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    25/04/19 - Allons-nous connaître le même sort que les dinosaures ?

    « Pourquoi les dinosaures se sont-ils éteints ? » Chez les paléontologues comme chez les enfants férus de dinosaures, il y a consensus : un astéroïde de 10 km de diamètre s’est écrasé il y a quelque 66 millions d’années sur l’actuelle Amérique centrale. Cette chute a provoqué un nuage de poussière et de fumée : en se répandant dans la haute atmosphère, il a obstrué le soleil, refroidi la Terre et détruit la couche d’ozone, qui protège la vie des rayonnements cosmiques nocifs.

    Ces effets ont duré plus d’une décennie, dévastant sur Terre plantes et planctons. Des ravages qui ont rapidement remonté la chaîne alimentaire, tuant d’abord les grands herbivores, incapables de se procurer suffisamment de nourriture, puis les carnivores, qui se sont vite trouvés dans la même situation. Une proportion ahurissante des espèces s’est alors éteinte : 75 % d’entre elles ont disparu – y compris tous les dinosaures « non-aviaires » (qu’on distingue des oiseaux, dinosaures eux aussi). Cet événement, baptisé « extinction Crétacé-Tertiaire », est l’une des cinq plus grosses extinctions connues au cours des 500 derniers millions d’années.

    Une conjonction d’événements

    D’autres événements dramatiques coïncident toutefois avec la disparition des dinosaures. À peu près au même moment, en Inde centrale, une quantité colossale de volcans ont craché plus d’un million de kilomètres cubes d’une lave mélangée à du soufre et du dioxyde de carbone : la chaleur de ce magma a modifié le climat et provoqué des pluies acides dans le monde entier. Entre temps, un ralentissement de l’activité tectonique sous-marine a conduit le niveau de la mer à une vitesse jamais égalée dans l’histoire de la planète : un phénomène qui a dévasté les écosystèmes côtiers.

    Cette conjonction d’événements a conduit à quelques débats assez passionnés pour déterminer la cause « réelle » de l’éradication des dinosaures. D’autant plus qu’à d’autres époques, des événements tout aussi dramatiques sont survenus sans qu’ils semblent avoir causé autant de dégâts.

    Un changement profond, complexe et interconnecté

    De nouveaux éléments suggèrent que tous ces événements étaient peut-être interconnectés et qu’on ne peut se contenter d’expliquer l’extinction du dinosaure comme un simple processus au cours duquel un phénomène malheureux est soudainement tombé du ciel bleu et clair, tuant tout sur son passage. Il s’agirait plutôt de changements profonds, complexes et interconnectés aux systèmes globaux qui soutiennent la vie.

    Vers la fin de la période crétacée, par exemple, la planète a connu une restructuration des écosystèmes terrestres, qui les a rendus plus vulnérables à un effondrement catastrophique. Cette recomposition a pu être provoquée par de multiples modifications évolutives et écologiques liées au changement climatique, par la prédominance croissante des plantes à fleurs et par les fluctuations dans la diversité et l’abondance de certains groupes de dinosaures.

    Cette complexité n’est pas non plus inhabituelle dans les extinctions de masse. Pour chacune des cinq grandes catastrophes mondiales, il existe quantité de causes possibles. Astéroïdes, volcans, changement climatique (refroidissement et réchauffement), l’évolution de nouvelles espèces telles que des plantes profondément enracinées qui ont transformé pour la première fois de la roche nue en un sol riche, et même les effets d’étoiles explosant.

    Astéroïdes, micro-organismes, volcans et méthane

    La plus grosse des extinctions massives, dite la « grande extinction », paraît encore plus complexe. Survenu à la fin du Permien-Trias, il y a 250 millions d’années, cet événement a tué 90 % des espèces sur Terre. Et l’on compte pas moins de sept événements catastrophiques associés à cette période dans l’histoire géologique. Pour n’en citer que quelques-unes : l’évolution de nouvelles souches de micro-organismes, un impact d’astéroïdes et une immense zone d’activité volcanique dans l’actuelle Sibérie – entrée en éruption pendant un million d’années.

