint 294 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent d’un terrain de football perdu chaque seconde. Sur tous les continents les déserts gagnent du terrain. La capacité d’absorption terrestre du CO2 diminue d’autant et le CO2 qui n’est pas absorbé par les sols, la biosphère et les océans part dans l’atmosphère.

    Motifs d’optimisme

    Faut-il déduire de cette avalanche de mauvaises nouvelles que nous allons droit dans le mur sans réagir, un point de vue très partagé sur les réseaux sociaux? Sommes-nous vraiment en train d’assister en spectateurs informés, résignés et fascinés à la catastrophe annoncée?

    La réalité est peu plus complexe et le jugement doit être nuancé; il y a aujourd’hui autant de raisons d’espérer que de désespérer. Rappelons tout d’abord que l’entrée en vigueur effective de l’accord de Paris intervient en 2020. C’est alors seulement que l’on pourra juger de la détermination des Etats signataires à le respecter.

    Au début, les progrès seront forcément lents. Les réalités démographiques et économiques ne peuvent être ignorées. La population mondiale continue à croître d’un peu plus de 1% par année et l’essentiel de cette augmentation s’opère dans des pays en développement dont la croissance économique est forte. Pour une dizaine d’années au moins, leur développement générera un accroissement de la consommation d’énergies fossiles. L’essor fulgurant des énergies renouvelables (+23% en 2017) est un autre motif d’optimisme. Les efforts soutenus de la Chine et l’Inde (les deux mastodontes démographiques) en faveur du solaire et de l’éolien devraient porter leurs fruits au cours de la prochaine décennie.

    Là, il y a du souci à se faire

    Un autre facteur doit être pris en compte: le délai relativement long qui s’écoule entre l’entrée en vigueur d’une norme et ses effets sur la consommation d’énergie. Pour les véhicules automobiles (Euro6c par exemple) il faut compter dix ou quinze ans (le temps de renouveler la quasi-totalité du parc) pour que le potentiel d’économie d’énergie soit entièrement réalisé. Le délai est évidemment encore plus long dans le domaine de l’isolation des bâtiments.

    Voici donc quelques raisons de prendre patience. Mais les sujets d’inquiétude ne manquent pas non plus. Le plus préoccupant est le manque de détermination des gouvernements des pays développés. Pour éviter le scénario catastrophe, ces derniers doivent impérativement réduire leur consommation d’énergies fossiles. Or, les lobbies pétroliers et charbonniers défendent farouchement leurs intérêts et disposent pour cela de ressources illimitées. Jusqu’ici, ils ont fait reculer les ardents défenseurs de l’accord de Paris, que ce soit Emmanuel Macron, Justin Trudeau ou Angela Merkel.

    La montée de l’extrême droite nationaliste est un autre facteur d’inquiétude. Ces mouvements rejettent toute mesure concrète pour réduire les émissions de CO2 en arguant tantôt des intérêts de l’économie et du respect de la liberté individuelle, tantôt des surcoûts pour le consommateur. Et là, oui, il y a vraiment du souci à se faire.

    Source: www.letemps.ch


    10/10/18 - Climat: le coût des catastrophes a presque triplé en 20 ans (ONU)

    Le coût financier des catastrophes liées au réchauffement climatique a été multiplié par deux et demi au cours des vingt dernières années, selon un rapport de l'Onu publié mercredi.

    Entre 1998 et 2017, les coûts engendrés par l'ensemble de ces phénomènes ont atteint 2.900 milliards de dollars (2.521 milliards d'euros) et 77% de ces pertes étaient dues à des conditions météorologiques extrêmes qui se multiplient avec le réchauffement, indique le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR).

    De 1978 à 1997, le montant était de 1.300 milliards de dollars (1.130 milliards d'euros), dont 68% étaient imputables aux aléas climatiques tels que les tempêtes, les inondations et la sécheresse.

    "Nous pouvons constater que le changement climatique joue un rôle de plus en plus important dans l'augmentation des pertes dues aux catastrophes dans le monde et ce sera encore probablement le cas à l'avenir", a déclaré Ricardo Mena, directeur de l'UNISDR, dont le siège se trouve à Genève.

    Les catastrophes liées aux changements climatiques ont représenté environ 90% des 7.255 catastrophes majeures survenues entre 1998 et 2017, dont la plupart ont été des inondations et des tempêtes, souligne-t-il.

    Les pertes les plus importantes ont eu lieu aux Etats-Unis (945 milliards de dollars), en Chine (492 milliards) et au Japon (376 milliards de dollars).

    Au cours des deux dernières décennies, les catastrophes ont fait 1,3 million de morts et 4,4 milliards de blessés, de sinistrés ou de déplacés.

    Plus de la moitié des décès sont dus aux 563 séismes et aux tsunamis qu'ils ont provoqués, précisent les auteurs du rapport, qui se basent sur des données du Centre de recherche sur l'épidémiologie des catastrophes, en Belgique.

    Source: www.lefigaro.fr avec l'AFP & Reuters


    09/10/18 - ITER, au pas de charge sur le chemin de la fusion

    Voilà exactement dix ans qu’était lancée, dans le sud de la France, la mise en œuvre du gigantesque réacteur de fusion nucléaire. Au bord de l’implosion il y a peu, le projet s’est trouvé un nouveau souffle. Le rêve de produire un jour une énergie propre, abondante et sûre va passer à l’épreuve de la réalité. Reportage.

    L’odeur humide et rance du béton frais indique que cet immense silo vient d’être érigé. De ses murs et de son soubassement sortent encore des myriades de tiges métalliques de renforcement rouillées. Le crépitement des soudeurs résonne dans l’enceinte. En regardant vers le ciel à travers l’ouverture circulaire large de 30 mètres, l’on aperçoit les grues de chantier s’agiter telles les aiguilles d’une horloge. Comme pour rappeler qu’il n’y a plus une seconde à perdre.

    Car, après avoir dilapidé de précieuses années en atermoiements technico-administratifs, les équipes d’ITER avancent au pas de charge, sur un chantier aussi vaste que 60 terrains de football, à Cadarache, non loin d’Aix-en-Provence. Dès 2025, ce réacteur expérimental doit entrer en fonction pour ensuite montrer, dès 2035, que la fusion nucléaire peut constituer l’une de ces énergies abondantes, sûres et non polluantes qui pourraient sauver la planète d’un destin climatique périlleux.

