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INFO CLIMAT
Changement climatique
Les thèmes abordés ici sont l'environnement, l'écologie et le développement durable. Les articles sont classés chronologiquement.

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    02/05/19 - Ne confondez pas climat et pollution

    Climat et pollution sont deux notions différentes. Hélas ! La confusion reste encore grande dans l’esprit du grand public. Et, pire, des décideurs.

    Les écologistes politiques belges confrontés au choix du complément à assurer aux énergies alternatives (éolien et solaire) par des productions pilotables ont préféré le gaz naturel (fossile) au nucléaire (décarboné). Ils ont donc choisi la pollution contre le climat !

    Mais on comprend la confusion des esprits quand on entend les ténors de la politique ou des éditorialistes fustiger les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) qui ruinent l’avenir du monde en feignant d’ignorer qu’elles représentent 80 % de l’énergie mondiale consommée et qu’il va falloir vivre encore pendant des dizaines d’années avec ces fléaux. À considérer que les auditeurs sont des imbéciles, on peut effectivement gagner des élections et vendre des journaux, mais on ne va pas résoudre les problèmes auxquels on se dit confrontés. Si les uns et les autres croient vraiment à ce qu’ils racontent, il faut qu’ils acceptent d’interroger la science sur les empreintes carbone des alternatives et qu’ils en acceptent les résultats.

    Admettons la volonté des femmes et des hommes politiques de bien faire, celle des commentateurs d’accepter des raccourcis pour se faire lire ou écouter, mais la distance prise avec des données scientifiques de base de ces deux professions finit par laisser pantois. Jusqu’au plus haut sommet de l’État et dans des circonstances graves une telle ignorance de la réalité n’est pas admissible car elle conduit forcément à l’addition de mesures erronées et à un dérèglement de notre économie.

    Revenons à quelques notions simples
    Un certain nombre de scientifiques estiment que l’abus des émissions de gaz à effet de serre, pour simplifier disons le gaz carbonique ou CO2, conduit à un réchauffement climatique (on dit aussi dérèglement climatique car l’observation d’un réchauffement moyen de la planète patine un peu ces dernières années). La communauté scientifique a fait admettre cette observation au niveau de bon nombre d’États, rassemblés dans les fameuses COP dont la 21e à Paris a vu des engagements internationaux pris avec enthousiasme. Il existe toujours, y compris des scientifiques, des climato-sceptiques qui contestent les objectifs assignés aux humains, mais ils ont de plus en plus de mal à se faire entendre et même à avoir le droit de parler. Cela ne veut pas dire qu’ils ont tort, mais désormais il est difficile de ne pas tenir compte des objectifs de « décarbonation » que se sont fixés les chefs de beaucoup d’États.

    Si on ne veut pas jouer les Don Quichotte, le problème est donc désormais de discuter des méthodes pour restreindre les émissions, et l’on verra bien si cela aura un effet sur le climat. La recherche de l’amélioration des émissions va de toute façon dans le bon sens, elle combat le gaspillage, elle promeut le développement durable, elle limite cette course effrénée à la consommation jetable et à la frénésie des achats relevant de l’éphémère. On pourrait dire qu’il y a des milliards d’individus sur Terre qui n’en sont pas là, mais ceux qui vivent dans la surconsommation sont utilement rappelés à la discipline et à leur responsabilité à l’égard de leurs semblables et des nouvelles générations.

    C’est alors que les difficultés arrivent car à côté du climat où la règle est de combattre les gaz à effet de serre, un autre objectif se pose, celui de limiter les effets polluants des villes et autres conurbations. On veut donc rajouter la qualité de l’air des villes à la lutte pour le climat et on nomme les mêmes responsables en confondant allègrement les deux notions. Ainsi le gouvernement chinois qui ferme les centrales à charbon des villes pour les envoyer à la campagne est célébré comme un bienfaiteur du climat, surtout s’il peut ajouter quelques belles photos de centrales solaires sur des collines devenues désertes… d’humains.