    Mais les principaux changements se seraient produits dans les eaux. Le fond des océans émettait d’importantes quantités de méthane, les courants océaniques stagnaient, les niveaux de dioxyde de sulfure, en augmentation, causaient la mort du phytoplancton – ensemble des organismes végétaux vivant en suspension dans l’eau –, et les niveaux d’oxygène diminuaient.

    Sachant cela, on est surtout surpris d’apprendre que 10 % des espèces ont survécu, plutôt que de savoir que 90 % se sont éteintes !

    Temps précaires pour l’humanité

    Que cela implique-t-il pour la période que nous vivons aujourd’hui, qualifiée fréquemment de « sixième extinction » ?

    Au Centre pour l’étude des risques existentiels, à l’Université de Cambridge, nous nous heurtons souvent au problème de nouvelles menaces, mondiales et « sans précédent ». Certaines d’entre elles, comme les risques liés aux armes nucléaires ou à l’intelligence artificielle, peuvent s’apparenter à des astéroïdes tombés du ciel, et on nous demande souvent lesquelles nous inquiètent le plus. Ce que l’étude des précédentes extinctions de masse nous enseigne, c’est que cette question est sans doute mal formulée.

    La vie de l’humanité est bien plus précaire que l’on ne le croie. Elle dépend d’un grand nombre de systèmes globaux, depuis l’environnement qui nous fournit en nourriture, en eau, en air pur et en énergie, jusqu’à l’économie mondiale qui offre des biens et des services, où nous le souhaitons et quand nous le souhaitons.

    En se penchant sur nos connaissances historiques et géologiques, il apparaît clair que de tels systèmes peuvent facilement basculer d’une phase à une autre, pour passer rapidement, et parfois irrévocablement, de la stabilité au chaos. Les scientifiques ont déjà identifié comment cela se produirait en cas de phénomène tels que des « points de basculement climatiques » – où les effets du changement climatique commencent à s’autoalimenter et ne sont plus seulement le fruit de l’action humaine –, l’effondrement de l’écosystème et l’hyperinflation – où des institutions économiques auparavant stables cessent de fonctionner et où la monnaie perd sa valeur.

    Une adaptation incertaine de la biosphère aux changements

    Un autre enseignement de ces événements passés est qu’aucune loi de la nature n’empêche ces transformations de s’étendre à l’échelle mondiale ou de devenir catastrophique. Poussés assez loin, les systèmes globaux peuvent indéniablement s’effondrer dans une spirale mortelle, où les dommages causés à une espèce, un écosystème ou un processus environnemental généreront des problèmes pour les autres, créant une rétroaction positive qui accélère le changement et le rend autosuffisant.

    En effet, tandis que l’hypothèse de Gaïa, très populaire, suggère que les systèmes globaux agissent pour promouvoir la stabilité générale de notre planète, il n’y a pas de preuve convaincante que la biosphère s’ajuste aux changements pour soutenir le maintien d’une vie complexe.

    Selon une étude récente, l’une des raisons pour lesquelles la vie semble rare sur d’autres planètes est que son émergence ne garantit en rien son développement. Sur ces planètes, la vie peut apparaître mais non se développer en raison de conditions trop hostiles. Et il n’est pas impossible que la Terre se retrouve un jour dans une telle situation.

    Il n’y a pas non plus de raison pour que les systèmes que nous avons nous-mêmes conçus soient moins fragiles. Nombre de nos institutions ont montré qu’elles étaient entièrement indifférentes au bien-être humain ; tant qu’elles peuvent servir les intérêts d’une maximisation du profit à court terme, de la participation électorale et d’autres objectifs, finalement inutiles, elles le font.

    Espèces spécialisées vs généralistes

    Tous ces éléments ne constituent pas forcément que des mauvaises nouvelles pour l’humanité. Certains théoriciens suggèrent que les effets catastrophiques d’une extinction de masse ont tendance à évincer les « espèces spécialisées » les plus adaptées à la période, et laissent les « espèces généralistes » les plus flexibles survivre, voire s’épanouir sous de nouvelles formes. Nous pouvons donc peut-être nous réconforter du fait que les humains se soient révélés des généralistes par excellence, capables de s’adapter pour survivre – sans forcément prospérer –, à tous les habitats de la Terre, et même dans l’espace.