    Lancée il y a 10 ans, le 24 octobre 2007, la mise en œuvre de ce projet pharaonique, au bord de l’implosion en 2014, en fait désormais l’une des plus grandes aventures scientifiques de ce début de XXIe siècle, au même titre que le LHC au CERN ou la Station spatiale internationale. «Nous n’ambitionnons rien de moins que de reproduire sur Terre le fonctionnement du Soleil», dit Bernard Bigot, l’actuel directeur général.

    L’eau plus puissante que le pétrole

    «L’idée est simple, explique Mark Henderson, chercheur américano-suisse longtemps actif au Swiss Plasma Center (SPC) de l’EPFL, impliqué dans ITER. Comme dans les étoiles, faire fusionner deux atomes apparentés à l’hydrogène dans des conditions sécurisées et maîtrisées, et récupérer l’énergie calorifique qui se dégage de cette réaction.»

    A terme, l’avantage de cette méthode est d’utiliser des «combustibles de base» largement présents sur Terre, de l’eau et du lithium, un métal très répandu dans la croûte terrestre. «Avec chaque litre d’eau, on pourrait produire autant d’énergie qu’avec 350 litres de pétrole», décrit le physicien. Cette fusion atomique ne génère par ailleurs aucun déchet direct, à l’inverse des centrales nucléaires tirant profit de la fission des noyaux d’uranium. Mieux, le réacteur ITER ne peut s’emballer, mais s’arrêtera à la moindre irrégularité.

    Objectif: 150 millions de degrés

    Voilà pour la théorie de la fusion nucléaire, connue depuis le début du XXe siècle. La concrétiser en laboratoire est une autre affaire. «Tout se passe dans ce que les physiciens appellent un «plasma», explique l’un d’eux, l’Anglais Steven Lisgo, à la cafétéria. C’est une soupe de particules chargées (électrons, ions, etc.) se mouvant librement. Le Soleil en est constitué: la densité du plasma y est immense et la température moyenne de 15 millions de degrés, de quoi assurer les réactions de fusion nucléaire qui produisent la chaleur et la lumière qui nous font vivre.»

    Sur Terre, impossible d’atteindre la même densité. «Il s’agit donc de reproduire un plasma moins dense mais plus chaud: 150 millions de degrés!» Pour le recréer, les physiciens (russes, d’abord) ont inventé le «tokamak», sorte de thermos métallique en forme de bouée. Quelques dizaines de machines expérimentales ont été fabriquées (dont l’une est à l’EPFL), mais aucune n’est assez puissante et grosse pour héberger une réaction de fusion nucléaire susceptible de s’auto-entretenir et de produire plus d’énergie qu’elle n’en avale – une condition évidemment indispensable pour ajouter cette méthode au spectre des ressources énergétiques possibles.

    C’est donc en 1985, lors du sommet de Genève, que les présidents Reagan et Gorbatchev décident d’y mettre les formes… de la bonne taille. Est alors esquissé ITER, un tokamak gigantesque ; il fait 30 m de haut, pour un poids total de 23 000 tonnes, et comprend la plus grande chambre à vide jamais construite sur Terre.

    Pour l’ériger, six partenaires signent un accord technique en 2005 (UE, Etats-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, Russie) et seront bientôt rejoints par l’Inde. Le Vieux Continent obtient de haute lutte le siège du réacteur, mais s’engage aussi à assurer 46% de son budget, contre 9% pour chacun des six autres membres. Premier plasma dans la machine en 2015, promettait-on.

    Explosion des coûts

    Mais très vite des nuages s’accumulent devant le soleil artificiel d’ITER. Une grande complexité technique apparaît. «L’un des principes fondateurs était de permettre à tous les partenaires de faire un peu de tout sur la machine. Cela afin de leur permettre à tous d’acquérir le savoir-faire sur la construction des tokomaks», explique Yves Martin, directeur adjoint du SPC de l’EPFL. Autrement dit, un élément du réacteur peut être constitué de pièces pouvant provenir des quatre coins du monde; une stratégie infiniment compliquée à gérer aujourd’hui. D’autant que le prix des matières premières, dont l’acier, s’est envolé depuis.

    Par ailleurs, la région de Cadarache étant à risques sismiques, il a fallu prévoir des mesures adéquates non budgétées initialement. Enfin, une série de modifications de design de l’engin a imposé plusieurs révisions des plans de son enveloppe solide, devant satisfaire aux mêmes exigences que tout bâtiment à caractère nucléaire. Trois facteurs qui ont fait exploser les coûts, ceux-ci passant de 5 milliards de dollars à l’origine à 15 milliards il y a quelques années ! Ce à quoi s’est ajoutée, comme le décrit un rapport ayant fuité dans la presse américaine en 2014, une gestion administrative calamiteuse du directeur japonais, dans laquelle interféraient les sept partenaires. «En 2014, les équipes étaient totalement démotivées, les politiciens de plus en plus interrogatifs, le projet entier au bord du gouffre, personne n’y croyait plus», résume discrètement une collaboratrice.

    «Le premier agenda présenté en 2005 était politique, il a été établi pour convaincre les décideurs – ce que je respecte –, mais sans une réelle revue d’ingénieurs», admet aujourd’hui Bernard Bigot, l’ancien administrateur du Commissariat à l’énergie atomique français (CEA), appelé à la barre du bateau sombrant. «Nous avons dès lors procédé à des révisions de projet détaillées, qui ont associé les fournisseurs et permettent d’établir des horizons temporel et financier précis.» Soit 2025 pour le premier plasma dans la machine (sans fusion), première fusion nucléaire en 2035, et 20 milliards d’euros de budget. «Tous nos 1500 collaborateurs se mobilisent entièrement, et sont même prêts à accélérer la cadence», ajoute celui qui a dû faire le ménage dans le personnel en accédant à son poste, pour lequel il a posé ses conditions: disposer des pleins pouvoirs décisionnels.

