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COLLAPSOLOGIE
Fin du monde
Vous avez envie de nous faire part d'une expérience personnelle (mission ou vacances géologiques à l'étranger, point de vue sur l'environnement, etc.). Cette rubrique vous attend !

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  • Sauver la planète et protéger les espèces menacées : une belle hypocrisie
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  • Les climatoseptiques contre-attaquent
  • Dix lieux spectaculaires en Amérique du Sud
  • Les cinq trous les plus fascinants du monde
  • Les pires inondations de l’histoire du monde
  •  Sauver la planète et protéger les espèces menacées : une belle hypocrisie
    Peut-on vraiment sauver la planète ? Cette question répétée à l'envi semble trop ambitieuse. Commençons par accomplir quelques gestes simples au quotidien.

    Maintenant que la campagne de la présidentielle est lancée (a-t-elle jamais cessé?), un thème essentiel s'impose, susceptible de booster un électorat mollasson. Il devrait être (on l'espère), ni de droite ni de gauche, consensuel, tonique, généreux et fédérateur. Sauvons la planète ! A bas le saccage de notre terre pillée par une bande d'apprentis sorciers et de margoulins !

    Qui serait contre ? L'ennui, c'est que l'écologie, chère aux belles âmes, a pris des allures de religion. Il fallait s'y attendre, dès lors que, dans notre Occident déclinant, ceux qui nous promettaient divers paradis, l'avenir radieux et autres béatitudes, ont pris un coup de vieux. Bye bye, les grandes espérances ! Il s'agit seulement d'éviter le pire...

    Voyez le style : Sauver la planète. Avant on nous demandait seulement de sauver notre âme. (Où est-elle passée, celle-là?). Il faut respecter l'environnement. Avant on nous demandait de respecter nos parents. (Où sont-ils passés, ceux-là?). Comme Dieu est mort, Nietzsche dixit, et notre Surmoi avec, le seul péché qui nous reste, c'est le péché de pollution, noble terme ecclésiastique médiéval dont on nous rebat les oreilles.

    Avant, on ne connaissait que les pollutions nocturnes. Et l'Apocalypse qui se vend si bien - on adore les films catastrophe autant que le porno - l'Apocalypse nous guette. On attendait depuis un moment la fin des Temps: la voici. A la suite des sombres conclusions (pourtant controversées), de climatologues patentés, de nouveaux prophètes et imprécateurs sont montés en chaire: la banquise fond, les mers montent, la terre se réchauffe, des espèces disparaissent, les réserves naturelles s'épuisent, on court à l'abîme. Ca nous change du péché originel, du vieux thriller biblique selon Saint Jean et d'Armageddon.

    Cette nouvelle religion s'accompagne, bien entendu, d'un nouvel évangile et de nouvelles dévotions, dont le marketing, toujours dans le vent, a fait ses choux gras. Vive la Nature et le naturel ! Plus de peaux de bêtes, plus de produits transgéniques, plus de colorants ni de pesticides ! Gare aux sur médications et au cancer des portables ! Vive le "Bio", les fruits du terroir, le commerce équitable, le biodégradable et le recyclable ! Maudit soit l'or noir et ses dérivés !

    Nous voici donc écologiquement modifiés. Prenez, par exemple, outre l'examen scrupuleux de ce qui emplit nos assiettes, les rites méticuleux du tri sélectif. On aime visiter ses autels et déposer ses offrandes dans des troncs appropriés, (je veux dire des containers) : un pour le verre blanc et un pour le verre vert (sans bouchons), un pour le plastique, un pour les emballages métalliques, un pour les cartons, un pour les papiers, un pour les quotidiens, un pour les hebdos et un pour le reste. Gare aux erreurs ! Et interdiction formelle de déposer n'importe où certains produits périmés (ampoules, piles, batteries, cartouches d'imprimantes ou vieilles télés), chargés de plomb, de mercure et autres métaux toxiques, plus sataniques que le tabac, l'alcool ou le cannabis.

    Aussi, chaque soir, avant de s'endormir fait-on son examen de conscience. N'aurais-je pas pollué aujourd'hui ? Jeté quelque sac en plastique à la mer ? Mal fermé un robinet ? Laissé la veilleuse de mon ordi allumé ? Fait vrombir vaniteusement ma voiture au feu rouge ? Agrandi le trou de la couche d'ozone avec mon vaporisateur ou réchauffé honteusement la planète par des émissions de gaz abusives, comme ces vaches criminelles, aux Indes, qui ne se soucient que de réincarnation?

    Disons-le tout net: elle s'en fiche royalement, la planète, de nos génuflexions et des contritions tardives de ces pygmées qui s'entassent sur 10% de sa croûte, comme ces bestioles qui squattent la peau des grands cétacés. Elle en a vu d'autres et elle a fait pire, la planète, depuis la disparition des dinosaures et des ammonites, avec ses glaciations, ses tempêtes, ses ouragans, ses déluges, ses tsunamis, ses tremblements de terre et ses milliers de volcans, gigantesques fabriques de CO2! Un peu de modestie, s.v.p.! On ne joue pas dans la même division. Pour nous, vingt ans de vie à gérer, c'est une génération ; pour elle un quart de seconde. Qu'est-ce qu'on peut contre la tectonique des plaques, les champs magnétiques, les taches et les vents solaires, et autres fantaisies de notre galaxie?