    Mais nous devrions également réfléchir au fait qu’une grande partie de cette flexibilité nous vient des technologies que nous avons créées, et non de notre biologie. Non seulement ce sont ces mêmes technologies qui nous conduisent à pousser toujours plus loin nos systèmes globaux, mais elles sont rapidement en train de dépasser les limites de notre propre compréhension, tant elles se font complexes et sophistiquées.

    En réalité, les utiliser et les maintenir requiert désormais une connaissance immense qui pourrait faire de nous des individus bien adaptés mais composant désormais à une espèce spécialiste. Et ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle.

    Source + illustrations :
    1. Auteurs : Simon Beard Senior Research Associate, Centre for the Study of Existential Risk, University of Cambridge
    2. Lauren Holt Research Associate, Centre for the Study of Existential Risk, University of Cambridge
    3. Paul Upchurch Professor of Palaeobiology, UCL

    Traduit de l’anglais par Nolwenn Jaumouillé.




    19/04/19 - Des chercheurs extraient du sang liquide d'un poulain vieux de 42.000 ans découvert en Sibérie

    Des scientifiques ont annoncé avoir extrait du sang liquide d'un poulain découvert dans un gouffre de Sibérie. Daté de 42.000 ans, le sang serait le plus vieux jamais découvert et suggère que la carcasse de l'animal pourrait permettre de redonner vie à l'espèce disparue.

    C'était en août 2018. Alors qu'une équipe scientifique explorait le cratère de Batagaïka en Sibérie, ils sont tombés sur la dépouille d'un jeune animal. Un poulain appartenant à une sous-espèce éteinte connue sous le nom de "cheval de Lena" (Equus caballus lenensis). Selon les spécialistes, cet équidé - génétiquement différent du cheval moderne - évoluait en Yakoutie il y a 30 à 40.000 ans avant d'en disparaitre.

    Mais c'est surtout l'état de conservation du poulain qui a intéressé l'équipe. Âgé d'à peine quelques semaines, le mâle semble être mort en tombant dans de la boue où il se serait noyé. Si le sort semble cruel, il a permis au spécimen de rester parfaitement préservé durant près de 42.000 ans. Tellement préservé que le poulain présente encore sa peau, ses poils, sa crinière et même bien plus.

    Des organes "magnifiquement conservés"

    En examinant sa carcasse, les scientifiques ont constaté que ses organes internes étaient "magnifiquement conservés". Ils auraient même réussi à en extraire du sang liquide. "Des échantillons de sang liquide ont été collectés à partir de vaisseaux cardiaques", a précisé Semyon Grigoryev, responsable du Mammoth Museum en Yakoutie, dans un entretien à l'agence russe TASS repris par The Siberian Times.

    Par le passé, Grigoryev et ses collègues étaient déjà parvenus à extraire le précieux fluide de la carcasse d'un mammouth mais ce dernier était âgé de quelque 32.000 ans. Le sang du poulain ferait ainsi figure de record. "Il est resté préservé dans un état liquide pendant 42.000 ans grâce à ses conditions favorables d'enterrement et au pergélisol (la couche de sol gelé en permanence, ndlr)", a souligné le spécialiste.

    "C'est la première fois au monde que nous découvrons un cheval aussi jeune et dans un état de préservation aussi extraordinaire", a-t-il précisé. Un animal qui, 40.000 après sa disparition, pourrait bientôt être de retour sur Terre ? L'équipe de Grigoryev y croit. Au vu de l'état du poulain, les chercheurs espèrent en effet parvenir à extraire des cellules viables de sa carcasse afin de récupérer de l'ADN.

    A partir de cet ADN, ils pourraient alors tenter de cloner l'animal pour redonner vie à l'espèce disparue. Un projet qu'ils essaient déjà de mener depuis plusieurs années sur le mammouth. Mais la tâche demeure particulièrement complexe. Après deux mois d'essais, Grigoryev et ses collègues n'ont toujours pas réussi à extraire de cellules viables du jeune poulain.