    «On sait exactement où l’on va», assure l’interlocutrice anonyme. Et d’indiquer que, pour qui ne vient pas tous les jours sur le site, les bâtiments semblent pousser comme des champignons. L’un d’eux abrite la mise en forme des divers aimants qui envelopperont le tokamak, et produiront un champ magnétique 260 000 fois plus puissant que celui de la Terre.

    «Ce champ aura pour rôle de confiner le plasma dans la bouée métallique et d’éviter qu’il ne touche ses parois, ce qui pourrait gravement les endommager», explique Steven Lisgo, chargé d’étudier tout de même les impacts d’une telle éventualité. «Le plus grand risque d’ITER est en fait, à peine fonctionnel, de s’endommager pour cette raison.» Posés au sol, ces anneaux de métaux supraconducteurs sont si grands que les logisticiens des lieux n’ont pas assez de place, et passent leur temps à organiser une occupation optimale du bâtiment.

    Une enceinte de 3500 tonnes

    Dans le cube de tôle voisin, des échafaudages disposés en arènes. En leur centre, de gigantesques pans d’acier de ce qui constituera la coque de cryogénisation, permettant de maintenir ces mêmes aimants à une température extrêmement basse afin qu’ils génèrent un champ maximal.

    «Nous sommes en train, tranche par tranche, de souder les éléments de cette enceinte complexe de 3500 tonnes», détaille l’ingénieur indien Anil Bhardwaj, qui gère une batterie d’ouvriers allemands, ses compatriotes n’ayant pas pu venir travailler sur le site pour des raisons administratives. Le tout, une fois construit, sera transporté par des ponts roulants dans le colossal bâtiment d’assemblage, le plus haut du chantier.

    Mais la zone la plus impressionnante reste celle qui accueillera le réacteur lui-même. Le gros œuvre sera bientôt en voie d’achèvement: six plates-formes superposées en béton, autour d’une vaste cavité qui accueillera la machine. Le tout posé sur 493 «patins», des plots durs couverts de «sandwiches en caoutchouc», capables de résister à un tremblement de terre de l’ordre de 8 à 10 sur l’échelle de Richter. Le bâtiment pourra bouger latéralement de 10 à 15 cm sans conséquences. Encastrées dans tous les murs, des centaines de plaques de métal jaunâtres, qui imagent un casse-tête préparatoire absolu, tant il fallait penser à tout: c’est sur elles que seront fixés les éléments du réacteur, aucun percement de trou n’étant toléré dans l’enveloppe d’un bâtiment nucléaire, de peur d’y générer des fissures. Partout, les ouvriers s’échinent sous un soleil de plomb à faire grandir l’ouvrage.

    Pression constante

    Le nouveau calendrier, proposé par Bernard Bigot et accepté par le Conseil d’ITER en juin 2016, pourra-t-il être respecté? Le directeur général y croit dur comme fer, «pour autant que les moyens financiers soient garantis, que les fournisseurs tiennent les délais, et qu’il n’y ait pas de problème majeur». Un autre physicien, croisé lors de la visite, n’hésite pas à souligner la pression constante sur son travail qu’impliquent les contraintes financières: «Pour chacun de nous, le défi est aussi psychologique: il faut s’engager corps et âme en sachant que, en cas de délai plus ou moins long, l’on ne verra peut-être jamais le résultat final de notre travail.»

    Les équipes vont d’ailleurs au-devant d’immenses tensions, avec le début de la phase d’assemblage de la machine, au printemps 2018. Un puzzle éléphantesque, qui plus est avec des éléments fabriqués dans des environnements variables à travers le monde, mais qui doivent s’imbriquer au millimètre près. «Dans un Boeing 747, il y a 5 millions de pièces, contre 10 millions dans ITER… Je vous laisse imaginer le flux logistique à établir», résume Hans-Henrich Altfeld, directeur du bureau de contrôle du projet. Pour faciliter leur intégration, les scientifiques ont reconstruit sur ordinateur le réacteur en 3D, afin de s’y balader virtuellement, jusque dans les moindres recoins de ses entrailles.

    Fiche technique d'ITER
    Nom: ITER (pour International Thermonuclear Experimental Reactor).
    Poids: 23 000 tonnes.
    Hauteur: 30 m.
    Diamètre: 30 m.
    Température du plasma: 150 000 000 °C.
    Volume du plasma: 840 m3.
    Date prévue premier plasma: 2025.
    Date prévue première fusion nucléaire: 2035.
    Puissance injectée lors de la fusion: 50 MW.
    Puissance de fusion produite: 500 MW.
    Durée prévue pour le plasma avec fusion: 600 secondes.
    Budget actuel: 20 milliards d’euros.
    Collaborateurs: 1500 pour le gros œuvre, 3000 dans la phase d’assemblage.

    ITER vs stellarator

    Dans la communauté scientifique, d’aucuns affichent encore leur scepticisme face au gigantisme et à la complexité du projet. Et préconisent de voir plus petit d’abord. D’autres configurations existent en effet pour des réacteurs de fusion novateurs. A Greisfwald, en Allemagne, le stellarator Wendelstein 7-X, sorte de tube spiralé ceint d’aimants et refermé sur lui-même, a produit son premier plasma à 100 millions de degrés en février 2015. Et, en Grande-Bretagne, la société Tokamak Energy pense avoir trouvé la solution idéale en développant un petit tokamak sphérique.

    «Ce scepticisme est légitime, tant ITER est un projet de longue durée, qui représente une rupture totale de paradigme dans la production d’énergie, dit Bernard Bigot. C’est notre responsabilité d’écouter ces interrogations et d’y apporter des réponses sincères.» Quant aux machines alternatives: «Nous encourageons ces recherches, complémentaires, qui permettront de mieux connaître la fusion. Mais la taille de ces engins ne suffira pas à tester la production d’énergie par la fusion.»

    Pas encore exploitable

    ITER, lui, ne fera d’ailleurs qu’effleurer cette étape, en produisant 10 fois plus d’énergie que celle qui sera introduite dans le système. Mais il ne ressemble pas encore à un réacteur de fusion nucléaire exploitable à souhait pour remplacer les centrales électriques actuelles, tant il demeure de questions, concernant un approvisionnement nécessairement continu en combustible pour la fusion nucléaire, ou la durée de vie des matériaux soumis aux conditions extrêmes du plasma. Y répondre sera la tâche de DEMO, un prototype préindustriel encore plus grand qu’ITER, sur lequel les physiciens planchent déjà, et espéré dès 2054 au mieux, selon un rapport divulgué en juillet 2017 d'EUROFusion, un consortium de laboratoires et d’universités actifs dans la recherche sur la fusion.