    Clairement on peut très bien prendre des mesures pour retrouver dans les villes une qualité de l’air acceptable tout en augmentant « l’empreinte carbone », c’est-à-dire tout en participant à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, c’est même le cas général.

    La confusion règne encore dans les esprits

    Les contradictions commencent à apparaître effectivement avec les antinucléaires qui mettent cet objectif avant tous les autres et essaient vainement de démontrer qu’une économie uniquement renouvelable est possible à relativement court terme.
    Mais les tenants du véhicule électrique font la même erreur, car celui-ci est bon pour l’air respiré en ville mais mauvais pour le climat tant que les batteries nécessitent des métaux rares et des temps de recharge courts et géographiquement dispersés.

    Ceci est vrai aussi de la multiplication des éoliennes réclamant des lignes nouvelles et des transformateurs, tandis que la nature peut être sévèrement attaquée par les ancrages à terremais encore plus en mer. Le bilan carbone est difficile à apprécier, celui des attaques à la faune et la flore de plus en plus évident : ce n’est plus la pollution de l’air, c’est la pollution tout court.

    C’est aussi le cas avec la fameuse idée d’une filière hydrogène renouvelable à partir de la méthanisation des déchets agricoles. Lorsque l’on fabrique du méthane, la fabrication de l’hydrogène produit du gaz carbonique et il n’a aucune raison d’être ni propre ni vert !

    S’adapter plutôt que punir

    Il faut donc réapprendre quelques notions simples de thermodynamique et de chimie, car si comme il est dit on veut sauver la planète, encore faudrait-il dans un premier temps accepter ses lois que la science nous apprend à mieux connaître pas à pas. Les principes de la thermodynamique et les connaissances sur le carbone, l’oxygène et l’hydrogène ne prêtent pas à interprétation politique ou éditoriale, les écologistes politiques peuvent rêver à d’autres planètes, pour l’instant ils sont dans celle-ci. On peut polluer moins et carboner plus, on peut carboner moins et polluer plus.

    Pour caricaturer, je continue à dire que déplacer 80 kg d’humain dans une voiture qui pèse 2,4 tonnes, ce n’est pas donner la voie du destin de l’humanité. Il va falloir apprendre à vivre avec des solutions mélangées, avec des baisses relatives de l’empreinte carbone et des pollutions en trouvant les meilleurs compromis. Vous ne verrez pas disparaître les énergies fossiles, mais vous allez en orchestrer la meilleure utilisation. Ainsi va le monde.

    Source : www.contrepoints.org - Auteur: Loïk Le Floch-Prigent


    02/05/19 - « Le changement climatique, on l’affronte tous les jours » : la mer ronge la terre des Esquimaux

    Dans le sud-ouest de l’Alaska, aux États-Unis, les records de douceur font fondre le sol habituellement gelé tout au long de l'année. Avec l’érosion de la côte et la montée des eaux, les villages du delta du Yukon subissent déjà les conséquences désastreuses du réchauffement climatique sur leur vie quotidienne.

    Le cimetière a été déplacé deux fois, l’ancienne école est déjà submergée et la nouvelle connaîtra bientôt le même sort si l’érosion continue à dévorer les terres du petit village de Napakiak, dans le sud-ouest de l’Alaska.

    « Ici, le changement climatique, on l’affronte tous les jours », lâche Walter Nelson, élu municipal de Napakiak, l’une de ces dizaines de communautés indigènes isolées dont l’existence même est menacée par la hausse des températures qui frappe l’État le plus vaste des États-Unis.

    « Le trait de côte ne cesse de reculer, bien plus vite que les prévisions, et on doit constamment s’écarter de la rivière pour aller plus en hauteur », explique-t-il en faisant visiter ce village de 350 habitants – pour la plupart des Esquimaux Yupiks – niché dans les méandres du fleuve Kuskokwim.

    Il pointe du doigt tout autour les maisons et autres bâtiments de Napakiak, beaucoup sur pilotis, touchés par cette érosion fulgurante et par la fonte du permafrost, cette couche de sol auparavant gelée tout au long de l’année qui recouvre une grande partie de la surface de l’Alaska.