    Si du sang liquide a pu être collecté, les cellules sanguines (globules rouges) ont la particularité de ne pas avoir de noyau et donc pas d'ADN. Par ailleurs, si les chercheurs parvenaient à extraire du matériel génétique, il faudrait encore qu'il soit exploitable. Comme l'a souligné Grigoriev pour LiveScience, l'ADN commence à se dégrader rapidement après la mort d'un animal, même dans d'excellentes conditions.

    Le "cheval de Lena" comme d'autres animaux de la faune du Pléistocène sont donc loin de réapparaitre sur Terre. "Mais en Russie, nous avons l'habitude de dire que l'espoir meurt en dernier", a précisé Grigoriev. Quoi qu'il en soit, la carcasse quasiment intacte du poulain a fait figure de vraie mine d'informations pour l'équipe russe.

    Un poulain à la robe bai et à la crinière noire
    La dépouille a montré que l'animal avait une robe de couleur bai ainsi qu'une crinière et une queue de couleur noir. L'autopsie a également confirmé les hypothèses concernant son âge et sa mort. "Nos études ont montré qu'au moment de sa mort, le poulain avait à peine une à deux semaines, donc il venait juste de naitre", a expliqué Semyon Grigoryev.

    L'examen de ses entrailles a révélé la présence d'une grande quantité de boue et de vase que le poulain a sans doute avalé au cours de ses derniers instants, confirmant la thèse de la noyade. Et les chercheurs entendent bien en apprendre plus en étudiant l'urine, les organes préservés de l'animal ainsi que des échantillons de sol collectés à proximité dans le pergélisol.

    "Il est extrêmement rare de faire de telles découvertes paléontologiques", a souligné l'expert. Avec ces résultats, "nous pouvons maintenant affirmer qu'il s'agit de l'animal de l'âge de glace le mieux préservé jamais découvert à travers le monde".

    Source + photos:
    www.geo.fr - Rédaction: Emeline Férard


    19/04/19 - Kenya: Découverte de Simbakubwa, l'un des plus grands mammifères carnivores à avoir foulé la Terre

    Avec ses 1.500 kg, cet animal sept fois plus gros qu’un lion pouvait s’attaquer à des animaux de la taille des éléphants

    Des dents et des fragments d’os vieux de 23 millions d’années de l’un des plus grands mammifères carnivores ayant foulé la Terre ont été découverts au Kenya. L’animal, sept fois plus gros qu’un lion avec un poids d’environ 1.500 kg, a été baptisé Simbakubwa kutokaafrika (pour grand lion d’Afrique).

    Il était capable de s’attaquer à des animaux de la taille des éléphants et des hippopotames. « Au vu de ses dents massives, Simbakubwa était un hypercarnivore », explique Matthew Borths de l’Université Duke (Etats-Unis), auteur principal de l’étude publiée jeudi dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

    Un spécimen mort jeune

    Un morceau de mâchoire inférieure comportant une canine, une prémolaire et une molaire ainsi que d’autres dents et quelques os avaient été retrouvés il y a des dizaines années. Mais ces fossiles avaient été attribués à une espèce plus petite, Hyainailouros napakensis. Ils attendaient depuis au musée national de Nairobi.

    Selon les chercheurs, l’animal est mort relativement jeune. Pourtant, sa mâchoire est beaucoup plus grosse que celle d’un lion de taille adulte. Avec ses canines, il pouvait cisailler la chair, tandis que ses molaires lui permettaient même de casser les os.

    Source: www.20minutes.fr/sciences avec agences


    18/04/19 - En Argentine, un cimetière de dinosaures datant de 220 millions d’années mis au jour

    Selon les chercheurs, les ossements d’au moins « dix individus distincts » ont été découverts dans la province de San Juan.