    Après les récents troubles, les pays partenaires d’ITER sont prudents. «Mais aussi très motivés à voir aboutir ce projet», insiste Bernard Bigot, qui dit que tout son champ de décision est respecté par eux. Même si les Etats-Unis disaient il y a peu vouloir sortir du consortium, tant les craintes sont grandes là-bas que les sommes investies dans ITER le soient au détriment d’autres axes de recherche? «Ils n’ont pas totalement confirmé leur entière participation, c’est vrai», dit le directeur. Seuls 50 millions de dollars pour 2017 sont assurés, contre 135 prévus. «Mais les discussions que j’ai eues ces derniers temps avec leurs responsables sont reparties sur de bons termes», ajoute-t-il, arguant qu’aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut faire aboutir seul un projet similaire à ITER. «Celui-ci n’est pas seulement un défi technologique, mais aussi de management en relations internationales: il peut servir de modèle pour montrer comment le monde entier peut s’unir pour lutter contre un problème global», commente simplement le délégué américain Ned Sauthoff.

    ITER, le chemin à suivre

    Bien qu’elles soient partenaires d’ITER, la Chine et la Corée du Sud, elles, ont déjà commencé à concevoir leurs propres réacteurs de démonstration. Du côté européen, qui doit participer à hauteur de 6,6 milliards d’euros (contre 7,2 initialement prévus) jusqu’à 2020, le soutien est affiché : «Notre engagement est là, et nous planifions déjà le budget pour la suite, assure Johannes Schwemmer, directeur de Fusion4Energy, l’entité représentant l’UE dans ITER. Cela aussi pour des raisons économiques, tant les retombées sont cruciales pour le domaine industriel.»

    «Il s’agit aussi de relativiser le montant total de 20 milliards d’euros, conclut Bernard Bigot. La France seule en dépense 25 pour s’approvisionner en ressources fossiles (pétrole, gaz, etc.) qui seront brûlées en une seule année. On ne peut pas poursuivre ainsi durant des décennies sans une alternative. Je ne sais pas si l’on va réussir avec ITER, mais j’espère fort que oui; et l’on y travaille. Mais je veux savoir si c'est possible de maîtriser sur Terre le pouvoir des étoiles.» «Sinon, nos petits-enfants risquent fort de s’éclairer à la bougie», dit cet ouvrier rencontré sur le chantier, convaincu qu’ITER (qui signifie «le chemin», en latin) est la voie à suivre pour un avenir énergétique meilleur.

    La Suisse très impliquée

    Le budget total du projet se monte aujourd'hui à 20 milliards d'euros, contre 5 à son lancement. La Suisse y a versé des contributions à hauteur de 215.7 millions de francs entre 2007 et 2016, et prévoit d'en verser 78.6 autres entre 2017 et 2020. Les travaux du Swiss Plasma Center à l’EPFL, dont la contribution scientifique est essentielle pour la réalisation d’ITER, sont soutenus par la Suisse à hauteur d’environ 20 millions de francs par an.

    Comment produire de l'énergie par la fusion nucléaire en sept étapes

    1) ENERGIE DES ETOILES

    La fusion thermonucléaire est le phénomène qui fait briller les étoiles. Elle met en scène des isotopes de l’hydrogène, à savoir des atomes d’hydrogènes modifiés, appelés deutérium (D) et tritium (T). Sur Terre, le premier est facilement exploitable à partir de l’eau de mer. Fabriquer du tritium est plus complexe, puisqu’il s’agit de bombarder du lithium (métal très répandu dans la croute terrestre) avec des faisceaux de neutrons. En outre, ce gaz est radioactif, donc à manipuler avec précaution; il n’en existe pour l’heure qu’une petite trentaine de kilogrammes sur la planète.

    2) SOUPE DE PARTICULES

    Dans le Soleil, la fusion du D et du T a lieu à 15 millions de degrés «seulement», car elle est facilitée par la fantastique force de gravité qui y règne. Sur Terre, les scientifiques génèrent avec le D et le T une «soupe de particules chargées» (ions, électrons) appelée «plasma», qu’ils parviennent à chauffer à 150 millions de degrés avec notamment des microondes.

    3) TOKAMAK ET 4) AIMANTS

    Dans un tokamak, sorte de «thermos métallique» en forme de bouée mise sous vide, ce plasma, dont l’instabilité est source de nombreuses études, est confiné en suspens grâce à l’effet de très puissants champs électro-magnétiques générés par des aimants supraconducteurs maintenus à très basse température par un système cryogénique.

    5) FUSION ATOMIQUE

    Lorsque la température du plasma est assez haute et sa densité suffisamment élevée, les atomes de D et T fusionnent, produisant des atomes d’hélium, inoffensifs, et des neutrons très énergétiques.

    6) PRODUCTION D’ELECTRICITE

    En frappant les parois internes du tokamak, les neutrons les chauffent. Cette chaleur peut être récupérée puis transférées vers des turbines à vapeur, qui produiront de l’électricité, générant plus d’énergie que la machine n’en consommera (ce qu’aucun tokamak n’est parvenu à faire jusque-là). Par comparaison, il suffit de 11 kg de mélange D-T, contre 10000 tonnes de charbon, pour produire 1000 MW électrique. A terme, ITER doit produire une puissance thermique de 500 MW durant dix minutes, soit 35 fois plus que les tokamaks précédant, démontrant ainsi la faisabilité scientifique de la fusion.

    7) DEFIS A RELEVER

    Dans ITER, la réaction de fusion ne fonctionnera ainsi pas indéfiniment. Pour ce faire, il faudrait que le tritium soit non pas injecté (il n’y en aurait pas assez aujourd’hui, un réacteur de fusion en continu en utilisant plusieurs dizaines de kg par an), mais fabriqué in situ, dans la machine, en récupérant les neutrons émis lors de la réaction de fusion pour les diriger vers des atomes en lithium introduits dans l’habitacle. Mais la faisabilité de cette technologie est encore à étudier en détails.