    Si jamais, catastrophe annoncée, la température du globe monte de deux degrés d'ici un demi siècle - nul n'est assuré d'en savoir la cause - sera-ce bien une catastrophe ? Mieux vaut deux degrés de plus que de moins. On fera des économies d'énergie, pousser des ananas en Provence, des tomates dans la toundra, et l'ours, faute de phoques, faute de banquise, changera son menu. Vivre, c'est s'adapter. Ce ne sera pas la première fois. Sacrée planète ! Depuis des siècles, on essaie de réparer ses désordre et, comme si ça ne suffisait pas, nous y avons ajouté les nôtres !

    Cessons donc de sacraliser la Nature, (bravo, Rousseau!), même si elle est parfois bonne fille. La reine de la pagaille, c'est elle, qui sème à tout vent n'importe comment. Vous avez vu sa façon de faire croître et multiplier ses animaux et ses végétaux qui passent leur vie à s'entretuer? Vous admirez, par exemple, les migrations des tortues de mer au Costa Rica ou celles des saumons du Canada ? Milliers de kilomètres parcourus, millions d'?ufs pondus, lutte démentielle pour la vie avec 2 à 5% de rescapés au sein de gigantesques génocides perpétrés par les frégates et les ours.

    Cette sacrosainte "chaîne alimentaire", appelons-la par son nom: c'est manger celui qui précède et être mangé par celui qui suit. Chère télé ! Elle nous donne à admirer le lion qui déchirent à belles dents une innocente gazelle, mais se garde de filmer nos abattoirs. Du calamar au requin, de l'araignée au faucon, c'est une pyramide de meurtres avec l'homme au sommet. On applaudit ? Et certaines bêtes, du tyrannosaure à l'anaconda, de la pieuvre au morpion, pour vivre et survivre, sont devenues des monstres. Extravagante ménagerie ! Immense anarchie !

    Quant à la protection des "espèces en voie de disparition", peut-on faire mieux comme hypocrisie ? On s'apitoie plus sur elles que sur les morts de faim et les massacrés du tiers-monde. Mais s'il est juste de les protéger, veut-on les protéger toutes? Nous sommes candidement racistes. On préfère s'en tenir à l'ours des Pyrénées, au bébé phoque, au dauphin, aux douces bébêtes à poils et à plumes. Quant au loup (à lui la palme des délires médiatiques !), lorsque, las de dévorer nos moutons aux frais du contribuable, il aura mangé votre mère-grand, vous viendrez vous plaindre!

    Qui, en revanche a jamais pris la défense des millions de sardines dévorées par les requins ? Des mouches et des moustiques qui se font rares pour le malheur des oiseaux ? Des rats qui ont disparu des maisons ? Tant pis pour le chat, n'est-ce pas ? Coupé de sa chaîne alimentaire! Il a désormais ses pâtées au poulet, au canard, au saumon, au b?uf, à l'agneau. Faut-il protéger les poux, les puces, les cafards, les xylophages, les acariens (50.000 espèces!) et autres bestioles qui se gavaient chez nous et sur nous jusqu'au siècle dernier ? On oublie, au-delà des saccages et de massacres désastreux de l'ère industrielle, que les espèces vivent, meurent, disparaissent, évoluent et se renouvellent à notre insu depuis des millions d'années. Est-ce que la pénurie nous guette ? On en a recensé dix millions environ, sans compter les virus et les bactéries.

    Mais l'angélisme tient bon. On s'émerveille toujours devant la divine harmonie d'écosystèmes d'une insigne férocité. Entouré de luxe, on a la nostalgie de l'âge d'or, oubliant nos inconséquences et les milliards de damnés de la terre qui aspirent à notre confort; oubliant, du même coup, que ce "bon vieux temps" sans pollution était celui de la lampe à huile et du travail harassant, de la suie, des vers, de la boue, du fumier, de la crasse, des épidémies.

    La vie sur cette planète n'a jamais été pour le plus grand nombre une partie de plaisir. Malgré tout, on s'est débrouillé, non sans mal, pour s'y plaire un peu plus qu'au temps de Cro-Magnon et du Roi Soleil. "Et nous, nous resterons sur la terre, qui est quelquefois si jolie", disait Prévert. "Quelquefois"Ailleurs, dans la galaxie, l'herbe est-elle plus verte?

    Continuons cependant à nous méfier d'elle. Et de nous-mêmes. Krakatoa et Hiroshima, Bhopal, Torrey Canyon, Tchernobyl, Catarina, Xynthia, Fukushima... "Sauver la planète" ? Un peu prétentieux, non ? Limitons humblement la casse. La sienne et la nôtre. Et ne confondons pas écologie et écolâtrie !

    Auteur: Jean Emelina, professeur, parrainé par Jean-Marcel Bouguereau - http://leplus.nouvelobs.com - 12/07/2011

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