    Un cimetière de dinosaures datant de 220 millions d’années a été découvert dans l’ouest de l’Argentine, avec des restes d’une dizaine d’animaux, ont annoncé des chercheurs, mercredi 17 avril. « Il y a près de dix individus distincts. C’est une masse d’os agglomérés, il n’y a pratiquement pas de sédiments. C’est comme s’ils avaient fait un puits et qu’ils l’avaient rempli d’os. C’est très impressionnant », a expliqué le paléontologue argentin Ricardo Martinez.

    Selon le scientifique de l’Institut et musée de sciences naturelles (IMCN) de l’université de San Juan, « ces fossiles appartiennent au bassin de Ischigualasto, qui correspond à 220 millions d’années, une époque dont on connaît peu la faune ».

    Le cimetière a été découvert en septembre 2018 dans la province de San Juan – à 1 100 km à l’ouest de Buenos Aires –, a précisé Cecilia Apaldetti, également chercheuse au sein de l’IMCN et membre du Conseil national des sciences et techniques (Conicet).

    Une découverte d’une « double importance »

    Cette découverte « a une double importance car il y a au moins sept ou huit individus de dicynodontes, qui sont les ancêtres des mammifères, de la taille d’un bœuf, et d’autres archosauriens (reptiles) que nous ne connaissons pas encore et qui peuvent être des dinosaures ou un ancêtre des grands crocodiles », a expliqué M. Martinez.

    Ce « lit d’os » mesure entre un et deux mètres de diamètre et autant de profondeur. Pour expliquer les causes d’une telle accumulation d’os, les scientifiques émettent l’hypothèse d’« une époque de grande sécheresse. A cet endroit, il y avait de l’eau, un petit lac où venaient en masse les herbivores pour boire, et qu’à mesure que l’eau s’évaporait, les animaux s’affaiblissaient et mouraient sur place. »

    L’Argentine compte de très nombreux fossiles issus des trois périodes de l’ère mésozoïque (secondaire) – le trias, le jurassique et le crétacé. Ils appartiennent à des animaux différents de ceux rencontrés dans l’hémisphère Nord. En Argentine, les gisements de fossiles de dinosaure les plus importants se trouvent en Patagonie (Sud), dans les régions de La Rioja et de San Juan (Ouest) et dans la province de Salta (Nord).

    Source + photo: www.lemonde.fr/sciences avec l'AFP


    16/04/19 - Ces reptiles marins pondaient de très gros bébés… Du nouveau chez les plésiosaures !

    La plupart des reptiles pondent des œufs. Mais tandis que de nombreuses espèces actuelles ont des portées de plusieurs œufs, chacun de taille modeste, certains de leurs cousins disparus produisaient un œuf unique par portée, mais un très gros ! Ce sont les plésiosaures. Fait particulier, cet œuf éclosait à l’intérieur de la mère qui donnait naissance à un petit viable, les plésiosaures étant en effet ovovivipares et n’ayant donc pas besoin comme la tortue luth de retourner pondre sur la terre ferme. Une si large taille de fœtus soulève naturellement la question de la vitesse à laquelle croissaient ces animaux, donc aussi de leur métabolisme. Des études récentes nous renseignent.

    Sosies de Nessie

    Mais tout d’abord, un plésiosaure, ça ressemble à quoi ? Peut-être à la créature du Loch Ness, si l’on croit à Nessie. Disons que les plésiosaures sont des reptiles marins fossiles. Ils présentent un corps massif avec quatre palettes natatoires de taille similaire et un cou généralement long. Ils mesuraient de 1,5-2 m à 15 mètres pour les formes géantes. Prédateurs aquatiques du Mésozoïque, ils ont vécu du Trias supérieur (il y a env. 200-230 millions d’années) à la crise Crétacé-Tertiaire (il y a env. 66 millions d’années) avec une répartition mondiale et sur toutes les latitudes, de l’Arctique jusqu’en Antarctique.

    Les scientifiques présentent ces reptiles comme des nageurs pélagiques de mer ouverte réalisant un type de nage qui leur est propre et qui correspond à un vol subaquatique (sous l’eau) dans lequel la propulsion est assurée par les palettes natatoires marchant par paires et de façon simultanée. Cela ressemble à la nage des otaries ou de la tortue luth, mais cette fois avec quatre palettes et non deux, et des mouvements alternés des palettes antérieures et postérieures.