    Par ailleurs, les parois intérieures du tokamak, bombardées neutrons issus du plasma, deviennent radioactives et se fragilisent, nécessitant un remplacement régulier, à l’aide de robots. Les physiciens étudient quels pourraient être les meilleurs matériaux permettant d’éviter une fréquence de renouvellement trop élevée, qui mettrait en question toute la filière par les interruptions qu’elle induirait. Ces deux défis devraient être au cœur de DEMO, un prototype préindustriel qui devrait succéder à ITER dès 2054 au mieux.

    Source : www.letemps.ch/sciences - Auteur (texte + photos : Olivier Dessibourg


    Lundi 08/10/18 - Climat: le Giec appelle à des transformations "sans précédent"

    Le monde devra engager des transformations "rapides" et "sans précédent", s'il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, soulignent les experts climat de l'ONU (Giec), mettant en garde contre des risques accrus au-delà de ce seuil.

    Dans un rapport de 400 pages, dont le "résumé à l'intention des décideurs politiques" est publié lundi, les scientifiques exposent les nombreux impacts déjà à l'oeuvre, et notamment la menace d'emballement au-dela d'1,5°C de réchauffement (par rapport aux niveaux pré-industriels): vagues de chaleur, extinctions d'espèces, ou déstabilisation des calottes polaires, source de montée des océans sur le long terme.

    "Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte, d'autant que passer 1,5°C accroît le risque de changements profonds voire irréversibles, comme la perte de certains écosystèmes", explique Hans-Otto Pörtner, co-président de cette session du Giec qui a réuni chercheurs et représentants des Etats toute la semaine dernière en Corée du sud.

    Si le mercure continue de grimper au rythme actuel, sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre, il devrait atteindre +1,5°C entre 2030 et 2052, note le rapport, basé sur plus de 6.000 études. Et si les Etats s'en tiennent à leurs engagements de réduction d'émissions pris dans le cadre de l'accord de Paris en 2015, ce sera +3°C à la fin du siècle.

    Alors que faire, tandis que 2017 a encore vu les émissions mondiales liées à l'énergie repartir à la hausse?

    Pour le Giec, pour rester à 1,5°C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement dès avant 2030 (-45% d'ici 2030) et le monde atteindre une "neutralité carbone" en 2050 (autrement dit il faudra cesser de mettre dans l'atmosphère plus de CO2 qu'on ne peut en retirer, et ne plus se permettre que des émissions "résiduelles").

    "Nous ne sommes pas condamnés à 3°C!"

    Villes, industries, énergie, bâtiment... tous les secteurs sont appelés à s'atteler à de "profondes réductions d'émissions": rester à 1,5°C demandera "une transition rapide et de grande portée", d'une ampleur "sans précédent".

    Le Giec insiste sur l'énergie - charbon, gas, pétrole étant responsables des trois quarts des émissions. Et propose plusieurs scénarios chiffrés incluant différentes combinaisons d'actions.

    "Le rapport donne aux décideurs politiques l'information dont ils ont besoin pour prendre des décisions pour lutter contre le changement climatique tout en considérant aussi les besoins des populations", explique la sud-africaine Debra Roberts, autre coprésidente de cette réunion, pour qui ce texte est "un appel à la coordination!"

    "Les années à venir seront les plus déterminantes de notre histoire", estime-t-elle.

    Pour sa collègue française, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également à Incheon, c'est "un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas".

    "Il nous dit +si on n'agit pas maintenant, on va vers un monde où on sera en permanence en gestion de crises+", dit-elle. "La bonne nouvelle est qu'il y a des actions en cours dans le monde, mais il faudrait les accélérer pour avoir des transitions douces. La vraie question de la faisabilité c'est celle-là: les gens sont-ils prêts à agir, et y aura-t-il assez de volonté politique collective?"

    "Nous ne sommes pas condamnés à 3°C", s'anime le climatologue Myles Allen. "Nous sommes éventuellement liés par nos actions passées, mais pour l'avenir tout est possible", dit l'universitaire britannique qui espère entendre le secteur pétrolier.

    L'Alliance des petits Etats insulaires, à la pointe du combat pour inscrire l'objectif 1,5 dans l'accord de Paris, a appelé lundi "les nations civilisées à prendre leurs responsabilités en relevant leurs efforts pour réduire les émissions".

    "Le rapport montre que nous n'avons plus qu'une occasion, des plus minces, pour éviter des dommages impensables au système climatique qui nous fait vivre", a dit Amjad Abdulla, qui représente une quarantaine de nations allant des Maldives aux Bahamas en passant par Singapour éparpillées sur tous les océans. Il est "convaincu que les historiens regarderont ces conclusions comme un moment clé dans l'histoire des hommes".

    "Y arriverons-nous à temps? Personne ne sait", dit Kaisa Kosonen, reponsable climat pour Greenpeace. "Ce qui compte maintenant est que nous décidions d'essayer et que nous en fassions notre priorité. Seulement alors aurons-nous une chance de nous protéger des impacts que la science nous annonce."

    Source: info.arte.tv avec l'AFP - Rédaction: Catherine Hours -


    08/10/18 - La part des énergies renouvelables ne cesse de croître dans le monde

    La part des énergies renouvelables ne cesse de croître dans le monde. Elle devrait augmenter de 20% dans les cinq ans pour atteindre une part globale de 12,4% en 2023, indique lundi l'Agence internationale de l'énergie ((IEA) dans son rapport annuel.

    Les énergies renouvelables devraient satisfaire 30% de la demande en électricité en 2023 contre 24% en 2017.

    Durant cette période, les énergies renouvelables devraient représenter 70% de la croissance mondiale de production d'électricité tirées par le photovoltaïque, l'éolien, l'énergie hydraulique et enfin la bioénergie.

    L'énergie hydraulique demeure la plus importante source d'énergie renouvelable et fournira 16% de la demande d'électricité en 2023, suivie par l'éolien (6%), le photovoltaïque (4%) et la bioénergie (3%).

    L'année 2017 a été un record pour l'énergie renouvelable, selon le rapport. La capacité du photovoltaïque a connu la plus forte croissance avec 97 GW de plus dont la moitié a été réalisée par la Chine.