    « C’est une course contre la montre permanente. L’épicerie, la caserne des pompiers et un bâtiment municipal sont actuellement sur la liste des bâtiments à déplacer en priorité, souligne Walter Nelson. L’école est la suivante, mais on ne pourra pas la bouger. On devra l’abattre et en reconstruire une nouvelle. »

    Records de douceur

    Le même scénario se reproduit dans toutes les communautés côtières d’Alaska, dont la plupart ne sont pas accessibles par la route, sauf en hiver en roulant sur les rivières gelées, de moins en moins praticables en raison de l’élévation des températures.

    À Newtok, sur la côte ouest de l’État, 350 personnes devront ainsi abandonner leur village cet été pour s’exiler dans un nouveau, près de quinze kilomètres plus loin. À Quinhagak, bien plus au sud, sur la mer de Bering, 700 personnes se préparent à se mettre à l’abri de la montée des eaux.

    « Nous avons déjà bougé à deux reprises. La dernière fois, c’était en 1979, se souvient Warren Jones, président de l’organisation locale regroupant les Yupiks. Mais l’érosion va trop vite et maintenant, on prépare le terrain pour le nouveau site, qui sera plus loin de l’eau », souligne-t-il.

    Selon les scientifiques, l’Alaska subit un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne du globe. Des records de douceur y ont été battus en février et en mars.

    « De 1901 à 2016, les températures moyennes aux États-Unis ont augmenté d’un degré Celsius, tandis qu’en Alaska, elles ont gagné 2,6° C, relève Rick Thoman, expert du Centre d’évaluation et de politique du climat de l’Alaska. Cela affecte de manière disproportionnée les communautés rurales d’Alaska, dont l’existence même est menacée à long terme », ajoute le spécialiste, pour lequel il suffirait d’une seule tempête pour rendre certains villages inhabitables.

    Cercueils métalliques

    Napakiak, perdu au milieu d’une toundra désespérément plate et criblée de petits lacs, est accessible uniquement par bateau, à l’aide de petits avions, ou via les rivières gelées en hiver.

    Depuis dix ans, Harold Ilmar est employé à plein-temps pour protéger le village des inondations provoquées par les tempêtes et l’érosion du lit du fleuve. Il déplace en moyenne chaque année cinq structures vers des lieux situés plus en hauteur et tente tant bien que mal de colmater les brèches dans les berges à l’aide de sacs de sable et de bâches en plastique.

    « C’est un travail permanent, et durant les urgences, je travaille même le week-end, assure-t-il. Je pense que ce serait mieux si on déplaçait juste le village en hauteur, par là-bas », dit-il en montrant un promontoire situé à environ 1,5 km de la berge.

    Comme beaucoup de leurs homologues indigènes, les élus de Napakiak ont multiplié les allocutions dans diverses conférences, sillonnant les États-Unis ces dernières années pour sonner l’alarme sur le changement climatique et leurs villages engloutis. « On se tue à dire aux gens de venir ici, pour voir ça de leurs yeux, se désole Walter Nelson. On ne peut pas comprendre ce qui se passe en restant au téléphone. »

    En attendant, le village s’adapte de son mieux. On a commencé à y utiliser des cercueils métalliques, plus résistants que ceux en bois. De nombreux corps ont en effet été endommagés lorsque les deux cimetières précédents ont été recouverts par les eaux. « À présent, on a deux fosses communes remplies de restes de gens que nous n’avons pas pu identifier », regrette l’élu, qui craint fort que lui et ses administrés ne s’ajoutent à la liste des réfugiés climatiques dans le monde.

    « On pensait que 2016 et 2018 étaient les années les plus chaudes, mais 2019 est en train de battre tous les records… Qui sait ce qu’on subira dans les dix ans qui viennent », soupire-t-il.

    Source illustrée: www.ouest-france.fr/leditiondusoir avec l'AFP

    Auteur: Jocelyne Zablit (Agence France Presse)

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