    Des reptiles à « sang chaud »

    Divers travaux de recherche ont suggéré une nage active chez ces organismes qui est couplée d’une distribution cosmopolite, c’est-à-dire mondiale, incluant des latitudes élevées. Ces caractéristiques sont rarement compatibles avec un métabolisme ectotherme (dont la température corporelle dépend de la température extérieure).

    En 2010, des études isotopiques menées par des chercheurs français et danois sur leurs dents ont mis en évidence une température corporelle élevée chez ces organismes (estimée autour de 35+/-2 °C) et ont suggéré un métabolisme élevé. Ce dernier leur aurait permis de nager efficacement sur de longues distances.

    Ces résultats sont confirmés par l’étude de leurs tissus osseux (leur nature et leurs caractéristiques renseignent sur leur vitesse de dépôt). L’os contient des fibres de collagène sur lesquelles se déposent en plaquettes les cristaux de phosphate de calcium qui font de l’os un tissu minéralisé. Ces fibres se déposent différemment selon la vitesse de dépôt. Ainsi, dans l’os lamellaire, celui qui se dépose le plus lentement, les fibres s’organisent selon une structure complexe en contreplaqué torsadé et on observe au microscope un changement d’orientation entre les lamelles. Par opposition, l’os fibreux montre des fibres disposées de façon aléatoire. C’est un tissu qui se dépose très rapidement, si bien que les fibres n’ont pas le temps de s’organiser.

    Endotherme ou homéotherme ?

    Des études récentes ont mis en évidence la présence de tissus fibreux chez des plésiosaures, alors que ce tissu ne s’observe généralement que chez des organismes endothermes (mammifères et oiseaux). De là à dire que les plésiosaures le sont, il n’y a qu’un pas, qu’il faut pourtant franchir avec précaution. En effet, si (presque) tous les organismes endothermes présentent du tissu fibreux, la présence de tissu fibreux n’implique pas nécessairement l’endothermie, c’est-à-dire la capacité à produire une température corporelle élevée par voie métabolique. Si l’on ne peut actuellement pas affirmer l’endothermie des plésiosaures, les différents indices montrent qu’ils étaient au moins homéothermes, c’est-à-dire capables de maintenir une température corporelle fixe élevée.

    Croissance très rapide

    Des chercheurs allemands, japonais et français ont récemment décrit un plésiosaure du Trias (Rhaeticosaurus) et analysé ses tissus osseux. Leurs travaux ont révélé une vitesse de croissance élevée, montrant ainsi qu’une vitesse de croissance élevée caractérise le groupe dès cette époque. De plus, cette étude histologique a mis en évidence un changement important de vitesse de croissance au niveau de la première marque de croissance. Comme les arbres avec leurs cernes, les os enregistrent en effet la rythmicité sous la forme de lignes d’arrêt de croissance, à périodicité généralement annuelle.

    Ce résultat a été confirmé par l’analyse d’autres plésiosaures (Cryptoclidus, Plesiosaurus). La position de cette première marque de croissance a suggéré que ce plésiosaure basal pouvait atteindre env. 60 % de sa taille au terme de sa première année. Ceci implique donc une vitesse de croissance très élevée ! Les auteurs ont suggéré que les capacités métaboliques de ces plésiosaures auraient facilité leurs capacités à nager sur de longues distances associées à leur nage en mer ouverte.

    De très gros bébés

    Une nouvelle étude qui vient de paraître, conduite par des chercheurs américains et allemands s’intéresse cette fois à un fossile extraordinaire : un plésiosaure gravide ! De tels fossiles sont naturellement extrêmement rares et sont porteurs d’informations précieuses pour mieux comprendre la biologie de ces organismes et notamment concernant leur reproduction, développement et croissance. Ce spécimen est un polycotylidé, famille de plésiosaures à cou relativement court et crâne allongé du Crétacé. Il a été décrit en 2011 par des chercheurs américains. La description du fœtus a suggéré que cet organisme pouvait atteindre 40 % de sa taille adulte à la naissance.