    L'éolien offshore a par contre décliné l'an dernier pour la seconde fois consécutive.

    Le photovoltaïque va dominer la croissance de la capacité du renouvelable dans les six ans avec une capacité renforcée de 600 MW. La Chine représente près de 45% de la croissance du photovoltaïque.

    Source: trends.levif.be


    Dimanche 07/10/18 - Comment les éoliennes contribuent au réchauffement climatique

    Les éoliennes permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre en remplaçant les énergies fossiles, mais elles contribuent au réchauffement à la surface de la Terre, à cause de la façon dont les turbines redistribuent les masses d’air chaud et humide dans l’atmosphère.

    Deux chercheurs d’Harvard ont calculé qu’alimenter l’ensemble des États-Unis en électricité d’origine éolienne conduirait à réchauffer la température au sol de 0,54 degré dans la partie du pays qui serait recouverte d’éoliennes, et de 0,24 degré sur l’ensemble continental des États-Unis, selon une étude publiée jeudi dans la revue scientifique Joule. « L’éolien bat le charbon sur toutes les mesures environnementales, mais cela ne veut pas dire que ses impacts sont négligeables », dit le coauteur, David Keith, professeur d’ingénierie à Harvard. Les chercheurs expliquent que les éoliennes font descendre l’air chaud et peuvent ainsi augmenter la température au sol la nuit.

    Par comparaison, la température moyenne sur le globe a augmenté d’environ un degré depuis la fin du XIXe siècle, et l’accord de Paris appelle les nations à limiter la hausse de 1,5 à 2 degrés pour éviter des conséquences environnementales catastrophiques. Cette étude ne fait toutefois pas de calcul concernant l’ensemble de la planète.

    Effet sur la végétation

    De précédents travaux avaient déjà étudié l’impact des éoliennes sur la température et le climat. Une étude récente, publiée dans la revue Science, avait estimé que couvrir une partie du Sahara avec des éoliennes aurait un effet local sur la température, sur les précipitations et donc, in fine, sur la végétation locale.

    Les auteurs de cette nouvelle étude estiment en outre que l’impact des centrales solaires serait dix fois inférieur à celui des éoliennes, pour une génération d’électricité équivalente.

    Source: parismatch.be avec Belga


    07/10/18 - Près de Toulouse, une des premières centrales solaires flottantes de France est en projet

    L'une des premières centrales solaires flottantes de France est en projet sur une commune au sud de Toulouse. On vous présente ce projet.

    Dans une ancienne gravière

    A Peyssies, les capteurs photovoltaïques de la centrale solaire seront installés sur une structure flottante fixe positionnée sur un plan d’eau d’anciennes gravières qui étaient exploitées pour produire du sable et du gravier.

    Ces anciennes gravières ont notamment été réhabilitées pour des activités nautiques et comportent deux plans d’eau principaux. La centrale solaire sera installée sur un bassin plus mineur inutilisé à l’heure actuelle. Contactées, la mairie de Peyssies et la société Urbasolar n’ont pas répondu à nos sollicitations.

    C’est un projet innovant qui se lance au sud-ouest de Toulouse sur la commune de Peyssies (Haute-Garonne). C’est en effet l’une des premières centrales photovoltaïque au sol et flottante de France qui va voir le jour chez nous.

    C’est ma société Urbasolar, spécialisée dans la production d’électricité, qui va être chargée de mener ce projet qui rentre en enquête publique à partir du 9 octobre et jusqu’au 13 novembre 2018.

    Couvrir la consommation de plusieurs centaines d’habitants

    Le projet de Peyssies sera composé d’environs 13 888 modules photovoltaïques qui reposerons sur des flotteurs eux-mêmes fixés sur une structure flottante fixe positionnée sur le lac. La centrale permettra de produire environ 6 gigawatt-heure, soit l’équivalent de la consommation électrique d’un peu moins de 1000 habitants.

    Concrètement, comment une telle centrale fonctionne? Le courant continu généré par les modules passe dans un ondulateur, l’équipement électrique qui permet de transformer le courant continu en courant alternatif, le seul courant utilisé sur le réseau électrique français.

    Comment une telle centrale fonctionne?

    Le courant passe ensuite dans un transformateur qui élève la tension du courant pour limiter les pertes lors de son transport jusqu’au point d’injection dans le réseau électrique.

    L’électricité produite et réhaussée est ensuite injectée dans le réseau électrique au niveau d’un poste de livraison, un poste qui sera installé dans le cadre de ce projet à l’entrée du site.

    Presque inédit en France

    Ce type de projet, déjà très implanté en Asie est en revanche tout à fait nouveau en France.

    La construction de la première centrale solaire flottante de France a en effet commencé le jeudi 20 septembre 2018 à Piolenc (Vaucluse) avec l’installation de 47 000 panneaux photovoltaïques.

    Un gros projet sur le site de l’Oncopole à Toulouse

    Urbasolar porte plusieurs projet de centrale solaire sur notre territoire. Elle construira et exploitera notamment celle de la future centrale qui sera située sur la zone de l’Oncopole qui produira environ 21 gigawatt-heure, soit l’équivalent de la consommation électrique de 3 000 habitants.

    Quatre autres centrales seront installées sur les toits du bâtiment Marengo, de la médiathèque José Cabanis, de la station d’épuration de Castelginest et du parking nord du futur Parc des Expositions.

    Source illustrée: actu.fr - Rédaction: David Saint-Sernin


    Samedi 06/10/18 - Énergie. Ces Bretons qui se chauffent au charbon

    Alors qu’un peu plus de 235 000 foyers bretons s’apprêtent à faire leur plein de fuel, d’autres entassent des sacs de charbon pour préparer l’hiver ! Une image certes anachronique, à l’heure de la transition énergétique, mais un constat bien réel en Bretagne où quelques centaines de logements sont encore chauffés au charbon.

    Environ 500 logements bretons se chauffent encore au charbon en Bretagne. Un phénomène très marginal puisqu’il ne représente que 0,02 % de la consommation énergétique du secteur résidentiel et tertiaire, premier poste de dépense énergétique en Bretagne (43 %) devant les transports (35 %) et l’industrie (14 %).

    Cuisinières et chauffage d’appoint

    « C’est vraiment l’épaisseur du trait, reconnaît Renaud Michel, animateur du pôle Énergie à l’Ademe Bretagne. Un constat partagé par Thomas Paysant-Le Roux, chargé de mission à Bretagne environnement. « En 1992, la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (DREAL) avait comptabilisé 6 000 maisons chauffées au charbon », rappelle-t-il. « À raison d’une baisse continuelle de 5 à 10 % par an, nous sommes désormais sur un phénomène relictuel ».

    « Des clients modestes et fidèles »

    Aux établissements Leuranguer à Bégard (22), on confirme le maintien d’une petite activité de distribution de charbon pour les particuliers. « Ce sont des clients fidèles, souvent âgés et modestes qui ont conservé leur cuisinière au charbon. Ils s’en servent comme chauffage d’appoint », détaille la responsable de l’entreprise. Le charbon est conditionné en sacs de 25 kg vendus entre 23 et 24 € l’unité. De septembre à mars, une centaine de clients viennent s’y approvisionner. « Certains pour quelques sacs, d’autres pour 30 voir 40 sacs ». «Beaucoup viennent de la campagne de Belle-Isle-en-Terre (22). Ils n’ont ni l’âge, ni les moyens de changer leur installation », précise-t-elle sobrement.

    Un profil que confirme Dominique Perrois, gérant de la société Perrois Père et Fils à Rennes. « Nous avons dû mettre un terme à cette activité qui ne concernait, l’an dernier, qu’une petite trentaine de clients. Des personnes que nous continuons malgré tout à dépanner, car elles sont âgées et souvent en situation de précarité », témoigne-t-il. « Résultat, nous avons écoulé moins de 15 tonnes l’an dernier, contre 1 100 tonnes au moment de la création de l’entreprise par mes parents, en 1968 ».

    700 à 800 € la tonne

    Quelques grossistes subsistent, comme Atlantique Bretagne combustibles (ABC) à Carquefou (44) qui alimente l’ensemble de la façade atlantique, de la Bretagne au Pays basque. «C’est une activité moribonde, un marché qui s’éteint tout seul », admet Jean-Bernard Roger, P-DG d’ABC. Seuls trois opérateurs se partagent encore ce marché résiduel estimé à 35 000 tonnes en France, dont quelques centaines de tonnes acheminées pour sa part vers la Bretagne. Même son de cloche du côté de Mullet Combustibles près de Lens (62) qui indique avoir fourni 310 tonnes de charbon aux détaillants bretons l’an dernier. Des volumes sans commune mesure avec les 20 000 tonnes écoulées chaque année sur le marché local. Importé de Grande-Bretagne ou d’Allemagne, le charbon est revendu au prix de gros entre 700 et 800 € la tonne, transport compris.

    Irréductibles ?

    Pour les irréductibles qui font du charbon leur chauffage principal, il faut compter une consommation annuelle de 2 à 2,5 tonnes par an. Leur facture s’est considérablement alourdie avec le doublement de la taxe sur la consommation de charbon (TICC) entre 2016 et 2018. « La fin charbon est écrite. Pourquoi grever encore un peu plus le budget de personnes âgées, voire très âgées qui, de toute manière, ne changeront plus de mode de chauffage ? », déplore Jean-Bernard Roger.

    Comment expliquer une telle survivance ? « En remontant à l’avant-guerre, à l’époque où le charbon était une véritable culture, l’unique source de chauffage bon marché », rappelle Jean-Bernard Roger. Un phénomène qui s’est prolongé après-guerre, dans les familles modestes, chez les veuves de guerre ou de marins disparus en mer, grâce aux « bons charbon ». Quelques sacs gratuits en échange d’un précieux ticket. «Renoncer au charbon, c’était perdre ce coup de pouce», souffle René, en se remémorant le poêle rougeoyant de sa grand-mère.

    Source: www.letelegramme.fr


    05/10/18 - Allemagne: la justice suspend l'extension d'une vaste mine de charbon

    La justice allemande a suspendu vendredi le déboisement controversé d'une forêt pour agrandir une énorme mine de charbon, offrant aux militants écologistes qui occupent les lieux un succès tardif après six ans de bataille.

    Cette décision intervient alors que les jours de ce lieu symbolique paraissaient comptés. La forêt de Hambach cristallise les tensions autour de la dépendance allemande au charbon brun, extrait à ciel ouvert sur de vastes surfaces.

    Non seulement l'énergéticien RWE a déjà défriché 3.900 des 4.100 hectares de ce bois proche d'Aix-la-Chapelle, dans l'ouest de l'Allemagne, mais la police a expulsé ces dernières semaines les dizaines de militants installés dans les arbres depuis six ans.

    Se prononçant en appel et en référé, la Cour régionale administrative de Münster a estimé vendredi que RWE n'avait "pas le droit de déboiser la forêt de Hambach" tant que la justice n'aura pas examiné le recours déposé sur le fond par l'association environnementale Bund, soit d'ici 2020 selon RWE.

    "C'est une bonne journée pour la protection de la nature et du climat et un jalon pour le mouvement anti-charbon", s'est réjoui Martin Kaiser, de l'association Greenpeace, lors d'une conférence de presse.

    Chauve-souris

    Comme Bund s'oppose à l'agrandissement de la mine exploitée par RWE en invoquant une directive européenne sur la protection de la faune et la flore, la justice doit "décider de questions complexes, qui ne peuvent être tranchées en référé", précise la Cour administrative.

    Les requérants font notamment valoir que la forêt abrite des espèces rares comme le vespertilion de Bechstein, une petite chauve-souris, et doit donc être qualifiée de zone protégée.

    Or le projet de RWE soutenu par les autorités régionales implique de raser à partir du 15 octobre la moitié des 200 derniers hectares de la forêt, ce qui porterait une atteinte "irréversible" à ce territoire, "injustifiée" aux yeux des magistrats.

    Si la présence des militants installés dans les arbres de Hambach était tolérée depuis des années, RWE a récemment décidé de faire valoir ses droits et la police a entamé en septembre l'expulsion des occupants, démantelant 86 constructions provisoires.