    Les chercheurs ont analysé les tissus du fœtus et ceux de la mère, ainsi que ceux d’autres polycotylidés illustrant des stades de croissance différents. Prélever le tissu osseux sur des os non isolés relève parfois du challenge, comme cela a été le cas ici, où une méthode de carottage a été appliquée.


    Les auteurs ont pu confirmer les estimations de stade de croissance des différents os de l’échantillon. Ils ont pu mettre en évidence, sur un spécimen de nouveau-né, une nouvelle marque de croissance illustrant un changement important dans l’orientation des canaux vasculaires mais cette fois sans changement de la nature des tissus. Cette ligne est interprétée comme une ligne néonatale, qui marque donc la naissance. Sa position suggère que le fœtus atteindrait 40 % de sa taille à la naissance (l’équivalent chez nous d’un enfant de 6 ans !).

    Ce résultat confirme la taille du fœtus observée sur le spécimen de femelle gravide. Ce qui aurait pu être interprété comme un cas isolé est au moins commun à deux spécimens. C’est peu mais ça fait une différence et ça laisse présager que ce schéma pourrait être généralisable au groupe. Chez les mammifères aussi, les formes marines ont un seul fœtus tandis que les formes terrestres en ont souvent plusieurs. Cela pourrait être lié aux dangers de l’environnement aquatique pour un nouveau-né.

    Ces travaux ont montré une croissance très rapide du fœtus et du nouveau-né chez les plésiosaures. La présence de ces marques de croissance est très intéressante. D’autres découvertes sont nécessaires pour voir dans quelle mesure ce qui est observé chez les polycotylidés d’une part, chez les autres plésiosaures étudiés d’autre part, serait généralisable à l’ensemble des plésiosaures. À suivre donc…

    Source + illustrations: theconversation.com - Auteur: Alexandra Houssaye, Chercheuse Paleobiologie/Morphologie fonctionnelle, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) - Sorbonne Universités Paris


    11/04/19 - Fossiles de dinosaures et pierres extra-terrestres aux enchères à Paris en avril

    La vente aura lieu les 13, 15 et 16 avril à l'hôtel Drouot à Paris. Des pierres extra-terrestres seront également mises aux enchères.

    Il est temps de casser sa tirelire. Quatre squelettes de dinosaures du Jurassique et du Crétacé supérieurs (entre 72 et 161 millions d'années) seront proposés aux enchères le 16 avril, à Paris, a annoncé ce mercredi l'hôtel Drouot.

    Estimés entre 600.000 et 700.000 euros, un Ornitholeste, l'un des plus agiles et féroces carnivores, et un Othnielia, dinosaure herbivore, découverts dans le Comté de Johnson, dans le Wyoming aux États-Unis, seront proposés ensemble dans une scène de combat.

    Un autre couple formé par un Hypacrosaure à crête et son petit, découverts dans le Montana, sont également au catalogue avec une estimation haute de 900.000 euros. Sans oublier un des plus grands crânes d'Allosaures connus, haut de 94cm et long de 53cm.

    Onze pierres extra-terrestres
    Au cours des mêmes enchères, seront proposées onze pierres extra-terrestres dont un fragment de Lune tombé sur Terre il y a plusieurs centaines d'années et pesant 371 grammes.

    Estimée jusqu'à 45.000 euros, une impressionnante trace d'ammonite, un mollusque céphalopode, relatant le chemin parcouru par l'animal au fond de la mer sur treize mètres il y a près de 150 millions d'années, sera également mise aux enchères après trois jours d'exposition publique du 13 au 16 avril, à l'hôtel Drouot.

    En juin, Paris accueillera aussi la vente d'un dinosaure herbivore du Jurassique, cousin du Diplodocus, présenté dressé sur ses pattes arrières, avec 2 millions d'euros d'estimation haute.

    En novembre, deux squelettes de dinosaures, un Allosaurus et un Camptosaurus, estimés chacun entre 500.000 et 800.000 euros, n'ont pas trouvé preneur, les prix de réserve n'ayant pas été atteints, alors qu'un expert avait contesté la formulation des notices de présentation des deux spécimens.