    L'opération a entraîné l'arrestation de près de 300 personnes et 27 policiers ont été blessés dans des confrontations avec les militants, qui ont pour certains jeté des cocktails Molotov, des pierres et des sacs d'urine ou d'excréments, selon la police locale.

    Un journaliste indépendant couvrant l'événement a par ailleurs fait une chute mortelle mi-septembre, depuis un pont reliant deux cabanes construites dans des arbres.

    Dépendance énergétique

    Une manifestation, qui devrait rassembler ce samedi plusieurs milliers d'opposants à l'agrandissement de la mine, a finalement été autorisée par la justice après une interdiction par la police régionale.

    La forêt de Hambach est devenue en Allemagne le symbole des adversaires du charbon, qui continue à représenter près de 40% de la production d'électricité en raison notamment de la sortie du nucléaire à l'horizon 2022, décidée en 2011 par le gouvernement d'Angela Merkel.

    "Nous resterons dépendants encore un bon moment du lignite", c'est-à-dire du charbon brun bon marché mais très polluant, a récemment déclaré sur la chaîne ARD l'un des responsables de RWE, Frank Weigand.

    Le gouvernement allemand, qui a reconnu en juin qu'il n'atteindrait pas ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour 2020, a créé une commission chargée de réfléchir à la sortie du charbon, sans fixer pour l'heure d'échéance tant le sujet est techniquement et socialement épineux.

    Les énergies renouvelables sont certes montées en puissance, dépassant les 30% de la consommation d'électricité allemande, mais elles posent encore des difficultés liées à leur caractère intermittent et leur transport depuis le Nord, balayé par le vent, jusqu'au Sud industriel.

    Un abandon rapide du charbon compromettrait donc "la sécurité de l'approvisionnement", martelait l'an dernier RWE, tout en alertant sur le sort des "75 000 employés directs et indirects du secteur de la lignite".

    Le groupe a pour le moment indiqué dans une communiqué s'attendre à un effet négatif sur son bénéfice d'exploitation d'au moins 100 millions d'euros par an entre 2019 et une éventuelle reprise des travaux.

    Source: www.capital.fr avec l'AFP


    03/10/18 - Le Parlement européen veut une réduction de 40% des émissions de CO2 des voitures

    Le Parlement européen a estimé mercredi que les véhicules légers neufs devaient réduire leurs émissions de CO2 de 40% d'ici 2030.

    Cet objectif de diminution moyenne d'émissions de gaz à effet de serre est valable tant pour les voitures particulières que pour les camionnettes et doit se mesurer par rapport à 2021. Une étape intermédiaire a été fixée, avec une réduction de 20% d'ici 2025.

    "Le transport est le seul grand secteur de l'UE où les émissions de gaz à effet de serre sont toujours en augmentation", regrette en préambule le texte adopté.

    Largement débattue et amendée, cette résolution législative votée à 389 voix pour (239 voix contre) va désormais constituer la position du Parlement européen dans les négociations sur le sujet avec le Conseil de l'UE (Etats membres), qui débuteront le 10 octobre.

    Le texte législatif issu de ces négociations sera ensuite voté de nouveau au Parlement et au Conseil avant de pouvoir entrer en vigueur.

    Initialement, la Commission européenne, à l'origine des propositions législatives dans l'UE, avait demandé en novembre 2017 une réduction moindre, de 30% de la moyenne des émissions de CO2 des voitures particulières d'ici 2030.

    Le Parlement européen a donc décidé d'opter pour une position plus ambitieuse. Les députés écologistes défendaient même une réduction allant jusqu'à 50%.

    Les constructeurs dont les émissions moyennes de CO2 excèdent les objectifs fixés devront payer une amende au budget de l’UE, "qui sera utilisée pour faire monter en compétence les travailleurs affectés par les évolutions du secteur automobile", détaille le Parlement européen.

    Le projet législatif adopté comprend également l'objectif d'une part de marché des véhicules électriques et à faibles émissions à 35% du marché des voitures et camionnettes nouvelles d'ici 2030 et à 20% d'ici 2025.

    Enfin, les parlementaires ont demandé que soient mis en place d'ici 2023 des tests en conditions réelles de conduite, et non plus en laboratoire, pour mesurer les émissions de CO2, comme cela a été fait pour les émissions d'oxydes d'azote (NOx) à la suite du scandale Volkswagen.

    "Si l'on ne s'assure pas que l'Europe est capable de produire des voitures propres dans un laps de temps raisonnable, nous allons non seulement rater les objectifs de l'Accord de Paris, mais l'industrie automobile européenne sera aussi à la traîne sur le marché mondial et des emplois seront perdus", a commenté l'eurodéputée maltaise socialiste Miriam Dalli, rapporteure du texte.

    Voulant aussi "sortir du dilemme entre protection de l'environnement et compétitivité industrielle", l'eurodéputée française Françoise Grossetête (PPE, conservateurs) a estimé qu'il était "très important d'accompagner les constructeurs automobiles dans ces changements" sans "imposer une transition industrielle à marche forcée".

    Elle a en revanche regretté que le texte adopté ne s'écarte pas davantage de "l'écran de fumée" du tout-électrique, "pour favoriser également d'autres alternatives aux moteurs à combustion, dont l'hydrogène ou les hybrides rechargeables".

    Source: www.capital.fr avec l'AFP


    02/10/18 - La culture du tabac catastrophique pour l'environnement, dit l'OMS

    Le tabagisme ne fait pas que tuer sept millions de personnes chaque année, a prévenu mardi l'Organisation mondiale de la Santé: la culture du tabac est aussi dévastatrice pour l'environnement.

    Cette culture contribue notamment à la déforestation et à l'acidification de l'eau et du sol.

    L'agence onusienne de la santé explique dans un document dévoilé mardi que l'empreinte environnementale de la production du tabac est comparable à celle de pays entiers. L'OMS prévient que la production annuelle de 6000 milliards de cigarettes nuit davantage à la planète que la production de masse de cultures vivrières.

    Un des auteurs de l'étude estime que la cigarette devrait être considérée comme un «produit non éthique» en raison de son impact sur l'environnement.

    Des experts ont calculé qu'un humain qui fume 20 cigarettes par jour pendant 50 ans est responsable de la perte de 1,4 million de litres d'eau.

    Source: www.lapresse.ca avec l'AP

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