    Source + photo: www.bfmtv.com/planete avec l'AFP


    03/04/19 - Découverte de dinosaures à bec de canard et à crête en Arctique

    C'est le premier spécimen de ce groupe identifié aussi au Nord. Cela prouve une fois de plus l'adaptabilité des dinosaures.

    Des paléontologues de l'Université japonaise d'Hokkaido, en collaboration avec des paléontologues du Musée Perot de la Nature et des Sciences à Dallas, au Texas, ont découvert le premier fossile confirmé d'un dinosaure appartenant à la sous-famille des lambéosaurinés, des dinosaures à bec de canard et à crête, en Alaska.

    Unique représentant

    Le fossile, un os du crâne, qui provient de la formation de Prince Creek, au nord de l'Alaska, est daté de 68 à 71 millions d'années. Il a été déniché dans une zone où abondent les fossiles de hadrosauridés, la famille des dinosaures à bec de canard comme le Parasaurolophus ou l'Edmontosaurus. Mais jusqu'à présent tous les spécimens retrouvés appartenaient à la sous-famille des hadrosaurinés, de gros dinosaures herbivores dépourvus de crête. Ce nouveau fossile est le seul représentant de la sous-famille des lambéosaurinés qui se caractérisent par la présence d'une crête osseuse ou d'un tube osseux au sommet du crâne et par un bec particulièrement épais.

    Pour ses découvreurs, le fait que ces dinosaures soient pratiquement absent de la formation de Prince Creek suggère que les deux sous-familles fréquentaient des habitats différents. Dans l'étude qu'ils publient dans la revue Scientific Reports, les chercheurs estiment que les hadrosaurinés privilégiaient les habitats côtiers tandis que les lambéosaurinés occupaient préférentiellement les plaines intérieures.

    Source + photo: www.sciencesetavenir.fr - Rédaction: Joël Ignasse


    01/04/19 - Extinction des dinosaures: Des chercheurs découvrent des fossiles datant du jour de l'impact de l'astéroïde sur Terre

    Des chercheurs ont découvert des fossiles extrêmement bien conservés de poissons et autres animaux tués il y a 66 millions d’années, au moment de l’impact de l’astéroïde responsable de l’extinction de 75 % de la vie sur Terre et peut-être de celle des dinosaures.

    Selon une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences, ces fossiles ont été retrouvés sur un site du Dakota du Nord, à 3.000 kilomètres du cratère de Chicxulub, où l’astéroïde serait tombé.

    Ensevelis sous des torrents de pierres

    L’étude montre à quel point cet événement a eu des conséquences dévastatrices très rapides sur des zones étendues. Les secousses provoquées par l’impact de l’astéroïde ont engendré des vagues géantes dans une mer intérieure de ce qui est maintenant le Dakota du Nord. En atteignant une rivière proche abritant des poissons, ces vagues en ont inversé le courant.

    Des torrents de pierres et de débris se sont abattus sur les poissons, avant qu’une deuxième vague ne vienne les enterrer. Ils se sont ensuite fossilisés avec le temps. « Un enchevêtrement de poissons d’eau douce, de vertébrés terrestres, d’arbres (…) et d’autres créatures marines ont été compactés dans cette couche », explique le principal auteur de l’étude Robert dePalma.

    Une biodiversité remarquable

    Avant même d’être tués, les poissons ont inhalé des ejecta, ces fragments propulsés par l’impact de l’astéroïde. Les chercheurs en ont retrouvé des morceaux dans leurs branchies. Certains poissons sont peut-être morts du simple fait d’en avoir ingéré, estiment-ils.

    Ces derniers soulignent par ailleurs la remarquable biodiversité découverte sur le site. « Au moins plusieurs spécimens se révèlent être de nouvelles espèces, et d’autres sont les meilleurs exemplaires de leur genre », s’est réjoui M. DePalma. « Nous regardons un enregistrement instant par instant de l’un des événements les plus importants de l’histoire de la Terre. Aucun autre site n’en porte la trace comme celui-là. »

    Source: www.20minutes.fr/sciences

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